Enseignement professionnel : La ministre face au projet de l'opposition 

Qui a dit que l'enseignement professionnel n'intéressait pas les politiques ? Le 14 juin, la ministre a du répondre aux questions des députés de la Commission des affaires culturelles durant plus de deux heures. N Vallaud Belkacem a défendu les 3èmes prépa pro, la philosophie en LP, critiqué le bac pro en 3 ans et aussi répondu au projet de l'opposition de passer les lycées professionnels aux régions.

 

Les chemins vers les réussites sont multiples. Un jeune bachelier professionnel qui après quelques années d'expérience va ouvrir son entreprise de plomberie et un exemple de réussite".  Venue répondre le 14 juin aux questions de la Commission des affaires culturelles de l'Assemblée nationale, la ministre a longuement défendu l'enseignement professionnel et rappelé les réformes qui seront introduites à la rentrée.

 

Les lycées professionnels "décentralisés"

 

Mais elle a surtout eu à répondre aux questions de l'opposition de droite qui avance un contre projet pour l'enseignement professionnel. Pour l'UDI, Rudy Salles se lance dans un plaidoyer en faveur de l'apprentissage qui sera repris par d'autres députés.

 

Mais c'est surtout Annie Genevard, déléguée nationale à l'éducation des Républicains, qui interpelle la ministre. Pour elle, le bac professionnel "a été calibré pour l'emploi en vue d'une qualification intermédiaire" ce qui écarte la possibilité d'étude vers le supérieur.  Elle s'oppose aux quotas d'accès en BTS et IUT.  Selon elle, ils génèrent "le découragement de l'équipe pédagogique. Le quota n'est pas la solution à tout. C'ets l'avis des directeurs d'IUT". (à vrai dire le quota vers l'IUT concerne les bacheliers technologiques NDLR).

 

Ne faudrait-il pas "décentraliser l'enseignement professionnel", demande-t-elle enfin. L'idée a été avancée par Alain Juppé dans son livre de campagne sur l'éducation. Il propose d'intégrer les LP dans les CFA.

 

"Fusionner CFA et LP, je n'y suis pas favorable car ce sont deux logiques différentes", répond la ministre. "On veut développer l'apprentissage...On l'a introduit dans Affelnet. Du coup on a vu monter les demandes vers l'apprentissage. Puis 3 semaines après la rentrée revenir les jeunes en LP car ils n'avaient pas trouvé de stage".

 

La ministre contre attaque du coté du bac pro. "Le passage au bac pro en 3 ans ne s'est pas fait dans de bonnes conditions" , dit la ministre. "On a laissé les enseignants avec une charge surhumaine. Ce n'est pas sérieux". La mesure date de 2009. Mais  N Vallaud Belkacem assure "qu'on ne reviendra pas dessus"...

 

A quoi sert le Cnesco ?

 

Mais c'est aussi le Cnesco et sa récente Conférence de comparaison internationale sur l'enseignement professionnel que l'opposition met sur la table. "A quoi sert le Cnesco ? Je suis surpris que vous n'évoquiez pas ses recommandations", dit Frédéric Reiss, député Les républicains. Il se déclare en faveur des lycées polyvalents, associant général, technologique et professionnel.

 

"Je n'ai pas évoqué le rapport du Cnesco.. parce qu'il date car il ne prend pas en compte les mesures de ces dernières années", répond la ministre. L'affirmation est très aventurée vue la qualité du rapport du Cneco qui dépasse d'ailleurs largement les quelques mesures tardives du gouvernement.

 

"Il y a une vraie convergence avec le Cnesco sauf sur les 3èmes prépa pro". Le Cnesco a recommandé entre autre la suppression des 3èmes prépa pro, un dispositif qui met à l'écart des élèves qui se retrouvent en lycée professionnel avec un horaire particulier dès la 3ème. "Les jeunes reprennent gout à l'école" grâce aux prépa pro", affirme-t-elle. C'est une victoire. Si quelques années plus tard ils décrochent davantage que leurs camarades ça veut dire qu'il faut améliorer le dispositif". L'idée de la mixité des publics, avec le lycée polyvalent, est jugée "intéressante".

 

L'égalité entre PLP et certifiés

 

Des questions viennent aussi de la gauche. "On ne pourra pas revaloriser l'enseignement professionnel si on ne revalorise pas les métiers qui en découlent", explique Marie Georges Buffet (PCF). Elle demande l'égalité de traitement entre les PLP et les certifiés. Députée socialiste, Julie Sommaruga demande des moyens pour les lycées professionnels exclus de l'éducation prioritaire.

 

On n'aura pas de réponse sur ce dernier point. Mais la ministre rappelle la revalorisation de la prime versée aux PLP sui devrait atteindre 400 euros à la rentrée.

 

Philosophie et expérimentations en LP

 

N Vallaud Belkacem partage son intérêt pour l'enseignement de la philosophie en LP. "On fait le bilan de la réforme du lycée. Il faudra revenir sur certains points comme la philosophie en LP", dit-elle. "On ne peut pas laisser une génération de lycéens professionnels passer à oté de ça". Aucune date n'est donnée pour ce  nouvel enseignement.

 

La ministre a rappelé les mesures qui seront appliquées à la rentrée comme la possibilité d'opter pour une autre orientation dans le premier trimestre de 2de professionnelle, les poles de stages, la semaine de préparation au stage en entreprise, la création de 500 nouvelles formations vers des métiers d'avenir à la rentre 2017, l'expérimentation de l'orientation en BTS sur décision du conseil de classe de terminale.

 

En conclusion , N Vallaud Belkacem a annoncé l'expérimentation "de nouvelles modalités pédagogiques" associant des chercheurs pour "ouvrir les lycéens aux métiers de l'avenir". Elle en dira plus dans quelques semaines.

 

François Jarraud

 

Dossier : Cnesco sur l'enseignement professionnel

Enseignement professionnel :L'oublié d el'éducation nationale

Projet de Juppé

 

 

 

Par fjarraud , le mercredi 15 juin 2016.

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