Rentrée 2017 : Une nouvelle gestion des remplaçants dans les cartons 

N Vallaud Belkacem devrait présenter le 9 mars les grandes lignes de la rentrée 2017. Celle ci sera marquée par la création de 11 000 postes et le reclassement des enseignants dans les nouvelles grilles salariales du PPCR. Mais la ministre devrait aussi annoncer de nouvelles mesures concernant les remplacements élargissant les conditions d'emploi des remplaçants. Des mesures prises sous la pression de la Cour des comptes qui vient de publier un référé sur ce sujet.

 

11 000 postes

 

 Avec 11 662 postes créés, la rentrée 2017 atteint les 54 000 emplois promis par F Hollande en 2012. Surtout, la rentrée devrait permettre aux établissements de respirer, surtout au primaire où on attend une baisse des effectifs.

 

Pour les enseignants, 4 311 postes à temps plein seront ouverts dans le 1er degré et 4 400  dans le second degré publics, parmi lesquels 450 pour les lycées "fragiles" .  S'y ajouteront un millier de postes d'enseignants dans le privé sous contrat et 2 351 postes d'accompagnants ou d'administratifs.

 

Près de 2000 nouveaux postes du 1er degré permettront d'atteindre 5 161 emplois de maitres surnuméraires. Toutes les écoles de l'éducation prioritaire devraient en être dotés selon le ministère même si au moins un département a annoncé ne pas le faire.

 

Nouvelle étape dans la revalorisation

 

Autre nouvelle importante pour les enseignants : au 1er septembre ils seront tous reclassés sur les nouvelles grilles issues des négociations PPCR. Selon le ministère, en plus de la revalorisation qui a déjà été appliquée (hausse du point Fonction publique plus octroi de points), le  reclassement avec maintien de l'ancienneté sur les nouvelles échelles devrait s'accompagner d'un gain salarial. Le ministère donne en exemple un professeur des écoles au 8e échelon de la classe normale qui a trois ans d’ancienneté sera reclassé au 1er septembre 2017 en la conservant et passera au 9e échelon six mois plus tard. À l’occasion de ce changement d’échelon, sa rémunération de base augmentera d’environ 2 000 € bruts par an.

 

Nouveaux périmètres pour les remplacements

 

Plus discutées seront peut-être les mesures concernant les remplacements. 1500 nouveaux postes devraient être affectés aux remplacements à la rentrée. Mais pour améliorer le taux de remplacements, le ministère a aussi décidé de changer les règles à la rentrée 2017.

 

" Un décret relatif à l’exercice des fonctions de remplacement des enseignants du 1er degré créera un vivier unique à la place des différentes brigades spécialisées dans le remplacement de différents types d’absence. Il permettra de mieux mobiliser les remplaçants dans l’intérêt du service et des élèves", dit le ministère. Dans le second degré, une instruction ministérielle améliorera la gestion du remplacement à l’échelon académique et réactivera les protocoles de remplacement de courte durée dans les établissements imaginés par G de Robien en 2005. Ce texte demande aux personnels de direction de chercher dans l'établissement des enseignants pour faire face aux absences de courte durée. Le chef d'établissement peut désigner, s'il manque  de volontaire, un enseignant dans la limite de 60 h par an et 5 h par semaine. Un protocole resté largement lettre morte. Les conseils d'administration des établissements ont normalement été consultés sur ce point.

 

Ces mesures , outre qu'elle n'assurent pas le remplacement par exemple d'un professeur de maths par un autre, risquent d'être mal accueillies. Dans le premier degré les conditions de travail des remplaçants, déjà pas faciles, risquent de devenir plus difficiles. Dans le second degré les enseignants sont souvent hostiles à l'idée qu'on puisse leur imposer des heures supplémentaires.

 

Des mesures en réponse à la Cour des comptes

 

Rendu public le 8 mars, la Cour des comptes a envoyé le 23 décembre un référé au ministère de l'éducation nationale sur les remplacements. La Cour souligne d'abord l'absence de fiabilité des informations comptables et des taux de remplacement communiqués par le ministère.

 

Elle dénonce le cadre trop rigide des remplacements de longue durée. Elle juge trop ambitieux le principe de remplacer les enseignants par des professeurs de la même discipline. Elle estime que les titulaires remplaçants sont peu utilisés.

 

Mais c'est surtout sur les remplacements de courte durée du 2d degré que la Cour marque le ton. Elle estime le taux réel de remplacement très en dessous du taux officiel. Elle constate aussi que la plupart des absences sont liées au fonctionnement du système éducatif (examens, formations, sorties etc.).

 

Elle constate aussi que le décret Robien n'est pas appliqué parce que les chefs d'établissement ne sont pas soutenus et ne croit pas dans la nouvelle initiative ministérielle.  "Comme aucune mesure renforçant les prérogatives des proviseurs de lycées et principaux de collège n'accompagne les décisions ministérielles, il est à craindre que cette nouvelle initiative n'ait pas plus d'effets que la précédente".

 

La Cour propose sa solution : faire entrer le remplacement dans les obligations liées au statut des enseignants. Elle demande aussi d'améliorer le recueil statistique et le pilotage . Et de créer les conditions pour rendre effectif le décret Robien sur le remplacement de courte durée.

