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Entretien par Didier Missenard

Pourquoi les filles sont-elles si rares dans les filières scientifiques ? Véronique Slovacek-Chauveau, enseignante de mathématiques au Lycée Camille Sée à Paris ; est aussi vice-présidente de l’Association Femmes et mathématiques. Elle répond à nos questions.

Il y a, depuis toujours, beaucoup moins de filles que de garçons à s’engager dans des études scientifiques. La situation a-t-elle évolué avec l’augmentation des effectifs des filières d’enseignement supérieur ?

Pour bien traduire ce qui se passe dans l’enseignement supérieur, je voudrais d’abord préciser : à la rentrée 2007-2008, 2 228 000 étudiants sont inscrits dans l’enseignement supérieur. C’est la deuxième année consécutive de baisse (- 1,1 % en 2007, après – 1,3% en 2006), faisant suite à sept années de hausse. Cette baisse s’explique par des poursuites d’études moindres et un nombre moins important d’étudiants étrangers. Par contre, les formations de santé continuent de progresser. Le nombre d’étudiants progresse dans les IUT, les formations d’ingénieurs et de manière plus soutenue dans les CPGE. En revanche, les effectifs diminuent fortement en IUFM.

Maintenant parlons des filles. En 2007, comme en 2006, 55,9 % des étudiants sont des filles mais la proportion d’étudiantes varie considérablement selon les formations de l’enseignement supérieur. Largement majoritaires dans les filières universitaires de lettres ou de sciences humaines et en IUFM (sept sur dix), et, plus encore, dans les formations paramédicales ou sociales (huit sur dix), les filles sont minoritaires dans les formations les plus sélectives (CPGE, IUT avec quatre sur dix) et, surtout, dans les filières à caractère scientifique : elles ne représentent qu’un quart des effectifs dans les écoles d’ingénieurs.

La part de femmes diplômées d’écoles d’ingénieurs est passée de 16 % en 1985 à 26 % en 2008 mais le pourcentage n’évolue plus depuis au moins 10 ans.

2005-2006

2007-2008

Filles en %

Filles en%

Droit, sciences politiques

65,0

64,6

Sciences économiques, gestion (hors AES)

51,0

51,2

Administration économique et sociale (AES)

59,1

59,8

Lettres, sciences du langage, arts

73,0

73,1

Langues

75,3

74,9

Sciences humaines et sociales

68,0

67,9

Pluri-lettres-langues-sciences humaines

73,4

72,8

Sciences fondamentales et applications

27,3

27,8

Sciences de la nature et de la vie

57,7

58,9

Sciences et techniques des activités physiques et sportives

31,5

32,3

Pluri-sciences

39,5

43,3

Médecine – Odontologie

57,2

60,8

Pharmacie

66,7

67,1

Total hors IUT

nd

nd

Instituts universitaires de technologie

38,8

39,4

Total avec IUT

56,6

56,9

Néanmoins, les effectifs globaux des étudiants en Science ont marqué, ces dernières années, une nette baisse dans tous les pays « développés ». Le ratio fille/garçon est-il pour autant resté le même ?

La série S attire de plus en plus de bachelières (44,2 % en 2000, 46,2 % en 2006 et 47,3 % en 2007) qui poursuivent majoritairement en médecine (plus de 63 %) alors que les garçons choisissent les classes préparatoires aux grandes écoles (69 %).

Au cours des huit dernières années, les bacheliers scientifiques poursuivent moins dans les disciplines de sciences au profit des études médicales.


Les orientations post-baccalauréat. Évolution de 2000 à 2007, Note d’Information n° 09.15 juin 2009

En France, les effectifs globaux des étudiants en Science ont baissé mais cette diminution vient principalement des disciplines générales dans les universités. Les formations de santé continuent de progresser. Le nombre d’étudiants augmente dans les IUT, les formations d’ingénieurs et de manière plus soutenue dans les CPGE.

Sur 20 ans, on peut noter bien des évolutions concernant la place des femmes: elles représentent 37 % des docteurs en sciences contre 28 % vingt ans auparavant. Les filles ont fait une nette percée dans les classes préparatoires : 4 élèves sur 10 sont des filles en 2008 ; 3 sur 10 en 1985. En vingt ans, la présence des filles a doublé en classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE), celle des garçons n’augmente que de 35 %. Certes, la parité est loin d’être atteinte et toutes les filières ne sont pas également féminisées : le noyau dur des classes préparatoires scientifiques n’accueille que 27 % de filles.

