L'Expresso du 27 Juin 2007 
 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

Darcos veut généraliser l'accompagnement scolaire de 16 à 18 h

ÉDITORIAL

Définir l'illettrisme et dépasser les idées reçues

LE SYSTEME

Le maire de Belentre relaxé l Boutin : jumeler les écoles pour apaiser les banlieues l Bentolila : Le niveau baisse… l Angleterre : Moins d'exclusions définitives

L’ÉLÈVE

La lutte contre l'homophobie est nécessaire au recul du sida l L'UNL s'invite dans le débat surl'université

LA RECHERCHE

Le congrès du GFEN l Colloque Ecole 2.0

CITOYENNETE

Témoignages de femmes sur les ghettos

LES DISCIPLINES

Sciences : les thèmes de convergence au collège l Maths : accompagnement en ST2S l EEDD : Biodoversité : les fiches pédagogiques

 

Le fait du jour

 

Darcos veut généraliser l'accompagnement scolaire de 16 à 18 h

S'exprimant dans le journal du soir de France 3, Xavier Darcos a annoncé son intention de généraliser l'accompagnement scolaire au collège de 16h30 à 18h00. Ce temps serait utilisé pour l'aide aux devoirs mais aussi pour des activités sportives ou culturelles. Le dispositif serait mis en place dès la rentrée dans les collèges Ambition réussite avant d'être généralisé en 2010.

 

Reste la question des moyens. Le ministre a confirmé qu'à l'éducation nationale comme ailleurs un fonctionnaire sur deux ne serait pas remplacé. Par conséquent il pense faire appel à des enseignants payés en heures supplémentaires. "Nous allons avoir un besoin massif d'heures sup. Je vais en discuter dès lundi avec Eric Woerth" a indiqué X. Darcos.

 

En fait ces temps d'accompagnement scolaire sont déjà présents dans de nombreuses communes où ils sont pris en charge par les collectivités locales.

Le JT France 3

 

 

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Définir l’illettrisme et dépasser les idées reçues

      

Tous les adultes qui sont confrontés aujourd’hui à l’illettrisme doivent se voir proposer des solutions. Pour cela il faut rappeler ce qu’est l’illettrisme, trop souvent confondu avec l’analphabétisme, ou la non connaissance de la langue de leur pays d’accueil pour les populations immigrées.

 

Des définitions simples permettent pourtant de s’y retrouver : C’est une chose que d’arriver dans un pays dont on ne parle pas la langue, c’est le cas des immigrés qui doivent apprendre le Français langue étrangère. C’est une chose que de n’avoir jamais été scolarisé, d’être analphabète comme le sont les hommes et les femmes dans les pays où l’école n’est pas accessible à tous. Mais c’est une toute autre chose, alors que l’on a été scolarisé en France, de se retrouver à un moment de sa vie dans l’incapacité de faire un chèque, de lire un panneau indicateur, une consigne de sécurité, de retirer seul de l’argent d’un distributeur automatique, d’écrire une liste de courses ou encore de lire le bulletin scolaire de son enfant. C’est vivre une situation très difficile, que l’on cherche à cacher le plus souvent de peur d’être stigmatisé, que de ne pas maîtriser la base de la base, la lecture, l’écriture, le calcul, les compétences de base indispensables pour être autonome dans les situations simples de la vie courante : c’est cela être confronté à l’Illettrisme.

 

3 100 000 personnes, 9 % de la population âgée de 18 à 65 ans ayant été scolarisée en France, se retrouvent aujourd’hui dans cette situation. C’est que nous a révélé l’enquête réalisée par l’Insee en partenariat avec l’Agence Nationale de Lutte Contre l’Illettrisme, qui organisait cette semaine une nouvelle rencontre nationale du Forum permanent des pratiques, qu’elle a initié.

      

La  moitié des personnes illettrées ont plus de 45 ans, ce qui va à l’encontre de certaines idées reçues, qui limitent ce phénomène aux classes d’âge les plus jeunes ; la moitié travaille, la moitié vit dans les zones rurales ou faiblement peuplées, les trois quarts parlaient uniquement le Français à la maison, à l’âge de 5 ans.

 

Ces données nous invitent aussi à ne pas confondre Illettrisme et immigration, à ne pas conduire la politique de prévention et de lutte contre l’illettrisme uniquement dans les quartiers urbains sensibles mais à développer les efforts sur tous les territoires, à faire de la consolidation et de la ré acquisition des compétences de base une donnée essentielle des politiques de formation tout au long de la vie, et à mener des politiques de prévention.

