L'Expresso du 28 Juin 2007 
 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

L'ocde plaide pour une refonte du système éducatif français  

ÉDITORIAL

Pour un code de déontologie à l'éducation nationale

LE SYSTEME

Université : le compromis est trouvé l Le cabinet ministériel l Etats-Unis les Noirs à légalité dans les universités du Sud l Afrique :la marche est longue pour l'EPT

L’ÉLÈVE

Le scandale des marchands d'angoisse l Happy slapping : 6 mois fermes l Etats-Unis : la Cour suprême rappelle le droit d'expresion des élèves mais condamne J Frederick l Cameroun : après l'Ecole

LA RECHERCHE

Réunion d'experts sur la violence scolaire

CITOYENNETE

La Défenseure des enfants critique la loi sur la récidive

LES DISCIPLINES

Primaire : Base élèves : les doutes confirmés officiellement l Agricole : un été à la ferme

 

Le fait du jour

 

L'Ocde plaide pour une refonte du système éducatif

"Selon les études récentes de l’OCDE, le système éducatif français ne souffre pas de carences majeures, mais un certain nombre de pays obtiennent de meilleurs résultats avec des ressources comparables. Pour améliorer les résultats, il faut tout d’abord pouvoir les mesurer correctement. Il existe déjà en France des indicateurs de « valeur ajoutée », qui sont rendus publics pour les lycées, mais il faudrait les  améliorer et les étendre aux collèges. Lorsque ces indicateurs seront en place, il sera difficile pour les établissements scolaires de ne pas réagir aux signes de mauvais résultats". C'est la logique du pilotage par les résultats que l'Ocde souhaite voir introduite dans le système éducatif.

 

Comment améliorer le système français ? L'Ocde recommande l'autonomie des établissements scolaires. "L'une des caractéristiques traditionnelles du système français est le manque d’autonomie des chefs d’établissement. Ils n’interviennent guère dans le recrutement des enseignants ou dans leur rémunération, et les programmes sont établis dans le détail au niveau national. Pour améliorer les résultats dans l’enseignement secondaire, il faudrait soit que l’inspection nationale réagisse davantage lorsque la performance d’un établissement est insuffisante, soit que les chefs d’établissement aient plus d’autonomie et soient responsables des solutions à mettre en œuvre, dans le cadre de normes nationales claires de résultats des élèves. Il est difficile de savoir quelle démarche est préférable, mais l’étude PISA de l’OCDE semble montrer que les systèmes où l’autonomie est la plus développée donnent les meilleurs résultats".

 

Pour autant, l'Ocde est sceptique sur les résultats de la désectorisation.  "Le libre choix de l’établissement risquerait d’aggraver le problème de la ségrégation du fait de l’avantage dont disposent les familles aisées bien informées, et de conduire à un écrémage de la part des établissements scolaires. Pour éviter ces phénomènes, des réformes profondes seraient nécessaires pour garantir que les ressources allouées aux établissements publics d’éducation s’ajustent aux choix des familles. À défaut de telles réformes, la carte scolaire devrait être maintenue".

 

Enfin pour le supérieur, l'Ocde défend l'idée d'une sélection à l'entrée. "Puisque l’enseignement supérieur est déjà implicitement sélectif à de nombreux égards, il faudrait mettre en place une sélection explicite pour l’entrée à l’université. L’inscription à des cours universitaires dispensés gratuitement ne devrait pas être autorisée si l’université considère que la probabilité de réussite est très faible.... Il faudrait augmenter les droits de scolarité progressivement, mais nettement, en les fixant à un niveau proportionnel bien qu’inférieur au coût des cours. L'équité dans l’accès à l’éducation supérieure pourrait être assurée grâce à un système de prêts remboursables".

 

Des aménagements qui pourraient se matérialiser bientôt. Tant est grande la similarité avec les objectifs de N. Sarkozy.

L'Ocde

 

 

 

 

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Pour un code de déontologie à l'éducation nationale

JM Jutant - photo CPL'éducation nationale a-t-elle besoin de médiateurs ou de règles déontologiques ? Chaque année, la publication du rapport du médiateur de l'éducation nationale offre un visage singulier de l'institution éducative.

 

La montée irrépressible des plaintes. En 2006 les plaintes reçues par le médiateur ont augmenté de 16% passant de 5 500 à 6 300. Un peu plus de la moitié sont déposées par des usagers de l'Ecole.

