Par François Jarraud
LE FAIT DU JOUR
Les syndicats appellent à l'action dès le premier trimestre
ÉDITORIAL
Accompagnement scolaire l'Ecole et le politique
LE SYSTEME
Service minimum : le "non mais" du gouvernement l Concours : l'échec des mentions complémentaires l Primaire : 70 à 80 000 écoliers supplémentaires l Secondaire : 40 à 60 000 élèves en moins l Un nouveau recteur à Reims l Orientation : nouveau délégué interministériel l Direction, inspection : les concours l Les vacances 2007-2008 l Bénin : 12% de reçus au Beps
L’ÉLÈVE
Travaux d'été quelle efficacité ? l La Nuit des étoiles 2007 l Les Portes du Temps l La fessée ne paie pas l Scolarité obligatoire jusqu'à 18 ans en Israël
LA CLASSE
La classe et ses pratiques au congrès du Gfen
CITOYENNETE
Le testing en débat l Judaïsme et cultures juives
LES DISCIPLINES
EEDD : Le réchauffement dans Research EU l Professionnel : Le CCF l Professionnel : Trois nouveaux CAP l Professionnel : le diplôme d'oenologue
TICE
Failles dans Firefox et Opera l L'armement électronique des Etats-Unis
Les syndicats appellent à l'action dès le premier trimestre
"C’est une nouvelle attaque contre l’Ecole qui marquerait une nouvelle étape dans la dégradation, d’une ampleur jamais atteinte, du service public d’éducation". Six fédérations, l'Unsa Education, la Fsu, le Sgen Cfdt, la Ferc Cgt et la Faen, dénoncent "un retrait de postes inédit" à la rentrée 2008. Il s'agit des 17 000 emplois qui pourraient être supprimés à cette date.
Pour les syndicats, "les conditions d’encadrement et d’enseignement atteindront un point critique. Les établissements les plus fragiles verront leurs difficultés accrues, les inégalités s’accentueront. L’offre de formation sera réduite, l’objectif de la réussite de tous les élèves compromis. Les personnels verront leurs conditions de travail se dégrader un peu plus et la précarité s’accentuera encore".
Aussi appellent-ils à une "mobilisation de grande ampleur" dans le courant du premier trimestre.
Communiqué
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Accompagnement scolaire : l'Ecole et le Politique
Associations culturelles et sportives, mouvements pédagogiques, collectivités locales : ils étaient nombreux à participer le 19 juillet à l'annonce par Xavier Darcos d'une nouvelle politique d'accompagnement scolaire. Lancée au nom de l'équité, au bénéfice des "orphelins de 16 heures", cette politique ne peut que faire l'unanimité de tous ceux qui se soucient de la jeunesse. Pourtant, au-delà des bonnes intentions, nul ne sait sur quoi va déboucher la proposition du 19 juillet
La circulaire sur l'accompagnement éducatif demande aux collèges de l'enseignement prioritaire de "mettre en place un “accompagnement éducatif” hors temps scolaire" dès la rentrée 2007. Ce dispositif "a vocation à s’étendre à l’ensemble des collèges à la rentrée 2008 et, par la suite, à l’ensemble des écoles, des collèges et des lycées".
D'une durée indicative de 2 heures, cet accompagnement sera organisé en fin de journée après la classe, quatre jours par semaine. Il proposera aux élèves volontaires de l’aide aux devoirs et aux leçons; de la pratique sportive; de la pratique artistique et culturelle. L’aide aux devoirs et aux leçons sera assurée par des enseignants volontaires payés en HSE; les heures d'activités sportives et artistiques, par des enseignants ou des intervenants extérieurs.
Quel changement à la rentrée 2007 ? Si la circulaire ministérielle impose cet accompagnement dès la rentrée c'est qu'il existe déjà. Les départements financent déjà des actions éducatives dans les collèges Zep. Les communes ont déjà l'habitude de prêter leurs installations sportives et culturelles sur ces tranches horaires aux scolaires. L'impulsion ministérielle pourra favoriser la coordination mais elle ne fera que s'appuyer sur l'existant. D'ailleurs aucun budget n'est prévu par le ministère pour ces actions de 2007.
Des questions plus ardues attendent le ministre dès 2008. Et d'abord la question budgétaire. Si le ministre maintient son projet, généraliser à tous les collèges ces actions en 2008 nécessitera un budget. Il faudra par exemple que les collectivités locales augmentent leurs équipements sportifs et culturels et que les associations puissent rémunérer les encadrants. Pour Maïté Sanchez-Schmid, qui représentait l'association des maires de France, les communes sont prêtes à faire des efforts mais dans le cadre d'un vrai partenariat. Elles ne sont pas prêtes à accepter un transfert "sec" de compétences.
Le projet pose également la question des rapports entre l'Ecole et l'accompagnement éducatif. Ainsi pour Jean-Pierre Siméon, président du Printemps des poètes ; il interroge sur la place de la culture à l'Ecole : doit-elle être au centre de l'enseignement comme le souhaitait Jack Lang ou reléguée aux activités du 16-18 heures comme le prévoit le projet ? La cohérence des activités sportives, souvent tournées vers la performance, avec une EPS davantage axée sur le développement personnel et citoyen semble d'autant plus difficile que certaines associations sportives manifestent beaucoup d'ambition… La place des Tice, si elle est évoquée dans la circulaire, ne semble pas davantage pensée.