Au sein des IUT comme en STS, la différence est très nette entre les formations tournées vers la production et celles tournées vers les services. Dans ces deux filières, la part des hommes dans les formations industrielles (y compris toutes les formations informatiques) est de 80 %. Par contre, les femmes sont nettement majoritaires dans les disciplines tertiaires ; elles y sont encore mieux représentées en STS (71 %) qu’en IUT (61 %). Les évolutions sont minimes depuis vingt ans.


Les effectifs d’étudiants dans le supérieur en 2007 : deuxième année consécutive de baisse Note d’Information n° 09.01 février 2009

On entend dire parfois que les filles sont meilleures en maths que les garçons jusqu’au Collège, puis que la situation s’inverse ensuite. Que pensez-vous de cette opinion, assez courante en salle des profs ?

Les idées reçues sur les mathématiques et sur les filles et les mathématiques sont nombreuses, véhiculées par les parents, les professeurs et les élèves et sont lourdes de conséquence sur les élèves.

Imaginez, vous êtes une fille et tout le monde vous répète à petites doses insidieuses et répétitives, pour votre bien, que les filles ne sont pas bonnes en maths, qu’elles n’ont pas une bonne vision dans l’espace, etc. Que peut-il se passer ? Pour quelques unes, ce sera un défi de prouver à ses profs, à ses parents que ce sont des idées fausses mais pour la plupart, elles se conformeront aux attentes des adultes et elles donneront raison aux idées reçues. C’est ce qu’on appelle une prophétie auto-réalisatrice. En psychologie sociale, on parle de la « menace du stéréotype ». Ce phénomène a été mis à jour en 1995 par deux chercheurs de l’Université de Stanford aux Etats-Unis Claude Steele et Joshua Aronson. En France, plusieurs équipes travaillent dessus

Les mathématiques peuvent être difficiles pour les filles comme pour les garçons, ni plus, ni moins. La bosse des maths n’existe pas, c’est une invention de la phrénologie à la fin du 19ème siècle que nous traînons depuis dans notre sillage. C’est une idée dangereuse : elle dédouane les élèves de travailler soit parce qu’il/elle aurait cette fameuse bosse soit parce qu’il/elle ne l’a pas et n’a donc pas besoin de travailler, c’est inutile.

Voilà un des nombreux exemples de ce que les jeunes peuvent lire dans les journaux et qui contribue à entretenir nombre d’idées reçues sur les filles et les maths. « Ils sont râleurs, elles sont pleurnicheuses. Ils sont matheux, elles sont bavardes …Que d’idées reçues! Heureusement, ce n’est pas aussi simple que ça. MATHS: C’est le résultat qui compte. Garçons : statistiquement, ils réussissent mieux dans les mathématiques que les filles. Ils sont plus à l’aise en raisonnements abstraits et pour gérer les mouvements de rotation dans l’espace. Les garçons ont même parfois des flashs immédiats de la solution.

Filles : leur réaction pourra être celle de la panique en cas d’incompatibilité complète avec tout ce qui ressemble à des maths. Sinon, les filles qui acceptent de s’y plonger pourront aussi bien trouver la solution en appliquant une méthode, mais elles n’auront pas spontanément l’intuition du résultat. Ce qui vous réunit : la note au bac a la fin de l’année. » Les différences entre les filles et les garçons , enquête de Béatrice Girard journal Phosphore (Octobre 2003)

Vous êtes vice-présidente de l’Association, « Femmes et Maths », qui milite pour que davantage de filles accèdent aux métiers des Mathématiques. Pouvez-vous nous dire quelques mots de cette association et de ses activités ?

Créée en 1987 par des mathématiciennes, l’association femmes et mathématiques compte actuellement environ cent cinquante membres, principalement des chercheuses et des enseignantes du supérieur ou du secondaire.

Parmi ses objectifs:

encourager les filles à s’orienter vers des études scientifiques et techniques,

promouvoir les femmes dans le milieu scientifique, en particulier mathématique,

être un lieu de rencontre entre mathématiciennes,

coopérer avec les associations ayant un but analogue en France ou à l’étranger.

