Flash spécial : Peillon : "Le management ne ressemble pas à ce que nous sommes" 

8 février - 13 heures

 

Vous voulez du changement ? Peillon a doublement bousculé son administration le 8 février. D'abord en réunissant tous les inspecteurs de l'éducation nationale, qui interviennent au primaire, et tous les directeurs académiques (Dasen) pour échanger avec eux sur la refondation et, notamment, les rythmes scolaires. Cela ne s'était jamais fait. C'est la première fois qu'un ministre parle directement et même échange avec la totalité des IEN. Ensuite en leur tenant un discours à l'opposé de ce qu'ils ont entendu ces dernières années et à quoi ils ont été formés : dans l'éducation nationale ce n'est pas le management qui compte mais le pédagogique. Des propos qui reflètent aussi une certaine angoisse devant les résistances. Jusqu'où son ministère est-il capable de soutenir cette idée ?

 

 Imaginez 1 400 inspecteurs et près de 200 Dasen et recteurs réunis, selon l'ordre hiérarchique, dans un même amphithéâtre.  Vincent Peillon a devant lui l'ensemble des corps intermédiaires qui pilotent l'enseignement primaire. Le ministre va utiliser ce temps pour faire passer un discours à la tonalité très républicaine qui tient en trois points : les rapports à avoir avec les enseignants, la nouvelle gestion , leur rôle dans la mise en place des rythmes. Il entend aussi bousculer les résistances et invite fortement les inspecteurs à défendre la refondation.

 

L'essentiel ce sont les professeurs. Vincent Peillon a nettement invité les inspecteurs à s'emparer du rôle de soutien. "Il faut à la fois tenir le discours de la norme, de l'Etat, et être capable d'adapter nos exigences aux particularités... Les professeurs doivent être reconnus comme étant l'essentiel de ce qui nous fait faire face ensemble". Cela ne l'a pas empêché de s'en prendre aux "dindons", un collectif d'enseignants hostile à la réforme, jugeant "inacceptable" l'image qu'ils donnent du métier.  Mais le ministre demande aux inspecteurs de débattre pas de réprimer. "Vous devez entrer dans ces discussions avec sollicitude... Vous avez beaucoup d'angoisse à lever ".  

 

 Une nouvelle gestion ? "Je vois à quel point il y aune crise de confiance dans nos institutions", a déclaré V Peillon. "Nous sommes des pédagogues et nous avons à faire en sorte que la pédagogie soit au coeur de l'éducation nationale dans les rapports entre nous, avec les parents , avec les collectivités locales". Le ministre a tranché avec les habitudes prises depuis deux quinquennats. "Le management ne ressemble pas à ce que nous sommes. Nous sommes des artisans d'un idéal... Il y aura toujours des fermetures de classes.  Il faut être capable de le justifier d'un point de vue pédagogique". Nouvelle gestion aussi pour les IEN eux-mêmes. "Nous avons du temps. Donnons du temps au temps ce sera donner de l'intelligence à l'action". Là l'allusion visait directement une autre partie des participants. "Il devrait dire cela à mon dasen", souffle un IEN derrière moi..

 

Les IEN face aux rythmes. Le ministre invite fortement les IEN à soutenir la réforme. "Ceux qui aiment l'école ont un rendez-vous avec la nation", dit-il. "J'attends que vous alliez au contact avec toutes les collectivités locales... Le décret et la circulaire ne sont pas des corsets". Ce sont les IEN finalement qui porteront la réforme. "J'ai tenu à ce que vous ayez le dernier mot". D'après la circulaire ce sont les Dasen qui décideront des rythme au vue des rapports des IEN.

 

 Des inspecteurs attentifs. "Il nous a dit que les inspecteurs doivent être des acteurs majeurs pour la mise en place de la refondation. Donc il faut vraiment entendre la parole du ministre et lui poser des questions", nous dit Patrick Roumagnac, secrétaire général du SIEN-Unsa. "La réforme n'est pas  facile à mettre en oeuvre et la pression est bien là", explique Michel Gonnet, secrétaire général du Snpi Fsu. Son syndicat s'inquiète aussi du manque de compétences réglementaires des IEN sur le temps périscolaire. Il souhaite une évolution des rapports avec les enseignants. Mais c'est sur le plus de maître que de classes et sur l'évaluation que les inspecteurs travaillaient en huis clos l'après midi.

