Blanquer lance une mission sur l'enseignement des maths 

Il s'agit de faire "une méthode de Singapour à la française". Jean Michel Blanquer a annoncé le 19 octobre sur RTL le lancement d'une mission sur l'enseignement des maths confiée à C Villani, un mathématicien détenteur de la médaille Fields devenu député En Marche, et Charles Torossian, inspecteur général. Le ministre a insisté sur l'importance des maths affirmant que "les maths c'est la vie" et assurant qu'on "peut s'amuser beaucoup avec les maths, par exemple les probabilités".

 

La mission est lancée alors que l'évaluation internationale Timms montre le niveau très bas des écoliers français. "Je demande à C Villani et C Torossian ce qu'il fat faire pour donner envie aux enfants de faire des maths",a expliqué le ministre.. Pour lui il ne s'agit pas de "transposer Singapour" mais d'avoir "une même démarche. A partir des sciences cognitives, avoir un enseignement structuré et progressif des maths à la française".

 

Le rapport sera remis fin janvier. Quand on lui remarque que le changement à Singapour a pris 15 ans, JM Blanquer répond qu'on "peut faire plus vite que cela. Dès la rentrée il y aura un impact dans la formation et des outils pour les enseignants". Chiche ?

 

Sur RTL

 

 

Par fjarraud , le vendredi 20 octobre 2017.

Commentaires

  • MichelDelord, le 02/11/2017 à 00:12
    Bonsoir 
    J'ai apporté ma contribution à la question des "Singapour Math" sous la forme d'une lettre ouverte à M. Villani, Torossian , au cabinet du ministre, au responsable de la DGESCO..., lettre intitulée " A propos des Singapore Maths : « Mathématiques de Singapour » et « Singapore Math Inc® ». 
    Et le texte est à : http://micheldelord.info/singapore01.pdf 
    Bonne lecture 

