Par François Jarraud
LE FAIT DU JOUR
Primaire : évaluation CM2, Epep, postes au menu de la rencontre
ÉDITORIAL
Carte scolaire et mixité sociale : le défi impossible de Darcos
LE SYSTEME
Carte scolaire : La Fcpe 75 dénonce une arnaque gouvernementaliste l Université : l'Unef et la CPU mécontents du projet de loi l Un prof poursuivi pour insultes racistes
L'ÉLÈVE
Les élèves allemands ont donné une demi-journée à l'Afrique l La responsabilisation des parents l Mon enfant décroche que faire ? l Le yoga et la méditation entrent à l'école américaine
LA CLASSE
Le bac vu de Marrakech
LES DISCIPLINES
Primaire :réouverture du site des pemf. | Langues : le stage Gfen l Arabe : Furûsiya en terre d'Islam
LES TICE
Des sites italiens victimes d'une attaque massive
Primaire : Evaluation CM2, Epep, postes au menu de la rencontre Darcos - Snuipp
"Si le ministre de l'Education Nationale se montre ouvert en matière pédagogique, en revanche il confirme des orientations budgétaires inacceptables qui aggravent la situation existante et hypothèquent toute possibilité de transformation de l'école". Le Snuipp a été reçu par X. Darcos et rend compte de l'entretien.
Sur le plan pédagogique, "le ministre a rappelé qu'il n'envisageait pas de réforme pédagogique d'ampleur en raison de l'empilement des réformes et des dispositifs existants. A la demande du SNUipp, il a répondu que l'évaluation CM2 n'aura pas de caractère obligatoire à la rentrée 2007 et n'a pas exclu des évolutions de programmes qui remettent en cause les circulaires De Robien".
Mais ce sont les perspectives budgétaires qui signent le désaccord. "Le ministre a confirmé la mise en place d'un chantier sur le métier d'enseignant qui concernera les professeurs des écoles. Une première réunion aura lieu dès juillet. La discussion a confirmé de fortes divergences sur l'expérimentation des EPEP qui avait suscité une très large opposition. Si le ministre a annoncé qu'il différait la publication du décret et qu'il procèderait à de nouvelles consultations, il n'en a pas moins affirmé sa volonté de mettre en place des EPEP. Le ministre a confirmé que le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant en retraite concernera l'Education Nationale. Le SNUipp s'opposera à cette politique de régression de l'emploi public qui ne prend en compte ni l'augmentation du nombre d'élèves en primaire, ni la nécessité d'améliorer et de transformer l'école".
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Carte scolaire et mixité sociale : le défi impossible de Darcos
"A terme, chaque établissement devra contribuer à la mixité. Je ne veux pas employer le mot de quota parce qu'il est horrible, mais nous allons essayer d'encourager la mixité géographique et sociale au niveau de chaque établissement. Au plus tard en 2010, nous aurons vraiment donné la liberté de choix aux familles. ". Cette promesse, Xavier Darcos est-il capable de la tenir ? Il nous semble que la mixité et la liberté parentale pourraient se fracasser sur deux obstacles.
Pour la mixité il faut accepter l'hétérogénéité. Ce n'est un secret pour personne qu'il y a un lien statistique entre la catégorie sociale des parents et le niveau scolaire de l'élève. Dans cette perspective, on ne peut mettre en place une réelle mixité sociale que si on prend le risque d'une réelle hétérogénéité en classe. Or l'expérience de la Fcpe de Paris (cf ci-dessous) montre que le risque d'hétérogénéité est justement un argument utilisé pour justifier la sélection dans certains établissements au titre que les enseignants ne sauraient pas faire face à un public différent.
Si le gouvernement voulait la mixité sociale, il lui faudrait donc engager des moyens supplémentaires pour former et accompagner les enseignants des établissements les plus recherchés dans l'accueil d'élèves d'établissements plus populaire. En 2004, un rapport de l'Inspection générale sur l'académie de Paris montrait que "les maîtres parisiens sont plutôt moins innovants et impliqués" que la moyenne; les méthodes d'enseignement seraient "fortement marquées par les modèles magistraux". Résultat : "un écart s'installe très tôt entre les bons élèves, issus des milieux favorisés et les plus faibles".
Le second obstacle c'est bien sûr la place des parents à l'Ecole. On sait que le système éducatif français s'est construit dans la méfiance envers les parents. Le discours gouvernemental pourrait donner à penser que les parents pèsent plus lourd à l'école. Là aussi, les observations de la Fcpe de Paris montrent comment l'administration gère les affectations des élèves en "oubliant" les parents. Très spontanément, elle traite le problème seule.
