Baromètre Unsa : Les enseignants las des réformes Blanquer 

Alors que le ministre déclare sur toutes les antennes que la communauté éducative est favorable à ses réformes, la publication du "Baromètre Flash Actu" réalisé par l'Unsa Education met en doute cette affirmation. Si, pour le syndicat,  globalement "il n'y a pas rejet massif des réformes en cours", une analyse par catégorie montre qu'il y a au moins rejet par les enseignants. Favorable à certaines réformes, comme celle du lycée, l'Unsa Education met en avant ce qui fait l'unanimité : les personnels de l'éducation n'en peuvent plus des réformes, sans demander de moratoire.

 

Des réformes trop rapides

 

Le "baromètre flash actu" sonde les opinions des différents personnels de l'éducation nationale, enseignants et non enseignants, sur les réformes propulsées par JM BLanquer cette année. 12 194 personnes, proches ou pas de l'Unsa, ont participé à cette enquête ce qui lui donne un intérêt évident et presque la valeur d'un sondage. Ce Baromètre Flash se glisse un trimestre avant une enquête annuelle devenue célèbre et encore plus massive : le Baromètre Unsa. Il intervient à un moment où le gouvernement est affaibli et où le syndicat peut rêver d'un minimum d'écoute.

 

Le premier enseignement c'est la lassitude des personnels, dans leur ensemble, vis à vis des réformes. "Le quotidien des personnels de l'éducation connaît un bouleversement de plus en plus intense : réformes successives, système de rémunération en cours d'évolution, climat scolaire. Leur message est clair : ils et elles ont besoin de temps et d'accompagnement. L’UNSA Éducation demande à ce que l’institution apporte aujourd'hui les éléments de réassurance dont ils ont besoin".

 

Effectivement seulement 6% des enseignants et des personnels de direction jugent le rythme "adapté", 7% des IEN, 10% des IPR. La moitié des inspecteurs, les deux tiers des personnels de direction et des enseignants jugent le rythme "précipité".

 

Le rejet des réformes

 

Mais la critique va plus loin même si, sur les réformes, les avis divergent un peu. Une règle se détache : les enseignants rejettent les réformes auxquelles ils sont confrontés. Ainsi sur les évaluations CP Ce1, 57% des enseignants et CPE ne sont pas d'accord avec la réforme mais 68% des enseignants du 1er degré. Seulement 26% sont d'accord. En ce qui concerne les réformes du bac et du lycée, 45% des enseignants et CPE y sont hostiles mais 56% des enseignants du second degré. Peut-être aurait on un pourcentage encore plus fort chez les enseignants de lycée. Une majorité d'enseignants est hostile à la réforme territoriale.

 

A vrai dire ce n'est pas une surprise. Le Baromètre de mars 2018 montrait un fort désaccord avec les orientations ministérielles, qui étaient encore moins précises qu'aujourd'hui. Pour la première fois seulement une minorité des cadres était en accord avec les réformes.

 

C'ets peut être cela qui a changé. Dans ce Baromètre Flash Actu , les cadres sont généralement en accord avec les réformes . 75% des IEN sont favorables aux évaluations de CP. 79% des IPR sont pour les réformes du bac et du lycée et 73% des personnels de direction. ON retrouve les taux d'avant 2018. Avec un bémol : 55% des IPR sont hostiles à la réforme territoriale qui les concerne directement.

 

Seul le SNU semble faire l'unanimité chez les personnels : environ 70% lui sont favorables quelque soit le corps.

 

Violence scolaire : des moyens pas des policiers

 

Le désaccord est par contre flagrant sur les mesures pour lutter contre la violence scolaire. La mesure phare car si populiste : "mettre des policiers à l'école" reçoit l'approbation de 1 à 2% des enseignants et cadres, c'est dire si elle est populaire.  Ce que les enseignants et personnels de direction demandent c'est des moyens humains dans les établissements (76% des professeurs et CPE). Les inspecteurs sont plutot favorables à la formation des enseignants. Sur les sanctions on notera des opinion très tranchées : la moitié des enseignants demandent plus de fermeté contre 18% des personnels de direction.

 

Report à 2021 ?

 

Pour l'Unsa Education , " ces expressions de malaise des personnels de l'Éducation doivent être entendues". L’UNSA Éducation "demande à ce que l’institution apporte aujourd'hui les éléments de réassurance dont ils ont besoin" sans vraiment demander de moratoire.

 

Il se démarque ainsi de l'autre syndicat "réformiste". Le Sgen-CFDT demande "un report de la mise en œuvre de la réforme du lycée ... pour faire évoluer le cadre de la réforme par des négociations à tous les niveaux. Cela impose a minima une application en seconde à la rentrée 2019, une application en première décalée à la rentrée 2020 et en terminale à la rentrée 2021".

 

François Jarraud

 

Le Baromètre Flash Actu de décembre 2018

Baromètre Unsa de mars 2018

Sgen Cfdt

 

 

 

Par fjarraud , le mardi 18 décembre 2018.

Commentaires

  • dillonb, le 19/05/2019 à 20:31
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  • Viviane Micaud, le 18/12/2018 à 08:14
    On voit dans ce sondage la proximité de Blanquer avec la technostructure de l'Education Nationale. Blanquer est proche de ce que voudraient les inspecteurs et les cadres, ceux-la même qui veulent prendre les enseignants pour des exécutants de leurs géniales idées. Je rappelle que la Finlande qui a l'école du socle la plus efficace (mais son lycée dysfonctionne) a supprimé le corps d'inspection.
    Pour la réforme du lycée, j'ai déjà expliqué que les syndicats dits-réformistes s'appuient sur des dogmes faux. La diminution du nombre d'épreuves finales au bac est plébiscitée par les chefs d'établissements et les enseignants, oui. Mais il faut aussi penser à l'intérêt général à celui de tous les élèves et non pas seulement à celui des 40% qui n'ont pas été éliminés parce qu'ils n'ont pas des compétences en "expression littéraire" qui sont indispensables uniquement pour les hautes études littéraires. 
    Par ailleurs, l'attirance pour la S vient de la suppression des options maths en L et SES dans le lycée général. Avoir deux niveaux en maths est indispensable si on ne veut pas détruire le potentiel de la France à faire des études scientifiques et d'être capable de gérer des changements. L'incitation à mettre en place une discrimination des personnes qui réussissent en s'appuyant sur la rigueur mathématique, me semble non seulement immorale mais aussi suicidaire pour l'avenir du pays. C'est une hypocrisie car elle est portée par celles et ceux qui trouvent normal de laisser en place, à partir de la 4ème, le mécanisme structurel de dévalorisation et d'abandon de celles et ceux qui n'ont pas certains acquis en expression littéraire ; et  qui trouvent normal de éliminer progressivement sur les acquis en expression vers le lycée prof et vers le lycée technologique.
    Blanquer est  en train de remettre en place les jeux de pouvoir qui ont bloqué le système éducatif depuis 35 ans. Lisez le rapport Legrand de 1982 sur le collège : il est encore d'actualité!!!!
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