Le Prof bashing relancé malgré l'intersyndicale  

Habituellement fort divisés, les syndicats enseignants ont envoyé un message clair et collectif au ministre lors du CSE du 11 juin. Ils lui demandent de parler pour mettre fin au prof bashing qui déferle dans les médias. La réponse est arrivée le soir même par la bouche du secrétaire d'Etat à l'éducation, G Attal. Et une nouvelle version du prof bashing...

 

" Les organisations membres du CSE s’indignent de ces discours mal informés, stigmatisant l’ensemble d’une profession. Le service public d’éducation a tenu pendant cette période difficile de part l’investissement des personnels, en dépit des nombreuses difficultés auxquelles ils ont été confrontés. Les facteurs limitant la reprise sont avant tout d’ordre médical et matériel, liés à l’application des consignes et du protocole sanitaires". Ces propos sont portés par une très large intersyndicale regroupant les syndicats FSU (Snes-FSU, Snuipp-FSU, Snuep-FSU, Snep-FSU, FSU), le SE-Unsa, le Snalc, le Sgen-CFDT, la FEP-CFDT (privé), Sud éducation, la CGT educ’action, et le SNFOLC.

 

Tous "demandent au ministre de s’exprimer publiquement pour dénoncer cette campagne calomnieuse et soutenir les personnels de son ministère".

 

La réponse est venue dans la soirée dans les propos de Gabriel Attal sur Europe 1. Le secrétaire d'Etat à l'éducation vante le dispositif Vacances apprenantes qui prévoit l'accueil de 400 000 jeunes, particulièrement défavorisés, dans le dispositif Ecoles ouvertes. Mais pour cela il faut que les professeurs participent cet été au dispositif. "L'engagement estival a toujours existé chez les enseignants, beaucoup ont une envie de transmettre, parfois différemment, de manière plus ludique", répond G Attal.

 

Or il est clair que les objectifs de "l'Ecole ouverte apprenante" ne pourront pas être atteints. En année normale , l'Ecole ouverte touche 70 000 jeunes. Le gouvernement prétend passer de 70 000 à 400 000 jeunes en lançant le dispositif à moins d'un mois des vacances. Cela semble tout à fait impossible.

 

Mais les enseignants sont déjà rendus responsables de cet échec. Si les enfants ne partent pas en vacances ce serait de leur faute . Nouveau thème du prof bashing et seule réponse à la demande de l'intersyndicale.

 

Sur Europe 1

 

 

Par fjarraud , le vendredi 12 juin 2020.

Commentaires

  • Yann G, le 14/06/2020 à 22:34
    Il n'y a rien à attendre de ces gens. Les soignants se sont fait taper dessus par les CRS quand ils réclamaient des moyens. Vous imaginez bien que les enseignants, gelé depuis des années, n'auront rien de mieux que du mépris.
  • Jalopi, le 12/06/2020 à 12:52
    Oui, Caroudel, nous nous sommes investis à 100% avec notre matériel et nos abonnements Internet, sans coût supplémentaire pour notre employeur, et celui-ci continue de nous critiquer, mépriser, accuser de lâcheté et de fainéantise. Écœurant. 
  • caroudel, le 12/06/2020 à 09:18

    C'est curieux cette logorrhée  dans la mesure où les 13 millions en chômage partiel, payés par l'Etat à ne rien faire (même pas cueillir les fraises) n'ont pas été l'objet d'une telle "attaque", alors que concrètement les enseignants n'ont rien coûté à l'état. Ils ont même  prêté leur matériel informatique, leur abonnement à Internet et leur temps sans compter pour la plupart… Et on nous dit qu'il y aura un après ? Faire société est difficile alors que l'épreuve a prouvé l'importance de chacun,, du plus humble au plus responsable, chacun à sa place au service de tous… Pour la leçon de civisme que croient donner les détracteurs des enseignants, ils sont totalement en "classe inversée"…  Mais leur objectif n'est probablement pas une leçon de civisme.

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