    Michel Delord
  • thais8026, le 20/10/2017 à 13:29
    La méthode de Singapour a permis des progrès fulgurant en mathématiques au niveau des enquêtes internationales. Cependant on oublie de dire que les petits singapouriens prennent un nombre d'heure de cours particuliers énormes. 
    Cette méthode rend efficace ses heures en plus qui ne sont pas donnés par le système.
    Donc ce qu'il faut retenir de cette méthode c'est sans du temps pour permettre à l'élève de construire son rapport avec l'abstrait, on n'y arrivera jamais.
    Le niveau de maths est tel qu'en lycée les profs de physiques, SES s'arrachent les cheveux car les élèves ne savent même plus calculer un pourcentage.
  • Jean Maurice, le 20/10/2017 à 12:48
    Une fois de plus, on part du principe que les enseignants sont des imbéciles qui ne savent rien et qu'il y aurait quelque part des "sachants" autoproclamés (mais diplômés) qui auraient enterré dans leurs caves des merveilleuses solutions pour améliorer la pédagogie. Ils se les réservent secrètement depuis toujours espérant en tirer un bénéfice personnel tôt ou tard.  Il suffirait donc d'envoyer un missionnaire (même aussi compétent que Cédric Villani, lequel doit avoir dans la poche quelques ficelles fort intéressantes...) faire le tour des inspections générales pour leur faire lâcher le morceau et pour arriver à construire enfin un outil viable au service des professeurs. C'est ballot, on n'y avait pas pensé avant! Jamais il ne leur vient à l'idée qu'on pourrait aussi bien faire le tour des bonnes idées déjà mises en pratiques dans les milliers de classes où oeuvrent depuis longtemps des enseignants inventifs et lucides qui évaluent et font progresser leurs pratiques et outils en situation réelle. Les pratiques de terrain, testées, optimisées ou encore perfectibles, sont là , déjà opérationnelles depuis longtemps. Mais comment penser qu'on pourrait valoriser les travaux des tous ces chercheurs non reconnus? Non, on ne va quand même pas mettre sur un piédestal ces médiocres, ces subalternes, du premier degré qui plus est, au risque de laisser entrevoir qu'ils en savant au moins autant que ceux qui sont sensés les former et leur apporter des méthodes de haute volée. Créez plutôt un office de centralisation des créations pédagogiques, encouragez, accompagnez, mettez des équipes de développement à disposition des tous ces cerveaux créatifs qui font vivre la pédagogie au quotidien et qui quittent leur fonction dans l'anonymat après avoir pourtant élaboré tant d'outils efficaces qui seront inévitablement jetés aux oubliettes parce que n'émanant pas de ceux qui seraient "supérieurs". Le chemin de la connaissance ne peut pas, dans l'esprit de beaucoup, prendre une autre voie que celle de la gravitation : du haut vers le bas... où nous continuerons de nous enfoncer si l'on n'arrive pas à fédérer les énergies.
    • thais8026, le 20/10/2017 à 13:39
      pas tout à fait d'accord.
      Il y a un problème en France sur le recrutement des professeurs des écoles en maths. Ils n'ont pas la formation initiale dans cette discipline. Le recrutement est aberrant pour toutes les disciplines : comment un bac+5 en maths peut-il enseigner le français ou un bac+5 en lettre les maths ? 
      Ils proposent des méthodes basées sur leur propre expérience d'adulte : des raccourcis de raisonnement qui sont basés sur sur un cerveau d'adulte où la construction de l'abstrait a été faite.
      Ces méthodes peuvent donner de très bons résultats à court et moyen terme mais peuvent se révéler catastrophique sur le long terme comme le système de numération-comptage de l'ancien programme de maternelle dont les effets négatifs se retrouvent en CM1-CM2.
      Il est alors difficile pour les profs de se remettre en cause quand ils constatent devant eux que cela fonctionne immédiatement sur les élèves.
      • Jean Maurice, le 21/10/2017 à 20:22
        Le système de "numération comptage", vivement combattu et à juste titre par R. Brissiaud, a sûrement été un problème. Si DES enseignants sont tombés dans des pièges, c'est aussi parce qu'ils n'avaient pas assez d'outils sous la main pour les éviter (je parle de matériels disponibles, de moyens d'investissement, d'idées, de temps pour réfléchir!!!!, d'accompagnement direct dans les écoles - et pas dans des grand-messes - par des spécialistes ou des enseignants expérimentés...) . Mais là n'est pas mon propos encore. Il ne s'agit pas de dire que les professeurs des écoles seraient TOUS performants (certains ne le sont pas en début de carrière - on se demande pourquoi?!!!- d'autres ne se seront jamais - on se demande ce qu'ils font là?!!!-)  et n'ont pas besoin de supports didactiques venus de plus "haut", bien au contraire. Ce que je défends c'est l'idée absurde qu'ils soient forcément TOUS médiocres au point qu'on ne tienne jamais compte de leur avis, pour qu'un formateur ne demande jamais :
