Teddy Mayeko : Réussir en STAPS  

Teddy Mayeko, Jérôme Frigout, et Arnaud Delafontaine coordonnent 3 ouvrages intitulés « Toutes les clés pour réussir en STAPS » qui paraissent en septembre aux éditions Masson. Loin d’une revue de littérature, les ouvrages s’organisent à travers des repères, des témoignages ou encore des tests destinés aux étudiants mais également aux professionnels du secteur de l’enseignement, de la santé et de l’entrainement. Sans nul doute des ouvrages qui feront référence dans le champ des STAPS, en proposant des connaissances actualisées et une réflexion globale à propos de la formation. Teddy Mayeko revient sur ces livres, fruits d'une démarche collective.

 

Vous publiez deux ouvrages sur la filière des Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives (STAPS). Avant toute chose pouvez-vous présenter succinctement cette filière universitaire ?

 

 La filière STAPS dispense une formation préparatoire aux métiers du sport, de l’éducation, de la santé et du management. Elle propose des contenus exigeants qui articulent pratique sportive ou artistique, enseignements scientifiques et préparation aux métiers de l’intervention dans le contexte des activités physiques. La filière s’organise autour d’un tronc commun dans lequel on retrouve un volet scientifique, un volet méthodologique et des enseignements à la fois pratiques et théoriques dans le domaine des APSA. A partir de la deuxième et troisième année de licence, elle se décline en diverses mentions avec des secteurs de compétences et des blocs de professionnalisation clairement identifiés (Éducation et Motricité ; Entrainement Sportif ; Activité Physique Adaptée et Santé ; Management du sport). Au terme de la licence (L3), les étudiants ont la possibilité de poursuivre dans divers masters selon leurs parcours, leurs objectifs et leur projet d’insertion professionnelle.

 

Pourriez-vous retracer en quelques mots les « lignes de force » des ouvrages ? Qu’est-ce qui est principalement abordé dans chacun d’eux ? 

 

Avec l’éditeur (Elsevier Masson), nous avons conjointement opté pour l’écriture de trois ouvrages déclinés par mention. Les tomes Education et motricité et Education et santé paraitront cet été tandis que celui sur la mention « Activité physique adaptée et santé » (APAS) est prévu pour le début de l’année 2023.

 

Dans le premier tome (toutes les clés pour réussir en STAPS : mention éducation et motricité), la focale porte sur le développement des compétences d’intervention et d’enseignement dans les APSA. Il s’agit, à partir de thématiques professionnelles largement visitées en formation, de proposer des repères et des contenus aux étudiants. Ainsi, la place de la recherche dans le cursus universitaire, les apports actuels du numérique éducatif ou encore la construction de gestes professionnels au service de la relation pédagogique structurent la colonne vertébrale de l’ouvrage. Une triple orientation (étudiant, candidat, enseignant) permet d’approcher les métiers de l’éducation par le sport et les activités physiques en proposant aux lecteurs des clés pour étudier au sein de la mention EM et se professionnaliser en vue des concours de recrutement. 

 

Dans le second tome (toutes les clés pour réussir en STAPS : mention entrainement sportif), Jérôme Frigout, bien épaulé par Olivier Degrenne, a réalisé un très beau travail de coordination afin de rassembler divers acteurs du monde de la performance. La ligne directrice de l’ouvrage concerne la professionnalisation des futurs professeurs de sport, entraineurs sportifs et préparateurs physiques. En proposant des réflexions et des connaissances actuelles sur la planification, les déterminants de la performance, les partenariats avec les structures fédérales ou encore l’importance d’une formation scientifique dans le domaine de l’entrainement, les auteurs abordent de front des questions centrales pour penser les relations entre sport, formation et éducation.

 

Dans le troisième tome (toutes les clés pour réussir en STAPS : mention activité physique adaptée et santé), Arnaud Delafontaine a réuni des professionnels de la médecine, du soin et du sport adapté pour tisser des ponts entre la formation universitaire dans le champ des STAPS et les enjeux sanitaires actuels. Si cette mouture est encore en construction, elle promet d’éclairer de façon pointue et originale les secteurs de l’inadaptation, de la santé et de la prévention.

 

Qu’est-ce qui a motivé votre projet d’ouvrage ?

