Evaluations CP - CE1 : L'inspection piégée mais pas mouillée... 

Manipulation et impasses. Comment apprécier réellement la portée et l'intérêt des évaluations nationales de CP et CE1 ? Probablement en ne suivant pas l'exemple de l'Inspection générale qui accepte de ne visiter que les écoles qu'on lui indique. Probablement en suivant le modèle de l'Inspection générale qui ne cache rien de ces entraves mises à son enquête... Au final le rapport ne nous apprend qu'une chose : même en sélectionnant les écoles, il y a encore des enseignants qui ne voient pas l'intérêt des évaluations nationales.

 

Des écoles soigneusement sélectionnées

 

 Avec les inspecteurs généraux, et notamment à B Bruschini, I Hunault et J Yebbou qui dirigent ce rapport sur " L’organisation et la passation des évaluations nationales dans le premier degré", il convient de bien lire les rapports.

 

En effet on apprend dans ce rapport qu'il repose sur la visite de seulement 43 écoles (sur 36 434 écoles élémentaires et primaires). De plus celles ci ont été soigneusement choisies par les Dasen. " Les écoles visitées n’ont pas été choisies par les inspecteurs généraux... ce sont les DASEN qui ont choisi les écoles visitées".

 

Malgré ce choix, il reste encore une école sur trois où les évaluations ne convainquent pas. "Dans deux tiers des cas, les inspecteurs généraux ont constaté une véritable adhésion au dispositif d’évaluation proposé. Pour le tiers restant une certaine indifférence est notée", affirment les inspecteurs.  Evidemment après cette mention on prendra les résultats du rapport avec beaucoup de précautions, par exemple quand il affirme que " les évolutions apportées conduisent les enseignants à accepter et à apprécier le dispositif proposée.

 

Et pourtant des évaluations problématiques

 

Mais, là aussi, le rapport nuance lui-même  cette affirmation. Ainsi les évaluations de français  "sont appréciées" et "répondent bien aux besoins". Mais, " les évaluations de mathématiques font, dans leur globalité, l’objet de critiques. Si la moitié des exercices est appréciée... l’autre moitié est moins bien comprise et certains exercices sont majoritairement critiqués et rejetés par les enseignants. Ces évaluations ont effectivement besoin d’évoluer".

 

Le rapport note aussi que " La durée des séquences reste un sujet de préoccupation avec des temps de passation pouvant atteindre près d’une heure dans certaines classes".

 

Enfin , sur l'intérêt de ces évaluations, les inspecteurs soulignent que " les entretiens ont été menés pendant la seconde quinzaine de septembre et n’ont donc pas permis d’évaluer l’exploitation pédagogique des évaluations dans les écoles, celle-ci n’ayant pas encore commencé."

 

Manipulation et impasses

 

En mai 2019, R Goigoux démontait les résultats des évaluations nationales et parlait de manipulation. En septembre , les syndicats reconnaissaient quelques progrès dans leur conception mais posaient la question des finalités. " Notre crainte est grande que ces évaluations servent de prétexte pour assigner à la maternelle une mission réduite à une préparation à l’école élémentaire au détriment de toutes les autres finalités. Prenant ainsi le risque de créer de la difficulté scolaire notamment chez les élèves dont la culture familiale est éloignée de la culture scolaire".

 

On retrouve tout cela dans ce rapport. La manipulation et l'impasse sur les finalités. Rappelons aussi que, alors que JM Blanquer veut définir un nouveau métier enseignant, ces évaluations, permettant de mesurer "l'efficacité" de chaque enseignant, sont la base de cette redéfinition du métier comme l'explique C Maroy.

 

F Jarraud

 

Le rapport

Goigoux : Faire mentir les chiffres

Les craintes des syndicats

C Maroy le nouveau métier enseignant

 

 

 

Par fjarraud , le lundi 13 janvier 2020.

Commentaires

  • DrHouse2, le 20/01/2020 à 16:09
    Toutes ces critiques sont évidemment justifiées (et largement sous-évaluées à mon avis), mais pourquoi personne ne remet-il jamais en question le principe même d'évaluations par contrôles écrits ?
    On sait parfaitement que ce mode de test donne des résultats largement aléatoires, et ne permet en aucun cas d'évaluer les connaissances ou la maîtrise des compétences d'un élève.
     
    Toutes les études l'ont largement démontré depuis des dizaines d'années, et en France on devrait y être particulièrement sensibilisés en particulier avec le travail d'Antibi.
    Donc pourquoi continuer encore avec ces contrôles périodiques, qui sont absurdes et ne permettent pas d'évaluer quoi que ce soit (à part éventuellement le degré de servilité des enseignants) ?
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