Numérique : Table ronde et idées carrées 

La formation initiale et continue du corps enseignant à l’école numérique va t-elle révolutionner l'Ecole ? La commission de l'éducation de l'Assemblée nationale a réuni le 30 septembre Edouard Geffray, Dgesco, Alain Frugière, président du Réseau des Inspe, Marie Caroline Missir, directrice de Canopé, et Caroline Vincent, professeure en Inspe. La réunion a permis une confrontation intéressante entre le discours politique et celui des chercheurs.  Si les politiques vendent le rêve de la révolution numérique, la recherche coupe facilement ces élans. Finalement même les responsables doutent des effets du numérique... tout en alimentant le rêve...

 

Polliniser la salle des profs

 

"Le numérique est un outil. Avec un marteau on peut construire une étagère ou tuer son voisin". Cette citation de P. Meirieu , énoncée par Caroline Vincent, a refroidi les enthousiasmes. Edouard Geffray lui a fait écho en disant qu'il "n'y a pas de numérique magique en matière éducative".

 

Pourtant E Geffray était là pour porter les annonces ministérielles. Il n'y a pas de magie numérique mais des Etas généraux qui s'approchent. Alors il faut prouver l'utilité du nuémrique. "Il ne s'agit pas se substituer aux professeurs et aux cours mais les outils numériques permettent de personnaliser certains dispositif éducatifs et la remédiation", estime t-il. Par exemple la classe virtuelle permet à des élèves effacés de prendre la parole. Les Etats généraux vont "condenser" les initiatives des enseignants prises pendant le confinement. C'est toujours l'idée des "bonnes pratiques" que l'on va pouvoir transmettre. Ce sera aidé par la vision "panoramique" mise en place dans les  "Territoires numériques" présentés récemment. Les professeurs du nouvel enseignement numérique en lycée vont "polliniser les salles des profs" et former leurs collègues aux usages.

 

Alain Frugière confirme l'arrivée d'un PIX prof chargé d'évaluer les compétences numériques des enseignants . Cette certification deviendra obligatoire, reprenant l'idée du C2i2E qui n'a jamais réussi à s'installer.

 

La question du pourquoi

 

MC Missir rappelle les formations mises en ligne pendant le confinement. "Les enseignants ont besoin qu'on les guide et qu'on labellise des ressources...Il faut indiquer au professeur quel usage il peut faire d'une ressource. Elle annonce la volonté de Canopé de faire de la formation sur site en plus de la formation à distance.

 

Mais MC Missir montre aussi les limites de la "révolution" numérique. "Un des freins à al diffusion du numérique c'est son impact sur l'apprentissage des élèves. Pisa montre que les résultats ne sont pas meilleurs. Il faut aider le professeur à répondre à la question sur l'amélioration des résultats des élèves... La question fondamentale est celle du pourquoi".

 

Quel impact du numérique ?

 

C'est le discours qu'a tenu Caroline Vincent tout au long de la table ronde. "On ne doit pas faire du nuémrique par injonction mais parce que les élèves ont besoin du numérique pour devenir des citoyens", dit-elle. "Démontrer un impact sur des apprentissages est très difficile. Par défaut le numérique n'a pas d'impact. Cela dépend de ce qu'on fait. Il n'y a pas de miracle éducatif. Sur le plan des tâches scolaires iln'y a aucune nouveauté (avec le numérique). C'est juste un moyen". Notamment le numérique ne développe pas l'autonomie des élèves. Il en a besoin.

 

Si l'on veut améliorer la formation des professeurs au numérique il faut "augmenter leur culture nuémrique : il faut amener leur réflexion sur ce qu'on veut faire du numérique dans la société". Et il faut "valoriser le role des enseignants" au lieu de dire que le numérique va les remplacer.

 

Edouard Geffray a également fait quelques annonces. Le ministère va distribuer 15 000 ordinateurs via les Cités éducatives aux familles subissant la fracture numérique ainsi que des accès internet. Des connexions 4G sont prévues en cas de confinement pour les élèves en situation de cluster et de fracture nuémrique. Canopé créera un espace de partage entre enseignants pour permettre la formation entre pairs.

 

F Jarraud

 

 

Par fjarraud , le jeudi 01 octobre 2020.

Commentaires

  • bdevauchelle, le 01/10/2020 à 08:09
    Ce qu'on entend, ce sont des approches descendantes et condescendantes....
    Les politiques et les chercheurs feraient bien de s'interroger davantage sur cette attitude surplombante trop souvent perçue dans leurs discours....
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