 

Qu'est ce qui justifie ces plaintes ? Chez les usagers, presque la moitié des plaintes concernent des problèmes d'inscription. L'autre moitié se répartit entre la contestation de décisions d'examens et la vie scolaire. Chez les enseignants, les questions de carrière, de mutation ou les problèmes financiers fournissent les trois quarts des affaires traitées par les médiateurs.  On notera au passage que ni les gesticulations de Robien contre la méthode globale, ni la réflexion sur la carte scolaire ou le service minimum n'encombrent le service du médiateur. On note environ 70 saisines pour la carte scolaire pour la totalité du pays. Les usagers de l'Ecole ne sont pas mobilisés sur ces terrains.

 

Pour les usagers ou les personnels de l'Ecole, la plupart des plaintes sont en fait liées au climat scolaire. "Les tensions dans l'Ecole ne disparaissent pas" affirme Jean-Marie Jutant, médiateur national. "Il suffirait de peu de choses pour améliorer l'Ecole", continue-t-il. "Un peu moins d'agressivité, un peu plus d'écoute". Car la plupart des saisines proviennent d'usagers ou d'enseignants qui n'ont pas reçu dans l'institution les réponses à leurs questions.

 

Cet avis de J.-M. Jutant est corroboré par un récent rapport de l'inspection générale sur l'accueil dans les services académiques. Il montre que partout l'accueil n'est pas une priorité pour l'administration. Il n'est pas rare que l'administration ne réponde pas à l'usager, qu'elle ne justifie pas sa décision, voire qu'elle piétine les droits des usagers. Il n'est pas rare non plus que des propos blessants soient utilisés entre profs et élèves, entre chef d'établissement et parent, entre hiérarchie et enseignant.

 

Un chantier en panne. Pour débloquer cette situation l'ancien médiateur, Jacky Simon, avait recommandé la rédaction d'une charte éthique à l'image de celle des policiers ou de telle ou telle autre profession. Si la charte ne suffit pas à modifier le climat scolaire, elle est une condition nécessaire pour que  chacun sache quels sont ses droits. Elle peut protéger l'élève et les familles en les précisant. Elle est aussi une protection pour les enseignants qu'elle amène à réfléchir à leur rôle et à leur posture dans l'institution. Elle seule pourrait casser une culture professionnelle qui use largement du mépris.

 

Or il faut bien dire que ce chantier est en train de s'enliser. La "charte de dialogue entre l'élève, le parent et le professeur" voulue par J. Simon, ne sera pas réalisée par la Dgesco.  La charte de déontologie est maintenant officiellement abandonnée. Jusqu'à quel volume de plaintes ?

Le médiateur

Sur le Café le rapport su r l'accueil dans les académies

 

 

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Université : Le compromis est trouvé

"La concertation a permis des avancées mais le texte doit encore s'améliorer" écrit le Sgen -Cfdt. De fait le projet de loi a été revu et les points de friction supprimés. Ainsi la sélection à l'entrée au master est repoussée à un autre texte. Les universités seront concernées également par le texte. Le conseil d'administration sera élargi.

Le nouveau texte

Communiqué Sgen-Cfdt

 

Le cabinet ministériel

Le cabinet de X. Darcos est constitué. Dans son équipe, sa femme, Laure Darcos, est chef-adjointe du cabinet.

http://www.education.gouv.fr/cid2534/les-membres-du-cabinet.html

 

Etats-Unis : Les Noirs à égalité dans les universités du sud

Pour la première fois, les "noirs" sont équitablement représentés dans les universités du sud des Etats-Unis. Alors qu'ils représentent 19% de la population des 16 états du sud, ils font 21% des étudiants.

Article d'Education Week

 

Afrique : La marche est longue pour l'EPT

"Nos pays, tout en partageant le même engagement, se situent à différents niveaux de réalisation de cet objectif”. Les 23 pays africains réunis à Bamako n'ont pas réussi à signer un accord sur la suppression des frais d'écolage et l'éducation pour tous (EPT) en 2015.

Article de Wal Fadjri

 

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Bac : Le scandale des marchands d'angoisse

"Une dernière nouveauté bénéficiera à l'ensemble des candidats au baccalauréat : les lycéens pourront consulter très facilement et gratuitement leurs résultats sur le site internet du ministère de l'Éducation nationale". Xavier Darcos était fier d'annoncer cette nouveauté le 6 juin. C'était sans compter avec la voracité de certaines académies. Et le retour d'une pratique que le Café avait dénoncée et que l'on espérait disparue cette année.  

 

La Fcpe, le Se-Unsa et le Snes ont appris le 27 juin que certaines académies  avaient décidé de repousser la date de communication des résultats au 3 juillet afin de permettre à des entreprises privées de vendre le résultat avant son affichage. Le Se-Unsa cite nommément Dijon, Versailles et Nantes. L'information serait vendue 3 euros.

 

La Fcpe