Continuité ou choc scolaire ? 

L'Ecole demande t-elle trop aux parents ? La FCPE des Pyrénées orientales a consulté ses adhérents sur l'impact de la fermeture des écoles et établissements sur la vie familiale. Le sondage montre l'importance du travail demandé surtout dans le second degré. Seulement la moitié des parents d'écoliers et un quart des parents de lycéens se sentent capables de suivre leur enfant.

 

De 2 à 4 heures de travail scolaire quotidien

 

Les premiers résultats de l'étude réalisée par la FCPE de Languedoc Roussillon sont tombés pour les Pyrénées orientales. Elle porte sur un millier de parents et distingue les parents d'écoliers, de collégiens et de lycéens (sans distinguer les lycées professionnels des autres).

 

Le temps de travail des enfants est estimé de 2 à 4 heures par jour à l'école primaire pour la moitié des enfants, davantage pour 20%  Au collège on trouve la même proportion avec 27% des enfants qui dépassent 4 heures quotidiennes. Un volume de travail qui est plutôt moins  élevé au lycée avec 37% des élèves qui travaillent 2 à 4 heures par jour, 27% 4 à 6 heures et 21% moins de 2 heures. C'est donc au collège que les élèves ont le plus de travail.

 

Trop d'outils, trop de travail

 

Cela n'étonne pas Rémy Landri, président de la FCPE 66. "On veut tellement reproduire ce qui se fait à l'école qu'on en arrive à un système qui fonctionne mal. On en oublie que la maison ce n'est pas la classe". Il déplore que les enseignants ne se coordonnent pas ce qui génère un afflux de travail.

 

Faute de coordination, dans le second degré, les professeurs multiplient les outils et les canaux. Chaque professeur est attaché à ses outils et les impose aussi bien pour les visioconférences que la transmission d u travail à faire. "On a Zoom, Discord, des logiciels de maths… Tout cela est complexe pour les familles". Cela génère aussi une quantité d'informations à maitriser chaque jour et des emplois du temps compliqués même quand les parents disposent de tout le matériel demandé.

 

L'étude montre aussi que le travail noté s'impose dans le second degré. Si dans le premier degré un écolier sur trois a du travail noté, dans le second degré on passe à 75% des collégiens et 87% des lycéens. Une pratique qui devrait disparaitre puisque le ministre a annulé les notes de la période de confinement.

 

Un travail à temps partiel pour les parents

 

Pour les parents tout cela ajoute du travail à la maison. Un gros tiers des parents d'écoliers et de collégiens consacrent 2 à 4 heures par jour à suivre le travail scolaire des enfants, un autre tiers de 1 à 2 heures. C'est un vrai travail à temps partiel qui leur est demandé. Il est surement nettement plus important qu'avant le  confinement. Au lycée le suivi parental s'allège avec deux parents sur trois qui y consacrent moins d'une heure quotidienne.

 

De l'école au lycée, les parents sont renvoyés aux difficultés scolaires. Seulement la moitié des parents d'écoliers peuvent suivre sans difficulté le travail de leur enfant. Ce pourcentage passe à 40% au collège et 30% au lycée. 28% des parents de lycéens n'arrivent pas du tout à accompagner leur enfant.

 

On mesure l'importance que les familles accordent à la réussite scolaire de leur enfant et les difficultés que la situation actuelle apporte. Encore s'agit-il des parents d'enfants qui sont restés connectés avec l'Ecole. Selon la FCPE, 12 % des élèves ont décroché dans le département. Cela représente 3 enfants par classe en moyenne.

 

François Jarraud

 

Fcpe 66

 

 

 

Par fjarraud , le jeudi 09 avril 2020.

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