Clic 2016 : Quand la classe inversée réinvente l'évaluation 

Pour ceux qui en douteraient, la preuve que les participants au Clic 2016, le congrès francophone de la classe inversée qui s'est tenu du 1er au 3 juillet, sont bien des professeurs c'est que l'évaluation revenait sans cesse dans les échanges. Un atelier était dédié à cette problématique.  Les "profs inversés" vont-ils réellement changer l'évaluation ?

 

Comment évaluer en classe inversée ? La question peut paraitre surprenante pour une pédagogie qui a mis le travail de l'élève au centre de ses préoccupations. Mais Olivier Quinet, professeur d'histoire-géographie, souligne qu'il s'agit de "donner de la valeur à l'évaluation" sans pour autant unifier les pratiques. Mais, même si plusieurs modèles sont proposés, on verra que des points communs se dégagent

 

Note ou pas note ?

 

"Je me suis désintoxiqué de la note", explique Olivier Quinet. "Désintoxiqué" car la notation a tellement pénétré les habitudes du secondaire qu'il faut un vrai travail pour l'abandonner. "Je veux faire de l'évaluation un outil d'apprentissage et j'en ai assez des évaluations qui ne servent à rien, qui sont oubliées le soir même".

 

Pourtant ne plus noter n'est pas simple, même en collège. Administrativement la note réapparait en fin de 3ème pour l'orientation et pour les brevets blancs. Enfin il y a les réactions des parents. C'est plus simple de s'affranchir de la note quand on est un professeur expérimenté qu'un débutant...

 

Par quoi remplacer les notes ?

 

Olivier Quinet a opté pour un port folio d'évaluation. "Je peux évaluer des connaissances brutes avec un quizz ou un texte à trous. Ensuite il y a des travaux plus ambitieux d'analyse de documents. Là il faut des outils plus sophistiqués". O Quinet a opté pour un port folio qui évalue le travail de l'élève selon une grille de compétences avec des ceintures, attribuées ou pas.

 

"L'appréciation doit être une aide", explique-t-il. "L'appréciation doit aider l'élève". O Quinet commence chaque évaluation avec le rappel de l'appréciation précédente qu'a obtenu l'élève. "J'ai le sentiment de faire progresser les élèves", indique-t-il. Mais pas tous reconnait-il. "Il y a toujours 2 ou 3 élèves par classe qui échouent quoiqu'on fasse".

 

L'évaluation à la demande

 

Professeure d'éducation musicale en collège, Isabelle Bougault  tient à une évaluation en fin de séquence et portant sur les compétences acquises  sur la séquence. Mais elle pratique l'évaluation à la demande.

 

Les élèves disposent de capsules vidéos et d'exercices d'entrainement. Quand ils s'estiment prêts ils sollicitent une évaluation. Résultat : "85% valident les compétences attendues en 6ème", explique-t-elle. Les élèves deviennent plus autonomes.

 


Le professeur (faussement) paresseux..

 

Professeure d'éducation musicale en collège REP+, Sara Taupin utilise volontiers l'inversion de posture  pour l'évaluation. C'est aux élèves qu'elle demande de construire les évaluations.

 

Elle utilise pour cela le site Learning Apps. Il permet de fabriquer facilement différents types de questionnaires : mots croisés, jeu du pendu, millionnaire...

 

Les élèves répartis en petits groupes doivent réaliser le questionnaire sur le cours inversé. Il faut à la fois imaginer les questions et donner les réponses. Le professeur reçoit par mail notification des applications faites par les élèves.

 

"Poser de bonnes questions c'est s'interroger sur ce qui doit être retenu dans un cours. Quand ils se disputent c'est super !", remarque S Taupin. "J'observe ce qu'ils demandent et par suite leurs erreurs. Ils ont encore le temps d'amender leur travail".

 

Mimer le professeur paresseux pour que les élèves s'emparent du travail. On est bien dans la classe inversée...

 

François Jarraud

 

O Quinet : Evaluer pour mieux apprendre

Learning Apps

 

 

Par fjarraud , le jeudi 07 juillet 2016.

Commentaires

  • kentel_eatice, le 07/07/2016 à 13:41
    Le titre est  "too much"...
    Cela fait tout de même de très nombreuses années que l'école primaire a réformé en France ses modes d'évaluation. Un énorme travail de formation a été fait, et on sent que tout cela a été intégré par les professeurs des écoles.
    Que le collège découvre que l'on travaille sur la docimologie et les compétences depuis le XXième siècle, cela semble un fait, mais encore très minoritaire.
    En espérant que l'on sorte du chiffre, de la constante macabre et que l'évaluation diagnostique fasse enfin son apparition dans le second degré.
    On parle encore dans l'article d'évaluation de "connaissances", ce n'est pas <learning apps> qui va remplacer la réflexion des enseignants sur le "comment évaluer les compétences".
    En espérant tout de même que la réflexion s'entame sur sur le sujet grâce à des changements de pratique en classe.

    J'ai juste l'impression que Monsieur Freinet se fait piquer ses idées sans qu'on le crédite suffisamment :
    - abolition de l'estrade
    - travail en groupes
    - école active
    etc.

    Rendons à Célestin ce qui est à Célestin... les <learning apps> ne sont que que des fichiers auto-correctifs  inventés avant la naissance de bon nombre des enseignants en fonction aujourd'hui et tant mieux s'ils suivent l'exemple de l'inventeur du matérialisme pédagogique.

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