Frédéric More : "Plus ils étaient libres, plus ils étaient rigoureux" 

Il y a mille et une façon de comprendre ce que l'on fait à l'Ecole. Frédéric More a choisi de faire prendre de la distance à ses lycéens. Invités à concevoir un questionnaire sur un sujet d'histoire pour des collégiens situés loin de leur établissement, ils ont interrogé ce que c'est qu'enseigner. Sous prétexte des kilomètres placés entre eux et les collégiens , élèves et professeurs se sont rencontrés de l'autre coté du bureau. Un vrai voyage initiatique.

 

Une liaison à distance entre un lycée et un collège

 

"Bruges au Moyen Age c'est un prétexte". Frédéric More plante le décor d'emblée. Avec sa collègue Lucie Boussemart, professeure au collège R Salengro de Saint Martin Boulogne (62), il a mis en contact ses élèves de seconde du lycée Faidherbe de Lille dans un échange à distance qui les a surtout fait voyager dans leur rapport à l'école.

 

Dans le cadre d'un projet Traam, F More a demandé à ses élèves de concevoir un questionnaire et un dossier documentaire sur Bruges au Moyen Age pour les collégiens de 5ème de Lucie Boussemart.

 

Les élèves ont travaillé en groupe pour chercher des sources d'information sur le Bruges médiéval. Il sont questionné les sources, sélectionné les documents  et finalement rédigé un questionnaire. Tout un travail d'historien. Mais pour Frédéric More le vrai travail est ailleurs.

 

Un travail d'historien

 

"Quand on dit aux élèves qu'ils travaillent pour quelqu'un, ils font attention", explique F More. C'est que les lycéens ne plaisantent plus avec la présentation. Des élèves qui remettent habituellement des copies poubelles protestent parce que leur camarade a oublié de souligner un titre ou a laissé une faute d'orthographe. "Ce n'était plus un exercice mais un vrai travail pour quelqu'un".

 

Parce que la première découverte c'est le travail en équipe. Il a fallu que les élève se mettent d'accord en petit groupe sur le choix des documents, la façon de les aborder, leur mise en place dans leur questionnaire. Il a fallu bien sur arbitrer entre les questions et les choix.

 

Une redécouverte de l'Ecole

 

Mais la grande découverte c'est celle de faire cours. "Au début ils posaient des questions pièges. Pour eux une question c'était ça", remarque F More. "Ils ont découvert que les questions ne sont pas là pour piéger. Une grande découverte". Les lycéens se posent aussi la question de l'évaluation dans leur questionnaire. Faut-il une note ou pas ? "Ils étaient persuadés que noter c'est saquer. Ils ont compris que c'est vérifier ce qui est acquis". Et ils optent finalement pour un score et non une note.

 

Le professeur aussi fait des découvertes. "A chaque fois qu'on les met au travail avec des responsabilités ça fonctionne". Les élèves faibles deviennent volontaires et se découvrent. Ils montrent de la rigueur. De Lille à Saint Martin Boulogne et retour c'est un voyage initiatique sur le métier de lycéen que se sont offerts Frédéric More et ses élèves.

 

La séquence

 

 

 

Par fjarraud , le vendredi 19 octobre 2018.

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