 

L’histoire de cet ouvrage est née de la volonté d’engager un travail collaboratif autour de la formation dans le champ des STAPS. En première instance, et il me semble que c’est important, nous partageons avec Jérôme Frigout et Arnaud Delafontaine un socle de valeurs et de convictions communes qui ont cimenté notre engagement. Nous assumons tous les trois, à des degrés divers, des missions d’encadrement auprès d’étudiants de la filière STAPS. Au fil des échanges, que nous avons régulièrement avec les étudiants et les formateurs universitaires, nous nous sommes rendus-compte de plusieurs choses.

 

Premièrement, beaucoup de néo-stapsiens méconnaissent les parcours accessibles en STAPS. Le plus souvent, leurs représentations initiales se limitent à une vision caricaturale d’une formation préparatoire aux métiers du sport. La pratique sportive y occupe une place centrale tandis que les enseignements théoriques sont pensés de façon plus abstraite et marginale. Cela conduit à des surprises – souvent désagréables – lorsque les étudiants se rendent compte que le cursus dans lequel ils se sont engagés nécessite bien plus qu’un goût prononcé pour la pratique d’un sport.

 

Deuxièmement, beaucoup d’étudiants sont en difficulté pour se projeter et construire un projet professionnel. Sur ce point, il me semble que la C3D réalise un travail important, depuis déjà plusieurs années, afin de construire une cohérence de formation nationale, exigeante et lisible, débouchant sur des partenariats avec le monde professionnel et institutionnel. Ce sont des efforts qui vont dans le bon sens et qu’il nous faut poursuivre dans l’intérêt des jeunes que nous accueillons au sein des UFR STAPS. 

 

Enfin, je crois que les étudiants – et ce n’est pas propre à la filière STAPS – se heurtent de plus en plus fréquemment à des obstacles notionnels. La maitrise des codes élémentaires du langage écrit ou la mobilisation de connaissances de base dans les sciences de la culture et du vivant requièrent désormais un travail spécifique, y compris à l’université.

 

Et donc, vous diriez que ces ouvrages s’adressent à quel type de public ?

 

Pour de multiples raisons, j’aurai tendance à dire que ces ouvrages s’adressent à un lectorat élargi. En premier lieu, ils ont pour but d’accompagner des étudiants soucieux de parfaire leur connaissances dans le champ des STAPS et avides de conseils pour réussir leur passage à l’université. Les thématiques abordées, les repères méthodologiques proposés et les témoignages insérés dans les chapitres constituent des « clés » pour aider les étudiants à cheminer dans leur parcours. A ce propos, je signalerai simplement que les ouvrages ne sont pas bornés à la troisième année de licence. Par exemple, dans le tome sur la mention « éducation et motricité », de très nombreux points de connexion sont effectués avec le master MEEF et la préparation aux concours de recrutement des enseignants (CRPE et CAPEPS). Les contenus abordés permettent à des étudiants qui préparent les écrits ou les oraux du CAPEPS de repérer des connaissances utiles à leur formation. 

 

En second lieu, ils se destinent à des enseignants ou des formateurs désireux de poursuivre une réflexion dans l’univers des STAPS. Le choix d’une entrée thématique, avec des chapitres rigoureusement référencés, permettra aux collègues d’envisager des pistes de lecture ou de réflexion en rapport plus ou moins direct avec leurs objets d’enseignement dans les mentions.

 

Enfin, ces ouvrages peuvent intéresser des professionnels de l’éducation, du sport et de la santé, qui trouveront ici des connaissances actualisées en matière de pédagogie et d’entrainement. Par exemple, dans le tome sur la mention « entrainement sportif », les chapitres sur la physiologie de l’effort, la performance motrice ou la motivation du sportif, offrent des repères aux entraineurs et aux préparateurs physiques souhaitant continuer à interroger leur pratique quotidienne. 

 

Pourriez-vous nous en dire davantage sur les auteurs qui vous accompagnent dans cette aventure ?

 

Vous parlez d’aventure et c’est un terme particulièrement bien choisi ! Notre volonté initiale a toujours été de produire un travail collaboratif, basé sur la complémentarité des regards et le croisement des points de vue. Dans une perspective holistique, nous avons cherché à assembler nos expériences, nos connaissances et nos sensibilités pour fabriquer du commun et penser ensemble la question de la formation en STAPS.