Elle réalise des interventions dans des établissements scolaires et universitaires sur le double thème des mathématiques et de la place des femmes dans les professions scientifiques en collaboration avec les associations Femmes Ingénieurs et Femmes et Sciences. Elle développe des outils pour intervenir dans les classes : un site intitulé Elles en Sciences www.elles-en-sciences.org , une exposition : « Femmes en maths : pourquoi pas vous ? », une brochure « Zoom sur les métiers des mathématiques », une opération intitulée « 1000 ambassadrices pour les Sciences à Paris » avec les associations partenaires……

L’association participe à des groupes de travail (Ministère de l’Education Nationale et de la Recherche, Rectorats, Service des droits des femmes et de l’égalité), des manifestations diverses, Fête de la Science, Journée des Femmes le 8 mars, Mondial des métiers, des auditions par la commission des affaires culturelles, familiales et sociales de l’Assemblée Nationale, par le Haut conseil de la science et de la technologie, etc.

Nous développons des opérations de « marrainage » qui se déclinent principalement sous trois formes:

des jeunes lycéennes nous contactent pour les TPE de Première, souvent par l’intermédiaire du site Elles en Sciences,

de jeunes étudiantes nous posent des questions à propos du « Zoom sur les métiers des mathématiques »,

accueil et suivi des « Miss Mathématiques Côte d’Ivoire », lauréates d’un concours organisé par la Société Mathématique de Côte d’Ivoire (niveau Olympiades internationales), qui ont choisi de poursuivre leurs études en France (Lyon, Orléans, Paris).

L’association organise régulièrement des colloques à l’Institut Henri Poincaré à Paris, des journées régionales dans des universités différentes : exposés de mathématiques et table ronde liée à l’égalité des chances, un forum des jeunes mathématiciennes tous les deux ans. Nous avons de nouveaux projets passionnants : réaliser un jeu pour déconstruire les idées reçues sur les mathématiques et sur les filles et les mathématiques, participer à l’organisation du grand colloque « MATHS A VENIR2009 » les 1er et 2 décembre 2009, faire tourner la pièce « le Crâne et la Mécanique » dans les établissements secondaires après avoir fait un livret pédagogique.

Quels conseils pourriez-vous donner à un enseignant de Collège, de Lycée, s’il souhaite attirer davantage de ses élèves filles vers des études scientifiques ?

Les filles sont plus présentes dans les filières scientifiques qu’il y a quelques années, mais il y a toujours des différences et certaines disciplines comme les maths et l’informatique semblent ne pas les attirer. Il est indispensable d’essayer de comprendre comment le fait d’être fille ou garçon peut engendrer de telles différences dans les choix d’orientation.

De nombreuses études mettent en avant le poids des stéréotypes de sexe. Ce sont des croyances socialement partagées à propos des traits, caractéristiques et compétences que possèderaient les hommes et les femmes, et qui définiraient les comportements, rôles et activités qui seraient typiques de l’un ou l’autre sexe. C’est ainsi que les hommes sont considérés, par exemple, comme compétitifs, rationnels et bons en mathématiques alors que les femmes sont plutôt réputées pour leur sensibilité, leur émotivité, leur sociabilité et leurs compétences en lettres.

Nous vivons dans une société qui entretient ces stéréotypes et nous ne les laissons pas au vestiaire quand nous endossons notre rôle de parent ou de prof. Et, en même temps, nous sommes persuadé-e-s que notre Ecole laïque et républicaine est très égalitaire et juste….Donc nous avons du mal à admettre l’influence de ces stéréotypes.

Pourtant ils sont progressivement intériorisés par les enfants au cours de leurs diverses expériences de socialisation vécues au sein de la famille et de l’école. Ils contribuent à définir, relativement tôt, des rôles et des goûts différents chez les filles et les garçons. Pour les mathématiques, un stéréotype largement répandu affirme que les hommes/les garçons seraient plus doués que les femmes/filles dans ce domaine comme déjà évoqué à la question précédente.

Parents et enseignant-e-s ont intériorisé ce stéréotype qui les influence. Ils/elles perçoivent les filles comme moins douées en math, moins intéressées par cette discipline, et devant fournir plus de travail que les garçons pour obtenir de bonnes notes. Et ces perceptions persistent même lorsque les filles obtiennent des notes identiques ou supérieures aux garçons ! Cette vision stéréotypée, véhiculée au quotidien par les parents et les enseignant-e-s, est progressivement intériorisée par les enfants des deux sexes. Ainsi les filles se sentent moins compétentes que les garçons en mathématiques, on comprendra qu’elles ne tiennent pas à s’engager dans de telles études. C’est donc en repérant ces stéréotypes, en montrant leur inconsistance, en essayant de les démonter dans toutes les occasions que le/la professeur pourra inciter les jeunes filles à avoir plus de confiance en soi et à faire des mathématiques. Concrètement, dans la gestion de la classe, la dynamique est vite dominée par les garçons qui accaparent l’attention des enseignant-e-s. Les filles s’effacent et n’osent pas s’imposer face aux garçons. Si elles sont moins mises en valeur, elles finissent par douter de leurs compétences et perdent confiance.

