Vincent Folliot : Une démarche citoyenne en histoire-géographie 

A quoi sert le numérique ? A aider les élèves à devenir pleinement des citoyens. C'est ce que met en pratique Vincent Folliot, un jeune professeur d'histoire-géographie d'Ancenis (44). S'appuyant sur les ressources numériques locales, il invite le collégiens à les prendre en main pour devenir des citoyens avisés et des géographes critiques. Ou l'inverse...

 

Au départ de cette rencontre  avec Vincent Folliot, une belle séquence sur le fleuve Colorado. Particularité du fleuve : le Colorado est un fleuve puissant mais qui ne se jette pas forcément dans la mer, du fait d'une exploitation intense liée à la croissance économique et démographique du sud ouest américain. Particularité de la séquence proposée par Vincent Folliot sur le site académique nantais : l'utilisation par les élèves de la réalité augmentée dans leur production. Une pratique assez rare qui méritait explication.

 

Qu'apporte la réalité augmentée dans ce travail sur le Colorado ?

 

Je l'utilise surtout pour amener les élèves à avoir un regard critique sur les outils qu'ils utilisent. On sait que les couches des photos aériennes que l'on utilise tous, avec Google Maps par exemple, sont composites et nettoyées. Ce sont donc des productions qui peuvent être critiquées.

 

Le travail que font les élèves dans cette séquence est une cartographie augmentée. Si on surimpose à ces couches une autre information on rajoute un décalage qui peut tromper le rapport des élèves à la réalité. L'utilisation de la réalité augmentée sert surtout à montrer que le réel peut être transformé. C'est toute la distance entre le réel et ses représentations numériques.

 

Les élèves ont d'ailleurs constaté l'écart entre ce qu'affiche Googe Maps ou Open Street Maps et la réalité en constatant que certaines photos montrent des aménagements différents. Constater cela c'est faire un travail critique et utile. Il faut amener les élèves à avoir ceregard critique sur l'outil qu'ils utilisent.

 

Ce souci se retrouve-t-il dans d'autres usages du numérique en classe ?

 

Par exemple dans l'utilisation que l'on peut faire des systèmes d'information géographiques (SIG). Ce sont des outils d'aménageurs que l'on fait utiliser par les élèves. Il est nécessaire qu'ils connaissent ces outils qui sont utilisés pour orienter le destin des agglomérations ou des collectivités locales proches d'eux.

 

Toutes les grands métropoles ont des SIG. Près d'Ancenis c'est le cas de Rennes et de Nantes. Il est intéressant de voir comment ces collectivités conçoivent leur territoire. Avec les élèves je les aborde sous  l'angle de la prospective. Pa exemple Nantes propose un site qui permet de savoir à quoi ressemblera la métropole. Un jeu sérieux permet à l'élève de construire la ville qu'il voudrait pour demain et de faire des choix.

 

Un autre exemple concerne un sig israélien qui montre comment le territoire israélien est vu par ses aménageurs jusqu'à une échelle très petite pour un territoire qui est très convoité.  Cela montre concrètement comment les questions se posent pour délimiter l'habitat par exemple et ça renseigne sur l'aménagement d'un territoire.

 

C'est une démarche que l'on peut mener aussi en histoire ?

 

J'ai travaillé avec une collègue sur le carnet de guerre d'une famille. On a pu tracer le chemin d'un soldat de la première guerre mondiale. Ou encore on a tracé le voyage de Robinson Crusoé sur un fond de carte d'époque. Les élèves peuvent garder trace de ces travaux sur l'ENT local.

 

Les nouveaux programmes donnent de nouvelles possibilités pour l'utilisation du numérique ?

 

J'étais sceptique au début. Mais à l'usage , avec le petit recul que l'on a maintenant, je trouve qu'ils sont plus souples et donnent plus de latitude notamment au regard des contraintes horaires.

 

Comment faites vous en classe pour mener ce séquences numériques ?

 

On a depuis décembre une classe mobile avec 15 ordinateurs à clavier détachable ce qui convient à mes 29 élèves.

 

En fin de séquence on revient à une trace écrite. Sur cahier ou sur l'ENT ?

 

J'estime que l'ENT peut être un prolongement du cahier car nos élèves sont bien familiarisés avec l'ENT. Il y a donc une trace écrite dans leur cahier. Mais aussi une trace sur l'ENT. Une conclusion faite en écriture collaborative par la classe qi restera sur l'ENT et que les élèves pourront retrouver.

 

Propos recueillis par François Jarraud

 

Séquence sur le Colorado

Une séquence sur Nantes Métropole

Le jeu de l'urbaniste

 

 

Par fjarraud , le vendredi 21 avril 2017.

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