 

Même si aujourd’hui la question de l’illettrisme est davantage reconnue comme une difficulté majeure d’insertion, la Ligue de l’enseignement a toujours envisagé ses actions dans une réflexion  globale d’accès aux savoirs et à la culture. Le paysage des actions menées par ses associations locales et ses fédérations, révèle, à cet égard, deux démarches complémentaires. L’une privilégiant les dispositifs propres à la lutte contre l’illettrisme (tels les Ateliers de Formation de Base par exemple) et l’autre considérant l’action culturelle comme levier émancipateur, comme une entrée singulière et porteuse de sens pour les adultes et les citoyens de demain.

 

Damien Raymond

Ligue de l'Enseignement

 

Tous les mercredis, retrouvez la tribune de la Ligue de l'Enseignement

 

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Le maire de Bellentre relaxé

En 2004, une grue tombait dans la cour de récréation d'une école à Bellentre (Savoie), tuant une petite fille. Le maire et les propriétaires de la grue étaient poursuivis. Le tribunal a relaxé le maire.

Dépêche

 

Boutin : Jumeler les écoles pour apaiser les banlieues

Comment pacifier les banlieues et créer du lien social ? Selon l'AFP, la ministre de la ville, Christine Boutin, propose de jumeler des écoles primaires zep et non-zep. Elle demande aussi des actions d'éducation comportementale des jeunes banlieusards.

 

En Angleterre, le ministère de l'éducation demande aux Grammar Schools, les établissements huppés, de nouer des partenariats avec les lycées de Zep.

Dépêche AFP

Dans le Café : Recette anglaise

 

Bentolila : Le niveau baisse…

"Une université plus autonome sera plus exigeante et il faut qu'il en soit ainsi ! Mais si ce principe d'exigence n'est pas appliqué dès l'école maternelle, si la complaisance et l'aveuglement sont de règle jusqu'au baccalauréat, l'autonomie accrue des universités engendrera nécessairement une sélection féroce et d'autant plus cruelle qu'elle aura été inconsidérément différée". Dans une tribune donnée au Monde, l'ancien conseiller de Robien revient dans le débat éducatif.

 

La thèse est simple : il faut relever le niveau d'exigence à l'école et au collège et lutter contre la "complaisance" dont font preuve les enseignants. "C'est en effet à l'école maternelle de veiller à une réelle maîtrise du langage (et notamment du vocabulaire) ; c'est à l'école élémentaire de livrer au collège des élèves lisant et écrivant avec pertinence ; c'est au lycée de former des jeunes étudiants capables de mettre en mots leur pensée avec précision - et pourquoi pas élégance".

Article du Monde

 

Angleterre : Moins d'exclusions définitives

Selon de statistiques officielles le nombre d'exclusions définitives aurait baissé de 3% dans les écoles anglaises. Une baisse qui est compensée par la montée (+4%) des exclusions temporaires.

Article BBC News

 

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La lutte contre l'homophobie est nécessaire au recul du sida

"La mise en évidence de situations de souffrance psychologique préoccupantes souligne la nécessité de mettre en œuvre un travail pédagogique sur l’acceptation et la tolérance vis-à-vis de l’homosexualité et plus particulièrement auprès des jeunes, par le biais des professionnels de l’éducation, du social et de la santé". Pour la première fois, l'enquête annuelle Presse Gay réalisée par l'Institut de veille sanitaire et l'Agence nationale de recherches sur le sida a mis en évidence le lien entre les souffrances psychologiques des homosexuels et la recrudescence des comportements à risque.

 

Elle établit que le pourcentage de personnes ayant fait une tentative de suicide est 5 fois plus importante (14%) chez les homosexuels que dans le reste de la population. Un homosexuel sur trois a été victime d'actes homophobes au cours des 12 derniers mois.  Parallèlement, les conduites sexuelles à risque augmentent sensiblement.

 

"Ainsi, les indicateurs de mal-être dépeignent des situations préoccupantes, particulièrement parmi les jeunes hommes où les taux de dépression et de tentative de suicide sont bien supérieurs à ceux en population générale et nécessiteraient une prise en charge psychologique plus systématique et plus adaptée. Par ailleurs, l’usage de substances psychoactives au sein de cette population est également important. Ces différents éléments mettant en avant un état de vulnérabilité semblent interférer dans la non-protection des rapports anaux des répondants" écrit le rapport.

Le rapport

 

L'UNL s'invite dans le débat sur l'université