Evaluations nationales : S.J. Ball évoque le cas anglais 

A lire dans Fenêtres sur cours, le mensuel du Snuipp. La revue interroge Stephen J. Ball (University College London) sur les effets du système d'évaluations sur l'école anglaise. " Ce qui s’est passé en Angleterre comme ailleurs c’est une forme d’escalade. Au début des années 1990, les évaluations sont apparues sous prétexte de diagnostiquer les besoins des élèves. Mais au fil du temps elles sont devenues de plus en plus contraignantes et intrusives. Les résultats ont été publiés dès 1992 pour chaque école, créant un classement des établissements. Cela a pris une place grandissante dans le travail enseignant. De plus en plus de temps,  d’attention et d’énergie en classe sont consacrés à la réussite à ces tests. Avec plusieurs effets majeurs. Pédagogiques tout d’abord. Enseigner devient préparer aux évaluations, mémoriser, rabâcher. Disciplinaires ensuite. Les enseignants se concentrent sur les matières qui vont être évaluées, surtout en primaire, les mathématiques et la lecture/ écriture. Les autres matières, éducation musicale, sport, etc, sont négligées. Enfin, cela a considérablement accru le stress à l’école chez les enseignants comme chez les enfants". Il explique aussi que ces évaluations ont mis en concurrence les écoles et organisé un grand tri des enfants dès l'école. Autre effet : la crise d erecrutement. " Le stress et les changements dans le travail, la focalisation sur les tests font que les professeurs quittent le métier ou n’y entrent pas. Les étudiants connaissent désormais la pression mise sur les enseignants, leur manque de liberté pédagogique. D’autant qu’une partie du salaire peut dépendre de ces résultats dans les écoles qui ont une autonomie de budget".

 

Dans Fenêtres sur cours

 

 

Par fjarraud , le jeudi 11 octobre 2018.

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