L’enseignant-e doit s’efforcer de « contrôler » la spontanéité des « bons » élèves garçons en veillant à distribuer la parole plus équitablement entre les filles et les garçons.

Quand il/elle pose une question, laisser un temps avant de désigner ou solliciter l’élève qui va répondre. Dans tous les cas, lui laisser terminer sa réponse sans que personne ne lui coupe la parole.

Veiller à diversifier les tâches demandées, afin que filles et garçons mettent en œuvre l’ensemble des compétences requises. Montrer aux garçons que le soin et l’attention contribuent à la réussite. Permettre aux filles d’exprimer leurs compétences en raisonnement pour qu’elles améliorent leur confiance en elles.

Une autre piste à explorer consiste à rendre les mathématiques et les sciences plus vivantes et humaines en montrant qu’elles sont produites par des hommes et des femmes qui travaillent en équipe, qui hésitent et font des erreurs. Il est important de montrer l’impact des sciences dans la vie quotidienne. Ce ne sont que quelques pistes à explorer mais l’essentiel est que les enseignant-e-s soient convaincu-e-s que l’hypothèse neurobiologique d’une supériorité intrinsèque des hommes et des garçons est fausse et qu’ils/elles ont un rôle important à jouer pour en convaincre à leur tour les élèves.

Courte bibliographie sur le thème Filles/garçons, école et société

Babillot, Nicole Existe-t-il des inégalités entre filles et garçons à l’école ? Se former +, n° 76, décembre 1998 . Il existe toujours des inégalités entre hommes et femmes. L’école participe-t-elle au maintien et/ou au renfort de ces inégalités ?

Baudelot, Christian, Establet, Roger Allez, les filles ! Seuil, 1992. L’épreuve des faits. Après quatre ans d’enquête, les auteurs démontrent que si l’instruction des femmes a plus progressé en un siècle qu’en mille ans, la famille et l’entreprise, encore en retard sur l’école, ralentissent insidieusement la « percée des filles ». Les femmes n’ont pas encore la place qui leur est due.

Duru-Bellat, Marie L’École des filles : quelle formation pour quels rôles sociaux ? L’Harmattan, 1990. Bibliothèque de l’éducation. L’auteur examine les différences de carrières scolaires entre les filles et les garçons, et analyse les paramètres qui affectent une socialisation très tôt sexuée. Son interrogation porte ensuite sur l’articulation entre l’école et l’ensemble de la vie sociale, ainsi que sur les perspectives d’évolution en matière de formation scolaire et professionnelle.

Duru-Bellat, Marie Filles et garçons à l’école, approches sociologiques et psycho-sociales. Revue française de pédagogie, n° 109, octobre-décembre 1994, n° 110, janvier-mars 1995. L’auteur examine les différences de scolarité entre garçons et filles et tente de rapporter ces différences à des attitudes générées en grande partie dans la famille et l’environnement social. Mais l’école participe également à la construction des différences entre les sexes par le biais des attentes des maîtres, des contacts entre pairs, des manuels et des contenus des programmes. Garçons et filles vivent une socialisation très sexuée qui se manifeste ensuite dans leurs choix professionnels.

Manassein, Michel dir. De l’Égalité des sexes CNDP, 1995 – Documents, actes et rapports pour l’éducation. Cet ouvrage collectif montre que l’inégalité entre les hommes et les femmes est un phénomène persistant dans notre société occidentale. La deuxième partie du livre traite plus précisément des mécanismes inégalitaires dans la scolarisation des filles et des garçons.

Mosconi, Nicole Femmes et savoir : la société, l’école et la division sexuelle des savoirs L’Harmattan, 1994. Savoir et formation. L’auteur essaie de montrer le rôle que joue la différence des sexes dans la constitution du rapport au savoir des hommes et des femmes. Trois grandes parties dans cet ouvrage : savoir et différence des sexes, psychanalyse et société ; écoles et savoirs scolaires du point de vue de la différence des sexes ; rapport au savoir et différence des sexes.

