Dans le quotidien La Montagne du 30 juin, le ministre hausse le ton : « S’il apparaît qu’il y a eu une forme de discours édulcorant, en contradiction avec les orientations que j’ai fixées, on en tirera toutes les conséquences. (…) Je ne laisserai pas passer des consignes contraires aux orientations fixées nationalement par circulaire, avec l’inspection générale. Le système respire tous les jours, et c’est très bien : j’ai toujours dit qu’il fallait faire confiance, et j’ai une confiance entière dans les correcteurs. Mais si ce qui a été dit au niveau local, aux professeurs, ne correspond pas à ce qui a été décidé au niveau national, alors là, on aura un sujet. Je vais attendre de faire le bilan. »
La guerre entre le ministre et ses cadres serait-elle déclarée ? Comme la guerre entre le livre et « les écrans », fatigante et vaine, que la même interview vient à nouveau relancer ? Plutôt que de caresser dans le sens du poil l’opinion réactionnaire, puisse le ministre mettre enfin en œuvre une « Ecole de la confiance » qu’il était censé porter déjà au temps du blanquérisme triomphant : puisse-t-il respecter enfin les expertises et les expériences qui tentent de déployer une pédagogie réelle, vivante et formatrice, de la langue et de la littérature.
Jean-Michel Le Baut
Dans La Montagne
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