Blanquer déçoit aussi le Sgen-CFDT  

S'il restait encore un doute, il est levé : le ministre de l'Education nationale a raté sa rentrée auprès des enseignants. Après les syndicats de la FSU - le Snuipp pour le primaire, le Snes pour le secondaire - et après le SE-Unsa, le Sgen-CFDT a dressé le 7 septembre un bilan morose des premières mesures prises par Jean-Michel Blanquer, critiquant notamment la précipitation et un dialogue social à sens unique.

 

" Certaines mesures ne nous paraissent pas aller dans le bon sens ", a expliqué Catherine Nave-Bekhti, la secrétaire générale du Sgen-CFDT lors de sa conférence de presse de rentrée. " L'équipe de campagne du candidat Macron nous avait assuré, lorsque nous l'avions rencontrée, qu'il était hors de question d'aller vite. Or on est allé très vite, cela a même été brutal, sur les rythmes scolaires et le retour aux quatre jours, ou encore sur la réforme du collège. "

 

Bachotage

 

Parmi les signaux négatifs renvoyés par le ministre, Catherine Nave-Bekhti a aussi évoqué les évaluations qui vont avoir lieu en début de CP et en début de 6ème. " Cela risque d'encourager le bachotage, a-t-elle regretté, on est très loin de l'objectif de construire la confiance en soi " chez les élèves, vantée par le ministre.

 

Sur la mesure phare de la première rentrée de l'ère Macron – les CP à 12 en REP+ (les réseaux d'éducation prioritaire renforcés) - , la responsable du Sgen-CFDT a repris ce qui est désormais un leitmotiv : " personne ne peut être contre ".

 

" Mais nous avons des questions sur la mise en oeuvre ", a -t-elle ajouté. Le Sgen-CFDT s'inquiète notamment de " l'affaiblissement du remplacement ", une partie des postes nécessaires pour le dédoublement des CP ayant été pris sur des effectifs promis au remplacement.

 

Inégalités

 

Même réserve sur le dispositif Devoirs faits, pourtant  jugé intéressant : " les études montrent que les devoirs sont source de profondes inégalités ". Le problème, là encore, est celui des moyens et la volonté du ministère de reposer massivement sur des volontaires en service civique. L'Agence nationale du service civique a prévu de faire appel à 10 000 volontaires pour animer ce dispositif. Quid de leur formation, en si peu de temps ?

 

Sur la suppression des contrats aidés, le Sgen-CFDT se joint à la dénonciation quasi unanime. " On ne défend pas ces contrats précaires, souligne Catherine Nave-Bekhti, mais on ne peut pas ainsi les supprimer sans dire ce que l'on met à sa place. "

 

Le syndicat s'inquiète de la disparition des aides administratives aux directions d'école. Alors que Jean-Michel Blanquer avait promis que les emplois aidés réservés aux enfants en situation de handicap seraient maintenus, et même augmentés, des remontées font état d'un manque d'auxiliaires de vie scolaire (AVS) à certains endroits.

 

Temps et espace

 

Le Sgen-CFDT s'inquiète aussi du peu de place faite aux questions de mixité sociale et d'inégalités. La politique ministérielle semble se résumer aux CP à 12 et aux internats d'excellence, ce qui est un peu court aux yeux du syndicat.

 

Une note positive enfin : le Sgen-CFDT est prêt à s'impliquer dans la concertation sur le temps et l'espace de l'enfant  au 21è siècle, annoncée par Jean-Michel Blanquer. Il espère que ce sera, cette fois, un vrai dialogue : " Jusqu'ici, résume Catherine Nave-Bekhti, soit on nous reçoit pour nous écouter sans discussions ensuite, soit on nous reçoit pour nous annoncer des décisions avec une possibilité d'influer à le marge ".

 

Véronique Soulé

 

 

 

Par fjarraud , le vendredi 08 septembre 2017.

Commentaires

  • Guillaume35, le 09/09/2017 à 15:16
    Catherine Nave-Bekhti a aussi évoqué les évaluations qui vont avoir lieu en début de CP et en début de 6ème. " Cela risque d'encourager le bachotage, a-t-elle regretté.
    Des évaluations diagnostiques ... du bachotage ?!
  • Viviane Micaud, le 08/09/2017 à 12:26
    Technique Blanquer de l'époque où il était DGESCO de Chatel sous Sarkozy. Des "classes-caméras" (c'est à dire conçu pour faire des sujets d'info de 20h) concernant moins de 0,5% des élèves, et les 99,5% restant dans un cadre de travail dégradé. 
    Cela ne me semble pas une politique digne pour l'éducation nationale.
    • cavalli, le 08/09/2017 à 21:21
      Décevoir le sgen , ce n'est pas grave ,au contraire...vues toutes ses inepties ("devoirs source de profondes inégalités"  on rit ;   etc   )
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