La colère des médecins scolaires et la loi Blanquer 

" Il est essentiel, au delà des considérations corporatistes, que l’ensemble des membres de la communauté éducative se mobilisent pour la promotion de la santé à l’école dans l’intérêt des élèves, et en particulier des plus vulnérables ! Il est urgent que notre ministère prenne enfin en compte les préconisations des nombreux rapports sur la médecine scolaire qui vont toutes dans le même sens". Si Marianne Barré, secrétaire générale du syndicat Unsa des médecins scolaires est en colère, c'est là aussi à cause de la  loi Blanquer.

 

"Les amendement déposés pour la médecine scolaire n'ont pas été retenus", nous dit-elle. Ils prévoyaient la constitution d'équipes pluri professionnelles pour faire face aux obligations légales de médecine scolaire.

 

Or la situation de la médecine scolaire est catastrophique. Selon M. Barré, interrogée par le café pédagogique, on ne compte plus sur le terrain que 750 médecins scolaires pour 13 millions d'élèves. Soit un ratio d'un médecin pour 17 000 jeunes !

 

Résultat : les bilans légaux ne sont plus faits comme le bilan à 6 ans, particulièrement important pour détecter les problèmes de santé mais aussi les troubles des apprentissages.

 

Face à cette situation, le ministre de l'éducation nationale et la ministre de la santé proposent d'associer les médecins de ville à ces visites. "C'est une fausse solution", nous dit M Barré. "Les médecins de ville sont débordés et là où il n'y a pas de médecin scolaire il n'y a pas non plus de médecin de ville". De plus le médecin de ville n'est pas formé pour détecter la visite scolaire où il faut détecter différents troubles physiques et les troubles des apprentissages".

 

S'ajoute au tableau un conflit avec les infirmières de l'éducation nationale. "Un décret paru en 2015 prévoit un bilan médical à 6 ans fait par le médecin et un bilan infirmier à 12 ans. Les infirmières s'appuient là dessus pour ne plus intervenir en école. Or c'est contraire à toute mission de santé publique".

 

Pour le Snmsu Unsa il est urgent de revaloriser les salaires des médecins scolaires pour pouvoir attirer de nouveaux médecins. Et de revenir à la collaboration médecin - infirmier puisque le médecin seul ne peut pas faire passer la visite des 6 ans.  Il y a urgence. Le métier de médecin scolaire est en voie de disparition.

 

F Jarraud

 

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Par fjarraud , le jeudi 04 avril 2019.

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