Le Snpden et "l'assassinat à petits feux" d'APB 

Qui veut la peau d'APB ? Sans doute beaucoup de monde. En tous cas, Philippe Tournier, secrétaire général du Snpden,  le premier syndicat de personnels de direction, ne croit pas à sa mort naturelle. Le 14 septembre, il explique que les interventions politiques, les coups bas de l'administration et les lobbys du supérieur ont tué un système qui fonctionnait et qui mettait de la morale dans les affectations. Le Snpden souligne aussi les risques qui attendent son remplaçant. A bon entendeur...

 

L'assassinat d'APB

 

Quinze jours après la rentrée, le Snpden peut faire un premier état des lieux qui confirme que la rentrée s'est bien passée, c'est à dire comme les années antérieures. Un établissement scolaire sur deux est rentré en manque de personnel et un sur quatre sans solution pour y faire face. Mais c'est la proportion habituelle. La moitié des collèges déclare que la suppression des emplois aidés va leur poser des problèmes. Le Snpden juge ces suppressions de postes "scandaleuses" au primaire et brutales.

 

Mais la grande affaire de la rentrée pour Philippe Tournier, le secrétaire général du Snpden, c'est APB. "On a pris toutes les décisions pour qu'APB déraille" explique-t-il. Et il évoque une "mort à petits feux" du logiciel d'affectation dans le supérieur. Car pour lui APB fonctionnait bien. La preuve : cette année 3000 lycéens restent sans affectation ce qui est moins que les années précédentes.

 

Qui veut la peau d'APB ?

 

"Tout ce qu'il ne fallait pas faire on l'a fait et tout ça s'est décidé durant l'interrègne", dit P Tournier, ce qui cible les cadres du ministère. En exemple il cite la suppression du principe de priorité au bachelier de l'année ou encore la décision de faire attendre les élèves jusqu'à fin août.

 

Pour expliquer cette situation, le Snpden évoque aussi les interventions des politiques. "Tous les ans on a eu des interventions politiques et tous les ans on a distribué aux élèves des brochures fausses", explique P Tournier. Cet assassinat sert aussi les intérêts de "ceux qui ne veulent pas d'une règle d'affectation unique et moralisée".

 

Evidement les regards se tournent vers l'équipe actuellement au pouvoir qui exploite les difficultés d'affectation, moins graves cette année que les précédentes selon P Tournier, pour une réforme de l'accès vers le supérieur. Mais éliminer les publics difficiles sert aussi d'autres intérêts.

 

Une situation potentiellement explosive

 

Alors que le gouvernement semble penser que les lycéens sont acquis à la sélection et que sa mise en place est sans danger, P Tournier tire le signal d'alarme. Il souligne la contradiction entre l'injonction de faire de l'éducation à l'orientation au lycée et le fait qu'on ne connaitra les critères d'accès au supérieur qu'en décembre. "En discréditant APB on disqualifie son successeur" estime P Tournier. "Le problème n'est pas logiciel. Le problème c'est que les élèves ne croient plus dans APB. Il ne faut aps sous estimer la crise chez les lycéens".

 

P Tournier met en garde les groupes de travail qui préparent la réforme de l'entrée dans le supérieur. "Si on sort des pré requis qui sont sans rapport avec la terminale ça va poser des problèmes", prévient-il. "Si les ES n'ont pas le droit d'entrer en PACES par exemple il faudra dire pourquoi".

 

L'impossible interdiction des portables

 

Autre sujet de rentrée, l'interdiction du portable dans les établissements. Cette mesure annoncée par Blanquer et inscrite dans le programme Macron s'avère plus difficile que prévu. "Il faut une évolution juridique", prévient P Tournier. Pas question de s'appuyer sur le simple règlement intérieur. Il faut aussi les moyens matériels de gérer les portables et le personnel pour le faire. Autrement dit la décision semble difficile à  appliquer d'autant que des enseignants utilisent aussi le portable pour faire cours et que la mesure signifierait la fin de ces expérimentations pédagogiques.

 

Pour le Snpden l'engagement présidentiel sera probablement tenu et le syndicat demande une loi. On aura ainsi une loi pour régler un problème éducatif. Avec l'esprit imaginatif des collégiens on peut prédire que celle ci sera en permanence en danger de ridicule. La loi devra t-elle aussi prévoir l'échelle des sanctions quand les élèves la contourneront et faudra-t-il mobiliser la justice ?   

 

Si la rentrée se passe bien, la tension est palpable chez les chefs d'établissement devant le projet gouvernemental sur l'accès au supérieur. Du coup, les questions de gouvernance et du  rôle des chefs d'établissement , que Jean-Michel Blanquer a déjà évoqué, restent posées. Le syndicat attend les nouvelles initiatives de JM Blanquer.

 

François Jarraud

 

Blanquer engage les réformes de gouvernance

 

 

Par fjarraud , le vendredi 15 septembre 2017.

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