         " Et vous? Avez-vous de bonnes idées à présenter, des démonstrations à faire?" Parmi la multitude de profils et le nombre conséquent d'enseignants du primaire, même s'ils ne sont pas prof en ESPE ou inspecteur général ou conseiller pédagogique... il y en a partout  (quelques-uns ou plus) qui ont déjà élaboré dans certains domaines en classe des situations, des jeux, des procédures, des astuces de présentation de manipulation, des dispositifs de ritualisation pour la consolidation des savoirs, etc. Ceux-là en savent souvent davantage que leurs propres formateurs parce qu'ils ont pris le temps et mis l'énergie pour développer et améliorer patiemment leur ouvrage. Il n'y a pas que des abrutis cloisonnés dans leur discipline d'origine. Le propre de l'instituteur, c'est de posséder une culture générale très éclectique et des savoirs solides dans beaucoup de disciplines. Recrutons-les sur ce thème et pas sur le nombre d'années de spécialisation... Mais ce n'est toujours pas le sujet. La créativité ne naît pas d'un diplôme. Et de la créativité il y en a beaucoup. Le système ne s'en nourrit malheureusement pas. Il y a des tas de chercheurs et de formateurs qui ont construit des outils mais qui ne peuvent les diffuser parce qu'on ne les y aide pas. Au final, seuls les éditeurs font le tri de ce qui doit être publié. Mais leur filtre principal est le retour sur investissement, pas la performance scolaire. IL y a aussi des professeurs qui ont construit des outils fonctionnels trop peu nombreux pour constituer un ouvrage à publier, ou encore des solutions trop inhabituelles qui pourraient choquer les plus conservateurs et qu'on étouffe d'ans l'oeuf... Bref on ne profite pas du potentiel d'innovation de tous nos enseignants qui n'ont pas de plateforme (hormis des blogs épars) de partage, pour les faire évoluer, les faire se complémenter... Comme le disait il y a peu le recteur d'Aix-Marseille : " on ne sait pas breveter les idées, c'est dommage!" Il faudrait pouvoir soutenir ceux qui apportent... Encore faudrait-il leur demander, voire les autoriser à apporter. Le rôle de l'encadrement et du ministère serait alors de regrouper, de faire le tri, de mettre des moyens et des personnels à disposition pour le développement de certains dispositifs ou matériels mais pas seulement autour des "ayant droit" mais de tous les enseignants volontaires qui auraient pour une fois le sentiment de participer à une entreprise collective dans laquelle ils sont partie prenante et ne sont pas seulement cantonnés aux rôles de bons soldats obéissants, d'exécutant fébriles des méthodes, de dociles élèves qui viennent acquiescer respectueusement les discours des chargés de formation continue dont la mission n'est nullement d'écouter! Je le répète, la formation des enseignants ne va que dans un sens, il n'y a pas de remontée d'information inverse parce que cela ne fait pas partie des usages et qu'aucun temps ou espace dédié n'y est consacré.
        Je me souviens d'un collègue qui avait mis en place un dispositif proposé par un formateur. Au cours d'une nouvelle présentation, il exprime sa déception en indiquant que cela ne fonctionnait pas et en justifiant son propos. Plutôt que de se remettre en question, le formateur lui demanda de se taire  rétorqua qu'il ne fallait pas critiquer le système parce qu'il y avait des débutants dans l'assistance et qu'ils avaient droit à une formation de qualité dispensée par un formateur, un vrai! Car on le sait bien, les instituteurs (j'aime ce mot) ne son pas de vrais formateurs. Ils ne sont capables que d'enseigner aux petits, mais totalement incompétents pour expliquer quelque chose à des adultes, et encore moins à des supérieurs. Du coup ils ne sont pas associés à la constitution conjointe de de dispositifs concrets.  30 ans d'enseignement pour moi et je n'ai jamais vu ni chercheur, ni prof d'en/iufm/epse ni conseiller pédagogique venir s'asseoir autour d'une table dans mon école, pour essayer d'optimiser les outils disponibles, les espaces, les dispositifs matériels ou humain, aménager les emplois du temps, concevoir la pédagogie différenciée. Rien de rien. Aucune collaboration.  Tout ce que j'ai fait, je l'ai trouvé tout seul, comme la plupart de mes collègues et franchement il y a des ressources inexploitées autour de moi, j'en atteste. Des solutions sont là mais on refuse de les voir par snobisme ou prétention.
        • delacour, le 23/10/2017 à 09:59
          Vieux routier de la pédagogie je suis ravi et je confirme, la mise à la retraite condamne de nombreuses initiatives et découvertes qui auraient pu être prises en compte. A 80 ans, je me bats encore pour qu'on expérimente sérieusement une trouvaille en apprentissage de la lecture. Jusqu'ici c'est le barrage le plus complet : comment un instituteur pourrait "inventer" ?  (voir le site "ecrilu")
          Ceux qui savent oublient qu'on a aussi un cerveau et l'écrivent même, comme S. Dehaene dans "les neurones de la lecture" page 304. "En tant que scientifique et enseignant moi-même, je souhaiterais que les instituteurs et institutrices à qui je confie mes enfants apportent à leur pédagogie le même soin obsessionnel que mes collègues et moi apportons à la conception d'une expérience de psychologie"
          Rien ne pourrait venir de la base ?
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