Quelle efficacité éducative attendre de cet accompagnement ? Soulignons d'abord que dans une étude réalisée pour le Hcee en 2005, Dominique Glasman avait pu relativiser l'impact de l'accompagnement scolaire sur les résultats des élèves. D'autant que la circulaire ignore le primaire, c'est-à-dire le moment où les inégalités se creusent. On pourrait tout aussi bien souligner le paradoxe entre la modestie de la politique Zep et la volonté proclamée de lutter contre les inégalités.
L'efficacité de cette circulaire est déjà politique. Elle tente de montrer aux parents que le gouvernement a une politique éducative ce qui n'est pas inutile au moment où seul Bercy se rappelle à l'Ecole. Non-événement pour 2007, il faudra de grands efforts à Xavier Darcos, dans un contexte très défavorable, pour donner corps en 2008 à une véritable politique d'accompagnement scolaire.
La circulaire
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Service minimum : Le "non mais" du gouvernement
"Je ne regrette rien du tout. J'ai dit que, quand la loi sur le service minimum dans les transports serait mise en place, au 1er janvier 2008, et qu'elle aurait montré qu'elle était efficace, on pourrait s'interroger sur la manière de l'étendre à d'autres secteurs". F. Fillon persiste et signe ce 22 juillet dans son intention d'étendre le service minimum à l'éducation nationale.
Sa déclaration clôt une série de commentaires contradictoires au gouvernement, certains ministres, comme celui du Travail, se déclarant favorable à ce service minimum, d'autres précisant que ce n'était pas à l'étude.
La loi sur le service minimum dans les transports est en cours d'adoption au Parlement. Son élargissement à l'éducation pourrait suivre rapidement.
Dépêche AFP
Le texte de la loi
Concours : L'échec des mentions complémentaires
Vingt en français, six en maths, une en allemand : au total 27 mentions complémentaires ont été délivrées en 2006 nous apprend une Note d'information du ministère (Depp) qui présente les résultats des concours d'enseignement 2006. Sur 6419 candidats inscrits pour cette mention, 443 ont été admis au capes et 268 ont tenté finalement la mention complémentaire : seulement 27 ont été retenus. Le nouveau dispositif, voulu par Robien pour favoriser la bivalence, a bien du mal à trouver sa place. Il est difficile d'obtenir un niveau d'excellence dans deux disciplines.
La Note permet également de connaître les taux de réussite aux différents concours et pour les différentes disciplines. Si seulement 7% des candidats au capet sont retenus, 11% des candidats PLP et 10% de ceux à l'agrégation, c'est 17% pour le capes. Evidemment ces chiffres reflètent les besoins de recrutement de l'éducation nationale. En 2006, 11 725 postes étaient à pourvoir pour 106 686 candidats. Au capes, le taux de réussite varie de 3% en philosophie ou portugais à 32% en lettres classiques ou 27% en lettres modernes ou 23% en maths. La suppression d'un recrutement sur deux aux concours 2008 devrait ramener tous ces taux au plancher.
L'étude
Primaire : 70 à 80 000 écoliers supplémentaires d'ici 2008
Selon les prévisions ministérielles, les effectifs élèves du primaire devraient continuer à croître fortement. On attend 25 à 31 000 élèves en plus en 2007, 44 à 48 000 en 2008. L'écart entre les deux chiffres dépend du taux de scolarisation à deux ans, en forte baisse ces dernières années. L'essentiel de la hausse provient du relèvement constant de la natalité depuis 1995 (100 000 naissances annuelles de plus en dix ans).
Le premier syndicat du secteur, le Snuipp, soulève la contradiction avec la politique annoncée par le gouvernement. "Comment comprendre dans ce cadre la volonté gouvernementale de ne pas remplacer un enseignant sur deux qui part en retraite ?... Il est difficile de croire, dans ces conditions, à la volonté ministérielle en matière de soutien et d’aide aux enfants en difficulté, de Zone d’Education Prioritaire, de réduction des inégalités". Selon le Snuipp, le simple maintien du taux d'encadrement actuel nécessiterait 1 500 créations de postes.
Etude MEN
Communiqué Snuipp
Secondaire : 40 à 60 000 élèves en moins d'ici 2008
"La baisse des effectifs d’élèves du second degré constatée depuis 1994 se poursuivra en 2007 et 2008" annonce une étude ministérielle. Elle continuera au collège en 2007 (-0,5%) et frappera les lycées (-1%) et les L.P. (- 12 000 lycéens en 2008). La tendance s'inversera en collège dès 2008 du fait de la remontée démographique. L'écart entre les prévisions (40 à 60 000) dépend de l'évolution du taux de redoublement, on le sait, particulièrement fort en France.
L'étude
Un nouveau recteur à Reims
Le Journal Officiel du 19 juillet annonce la nomination d'Alexandre Steyer au poste de recteur de l'académie de Reims.