Canicule : Le ministère veut-il réellement agir ? 

La question de la canicule, qui revient régulièrement, mobilise le Se-Unsa qui demande au ministère de la prévention et de prendre concrètement en mains la question du bâti scolaire. On peut pourtant douter qu'il le fasse. Le ministère a supprimé les CHSCT, seuls organismes à pouvoir faire étudier et suivre cette question. Il avait auparavant supprimer l'observatoire national de la sécurité et de l'accessibilité des établissements d'enseignement, seul organisme qui avait diligent des études nationales sur l'état des batiments scolaires en relation avec les questions de santé. Pour agir il faudrait commencer par restaurer ces organismes utiles.

 

 "Alors qu’une vague de très forte chaleur est annoncée depuis plusieurs jours et que les prévisions en matière de réchauffement climatique n’augurent qu’une intensification de ce phénomène sur les années à venir sur de plus en plus de territoires, la prévention des risques liés à la canicule pourtant largement connus n’existe toujours que trop peu pour les usagers des bâtiments scolaires", déclare le Se-Unsa. "Les consignes, bien qu’importantes et indispensables, adressées aux recteurs et Dasen en début de pic de chaleur, restent pour certaines fort limitées quant à leur possible mise en oeuvre... La majorité des structures scolaires ne permet pas de protéger contre les fortes chaleurs. La crise sanitaire a mis en exergue de nombreuses lacunes en matière de bâti scolaire en France tels que l’insuffisance voire l’impossibilité de ventilation, le manque et même l’absence pour certains territoires d’outre-mer de points d’eau".

 

Le syndicat demande "du concret" : " Face aux volontés affichées et aux mesures préconisées, c’est du concret en matière d’adaptation des bâtiments scolaires que le SE-Unsa exige, et vite ! C’est aussi une réelle réflexion concertée qu’il faut avoir sur la capacité de l’École dans son organisation des temps et des espaces à faire face à un réchauffement inévitable les années à venir."

 

Celle-ci aura t-elle lieu ? On peut en douter pour deux raisons. D'abord parce que le ministère a supprimé les CHSCT.  Ils disparaitront avec le renouvellement des représentations du personnel. Même si les nouvelles structures pourront prendre en charge les questions de sécurité et de santé au travail, la suppression de ces commissions spécialisées est un mauvais signe. Il montre que ces questions sont perçues comme secondaires si ce n'est gênantes.

 

Mais il y a pire. JM BLanquer a supprimé l'Observatoire national de la sécurité et de l'accessibilité des établissements d'enseignement. C'était le seul organisme indépendant capable de réaliser des enquêtes sur l'état et la sécurité du bâti scolaire. On se souvient des rapports sur l'équipement sanitaire des établissements qui a montré un réel déficit généralisé. Son remplacement par un bureau ministériel montre simplement la volonté de mettre sous cloche ces questions.

 

Avec le changement climatique et l'épidémie de covid , travailler à l'aération mécanique des établissements pourrait sembler une évidence.  Voilà un domaine où Pap Ndiaye pourrait s'engager et obtenir des améliorations dans l'assentiment des parents et des personnels.

 

François Jarraud

 

 

 

 

Par fjarraud , le jeudi 16 juin 2022.

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