Les professeurs de maths rejettent la réforme du lycée 

Crainte de voir à nouveau les maths devenir une discipline de sélection tout en ne permettant plus une formation scientifique solide, la réforme du lycée inquiète l'Apmep, association des professeurs de maths. Elle s'exprime dans un nouveau communiqué qui fait suite à celui de la CFEM.

 

"L’enseignement des sciences, des mathématiques en particulier, est un enjeu majeur pour la formation de tous en ce début de 21ième siècle. De nombreux métiers actuels, mais aussi futurs, nécessitent des compétences qui relèvent des mathématiques. Assurer à chacun une formation minimale en mathématiques éviterait de cantonner cette discipline au rang de discipline de sélection", écrit l'association. Elle souligne l'absence des maths du tronc commun. Seul un enseignement "d'humanités numériques et scientifiques" est prévu dans le tronc commun. Or son contenu apparait peu scientifique.

 

"Un enseignement de mathématiques pour tous permettrait d’assurer à chacun une formation suffisante pour ne pas être trop limité dans son orientation à l’entrée du supérieur et d’enrayer les choix « stratégiques » ne correspondant ni à un projet d’études, ni à un goût particulier. Les enseignements de spécialisation en mathématiques pourraient alors reposer, de manière totalement assumée, sur un programme ambitieux pour les lycéens ayant un projet mathématique ou plus largement scientifique", explique l'Apmep. Celle-ci relève qu'il "ne suffit pas de gommer artificiellement les filières pour qu’elles n’existent plus (ni d’ailleurs la hiérarchie entre elles)".

 

L'Apmep interroge aussi la cohérence des parcours alors qu'il est modulaire avec des changements en fin de première. "La structure du lycée général telle qu’elle a été exposée par le ministre, peut faire craindre que le contenu des enseignements de mathématiques ne soit pas (ou très peu) articulé avec les autres disciplines. La présentation actuelle avec un enseignement de spécialisation en mathématiques auquel s’ajoute deux enseignements facultatifs de « mathématiques expertes » et de « mathématiques complémentaires » pose un problème de cohérence dans les programmes : ils regrouperont des élèves aux projets d’études très différents. Il est donc à craindre que le contenu de la spécialisation en mathématiques reste extrêmement généraliste et peu ambitieux", écrit l'Apmep.

 

Apmep

Les disciplines contre la réforme du lycée

 

 

Par fjarraud , le mardi 20 février 2018.

Commentaires

  • Samoko, le 20/02/2018 à 22:14
    Je pense qu'il faut visualiser la mécanique globale de cette réforme. Si une bonne orientation il y a, le problème "des maths" ne se posera pas. Ceux qui veulent faire des maths, prendront dans la U1 les maths c'est indéniable.

    Surtout, cette nouvelle "discipline" que sont les "humanités scientifiques et numériques" qui me semble plus traiter de l'interdisciplinarité que de la discipline en elle même peut donner un nouveau souffle aux mathématiques. On peut ouvrir le champ des possibles sur des croisement entre SVTE et mathématiques en faisant de l'urbanisme écologique par exemple ou faire des mathématiques et de la physique avec l'astronomie.

    Je vois vraiment dans cette nouvelle organisation quelque chose de neuf et de très intéressant mais il faut absolument qu'il y ait une réflexion dans les lycées dès aujourd'hui pour "se projeter" vers ces nouveaux intitulés et attendus.
  • Viviane Micaud, le 20/02/2018 à 09:00
    Il faudrait que la hiérarchie de l'Education Nationale arrête de nier la réalité : C'est le Français qui structure les discriminations. Et la réforme proposée en rajoute une couche.
    Deux solutions pour éviter une hiérarchie par les maths:
    - arrêter l'ELIMINATION par le Français. Si ceux qui n'avait pas la capacité de faire des études littéraires n'étaient pas relégués en filières technologiques  avec des possibilités d'études limitées, on aurait une hiérarchisation par le Français et par les maths. 
    - déconnecter le niveau en maths de la série choisie. C'est la perversité de la hiérarchie de l'éducation nationale qui a supprimé les options maths en SES et L qui est à l'origine de la hiérarchie des séries. Pour se garder toutes les portes ouvertes il faut le plus haut niveau en Français (possible en S: la preuve 25% des élèves la plus sélective des filières littéraires l'hypokhagne viennent de S), et le plus haut niveau en maths. Le problème est que le système français ne donne pas le choix de la dominante. Pour avoir, le niveau Plus en Français et en Maths, il oblige à faire des sciences y compris à ceux qui ne le souhaitent pas. Et c'est une contrainte artificielle.
    Pour une efficacité de l'enseignement des sciences il faut analyser ces deux finalités qui rentrent dans les contraintes du lycée. (Ces finalités rentrent dans un bouquet d'autres finalités et de contraintes dont la prise en compte devrait permettre de trouver la moins mauvaise solution par discussion entre personnes responsables).
    - faire que les professeurs des écoles aient la culture scientifique et la compréhension des maths qui leur permettent de bien transmettre ces matières. (En focalisant sur cette finalité, on donne une culture mathématique et scientifique suffisante à ceux qui souhaitent se diriger vers une carrière littéraire).
    - faire que celles et ceux qui souhaitent une carrière scientifique y compris dans les mathématiques puissent tester leur goût, construire leur confiance dans leurs compétences et avoir les outils pour réussir à l'université.
    La proposition de lycée actuelle a été choisie pour éviter une levier de bouclier des sociologues d'extrême gauche, quels que soient les dégâts dans le système éducatif français. Elle est contraire à ses finalités pourtant vitales pour l'avenir du pays.
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