Adieu revalorisation ! 

Une semaine après la journée d'action du 10 octobre, les syndicats avaient rendez vous le 16 octobre avec Gérald Darmanin, ministre des compte publics, pour aborder la question salariale. Le ministre leur a confirmé qu'il y aurait un gel des accords de revalorisation PPCR en 2018. Les mesures prévues pour cette année seront-elles appliquées en 2019 ?  La loi de finances parle de gel strict de la masse salariale de l'Etat bien au delà de 2019... Seul point positif pour les fonctionnaires : la hausse de la CSG devrait être compensée.

 

Un mouvement exceptionnellement unitaire

 

Pour la première fois depuis une décennie, les syndicats de la fonction publique avaient su défiler en commun le 10 octobre pour demander l'application des accords PPCR de revalorisation. Le candidat Macron n'avait d'ailleurs pas annoncé vouloir les abroger ou les remettre à plus tard.

 

C'est pourtant ce que le gouvernement a décidé. Les points des accords PPCR qui devaient s'appliquer en 2018, par exemple le relèvement des indices, sont reportés. Selon le gouvernement cela représente 800 millions d'économie. Le ministre a fait une concession sur la hausse de la CSG : elle sera tout juste récupérée grâce à une prime pérenne.

 

Rupture de la parole de l'Etat

 

La FSU évoque " une rupture de la parole de l’Etat qui ne figurait même pas au programme du candidat Emmanuel Macron". La FSU donne rendez vous aux autres syndicats pour " trouver les moyens, dans les suites de ce que les agents ont exprimé le 10 octobre dernier, d’obtenir une réorientation de cette politique".

 

Interrogée par l'AFP, Mylène Jacquot (CFDT) fait part de sa "déception forte. 2018 sera une année blanche, voire pire pour certains agents avec le gel du point, le report du PPCR d'un an, tout ça assorti d'une hausse des cotisations retraite (...) Le ministre n'a pris aucun engagement pour 2019 à l'exception d'un nouveau rendez-vous salarial". Pour Baptiste Talbot (CGT), "ce qui ressort, c'est que les fonctionnaires et les agents sont les sacrifiés de ce gouvernement, Emmanuel Macron est bien le président des riches".

 

Le gel programmé jusqu'en 2022

 

A vrai dire la loi de programmation financière 2018-2022 laisse peu d'espoir pour les fonctionnaires de voir leurs salaires augmenter sous le quinquennat.  En effet elle programme une baisse de 3 points de la dépense publique d'ici à 2022. Elle passerait de 56% du PIB en 2017 à 51.5% en 2022. L'effort sera encore plus important en 2019 et 2020 qu'en 2018.

 

Cet effort sera rendu possible par la maitrise de la masse salariale de l'Etat. " L’évolution de la masse salariale de l’État et de ses opérateurs fera l’objet d’une maitrise stricte. En particulier le point d’indice est stabilisé en 2018 et un jour de carence est introduit pour réduire le micro-absentéisme. Par ailleurs, les effectifs de l’État et des opérateurs s’inscriront en baisse sur le quinquennat. Les créations d’emplois prévues dans les ministères stratégiques comme les armées, l’intérieur ou la justice seront ainsi compensées par des réductions d’effectifs plus importantes dans les autres domaines". Compte tenu du simple glissement vieillesse technicité (autrement dit l'avancement normal de carrière) , pour maintenir le volume de la masse salariale il faudra supprimer des emplois de fonctionnaires.  On voit mal comment les accords PPCR inappliqués en 2018 pourraient tout d'un coup devenir applicables dans ce contexte.  Il semble plutôt que le gouvernement veuille imposer d'emblée l'enterrement des accords PPCR.

 

Dans les ministères autres que l'Education nationale, les gels sont souvent compensés par des primes. A l'éducation nationale cela semble également difficile. Même la prime promise par E Macron , les 3000 € promis aux enseignants des Rep+, ne sera pas versée totalement cette année. Là aussi la loi de finances montre que les prévisions sont loin des sommes nécessaires.

 

Alors que les salariés du privé devraient bénéficier des mesures annoncées par le gouvernement , les fonctionnaires sont les premiers perdants du quinquennat. Pour les enseignants, qui ont voté massivement pour E Macron dès le premier tour, le choc pourrait être rude.

 

François Jarraud

 

Dépêche AFP

Communqiué FSU

La loi d eprogrammation

 

 

 

Par fjarraud , le mardi 17 octobre 2017.

Commentaires

  • Boubou57070, le 18/10/2017 à 08:31
    Encore des promesses non tenues.. .Finalement avec ce PPCR à part une perte de vitesse d'avancement qu'avons nous gagné? Ah, si une plus grande pression des chefs avec les fameux rdv carrières... Après faudra pas espérer un travail de qualité, de la motivation et de la volonté.  Et devons nous parler des soucis de recrutement? De la piètre qualité des candidats qui se présentent aux concours? Des établissements de plus en plus nombreux où les profs manquent? Des contractuels, non formés, qui n'ont même pas forcément le diplôme en adéquation avec la matière enseignée ? Suffit de voir le nombre d'offres d'emploi sur le site de l'ANPE... Dans ces conditions il n'y a plus à s'étonner. Et attendez on n'a pas encore entendu parler du rapport de la cour des comptes... Bref, il n'y a plus qu'à chercher un autre emploi où l'on sera reconnu à notre juste mesure.
  • thais8026, le 17/10/2017 à 16:18
    Comme d'habitude on va être les dindons de la farce
    Et après le gouvernement veut que l'on fasse des efforts
    Maintenant c'est décidé quand je serai malade au lieu de rester chez moi une journée pour éviter que les cours sautent je prendrai la semaine proposée par mon médecin.
    Ils auront tout gagné

    • Ann14, le 17/10/2017 à 17:49
      C'est même mieux de faire ainsi car si tu reprends trop tôt et que tu rechutes après 48 h , c'est une deuxième journée de carence que l'on t'enlèvera.....
      Et puis à l'hôpital, ils iront à nouveau travailler avec la grippe, tant pis pour la contagion, parce que perdre 100 € sur un salaire qui est à la baisse, c'est inenvisageable....
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