Créteil : Les réactions à l'agression 

Dans Le Parisien, JM Blanquer promet qu'il va "rétablir l'ordre". Les syndicats et les parents s'expriment également. La Peep, la Fcpe arrivent à des propositions opposées. La Fsu et le Sgen Cfdt réagissent au mouvement #Pasdevagues.

 

"Nous allons rétablir l’ordre et l’autorité dans tous les établissements qui se trouvent en situation dégradée", promet JM Blanquer dans Le Parisien. Il n'aura pas fallu beaucoup de temps au ministre pour se retrouver dans le discours d'un ministre ordinaire. Sans aucun regard pour le mouvement #Pasdevagues, le ministre promet "une batterie de réponses, en termes éducatif et de sanction" et va même jusqu'à annoncer le résultat du conseil de discipline du lycée Branly de Créteil, ce qui risque de poser problème ("Dans le cas de Créteil, le conseil aura lieu au retour des vacances de la Toussaint mais l’exclusion est bien l’horizon disciplinaire qui attend cet élève"). JM Blanquer reprend les propositions de droite habituelles : déscolariser les sauvageons et punir les parents : "nous allons travailler sur des structures spécialisées d’accueil des enfants et adolescents qui ne respectent pas les règles. Nous réfléchissons aussi à une politique de responsabilisation des familles de mineurs qui vont trop loin".

 

La Peep 94 voit elle aussi dans l'incident une occasion de ne plus mettre les torchons avec les serviettes. " Ces dernières années c’est la politique des chiffres qui a été la priorité, mener coûte que coûte 80% une tranche d’âge au baccalauréat plutôt que de mener 100% des jeunes vers une qualification qui leur permette d’apprendre un métier qui leur convient", écrit la peep 94. " Lorsqu’un élève est sorti d'un établissement par conseil de discipline suite à un acte de violence", écrit la Peep, "il doit pouvoir être pris en charge par un service spécifique qui lui permettrait... de l’accompagner efficacement vers un retour à une scolarité adaptée dans le cadre d’un projet personnalisé". Voilà qui nous ramène loin en arrière.

 

La Fcpe " assure son total soutien à la professeure" et demande des moyens pour l'éducation. " Le travail engagé depuis huit ans concernant le climat scolaire commence à porter ses fruits, mais le gouvernement prend aujourd’hui des décisions qui ne permettent pas aux personnels de l’Éducation nationale de poursuivre leurs efforts. La réduction annoncée du nombre de postes dans le secondaire et la remise en cause de la formation des enseignants sont autant de coups portés au système éducatif et à son efficacité. Le lancement du hashtag #pasdevague souligne par ailleurs la solitude éducative dans laquelle sont confinés de nombreux enseignants".

 

Le Sgen Cfdt évoque aussi le mouvement #pasdevagues. "La parole qui se libère sur les violences subies par des personnels de l'Education nationale dans l'exercice de leurs fonctions indique qu'il faut encore progresser dans la capacité collective au sein de notre institution à regarder en face ces situations. Il faut que chacun et chacune puisse donner l'alarme sans craindre le manque de soutien institutionnel et en ayant la certitude que les autorités traiteront dans toute leur complexité les actes signalés".

 

Enfin la Fsu dfemande " du recul davantage que de la bousculade médiatique et des réponses à visée sécuritaire... Les passages à l'acte des élèves doivent faire l'objet d'une réponse rapide mais non précipitée, proportionnée, et à visée éducative". Le Fsu demande "au Ministre de prendre la mesure du nécessaire accompagnement des équipes et des outils à mettre en place pour que l’École puisse jouer pleinement son rôle."

 

Par fjarraud , le mardi 23 octobre 2018.

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