Claude Lelièvre : Il y a 50 ans le bac déjà sur le gril 

Il n'est pas inutile d'y revenir en ces temps d'incertitudes renouvelées sur le sujet. Et l'on verra que certaines des justifications ou propositions précises d'alors semblent perdurer cinquante ans après... Lorsqu’il nomme Alain Peyrefitte ministre de l’Education nationale en avril 1967, le général de Gaulle lui confie une mission à ses yeux essentielle : « Il faudra faire passer l’orientation et la sélection ».

 

Alain Peyrefitte se montre très préoccupé par les résultats du système universitaire français  : « Tout se passe, dit-il, comme si l’université organisait un naufrage pour repérer les nageurs qui échappent à la noyade ».

 

A vrai dire, dix ans avant, et alors même que seulement moitié moins d’une classe d’âge obtenait alors le baccalauréat (10%), le taux d’échecs à l’Université était déjà très élevé puisque moins de la moitié des étudiants parvenaient à franchir le ‘’barrage’’ des propédeutiques (les examens de fin de première année universitaire d’alors). Seulement 33% des étudiants en lettres obtenaient leur licence en trois ans ( la durée en principe normale des études), 35% en quatre ans, 22% en cinq ans et 10% en six ans.

 

Le Conseil des ministres du 24 avril 1968 traite des mesures envisagées pour « contrôler et normaliser la croissance des effectifs des étudiants : pas de sélection malthusienne, mais orientation, grâce à la diversification des voies ». « L’inscription automatique interviendra, dans la voie choisie, pour la moitié environ ou les deux tiers des bacheliers, soit : ceux qui ont obtenu une mention ; plus ceux qui ont obtenu 12 sur 20 dans les disciplines fondamentales de la voie choisie. Pour les autres, le droit à l’inscription ne sera pas automatique. Le bachelier pourra se porter simultanément candidat à plusieurs établissements. Les candidatures seront examinées, sur présentation du dossier scolaire, par des jurys d’établissement, lesquels pourront accepter ou refuser l’admission. Le gouvernement prendra des dispositions pour que l’ensemble des enseignements supérieurs diversifiés permette d’absorber la totalité des bacheliers désireux de poursuivre leurs études ».

 

Son examen est inscrit au programme de l’Assemblée nationale pour les 14,15 et 16 mai. Mais les événements de Mai 68 (et ce projet n’a pas été pour rien dans la mobilisation étudiante et lycéenne) empêcheront l’ouverture des débats et leur conclusion.

 

La loi d’orientation promulguée le 12 novembre 1968 afin de refonder les universités après la tempête de Mai 68 ne reprend pas le projet, le Général de Gaulle ayant accepté une nette modification dans la façon de penser l’orientation sélective à l’Université. Et il soutient son ministre Edgar Faure face à certains membres de sa majorité gaulliste qui, en juillet 1968, voulaient reposer le principe d’une sélection administrative rigoureuse.

 

Claude Lelievre

 

 

 

Par fjarraud , le vendredi 13 octobre 2017.

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