Faut-il réduire les heures de cours à 45 minutes ? 

L'école efficace est-ce celle qui allonge les pauses ? Au delà du paradoxe, la question est posée par les enseignants québécois du RIRE, un réseau officiel d'information pour la réussite éducative à partir d'études américaines. Une question qui fait écho à des expériences en France, à l'autonomie des établissements et aussi à notre climat scolaire dégradé...

 

Le modèle finlandais évalué aux USA

 

 " En Finlande, les élèves prennent généralement 15 minutes de pause pour chaque 45 minutes de travail en classe. Des chercheurs se sont penchés sur les effets de ces récréations fréquentes chez les élèves", écrit le Réseau d'information pour la réussite éducative.. Il rend compte principalement des travaux d'Anthony Pellegrini, un universitaire américain (Université du Minnesota) qui a mené une série d'expérimentations dans des écoles publiques des Etats-Unis.

 

" Dans chacune des expérimentations menées par ces chercheurs, les élèves étaient plus attentifs après la pause qu’avant. Les chercheurs ont également observé que les élèves étaient moins attentifs lorsque le temps de pause était retardé", écrit le RIRE.

 

Limiter le temps de cours à 45 minutes est un peu dans l'air du temps. D'autres pays européens que la Finlande pratiquent ces séquences courtes (par exemple les pays scandinaves). Un groupe de travail de la réforme éducative en Belgique francophone vient d'ailleurs de recommander cette organisation.

 

En France

 

En France même plusieurs établissements appliquent déjà des emplois du temps sur la base de séquences de 45 minutes ou 2 fois 45 minutes. Mais ces formules ont généralement comme objectif de dégager 3 à 4 heures de cours par semaine  le plus souvent pour des activités encadrées comme l'aide aux devoirs.

 

C'est le cas, par exemple, dans un collège de l'ile d'Yeu où cette organisation est en place depuis 2010. " Les observations conduites dans les classes permettent de dire que la qualité du travail conduit ne semble pas liée à la durée de la séquence, mais plutôt à la faculté d'adaptation des enseignants aux contraintes inhérentes à cette durée", note un article du site académique. "Une séquence de 45 minutes peut être fructueuse sous certaines conditions : imaginer des rituels d'entrée en classe et de mise au travail efficaces, cibler un objectif précis, articuler fortement le travail personnel en amont et en aval de la séance, avoir réglé les éventuels problèmes de gestion de classe, avoir préparé le matériel audio-visuel".

 

Ca fait beaucoup de changement. Pour l'enseignant, cela se traduit souvent par davantage de classes à suivre, du moins si l'enseignant n'encadre pas le temps dégagé sur les 10 minutes gagnées. Et finalement cela peut s'avérer plus fatiguant. Pour l'élève , on peut craindre un certain émiettement. Cela ne conviendra pas forcément à tous.

 

Une autre organisation annuelle

 

Mais ce n'est pas ce modèle que met en avant l'article du RIRE mais bien une augmentation du temps de récréation de façon à mettre à la fin de chaque heure le temps que donnent les règlements français pour chaque demi journée de classe.

 

Augmenter le temps de pause dans cette proportion tout en conservant le même temps d'enseignement suppose une autre organisation du temps scolaire, davantage étalé sur la semaine ou sur l'année.

 

Est-ce envisageable ? Plusieurs arguments plaident en ce sens. D'abord des modifications importantes des rythmes scolaires annuels existent déjà dans une partie des écoles primaires françaises.

 

Ensuite PISA montre que l'école française a le niveau d'indiscipline le plus élevé après la Grèce. La moitié des  élèves déclarent qu'il y a du désordre en classe.  Les élèves français sont ceux qui déclarent le plus que leur professeur passe beaucoup de temps à chaque heure de cours à ramener l'ordre, le silence et les élèves au travail.

 

Ce temps perdu en classe pour les apprentissages ne serait-il pas plus judicieux de le donner en temps de récréation ? Au moment où l'autonomie des établissements scolaires va peut-être être renforcée, l'article québécois interroge aussi nos écoles.

 

François Jarraud

 

Article du RIRE

L'ile d'Yeu

D'autres expérimentations

L'indiscipline dans les écoles françaises

 

 

 

Par fjarraud , le mercredi 03 mai 2017.

Commentaires

  • Patss, le 03/05/2017 à 17:44
    Et puis surtout c'est un moyen de faire travailler davantage les enseignants en divisant 18h par 45 au lieu de faire en fait 18 fois 55 minutes. J'ai eu un principal qui avait tenté et qui voulait nous faire travailler les 24 périodes que cela donnait.
  • Viviane Micaud, le 03/05/2017 à 08:58
    Je pense que ce n'est pas un paramètre significatif. Surtout que vu le temps qu'il faut pour avoir un peu de silence beaucoup de cours font moins de 40 minutes.
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