Pour tenir sa promesse, X. Darcos devrait par conséquent engager une double bataille. Celle des moyens pour former les enseignants à gérer des classes hétérogènes et à accepter tous les enfants. Celle de la culture professionnelle pour que les parents soient acceptés à l'Ecole. Sans ces efforts la suppression de la carte aboutira simplement à davantage de ségrégation.
Rapport de l'Igen sur paris
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Carte scolaire : La FCPE 75 dénonce une "arnaque" gouvernementale
"C'est l'atmosphère des soldes". La veille de l'ouverture du grand "marché aux élèves" parisien, la Fcpe 75 s'est exprimée sur la suppression de la carte scolaire. L'association de parents d'élèves assiste en observatrice à la réunion de proviseurs où s'effectue, pour les lycées généraux et technologiques, la répartition des élèves. Pour la Fcpe cela tient plutôt du marché. Chaque chef d'établissement sélectionne ses élèves en fonction des résultats.
Aussi l'association dénonce-t-elle l'écart entre les annonces gouvernementales et la réalité du terrain. Alors que le rectorat dispose des outils d'analyse sociologique des établissements, pour la Fcpe, ils ne sont pas utilisés. Le système d'affectation n'est pas piloté. Quant aux vœux des parents ils viennent se fracasser sur un système bien rodé. Faire miroiter le libre choix relève de "l'arnaque" pour Michel Sangam.
La Fcpe 75 demande une politique réelle de mixité sociale. Elle souhaite également ne plus être oubliée par le rectorat…
Université : L'Unef et la CPU mécontents du projet de loi
"Passage en force inacceptable et dangereux". Pour l'Unef, le premier syndicat étudiant, le projet de loi de réforme des universités n'est pas recevable en l'état.
Deux points suscitent les critiques de l'Unef. D'abord l'instauration de la sélection en master et le durcissement du dispositif "orientation active". "En conditionnant l’inscription des bacheliers à leur participation aux dispositifs de préinscription, le gouvernement ouvre une brèche au mieux inefficace et au pire dangereuse. L’UNEF dénonce cette condition qui restreint la liberté d’inscription à l’université".
L'autre pomme de discorde c'est l'autonomie des universités. Les étudiants craignent la libération des droits universitaires. Ils s'opposent à ce que l'autonomie soit variable d'une université à l'autre. "Si l’objectif affiché est d’accroître les prérogatives des universités, cette autonomie aura pour seules conséquences le développement de fortes inégalités entre les étudiants d’un établissement à l’autre et au désengagement de l’Etat du financement des universités les plus faibles".
La Conférence des présidents d'université (CPU) est "réservée" sur l'autonomie à plusieurs vitesses prévue par le texte et déplore la réduction du conseil d'administration.
Communiqué Unef
Dépêche AFP
Un prof poursuivi pour insultes racistes
Le père d'un élève d'origine angolaise du lycée technique d'Epinal a porté plainte contre le prof de maths de son fils pour propos racistes. "Je demandais que le professeur s'excuse devant toute la classe et que tout cela s'arrête". N'ayant pas eu satisfaction il a porté plainte.
Dépêche AFP
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Les élèves allemands ont donné leur journée à l'Afrique
"Ta journée pour l'Afrique". Le 19 juin, 180 000 élèves allemands ont quitté l'école pour travailler une journée au profit des enfants africains. Au bout de tous ces petits boulots, 1,5 million d'euros. L'opération, lancée par l'Unicef, vise à récolter des fonds pour soutenir la scolarisation en Afrique.
Communiqué
La responsabilisation des parents, une réponse à la délinquance des mineurs ?
"Depuis la fin des années quatre-vingt, la tendance est nettement à considérer que des pères et des mères « plus responsables » seraient une partie de la réponse aux problèmes de la délinquance juvénile". Le mouvement est parti à la fin des années 1980 de Californie. Il se traduit par de nouvelles lois au Royaume-Uni, en Belgique et en France. Marine Boisson, pour le Centre d'analyse stratégique, étudie le concept et son efficacité.
"La reconnaissance de la responsabilisation des parents comme « bonne pratique » au niveau international ne doit pas occulter un recours limité aux dispositifs qui lui sont agrégés et la persistance de critiques, notamment des professionnels associés à leur mise en oeuvre. Elles sont pour partie imputables à l’absence d’évaluation systématique de ces politiques ; leurs financements sont aussi souvent jugés insuffisants et instables. Elles traduisent également un embarras des professionnels face à des modes d’intervention, dont la prévention précoce, intrusifs dans l’intimité des familles… Si les théories criminologiques contemporaines (théorie du contrôle, théorie des liens sociaux, approche développementale), conduisent à établir un lien étroit de causalité entre éducation parentale et violence du jeune, quelles conclusions en tirer en droit et en morale sociale ?"