L'hebdo Primaire : Travailler la conjugaison avec les outils numériques 

Le numérique peut-il aider les écoliers à mieux maitriser les secrets des conjugaisons ? A Issy-les-Moulineaux (92), Angélique Schweiger a décidé de varier les supports d’apprentissage de ses élèves pour faire apprendre les terminaisons des verbes du premier groupe ainsi que les verbes être, avoir et aller conjugués au présent de l’indicatif. En prime, les élèves ont travaillé également l'accord entre verbe et sujet. Sébastien Chéritat, professeur dans la même école et référent numérique, et A. Schweiger exposent dans le détail leurs usages du numérique.

 

Des ateliers pour impliquer davantage les élèves

 

La maîtresse a choisi d’adopter un mode de travail davantage utilisé en maternelle : le travail en ateliers. Après avoir constitué quatre groupes de niveaux hétérogènes, pour encourager les élèves à s’entraider, quatre activités différentes de l’apprentissage classique de la conjugaison ont été proposé. Cette séquence de réinvestissement s’est déroulée sur quatre semaines, à raison d’une séance de quarante minutes environ par semaine.

 

Angélique explique les consignes pour chaque atelier après avoir précisé le fonctionnement de cette organisation : chaque semaine, un groupe passe sur un atelier et change la semaine suivante. Les élèves ont à chaque fois reformulé les consignes pour s’assurer de la compréhension de tous.

 

Varier les supports

 

Et d'abord avec les tablettes. Les élèves enrichissent et apprennent à réinvestir leurs connaissances grâce à un parcours personnalisé d’apprentissage (PPA) sur l’application « Une Star Français CE1 ». Ils progressent à leur rythme en s’entraînant sur des exercices ciblés. En l’occurrence ici, la conjugaison des verbes du 1er groupe et les verbes avoir, être et aller au présent de l’indicatif. Les élèves n’ont pas eu de difficultés particulières pour s’approprier l’outil et l’application, qu’ils utilisaient déjà régulièrement en mathématiques grâce au PPA avec l’application « Une Star Maths CE1 ».

 

Un championnat de conjugaisons

 

Les élèves avaient à leur disposition des étiquettes fabriquées par la maîtresse sur lesquelles sont écrits des pronoms personnels sujets (ou des groupes nominaux), des verbes du premier groupe ainsi que les verbes être, avoir et aller à l’infinitif, étudiés en classe.

 

Le but est de conjuguer correctement, et le plus rapidement possible, sur son ardoise le verbe avec son sujet afin de devenir meneur de jeu. Ce dernier a la possibilité d’utiliser son cahier de leçon afin de vérifier les réponses de ses camarades lors de la correction entre pairs.

 

Un des avantages de cet atelier est la correction par les élèves des erreurs de leurs camarades. En développant leur argumentation et la justification de leur choix, ils sont en position de tuteur.

 

Utiliser le TNI

 

Angélique accompagne les élèves lors des quatre exercices proposés au groupe.

•          1ère activité : Il fallait relier un pronom personnel sujet ou un groupe nominal à un verbe conjugué, en justifiant l’accord. Afin d’impliquer tout le groupe, l’enseignante sollicitait les autres élèves de cet atelier pour confirmer ou infirmer la réponse et la justification. Le cas échéant, une correction était faite par les élèves, validée ensuite par la maîtresse.

•          2ème activité : Il s’agit ici d’associer le verbe conjugué à la phrase correspondante. La difficulté de l’exercice résidait dans l’étude du contexte de la phrase pour trouver le verbe associé. Les élèves ont appris à étudier la totalité de la phrase et pas seulement le sujet pour trouver la bonne réponse.

•          3ème activité : Il faut classer en trois catégories (passé, présent, futur) plusieurs mots-outils tels que : autrefois, jadis, maintenant, demain, … Si besoin le mot était remis dans son contexte pour favoriser sa compréhension. L’exercice a permit d’enrichir le vocabulaire des élèves avec des mots peu connus comme « naguère » et « jadis ». De manière collaborative, les élèves étaient invités à corriger le placement des mots erronés. L’enseignante attendait la fin de l’exercice pour corriger si nécessaire, après un échange entre élèves.

 

•          4ème activité : les dés de conjugaison.

 

 

 

Sur le TNI il y a un dé avec des pronoms sujets et un autre avec des verbes du premier groupe à l’infinitif. Les élèves devaient cliquer sur chaque dé et écrire le verbe conjugué. L’enseignante demandait ensuite la validation et la justification du groupe puis validait la correction si besoin.

