N’arrête pas ton Cirque Pardi!  

Imaginez un instant qu’un cirque vienne chez vous, pour y dresser son chapiteau et surtout y prendre résidence… Evelyne Lhoste, professeur d’EPS au lycée professionnel Agricole  de Flamarens à Lavaur dans le Tarn, présente un projet retenu pour le 9ème Forum des enseignants innovants qui se déroulera les 25 et 26 novembre 2016 à Paris. Ainsi, les élèves de 4ème se sont lancés dans la création d’un spectacle en Arts du Cirque en première partie de « la compagnie Pardi !» qui a pris ses résidences d’artistes au sein de l’établissement avec le concours d’une multitude de disciplines.

                                               

Pouvez-vous nous présenter votre projet?

 

Tout d’abord, c’est un projet qui connaît sa quatrième année d’existence et qui consiste à la création et la représentation d’un spectacle de toute la classe de 4ème  de l’établissement devant 350 personnes, et ceci à deux reprises. Le projet s’organise par la découverte pendant deux mois de l’univers d’artistes professionnels du Cirque moderne « la compagnie Pardi ! » qui est en résidence d’artistes au lycée. Les élèves pratiquent les Arts du Cirque pendant l’année en commençant à travailler sur la création et en fin de période nous organisons une semaine thématique autour du Cirque. Au cours de cette semaine, les élèves sont avec les artistes le matin et avec les enseignants l’après-midi. Un grand nombre de collègues d’autres disciplines sont impliqués dans le projet, ce qui permet de proposer un réel fil rouge entre l’ensemble des matières !

 

Pourquoi ce projet ?

 

Il y a plusieurs raisons. L’un de nos objectifs est de donner du sens aux apprentissages. Vaste projet me diriez-vous, mais nous avons repéré chez nos élèves certaines difficultés de motivation mais surtout de confiance en soi et en l’autre. Ce projet est marquant pour eux car passer devant 350 personnes sous un véritable chapiteau, avec l’ensemble des jeux de lumières et de sons, les musiciens et techniciens à leur service , est véritablement un moment intense pour les élèves. Et puis me concernant, il y a eu un véritable « coup de foudre » pour les Arts du Cirque qui permettent, me semble-t-il, de rendre l’élève acteur de sa formation en vivant , coopérant , créant et travaillant ensemble.

 

Un coup de foudre, c’est-à-dire ?

 

Et bien, lors d’un stage en formation continue dans l’activité Arts du Cirque que je connaissais peu, j’ai été tout simplement bouleversée par le stage, par l’activité en elle-même et par l’immense champ des possibles pour les élèves. Et de fil en aiguille, nous avons participé avec plusieurs enseignants (Anne Marie CREISMEAS ; Najate BOUHTATE et Fathy ZARROUK), notamment de lettres, de mathématiques et de socio-culturel (spécifique au lycée agricole), à un stage intitulé « Enseigner Autrement » et il nous semblait évident d’utiliser les activités Circassiennes comme fil conducteur des apprentissages.

 

Comment ce projet a-t-il vu le jour ?

 

Nous avons commencé par prendre contact avec « La Grainerie - Fabrique des Arts du Cirque » dont la médiatrice a joué le jeu immédiatement de la rencontre des Arts du Cirque et de l’école. Ce lieu de Cirque permet à des compagnies de trouver des résidences d’artistes afin de concevoir leur spectacle avant la tournée. Il s’est avéré que « la compagnie Pardi ! » en cherchait une et nous avons pu commencer l’aventure ainsi. Il a évidemment fallu une mobilisation importante de l’ensemble des acteurs, je ne ferai pas la liste ici car elle risque d’être longue, mais il en ressort surtout de magnifiques rencontres humaines qui font qu’un lien vraiment fort a été créé, qui perdure d’ailleurs.

 

Concrètement comment vous vous y êtes pris avec les élèves ?

 

Une des particularités de l’enseignement agricole est d’instituer le travail pluridisciplinaire et transdisciplinaire au sein duquel plusieurs disciplines sont au service du projet. Actuellement les EPI du collège s’inscrivent dans la même démarche. Notre idée directrice, au fondement des activités Circassiennes, est de permettre à l’élève de trouver sa propre matière et développer ses propres exploits pour produire un spectacle collectif.

 

Du coup, nous avons proposé deux cycles en EPS à travers les différentes familles  (l’acrobatie, le jeu d’acteur, le jonglage, l’équilibre) afin de permettre à chacun de percevoir ses réussites avec l’idée de produire une création collective. En Français, un gros travail a été réalisé sur l’écriture du scénario et également en abordant la littérature autour de cette thématique. En Mathématiques, la géométrie de l’espace scénique a été travaillée afin de réaliser une maquette du chapiteau du « cirque Pardi! » que les élèves ont offert à la compagnie à leur départ, etc.

 

Enfin, les artistes du Cirque ont joué un rôle incroyable pour aider les élèves à mettre en forme leur spectacle à partir des projets des collégiens. Les élèves se sont rendus compte des exigences de répétition, de travail, de la nécessité de penser à tout, que ce soit la musique, la lumière et les costumes. Jusqu’au jour J où il fallait se lancer et là encore, l’apport des professionnels a été considérable et d’une grande générosité.

 

Et maintenant ?

 

Je pense que ce qu’il en ressort, c’est, avant toute chose, une magnifique aventure humaine. Mais tout le monde sait que cela ne se décrète pas, il y a une part d’aléas qui est présente. Au final, on peut dire que la Troupe du Cirque s’est agrandie, et évidemment quand fut l’heure du départ, l’émotion était plus que présente. Il me semble que l’enseigner c’est un peu cela, non ? Et si l’on recommençait avec une autre compagnie, un autre chapiteau et d’autres élèves ?

 

Antoine Maurice et Benoît Montégut

 

La vidéo

 

 

Par fjarraud , le jeudi 17 novembre 2016.

Commentaires

  • MARTIN_73277, le 17/11/2016 à 09:22
    Bonjour Evelyne,
    Merci pour cet article. Je peux témoigner de l'intérêt d'un tel projet, ayant vécu (en spectateur) un projet similaire en Allemagne dans une petite ville dans laquelle l'ensemble des enfants de l'école primaire avaient participé au montage d'un spectacle avec l'assistance de professionnels.

    Il me semble que dans le cas de votre projet un facteur favorable est en présence:
    Une des particularités de l’enseignement agricole est d’instituer le travail pluridisciplinaire et transdisciplinaire au sein duquel plusieurs disciplines sont au service du projet.

    Le projet, la discipline, l'entraînement, la coordination des acteurs, le spectacle, la reconnaissance, voire l'admiration des parents / cousins / copains...

    et l'école / le collège / le lycée deviendront des lieux où l'on aura envie d'aller (y compris pour les profs)
    On peut rêver, mais vous l'avez fait.

    Cdt
    Christian

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