Maternelle : Activités montessoriennes et inégalités sociales 

"Largement dominant à l’école maternelle depuis des décennies, le dispositif des « ateliers » est depuis peu concurrencé par des « plages d’activités montessoriennes ». Pour certains enseignants, elles permettraient une meilleure prise en compte de la diversité des élèves. Nous avons comparé ces deux types de dispositifs en observant spécifiquement l’activité et les apprentissages des élèves plus faibles, le plus souvent issus des milieux populaires. Malgré leurs différences, il n’est pas rare que ces dispositifs présupposent tous deux une grande autonomie des élèves, alors même que l’écart est grand entre cette autonomie postulée et l’« autonomie » réelle, en particulier pour les plus faibles", écrit Ghislain Leroy dans un article publié dans la Revue française de pédagogie (n°207). Pour lui, "qu’il s’agisse de l’un de ces dispositifs ou de l’autre, s’ils postulent l’autonomie plutôt qu’ils ne la construisent – c’est malheureusement souvent le cas –, alors ils ne peuvent que s’avérer différenciateurs, au service des meilleurs mais moins, voire peu utiles, pour les plus faibles... Une pratique moins différenciatrice pourrait aussi passer par une vigilance renforcée envers les implicites de la situation et du support d’apprentissage, surtout quand l’élève est seul face à eux. Enfin, il y a lieu de questionner les logiques « productivistes » actuelles, en recherche de performance, qui semblent s’appuyer sur des autonomies enfantines fantasmées plus que réelles, car non construites avec l’adulte".

 

Dans la revue française de pédagogie

La maternelle , école de la performance

 

 

Par fjarraud , le lundi 14 décembre 2020.

Commentaires

  • DrHouse7, le 14/12/2020 à 23:32
    Il faut quand même être bien conscient que lors du travail en ateliers tournants, il ne s'agit pas d'autonomie : les élèves travaillent seuls pendant quelques minutes, mais ils ne peuvent pas organiser leur travail, et l'enseignant doit être là pour leur dire ce qu'il faut faire et leur donner les consignes.
     
    En pratique, lors de ces séances l'enseignant est totalement accaparé avec un groupe, il n'est donc pas disponible pour ceux qui ont besoin d'aide ou de correction, et donc il les abandonne littéralement avec des activités occupationnelles dont l'intérêt pédagogique est proche de zéro (pâte à modeler, puzzles, perles, etc...).
    Ça n'a vraiment rien à voir avec de l'autonomie !
     
    Et il n'y a pas non plus de différenciation, puisque ce sont les mêmes ateliers pour tous (forcément, l'enseignant ne peut pas prévoir 30 séries d'ateliers différents, une par élève) !
     
    Il y a une pratique qui permet de placer les élèves en véritable autonomie, et de différencier totalement les apprentissages pour chaque élève : les plans de travail.
    Et ça fonctionne parfaitement en maternelle, à condition d'avoir des activités conçues pour une utilisation en totale autonomie (comme par exemple les fichiers PEMF, pour les GS).
     
    Plus d'infos :
    - Ateliers tournants : https://tinyurl.com/ateliers-tournants
    - Autonomie : https://tinyurl.com/l-autonomie
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