 

La pertinence de cet atelier est l’individualisation et l’échange entre élèves. L’outil numérique utilisé par les élèves favorise un travail de différenciation et un travail actif : le TNI renforce l’implication des élèves. Il les met tous en action puisqu’il encourage un échange pour la justification entre les élèves. Le rôle de l’enseignant a évolué au cours de cet atelier. D’abord accompagnateur de l’acquisition du savoir, il s’est ensuite glissé dans la peau d’un observateur pour affiner son regard sur les difficultés et les besoins et laisser les élèves s’approprier les notions et les compétences travaillées. Son rôle fut aussi d’aider à la reformulation de la réponse d’un élève pour vérifier sa compréhension et sa justification.

 

Un jeu : le Conjudingo

 

Ce jeu de cartes peut se faire en autonomie grâce à un système d’animaux identiques pour la validation des réponses.  Plusieurs jeux sont proposés,  l’enseignante a choisi le jeu du mistigri. Le but du jeu est de ne pas avoir la dernière carte. Dans le sens des aiguilles d’une montre, à tour de rôle, le joueur pioche une carte dans le jeu de son voisin. S’il trouve deux cartes faisant une conjugaison correcte, il les pose. Quand un joueur n’a plus de carte, il fait partie des gagnants.

 

Après une explication en classe entière de la règle, l’enseignante guidait les enfants pour la mise en place du jeu et la correction des réponses. Ils travaillaient ensuite en autonomie dans une dimension ludo-pédagogique favorisant leur motivation. L’intérêt de cet atelier était d’apprendre et de réinvestir ses connaissances au travers d’un support ludique. Les élèves n’avaient pas l’impression d’apprendre, ils l’ont pourtant fait !

 

Le numérique pour renforcer l'implication des enfants

 

Le mode de fonctionnement par atelier et les activités ont motivé les élèves en accentuant leur implication et leur participation. Le rôle des élèves s’est modifié : ils sont devenus davantage acteurs de leur apprentissage. Celui de l’enseignante a également évolué puisqu’elle était plus présente pour accompagner la différenciation en se mettant en retrait. Ce fut le cas, par exemple, lors de l’atelier en autonomie avec l’application « Une Star Français CE1 ».

 

Deux ateliers ont été particulièrement plébiscités. Le jeu Conjudingo, car il a permis aux élèves d’apprendre avec davantage de plaisir et une place plus importante à l’échange et à la construction des savoirs entre élèves. Les exercices au TNI ont aussi intéressé les élèves car les activités proposées étaient variées et complémentaires.

 

Angélique a pu accompagner les besoins de l’apprenant grâce à une différenciation pédagogique et un encadrement à l’oral visant à affiner l’acquisition de la notion enseignée. De plus, il a permis aux élèves de lever des difficultés de compréhension et d’appropriation de la notion.

 

Les bénéfices de ce travail par atelier se sont fait ressentir instantanément. Les élèves ont compris comment conjuguer un verbe au présent de l’indicatif et mémorisé les terminaisons du présent ainsi que le rapport entre le sujet et le verbe. Ils savent désormais appliquer les règles d’accords dans des exercices moins systématiques tels que la production d’écrit ou les dictées.

 

Le numérique a permis d’apporter des éléments constructifs en terme de différenciation, favorisant ainsi l’individualisation de l’apprentissage et un rôle actif de l’apprenant dans la construction du savoir : les élèves ont expliqué avec leurs mots la manière d’accorder les verbes, permettant un échange constructif entre pairs par exemple. Il a également permis d’accentuer l’esprit de groupe et la solidarité entre les élèves et le tutorat dans une ambiance de travail bénéfique aux apprentissages.

 

Avec cette séquence la maîtresse a accompagné les élèves pour transmettre un savoir en leur permettant de se l’approprier et de le construire. L’enseignante a pu davantage se mettre en retrait pour accompagner les élèves dans l’acquisition de la notion ainsi que l’appropriation collaborative de compétences de maîtrise de la langue dans son ensemble. Ce fut une expérience riche d’apprentissage pour tous.

 

Angélique Schweiger et Sébastien Chéritat

Ecole publique des Chartreux - Issy-les-Mx.

 

 

 

Par fjarraud , le mercredi 18 novembre 2015.

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