Les régions veulent l'apprentissage et l'orientation 

"Inacceptable". Pour Hervé Morin, président de l'association des régions de France, la politique gouvernementale sur l'apprentissage est désastreuse. L'ARF craint notamment la séparation entre un apprentissage donné au patronat et les formations des lycées professionnels alors que la fusion serait nécessaire. L'ARF revendique aussi l'orientation scolaire.

 

"L'idée du gouvernement c'est de confier au Medef et aux branches professionnelles l'apprentissage. C'est une privatisation pure et simple. Nous disons que c'est inacceptable". Sur Public Sénat, le 8 janvier, Hervé Morin, président de l'association des régions de France, n'a pas mâché ses mots. L'ARF a d'ailleurs quitté fin décembre la concertation gouvernementale sur l'apprentissage.

 

Pour H Morin, le projet gouvernemental est inacceptable "car il s'agit d'enseignement, un service public" mais aussi car "ça va créer un mur de Berlin entre les lycées professionnels et l'apprentissage alors qu'il faudrait faire que le tout forme un ensemble cohérent".

 

L'ARF demande aussi la compétence apprentissage parce qu'il y a "un continuum régional" entre le soutien à l'économie, la formation professionnelle et l'apprentissage.

 

Enfin l'ARF revendique aussi l'orientation scolaire. "Tant que l'orientation sera dans les mains des professeurs de collège qui expliquent que l'apprentissage c'est fait pour les médiocres, ça ne marchera pas", a déclaré H Morin. "Il faut que l'orientation soit confiée aux régions. On dit au gouvernement : ayez le courage de confier aux régions al compétence orientation qu'on puisse batir devrais programmes. Jusque là ils n'ont pas osé affronter l'éducation nationale".

 

Sur Public Sénat

 

Par fjarraud , le mardi 09 janvier 2018.

Commentaires

  • Orient tel, le 09/01/2018 à 09:05
    Je souscris à l'argument de l'ARF d'après lequel il y aurait un "continuum régional entre le soutien à l'économie, la formation professionnelle et l'apprentissage", ce qui pourrait justifier en effet du transfert de la "compétence apprentissage" aux régions.
    Mais faire un lien automatique et causal entre orientation et apprentissage est réduire l'orientation à être la pourvoyeuse de postes et emplois au gré des "besoins de l'économie régionale" ; c'est la réduire à l'orientation professionnelle alors qu'elle est aussi - et d'abord, devrais-je dire, en particulier pour les plus jeunes - une orientation scolaire. D'ailleurs, l'apprentissage est, depuis toujours, une formation initiale, un parcours de formation, dans tous les sens du terme. Vision bien réductrice donc du président de l'ARF.
    Enfin, il est très caricatural d'opposer le supposé obscurantisme des "professeurs de collège" aux Lumières non moins supposées des Régions ; la violence de la charge contre "les professeurs de collège" est inadmissible quand on sait qu'ils et elles exercent, n'en déplaise à Hervé Morin, avec beaucoup de sérieux, d'objectivité et d'attention leur rôle non de décideurs mais d'accompagnateurs et d'activateurs d'une orientation choisie par les jeunes et leurs parents.
    Le déni de l'apprentissage par les profs, c'est fini depuis longtemps, Monsieur Morin !
    Et les profs savent bien que de très beaux métiers, de très belles carrières s'ouvrent via l'apprentissage, y compris après le baccalauréat ; c'est d'ailleurs dans le post-bac que l'apprentissage se développe désormais. Qui s'en plaindrait ?
    Malheureusement, ce n'est pas avec des propos si injustes et polémiques que l'ARF fera avancer "sa cause"...
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