Maths : La réforme du lycée assèche les disciplines scientifiques du supérieur 

"Il y a un problème nouveau : celui du vivier". Dans le BGV 210, le bulletin interne de l'APMEP, Bernard Egger alerte sur le risque que fait porter la réforme du lycée aux filières scientifiques du supérieur : celui de devoir recruter des élèves ayant arrêté les maths en 2de.

 

 Il y a hétérogénéité et hétérogénéité , explique Bernard Egger. " Ce que la réforme du baccalauréat va apporter, c’est un nouveau type d’hétérogénéité : celle des parcours et donc des connaissances (savoirs et savoir-faire)", écrit-il. " Dans l’ancien système, 80 % des élèves du bac général avaient suivi des cours de mathématiques. Certes, pour nombre d’entre eux, ce fut une véritable souffrance (aussi bien en S qu’en ES). Néanmoins, chaque formation d’enseignement supérieur qui sélectionnait l’un de ces élèves pouvait espérer ne pas être en terrain vierge : même pour un élève de niveau faible, il y avait eu toujours au moins quelques rencontres avec les maths".

 

Or la réforme du lycée casse cela. "Personne ne sait très bien combien d’élèves de première se dirigeront vers la spécialité math en terminale. Les chiffres qui circulent sont alarmants. Ne nous y attachons pas trop pour le moment. Ce qui est certain, c’est que le vivier qui correspondait à la terminale S et à la spécialité math de terminale ES aura fondu".

 

Résultat: "beaucoup de formations d’enseignement supérieur sont en train de revoir leurs exigences « à la baisse ». Au début, on parlait de l’obligation de « maths expertes », puis on s’est raisonnablement contenté de la spécialité maths en terminale comme suffisante (mais aussi nécessaire) et, maintenant, on commence à évoquer « maths complémentaires ». On peut même imaginer que, dans certains cas, il faudra se résoudre à recruter simplement des élèves ayant suivi la spécialité en première et abandonné les mathématiques en terminale".

 

Selon B Egger toutes les filières du supérieur ne seront pas touchées de la même façon. Les filières les plus prestigieuses continueront à recruter des matheux. Mais les classes préparatoires de province ou les universités vont devoir relever de nouveaux défis. " À première vue, les universités sont mieux adaptées. Le « oui si » qui existe depuis quelque temps permet de créer un enseignement de rattrapage pour ceux qui en auraient besoin. D’ores et déjà, son efficacité est relative et des élèves trop éloignés des exigences de la formation ne s’en sortent pas vraiment. Mais là encore, l’hétérogénéité des publics va compliquer sérieusement la tâche".

 

Dans le BGV 210

 

 

Par fjarraud , le mardi 18 février 2020.

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