« Émilie, lors de la kermesse est tombée de l’estrade et souffre de douleurs au genou. Elle doit se faire opérer et avoir de la rééducation. Son arrêt total est estimé à 5 mois (au mieux). Cet accident, n’est pas lors de son temps de service (temps bénévole). A ce jour, elle bénéficiera de 3 mois d’arrêt à 90 %, soit un maintien de traitement à 2025€ et les 2 mois suivants un traitement maintenu à 50 % et un complément de prévoyance à 95 %, soit un revenu de 2375€. Si la prévoyance n’est pas maintenue, Emilie gardera le même traitement pendant les 3 premiers mois et les 2 mois suivants, elle n’aura que 1250€. (Emilie, jeune, n’a pas jugé utile de payer une prévoyance) ».
Le régime actuel de prévoyance des enseignants du privé est mis à mal par la FNOGEC et aussi certains syndicats de chefs d’établissement du privé. Les enseignants sont désormais pressés de toute part pour signer un nouveau contrat dans la précipitation alors que le contrat actuel court jusqu’au 31 décembre 2026. Au final, la CFTC a fait ses calculs « ils devront débourser entre 500 et 700 euros de plus par an » pour une prévoyance moins avantageuse qu’actuellement.
« Les enseignants des établissements sous contrat bénéficient d’une couverture prévoyance depuis 1978, soit 48 ans ! La présenter comme un dispositif né en 2005 relève d’une réécriture inacceptable de l’histoire sociale », rappelle le SNEC-CFTC. « Notre prévoyance actuelle ne deviendra en aucun cas caduque au 31 décembre 2026 à l’initiative du Ministère. C’est la Fnogec, organisme gestionnaire de l’Enseignement catholique, avec la complicité des organisations professionnelles des chefs d’établissement, qui a dénoncé l’accord de prévoyance de manière unilatérale. La Fnogec y gagnera économiser 60 millions par an sur le dos des enseignants ! ».
Le Snec-CFTC enfonce le clou « il n’y a aucune considération à refuser une négociation sincère et abandonner ainsi 140 000 enseignants qui donnent beaucoup pour que les établissements vivent et se développent. Le secrétaire général de l’Enseignement catholique vante “l’alliance éducative”. Cette alliance ne résistera pas à une rupture profonde et irréparable avec les enseignants qui sont les acteurs essentiels, avec les salariés, des établissements ». De son côté la CGT privé, rappelle qu’il est urgent d’attendre pour les enseignants.
Même le ministère par la plume de Christophe Gehin, directeur Général des ressources humaines, fait le service après-vente de la MGEN en écrivant à tous les enseignants ce 10 avril et en donnant les avantages à s’inscrire au plus vite… « Si vous faites le choix d’adhérer à l’option du contrat collectif de prévoyance, votre rémunération sera, dans ce cas, complétée par une prestation complémentaire équivalent à 30%, vous permettant ainsi de percevoir au total l’équivalent de 80% de votre rémunération brute globale au lieu de 50% », peut-on lire. « Vous êtes déjà près de 22 000 agents à avoir choisi d’adhérer à ce régime facultatif. Vous pouvez adhérer dès à présent et même après l’entrée en vigueur du régime au 1ᵉʳ mai 2026. Point important : jusqu’au 31 octobre 2026, la démarche d’adhésion se fait sans avoir à renseigner un questionnaire de santé ». Le DGRH fournit même la hotline des conseillers MGEN.
Pour les syndicats du privé, il reste encore du temps pour négocier un nouvel accord. Des mobilisations devant les UROGEC ont déjà lieu localement en France. De là, à avoir des kermesses annulées (qui rapportent elles aussi beaucoup d’argent aux OGEC) ou des établissements en grève, il n’y a qu’un pas !
Djéhanne Gani
Pétition intersyndicale en ligne
Enseignement privé : la bataille explosive autour de la prévoyance