 

Numérique

 

Le ministère met aussi l'accent sur le numérique à la rentrée 2017. La moitié des collèges deviendront des "collèges numériques" et 600 000 élèves devraient être équipés. Le ministère annonce 3 journées de formation pour les enseignants et surtout la mise en place de PIX en lieu et place du B2i.

 

Mesures sociales pour les élèves

 

D'autres mesures concernent les élèves. Après avoir remonté le montant des bourses collège et lycée, le ministère augmente les fonds sociaux : ils atteindront 65 millions , contre 28 en 2012. 2 000 nouvelles places seront ouvertes à la rentrée en BTS pour faciliter l'accueil des bacheliers professionnels. Cinq académies expérimenteront l'entrée en BTS sur décision du conseil de classe de terminale.

 

François Jarraud

 

La rentrée dans le primaire

Le référé

 

 

 

Par fjarraud , le jeudi 09 mars 2017.

Commentaires

  • maria58, le 09/03/2017 à 11:08
    Ce qui est rigolo, c’est l’impasse complète,  commune à la Cour des Comptes et  à la Ministre, sur les causes des difficultés de remplacement, çàd la pénurie de profs titulaires,  qui n’est pas une fatalité mais le fruit des choix politiques comptables de ces dernières années.

    La Cour des Comptes prétend parler du non-remplacement, mais elle ne souffle mot de ses causes - on l’a connue plus bavarde dans des rapports antérieurs où elle a très tôt pointé le fait que les concours de recrutement d’enseignants ne faisant pas le plein, les « plafonds d’emplois » autorisés via le budget voté par le parlement n’étaient pas remplis. 
    En clair, au vu des besoins de l’Ecole (dont le remplacement), on aurait du recruter un certain nombre de profs titulaires. Année après année on n’en a pas recruté assez (postes mis au concours mais pas tous pourvus), résultat au bout de quelques années de sous-recrutement, sur le terrain les profs manquent - entre autres, pour couvrir les besoins de remplacements. 

    La réponse de la Ministre reconnaît au passage, doux euphémisme,  le  «  contexte d'attractivité relative des concours de recrutement d’enseignants » , pour autant depuis 5 ans bien peu a été fait pour restaurer efficacement cette attractivité, et encore moins pour soutenir financièrement les candidats aux concours. Rappelons que les candidats qui passent en ce moment les écrits des concours 2017 s’y sont préparés sans aucune aide financière de l’Education Nationale….. donc avec leurs seules ressources (aide familiale ou travail salarié tout en préparant le concours !).
    S’il y a encore des postes non pourvus aux concours 2017, et donc des profs manquants sur le terrain à la rentrée 2017, on saura pourquoi !

    Mais dans le rapport de la Cour des Comptes, comme dans les réponses de la Ministre, exit les questions qui fâchent sur « pourquoi manque-t-on aujourd’hui de remplaçants et qu’est-ce qu’on pourrait faire pour redresser la situation en traitant à la source le problème de pénurie de titulaires ? »
    Après des années de pingrerie aux dépens des jeunes qui se destinent à l’enseignement, les « solutions » mises en avant consistent toutes…..  à faire suer davantage le burnous enseignant (élargir les zones de remplacement….), à se rabattre sur des palliatifs précaires (remplaçants contractuels au lieu de titulaires remplaçants) au risque que les élèves continuent à faire les frais de ces expédients aléatoires - à la « pêche aux contractuels » on attend parfois des semaines, voire des mois avant que ça « morde » ….. et l’année d’après il faut repartir à la « pêche »…..  
    Quant à la « restauration de la formation des enseignants », on voit bien ce qu’il en est en pratique de cette "priorité des priorités », quand on érige en système le fait de balancer dans des classes des contractuels pêchés à Pôle Emploi…..
  • maria58, le 09/03/2017 à 09:58
    le ministère augmente les fonds sociaux : ils atteindront 65 millions , contre 28 en 2012" ?
    Décidément on ne comprend plus très bien où on en est en matière de fonds sociaux scolaires.... 

    Car ça ne colle pas avec ce que dit le rapport Delahaye  p. 59   http://cache.media.education.gouv.fr/file/2015/52/7/Rapport_IGEN-mai2015-grande_pauvrete_reussite_scolaire_421527.pdf
    selon lequel les fonds sociaux étaient à 
     32,1 M€ en 2012, 
    à nouveau 32,1 M€  en 2013 
    et toujours 34,6 M€ en 2014, 
    ils auraient (enfin) atteint 45M€ en 2015 
    Puis d'après le Ministère ils ont été abondés de +16M€ en 2016 cf http://cache.media.education.gouv.fr/file/09_-_septembre/67/5/2015_PLF2016_v+100_bdef_477675.pdf  page 8
    = Si on suit bien, le gouvernement a mis 5 ans à atteindre 45 + 16 + 12 = 73 M€ c’est-à-dire….. le niveau qu’avaient les fonds sociaux en 2001, cf p.59 du rapport Delahaye. 

    Mais si maintenant la Ministre annonce 65 millions d'€, on n'est donc toujours pas aux 73 M€.......? 


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