Elaborer un magazine international en écriture collaborative 

 

 

Par Françoise Solliec

 

Que faire avec les élèves sur la plate-forme eTwinning ? Nombre de professeurs d’anglais l’utilisent dans un cadre d’ouverture européenne, mais au lycée Marguerite Yourcenar, elle est un véritable instrument de travail dans le cadre d’activités bien définies, orales autant qu’écrites.

 

Lorsque Claudine Coatenea, professeur d’anglais au lycée Marguerite Yourcenar de Morangis, 91, a engagé ses élèves de terminale L et STG dans un projet de magazine collaboratif avec des élèves polonais et roumains, elle était loin de se douter qu’elle obtiendrait le prix etwinning 2012 dans la catégorie 16-19 ans.

 « Je travaille souvent avec les élèves sur la plate-forme etwinning, dans des projets d’écriture collaborative », explique-t-elle. « Cela permet de faire travailler ensemble des élèves très hétérogènes, de niveaux différents avec des horaires différents ». Le fait de constituer des groupes internationaux est un plus, même si la découverte orale des différents accents déroute au début. Cela permet aussi aux élèves de s’échapper du cadre du lycée, de travailler en autonomie, surtout en classe de terminale où l’objectif bac est omniprésent et incite peu à un travail original.

 

Le projet Reporting without borders a été monté au cours du dernier trimestre 2011, d’abord avec les 2 partenaires enseignants, pour définir clairement les étapes et les objectifs. Tous les échanges ont été réalisés par mail. Les élèves, eux, répartis en 10 groupes mêlant les 3 nationalités, ont commencé à travailler en décembre, pour une production finalisée en avril. Les horaires étaient variables (1 heure par semaine ou 1 heure tous les 15 jours), mais le calendrier de production précis et respecté.

 

Chacun des groupes était totalement responsable du choix et du contenu des 3 articles à produire, non formatés en longueur. Le travail en salle multimedia a permis l’utilisation du wiki, l’incrustation d’images et de fichiers sonores, notamment des interviews et la production finale est très bien mise en valeur.

 

Les élèves ont été fort surpris d’apprendre que le prix leur avait été attribués : ils ne savaient pas que le projet avait été présenté. La sélection est assez sévère, explique Claudine Coatanéa : plus de 300 projets, toute catégories d’âge confondues ; trois passages, devant un jury français d’abord, puis devant un jury plus européen et devant le jury final. « Avec mes 2 collègues, nous avons été invitées à la conférence nationale de Berlin (voir les photos sur notre site web) et les élèves participeront à un camp en Turquie ».

 

Les critères de sélection ne sont pas connus, mais Claudine Coatanéa et ses collègues ont dû formuler les raisons pour lesquelles elles pensent avoir reçu ce prix. Elle se sont mis d’accord sur la clarté et la précision des objectifs, la qualité du produit fini, la responsabilisation et l’autonomie des élèves, leur implication très active et, enfin, la force de la coopération internationale, omniprésente dans le projet.

 

« Je travaille avec etwinning avec différentes classes depuis 4 ans ». Deux collègues d’anglais s’y impliquent aussi et l’administration soutient fortement ces projets. Par exemple, les élèves de 1ère ont cette année mené un projet avec des élèves espagnols et polonais sur un auto et inter portrait de l’adolescent européen. Ils ont beaucoup fait appel à des réalisations audio et vidéo ainsi qu’à un outil de sondage collaboratif. Cela a été une occasion d’échanges multiples autour d’eux-mêmes et de leurs vies. Le produit fini a pris la forme d’un poster interactif dans lequel les choix de caractéristiques ont été commentés.

 

Les parents sont prévenus dans chacun des cas, mais pas très impliqués. Ils semblent plutôt positifs. Les élèves, eux, sont tout à fait heureux de ces modalités de travail, même s’il n’occupe qu’une place assez restreinte dans l’enseignement. « Quant à moi », affirme Claudine Coatanéa, « ce travail en collaboration avec d’autres pays m’apporte au moins autant qu’aux élèves. C’est très riche, donne une vision de ce qui se passe ailleurs. Il faut être très flexible, mais garder bien précisément ses objectifs en tête ».

 

Comment trouve-t-on ses partenaires pour monter des projets ? « Je regarde beaucoup les annonces, j’en passe moi-même, ce ne sont pas les idées qui me manquent. Ainsi pour l’an prochain, j’aimerais bien faire réaliser un livre audio ou un programme radio. Mais cela peut encore changer pendant l’été ! »

 

  

Sur le site du Café
Par fsolliec , le mardi 19 juin 2012.

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