Mosconi, Nicole dir. Égalité des sexes en éducation et formation PUF, 1998. Éducation et formation. « Cet ouvrage a pour but de faire un premier bilan des recherches francophones et européennes sur la différence des sexes et les rapports sociaux de sexe en éducation et formation en rassemblant les contributions, conférences et tables rondes d’une des Rencontres de la Troisième Biennale de l’Education et de la Formation » (extrait du résumé de l’éditeur).

Spencer, S. J., Steele, C. M., & Quinn, D. M. (1999). Stereotype threat and women’s math

performance. Journal of Experimental Social Psychology, 35, 4-28.

Françoise Vouillot, L’orientation aux prises avec le genre. Les statistiques révèlent toujours une inégale répartition des filles et des garçons dans les différentes filières de formation. On a souvent invoqué le manque de diversification des choix d’orientation des filles pour expliquer la ségrégation sexuée du marché du travail et ses conséquences négatives sur l’insertion professionnelle et le déroulement de carrière des femmes. Cette vision centrée sur l’orientation des filles occulte que les garçons ont également des choix sexués et désertent eux aussi certaines filières. L’article montre qu’en France, un des pays pionnier de l’orientation, la longue indifférence à l’influence du genre dans la détermination des projets scolaires et professionnels, tant dans la recherche en psychologie de l’orientation que dans les préoccupations des praticiens et usagers, a freiné l’élaboration d’analyses critiques et d’éléments théoriques pour fonder des politiques d’actions et des pratiques susceptibles de produire une dé-sexuation de l’orientation.

Egalité filles-garçons à l’École : quelles réalités ? quelles perspectives ? Actes du séminaire de l’ESEN du 28 mars 2008 « Filles et garçons en sciences et technique…» http://eduscol.education.fr/pid23262-cid47788/actes-du-seminaire-du-28-mars-2008.html

Basé sur les recherches récentes dans les différentes sciences, sociales ou biologiques, et sur les expériences des acteurs de terrain, un séminaire national sur l’égalité filles-garçons dans le système éducatif s’est tenu le 28 mars 2008 à l’École supérieure de l’Éducation nationale (ESEN)avec l’objectif d’apporter aux cadres de l’Éducation nationale des éléments de réflexion sur la diversification de l’orientation des filles et des garçons et l’impact de la mixité sur les comportements des élèves.

Europe : Les inégalités de genre sont les plus résistantes

De toutes les inégalités qui frappent le système éducatif, celle des sexes est la plus résistante.  » Les inégalités entre les genres persistent dans l’éducation en termes de choix de matières et de résultats » affirme une nouvelle étude européenne réalisée par le réseau NESSE pour la Commission européenne.

L’étude établit par exemple que « les attitudes par rapport à la lecture sont déterminées par le sexe » : les garçons auront plus souvent des difficultés d’alphabétisation. Partout en Europe certaines filières sont perçues comme féminines, par exemple le médico-social, d’autres comme masculines, par exemple les sciences. Elle montre aussi que l’inégalité démarre dès la maternelle.

Pour les auteurs, « l’attitude des enseignants et des éducateurs est très importante pour faciliter le changement. Il faudrait introduire une large formation à l’égalité (incluant les genres) à l’attention des futurs enseignants et des enseignants en poste » Mais le sujet intéresse aussi les parents. « Changer l’attitude des parents et des pairs est essentiel pour vaincre les stéréotypes hommes/femmes. Dans tous les pays, il est nécessaire de financer des programmes de formation destinés aux adultes et à la communauté, y compris ceux impliquant les nouveaux médias et supports, afin de combattre, dans le grand public, les stéréotypes concernant les filières et des carrières ».

Si l’étude mentionne que « plus une société est égale en termes économiques et sociaux, plus la probabilité d’égalité hommes – femmes dans l’éducation est élevée » il reste des cas surprenants. A commencer par la France où on sait bien que la plus importante fracture qui traverse le système éducatif est celle des genres. Il n’est jusqu’au paradis pédagogique, la Finlande, qui ne soit touché. Alors que le pays a des résultats pédagogiques surprenants, il assiste au creusement de l’écart entre filles et garçons. « 70% des femmes finlandaises ont un degré universitaire » affirme Eva Penttilä, « contre 45% des garçons ».

Pour lutter contre le développement de nouvelles inégalités, une prise de conscience des enseignants est sans doute nécessaire. Or jusqu’à présent, seule l’EPS a pris en charge le genre dans sa réflexion disciplinaire.

La France a mauvais genre

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2009/09/09092009Accueil.aspx

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