Collège : Pour le Snes, opération "grain de sable" 

Dure rentrée pour les recteurs et les chefs d'établissement qui doivent maintenant préparer les journées de formation des enseignants à la réforme du collège. Face au problème, et en l'absence de consignes claires venues du sommet, il semble que chaque rectorat s'organise comme il peut. Partout le Snes prépare le blocage de la mise en place des formations. Le syndicat appelle cela "l'opération grain de sable".

 

Dans un tract national, le Snes " appelle les collègues... à refuser toute anticipation de la réforme, à développer toutes les initiatives locales propres à bloquer sa mise en place". Le syndicat annonce même "des préavis de grève quotidiens (qui) seront déposés dès la rentrée des congés d’automne".

 

Détournement de formation à Lyon...

 

Dans les académies, le syndicat s'adapte aux circonstances. Ainsi à Lyon, la formation des enseignants doit s'étaler du premier trimestre à juin en trois vagues : 4 demi journées sur trois jours avant fin janvier, 2 demi journées en mars avril et 2 jours au 3ème trimestre.

 

Le Snes académique donne des conseils de prudence sur le refus des formations. "Comme pour les autres formations, on est tenus d’y aller quand on est convoqués (ordre de mission)", dit la section académique, "mais la formation ne faisant pas partie des obligations de service, on peut aussi écrire un courrier demandant à ne pas être concerné par telle ou telle formation, il faut alors que l’administration vous réponde qu’elle vous y oblige. Ne pas y aller peut alors constituer une faute dans la manière de servir et donner lieu à une sanction sur la note administrative voire une sanction disciplinaire. Par ailleurs, rien ne garantit que le rectorat ne demande pas un retrait sur salaire : les jurisprudences sur la question sont contradictoires. Toute réponse doit donc être, de ce point de vue, collective et réfléchie en amont". Là aussi le syndicat promet de déposer un préavis de grève "pour couvrir tous les collègues qui ne se rendraient pas aux journées de formation".

 

Le syndicat recommande plutôt d'utiliser ces journées de formation pour faire monter la pression collective. "Plutôt que « la chaise vide », il est possible de se saisir de ces formations pour montrer toutes les incohérences de la réforme et surtout l’impossibilité de la mettre en place", écrit le Snes académique. "En formation, les formateurs vont nous demander de faire à la place de l’administration, de proposer des EPI : surtout il faut y mettre un maximum de mauvaise volonté, ne pas créer des EPI intéressants … La rectrice veut faire de ces formations « des temps d’échange et de dialogue » : profitons-en pour poser les questions « simples » qui montrent que cette réforme est inapplicable !"

 

Refus collectifs à Rouen et ailleurs

 

Dans l'académie de Rouen, le syndicat "appelle les collègues à refuser de mettre en place la réforme, en boycottant les réunions de préparation ou en manifestant le refus qu’elle s’applique". Il met en garde les enseignants contre " les chefs d’établissement qui vous feront croire que vous êtes les seuls "irréductibles" à refuser la réforme". Pour appuyer ces dires, le Snes publie plusieurs tracts d'établissements présentant des refus collectifs.

 

A Clermont-Ferrand, le Snes local estime qu'il faut "adapter localement" les actions. Il annonce une campagne nationale de pétitions du 23 au 28 novembre. Une forme d'action beaucoup plus douce.

 

A Lille, " dès la rentrée, la section académique appelle les établissements à refuser les injonctions visant à les faire travailler sur l’organisation des enseignements façon 2016, en « exigeant » des EPI avant que soient connues les DGH (dotations horaires globales) 2016. Les EPI se font à l’intérieur des horaires disciplinaires, nul besoin donc de les connaître à l’avance pour calculer la répartition des moyens", déclare la section académique du Snes.  "Il ne faut pas donner aux chefs d’établissement les outils qui leur permettront des réductions de moyens prévisibles partout", ajout-elle.

 

F Jarraud

 

TRact national

Article national

A Lyon

Snes Rouen

Réforme : Des formations décevantes

 

Par fjarraud , le lundi 02 novembre 2015.

Commentaires

  • pataud47, le 04/11/2015 à 18:09
    On est au cœur des blocages dans l'éducation nationale. Tant que l'on aura pas inclus dans les obligations statutaires des professeurs l'obligation de formation continue on ne fera pas évoluer les choses.
    C'est toujours la même stratégie syndicale pour bloquer tout changement : s'opposer à la formation. On ne peut mettre en place des réformes sans accompagnement d'une formation à ces évolutions et cette formation ne peut se faire sur le temps scolaire.
    D'autre part notre corps professoral recruté sur les diplômes est certes de qualité en terme de compétences disciplinaires mais d'une indigence navrante en terme de compétences professionnelles. C'est le  reflet d'une formation souvent absente ou au mieux bien pauvre et c'est la cause principale du manque de performances de notre système éducatif.
    Le monde enseignant et ses corporatismes refusent de regarder et d'accepter cet état de fait et s'opposent à tout changement au titre de la "liberté" pédagogique du prof, confortable, qui le rend intouchable, mais qui bloque tout le système. 
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