 

Avec du recul, je dirai que le principe essentiel qui a piloté notre démarche est peut-être la multiréférentialité et, à un grain supérieur, le désir de vivre une aventure humaine faite d’échanges et de rencontres avec des acteurs de tout premier plan. Ainsi, dans les deux ouvrages sur les mentions « éducation motricité » (EM) et « entrainement sportif » (ES), on retrouve aussi bien des enseignants-chercheurs que des enseignants du premier et du second degré, des professeurs de sport, des étudiants, des formateurs de l’enseignement supérieur, des entraineurs sportifs, des préparateurs physiques, des cadres techniques, des personnels de l’inspection académique et de l’inspection générale, des directeurs de département STAPS…

 

Tous contribuent, par leur engagement, leur posture et leur conception à nourrir des réflexions à la fois riches et contrastées. C’est probablement le centre de gravité d’un projet d’écriture collaboratif qui tire les bénéfices d’un maillage de compétences et d’expériences très diverses. Par ailleurs, la singularité de notre démarche tient également à la participation d’étudiants et à l’intégration de nombreux témoignages permettant de mieux comprendre la spécificité des mentions qui composent actuellement le paysage de la filière STAPS.

 

J’en profite donc pour remercier chaleureusement les auteurs avec lesquels nous avons eu plaisir à travailler. Leur implication fut à l’image de l’esprit collaboratif que nous souhaitions insuffler. Je pense ne pas trahir Jérôme et Arnaud en disant que nous avons beaucoup appris durant ces allers et retours avec les contributeurs.

 

On sait aujourd’hui que la filière STAPS est très attractive mais qu’elle manque aussi de moyens pour fonctionner convenablement. Cette série d’ouvrages est-elle également une revendication politique ?

 

Je ne parlerai pas de revendication politique, car ce n’est pas l’objet de ce travail collaboratif qui a pour fonction prioritaire l’accompagnement des étudiants au sein d’un parcours universitaire aussi riche que vaste.

 

Cependant, je partage ce constat et il me semble important de réfléchir aujourd’hui, chacun à notre niveau, à la construction d’un discours en phase avec la réalité et la complexité des situations que vivent une majorité d’UFR. L’élargissement des capacités d’accueil, dans le prolongement de la loi ORE, montre l’attractivité de la filière STAPS (environ 25000 étudiants inscrits en premier année). En revanche, le taux d’encadrement (environ 30 formateurs pour 1000 étudiants) est loin d’être satisfaisant et ne permet pas aux enseignants de travailler dans des conditions sereines.

 

Le cri d’alarme, poussé l’an dernier par plusieurs département STAPS sous l’impulsion de l’université de Rennes 2, est symptomatique des tensions que subissent actuellement les UFR. Espérons que les dotations en postes d’enseignants et en personnels BIATSS soient plus abondantes lors du prochain quinquennat.

 

Propos recueillis par Antoine Maurice

 

Teddy Mayeko, Jérôme Frigout, et Arnaud Delafontaine , Toutes les clés pour réussir en STAPS. Mention « Éducation Motricité », Masson éditeur.

Teddy Mayeko, Jérôme Frigout, et Arnaud Delafontaine , Toutes les clés pour réussir en STAPS. Mention « Entrainement sportif », Masson éditeur.

Parution en septembre 2022

 

Les auteurs ayant participé aux différents tomes :

Pour le tome Education Motricité : Carole Sève, Emmanuel Laurent, Pierre-Alban Lebecq, Jean-Baptiste Chiama, Loïc Le Meur, Nicolas Terre, David Ade, Guillaume Dietsch, Jérôme Visioli, Sébastien La Croix, Yoann Tomaszower, Olivier Larivière, Christine Cadoret, Magalie Boizumault, Elisabeth Magendie, Benjamin Le Gall, Isabelle Couëdon, Hugues Rolan, Laurence Munoz, Michèle Schwartz, Philippe Mathé et Aurélien Pichon.

Pour le tome Entraînement Sportif : Jérôme Frigout, Olivier Degrenne, Franck Bellard, Thierry Debanne, Caroline Giroux, Laurence Hamard, Lucie Coulon, Thomas Derouck, Florian Nabucet, Guillaume Simonin, Vincent Langlois, Hugo Irlande, Hugo Menges, Laurent Delacourt, Michel Da Costa et Anne Capron.

Pour le tome APAS : Arnaud Delafontaine, Grégory Ninot, Elisa Ebert, Suzanne Rémy, Pierre Commeureuc, Christine Cardin, Jérôme Frigout, Thomas Derouck, Thierry Pinjon, Damien Vitiello, Arnaud Duport, Matthieu Vincenot, Martin Descarreaux, Maud Pradines, Carole Commeti-Bonhomme, Guillaume Laffaye, Laura Baaziz, Hugo Irlande, Thierry Pijulet et Sébastien Leteneur.

 

 

 

 

Par fjarraud , le jeudi 23 juin 2022.

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