Seine Saint-Denis : Le rapport Cornut-Gentille - Kokouendo attaque l'éducation prioritaire 

" En ce qui concerne les dispositifs d’éducation prioritaire, les évaluations font état de résultats faibles ou limités. La politique d’éducation prioritaire ne parvient pas à réduire les écarts de réussit". Présenté le 31 mai, le rapport des députés François Cornut-Gentille (LR) et Rodrigue Kokouendo (LREM) s'en prend vivement à l'éducation prioritaire. Mais il apporte peu de réponses concrète pour faire face aux difficultés scolaires du département.

 

L'éducation prioritaire ne réduit pas les écarts

 

" Si certains chercheurs ont pu observer des effets de court terme positifs de la réduction de la taille des classes sur les acquis des élèves au primaire, force est de constater qu’au collège, les élèves scolarisés en éducation prioritaire maîtrisent moins bien que les autres enfants les compétences de base", expliquent les deux députés. " La politique d’éducation prioritaire ne parvient pas à réduire les écarts de réussite entre les établissements qui en bénéficient et les autres." Pour eux, " la profusion de moyens des établissements REP et REP+ perd de son sens si, au final, les enfants de ces établissements en zone difficile qui en ont le plus besoin, bénéficient de moins de cours que les autres".

 

Le rapport montre pourtant une gestion des moyens qui n'est pas dans la profusion. " M. Benjamin Moignard, sociologue, a indiqué que le moins bien doté des établissements parisiens est mieux doté que le plus doté des établissements de la Seine-Saint-Denis". Et les autres services de l'éducation nationale ne valent aps mieux :on compte un médecin scolaire pour 13 000 élèves dans le département !

 

Les difficultés de l'Etat

 

Le rapport montre aussi les difficultés d'application des politiques. Ainsi le dédoublement des CP se passe nettement moins bien faute de locaux. On ne compte que 47% de CP vraiment dédoublés dans le département. Les autres classes sont à effectif plein avec deux professeurs.

 

A cela s'ajoute la forte proportion de débutants. 26% des enseignants du 93 ont moins de 30 ans contre 9% en France. 37% des enseignants du primaire restent moins de 2 ans dans leur école. Dans un collège on va compter jusuq'à 60% d'enseignants qui sont là depuis moins de 2 ans. Ce turn over permanent signe pour les auteurs "l'absence d'une véritable stratégie de ressources humaines".

 

L'autonomie pour régler les problèmes

 

Tout cela amène les deux parlementaires à dénoncer les grands plans en faveur des territoires en difficulté et aussi l'embauche de personnels supplémentaires. " Affecter des effectifs supplémentaires avec les outils actuels ne peut améliorer l’efficacité qu’à la marge et laisse souvent de côté le coeur des problèmes." Ils estiment aussi que " l’octroi de primes spécifiques ne garantit pas une attractivité et une fidélisation des postes dans les territoires difficiles".

 

Ecartant l'apport de moyens supplémentaires pour le 93, les deux députés recommandent plus d'autonomie pour les établissements quitte à remettre en question le statut des enseignants. Leurs préconisations finales sont bien classiques. Il demandent à ce qu'on n'affecte plus de débutants dans le département, sans dire comment on fait pour l'éviter. De même il faut revoir les dispositifs de remplacement : faut il comprendre qu'il faille augmenter l'autorité des chefs d'établissement en ce domaine ? " Donner plus d’autonomie aux personnels de gestion locaux (proviseurs, commissaires...) et valoriser leurs initiatives".

 

Un rapport inutile pour l'OZP

 

Président de l'Observatoire des Zones Prioritaires, une association d'acteurs de l'éducation prioritaire, Marc Douaire ne voit "rien de nouveau " dans ce rapport. "Si les écarts de niveau des élèves ne se sont pas réduits en  éducation prioritaire ils n'ont aps augmenté alors que les problèmes économiques et sociaux de ces quartiers se sont aggravés", explique t-il au Café pédagogique.

 

"La première préconisation, réaffirmer une politique territoriale générale est intéressante", estime t-il. "La politique d'éducation prioritaire n'est aps que scolaire... Mettre moins de néo titulaire c'était déjà une promesse de Macron . Pourquoi pas..." Pour lui le rapport "manque d'audace , de mémoire et d'écoute. Il faudra bien évaluer l'éducation prioritaire en Seine Saint-Denis , comme le prévoit d'ailleurs la loi en 2019. Il ne faudra pas le faire en catimini mais avec tous les acteurs de terrain".

 

F Jarraud

 

Le rapport (bientôt en ligne à cette adresse)

 

 

 

Par fjarraud , le vendredi 01 juin 2018.

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