Marc Bablet : Quel pilotage pour le premier degré ? 

Marc Bablet continue son analyse du système éducatif en quittant la critique de l'existant. Il passe avec ce nouveau post du coté de ce qui devrait être. "L’objectif de réduction des écarts de résultats observés dans les milieux populaires apparaît actuellement central pour le pilotage, mais il ne suffit pas de le répéter, le problème est de se donner les moyens de le mettre réellement en œuvre. Pour y parvenir, le pilotage ne doit pas seulement rester centré sur cette tâche mais prendre en compte les conditions humaines de cette réalisation. Le pilotage doit donc être pensé à la fois pour favoriser la réussite de tous en permettant aux plus défavorisés l’accès aux apprentissages les plus exigeants et pour enrôler, mobiliser, accompagner, former les professionnels en charge de l’enseignement car ce sont eux qui sont en dernière instance au contact des élèves, ce sont eux qui les font progresser, qui leur donnent envie d’apprendre et qui les aident à reconnaître leurs réussites. Rien n’est possible sans les enseignants...", écrit-il. "il est attendu du « leader » ou pilote qu’il représente le pouvoir du groupe et non qu’il ait du pouvoir sur le groupe. Cela rejoint les aspirations que l’on entend souvent actuellement à être davantage associés à la mise en œuvre démocratique des politiques publiques. Cela rejoint aussi le fait que l’on attend des dirigeants qu’ils aient une attitude exemplaire par une humilité qui les rende effectivement porteurs des valeurs du groupe et du sens donné collectivement à l’action et non surplombants parfois jusqu’à l’arrogance."

 

Sur son blog

 

 

Par fjarraud , le jeudi 17 janvier 2019.

Commentaires

  • PierreL, le 17/01/2019 à 10:51
    En suivant le lien sur le blog de M. Bablet on peu lire:
    ...
    Il est très important de se rappeler que le pilotage concerne tous les niveaux du système éducatif et que chaque niveau doit donner exemple au niveau hiérarchiquement inférieur, chaque niveau doit aussi se mettre au service de l’activité du niveau hiérarchiquement inférieur (soyons bien clairs sur cette formulation : « au service de l’activité », ce n’est pas « au service des individus »).

    -dont acte.
    Le niveau national doit être au service de l’activité que doivent conduire les académies et départements au lieu de les contrôler dans une perspective mortifère. Les académies et départements doivent être au service des activités que doivent conduire les circonscriptions et les établissements et l’encadrement des circonscriptions et établissements doivent être au service de l’activité d’enseignement conduite par les enseignants dans les classes.
    Dans le schéma décrit, l’école, le lieu, disparaît. les établissements sont bien signalés dans la chaine du pilotage pour le secondaire, pour le 1er degré on passe de l’IEN à la classe!
    et de poursuivre:
    On voit bien que la notion que l’on propose de « être au service de l’activité » rompt avec la dominance du pilotage par les normes et moyens et donc avec la logique du contrôle. Elle suppose de connaître l’activité du niveau hiérarchiquement inférieur, de la respecter et de partager l’analyse des besoins d’évolution de cette pratique pour une meilleure efficacité avec une claire vision de ce que le niveau supérieur peut faire pour aider le niveau immédiatement inférieur. Mais attention, il ne s’agit pas de ce qu’il peut faire dans l’absolu, mais de ce qu’il peut faire dans les circonstances dans lesquelles il travaille avec cet environnement là et ces ressources là, car, à l’évidence, les problèmes ne sont pas les mêmes dans les différentes unités du système.
    => le pilotage de la réussite se conduit au niveau de «l’unité du système». Or, dans le primaire, cette «unité» n’est pas (plus) l’école, c’est la circonscription (voir au-dessus) 

    Autrement dit, il est attendu du « leader » ou pilote qu’il représente le pouvoir du groupe et non qu’il ait du pouvoir sur le groupe.

    Dans ce cas le leader peut-être l'IEN?
    sérieux?

    Or si l’on veut vraiment porter des visées « démocratisantes » dans le système éducatif, il faut rappeler sans cesse que le social (qui est fondamentalement humain) doit l’emporter sur la logique économique des échanges marchands.

    la seule réponse «fonctionnelle» à cette ode au pilotage «horizontal», c’est de remettre l’école (le lieu) à sa place: comme unité du système du premier degré. Il faut lui donner les outils nécessaires (l'autonomie) pour pouvoir l’incarnée et peser face à la bureaucratie administrative et tisser de véritables partenariats éducatifs avec le local. 
    C’est ce que devra apporter le statut d'établissement et la reconnaissance du directeur d’école comme incarnation de l’équipe éducative.

    Par contre, en s’opposant au statut on valide, et on se satisfait, de tout ce que M. Bablet dénonce.
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