Brevet maintenu ce vendredi entre 9h et 13h15 malgré la canicule : les organisations syndicales dénoncent une décision « irresponsable » et expriment une vive colère. Toutes pointent les risques pour les élèves et les personnels, ainsi qu’un manque d’anticipation du ministère.
« Une impasse créée par l’absence d’anticipation »
Pour Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, aucune solution n’était idéale, mais la responsabilité de cette situation revient au ministère. « Il n’y avait aucune solution entièrement satisfaisante. On est acculés et dans une impasse en raison de l’impréparation et de l’absence d’anticipation », estime-t-elle. Le syndicat affirme avoir demandé dès septembre « un peu de souplesse dans le calendrier ». Selon elle, les deux scénarios présentaient des difficultés : « Reporter les épreuves, c’était allonger le calendrier avec des incertitudes sur la météo et les corrections. Les maintenir, c’est les organiser dans des conditions très difficiles pour les élèves et les personnels. »
La responsable syndicale juge également contradictoire le discours du ministère : « le cabinet nous dit que la priorité est de garantir la sécurité et la santé des élèves » pointant les retours du terrain avec l’explosion des fiches RSST. Le Snes-FSU réclame une réflexion de fond sur l’organisation des examens nationaux : « il faut prévoir un calendrier avec une hypothèse canicule et une hypothèse sans canicule, avec davantage de souplesse et des possibilités de report sur quelques jours. »
Un « non-report très problématique » pour le SE-Unsa
Même critique du côté d’Élisabeth Allain-Moreno, secrétaire générale du SE-Unsa : « Pour nous, le non-report du DNB (diplôme national du brevet) est très problématique car les conditions climatiques ne sont pas réunies pour que les élèves et les surveillants soient dans de bonnes conditions », souligne-t-elle. La responsable syndicale rappelle qu’une possibilité de report avait été évoquée par le ministère durant le week-end. « Edouard Geffray nous avait annoncé de la souplesse possible sur le report et là il n’applique pas ce principe. » Elle s’inquiète également des aménagements prévus pour les candidats : « Autoriser davantage de pauses entre les différentes parties des épreuves va être ingérable pour les surveillants. »
« La santé avant le DNB »
Dans un communiqué, la CFDT Éducation, Formation, Recherche Publiques désapprouve également le maintien de l’épreuve de français prévue vendredi matin : « Les annonces ministérielles ne prennent pas la mesure de l’événement climatique que nous vivons actuellement », estime l’organisation. Le syndicat juge que « les conditions physiques et matérielles ne sont pas réunies » après plusieurs jours de fortes chaleurs et rappelle que « l’agenda des examens ne doit pas primer sur la santé des personnels et des élèves ».
Le Snalc dénonce une gestion de crise défaillante
Le Snalc a lui aussi vivement réagi à la décision ministérielle. Dans un communiqué au titre sans ambiguïté – « Gestion de la canicule : on va cuire candidats et surveillants pendant le brevet » – le syndicat critique le maintien des épreuves dans des établissements souvent mal adaptés aux fortes chaleurs.
Le Snpden-Unsa plaide pour davantage de confiance : « s’adapter, c’est notre métier »
Du côté des personnels de direction, Audrey Chanonot, du SNPDEN-Unsa, plaide pour davantage de confiance accordée aux chefs d’établissement. Selon elle, certaines consignes nationales annoncées pour faire face à la canicule, comme des pauses de 15 minutes entre les épreuves ou la limitation à 15 candidats par salle, peuvent se révéler difficiles à mettre en œuvre. « Il faut des consignes qui permettent de faire confiance aux chefs d’établissement. Quinze minutes de pause et quinze élèves par salle, cela peut paraître illusoire dans certains établissements », estime-t-elle.
La représentante syndicale défend un cadre national assorti d’une marge d’adaptation locale : « Nous connaissons les réalités du terrain. Il faut un cadrage national, mais aussi laisser à l’appréciation des chefs d’établissement la souplesse qui permet de s’adapter aux réalités locales qu’ils sont les mieux placés pour apprécier. » Elle rappelle que les équipes savent faire face aux situations exceptionnelles, à condition d’être associées suffisamment tôt aux décisions. « S’adapter, c’est notre métier, y compris lorsqu’il faut des adaptations importantes. Mais nous avons besoin de consignes en amont pour informer les familles et prendre des décisions tenables sur le terrain. Nous atteignons vite des limites de capacité, en personnels de surveillance comme en temps disponible pour trouver des solutions. »
Au-delà des divergences habituelles entre organisations, les syndicats affichent cette fois un constat largement partagé : les conditions d’organisation du brevet apparaissant incompatibles avec l’intensité de l’épisode caniculaire. Il est nécessaire de repenser le calendrier des examens à l’heure du réchauffement climatique.
Djéhanne Gani
Brevet maintenu ce vendredi malgré la canicule mais avec pauses fraîcheurs et 15 élèves par classe