 

François Jarraud

 PS : Les abonnés à notre fil Twitter ont pu suivre en direct cet événement...

 

 

Par fjarraud , le vendredi 08 février 2013.

Commentaires

  • fgiroud, le 10/02/2013 à 23:16
    Commentaire envoyé par un internaute, L Quintard :

    GREVE DU 12 FEVRIER 2013 : POUR MOI CE SERA NON

    D'abord parce que la date choisie pour notre grève départementale correspond à celle de la grève des collègues de Paris que je ne soutiens absolument pas dans leur corporatisme !
    Mais aussi à la lecture du contenu des tracts de l'appel à la grève départementale(13) de MON syndicat (SNUipp 13)!
    Le retour de la formation initiale, le "plus de maîtres que de classes", le renforcement de la scolarisation des enfants de deux ans, les créations de postes, c'est le "statu quo" au pire, "un changement de ton" au mieux avec SARKOZY ?

    Ne m'en voulez pas pas mais j'ai aujourd'hui une tendresse particulière pour la « reconnaissance » du « Plus de maîtres que de classes" Pourquoi ? Parce qu'elle à été la revendication fondatrice et emblématique de notre syndicat il y a maintenant 20 ans exactement ! A l'époque, les responsables syndicaux que  nous étions passaient au mieux pour des doux rêveurs : jamais cette revendication ne pourrait être satisfaite ! Même les collègues en RIS étaient perplexes, c'est dire !
    Mais à partir de rien en 1992, le SNUipp s'est construit, développé,  puis est devenu le premier syndicat de notre profession, cinq ans après seulement, avec deux  idées fondamentalement simples en apparence mais compliquée à mettre en oeuvre pour une direction syndicale, j'en conviens pour l'avoir vécu : articuler en permanence les revendications pédagogiques, professionnelles et corporatives si l'on veut parvenir à transformer l'école et notre métier,
    Pour parvenir à cela,il est indispensable d'être un syndicat qui soit en permanence autant force de propositionS que de contestation.
    Alors quand je vois ,malgré toutes les insuffisances, que le tabou est enfin levé sur le "Plus de maîtres que de classes" à  la une des journaux, dans la bouche du ministre, dans les dotations budgétaires (7000 postes), je me dis que nous n'avons pas fait du trop mauvais boulot ! Bien sûr,il ne faut pas en rester là ! 20 ans pour imposer une revendication c"est long !

    Lire aussi dans le Monde comme exemple de l'expérimentation du dispositif, le PARE de l'école Vincent Leblanc dans notre département des Bouches du Rhône c'est le signe aussi que dans notre département nous avons tous tiré dans le bon sens sur cette question.

    Une rumeur laisserait entendre que le ministre instaurerait aujourd'hui une indemnité comparable à celle des profs du second degré (ISOE) ? Cela faisait aussi partie de l'une des injustices de la mise en place du corps des PE (1989). La profession a fait chèrement payé au SE-unsa (ex SNU-PEGC) les résultats de ces « négociations » avec le gouvernement de l'époque. Le SNUipp a repris le flambeau de l'indépendance syndicale à cette occasion. L'indépendance c'est de juger d'abord un gouvernement à ses actes. Ce n'est ni le le « beni-oui-oui, ni le non-non-non déclamé sur tous les tons.

    C'est vrai : On a en a pas fini avec la réparation d'injustices et la transformation de l'école et du métier. Oui il y a bien d'autres fers aux feux !
    Mais, je me répète donc, aujourd'hui, le retour de la formation initiale, le "plus de maîtres que de classes", le renforcement de la scolarisation des enfants de deux ans, les créations de postes, c'est le "statu quo" au pire, "un changement de ton" au mieux avec SARKOSY ?

    Je rêve ! Certain sont impatients aujourd'hui? Pas assez, pas assez vite ?Ont ils déjà perdu la mémoire de ce qui s'est passé pendant ces années là et ils ont déjà oublié ce que  préparait la droite pour l'école et pour les enseignants si ils avaient été élus?
    Cette longue période, aux multiples graves rebondissements, a amplifiée dans notre profession une blessure profonde. Elle s'est trouvé au banc des accusées de la plupart des maux des difficultés scolaires et de "l'échec scolaire"! Cette stigmatisation injuste, s'est traduit par l'installation d'un malaise persistant encore. Car l'Ecole Publique est en crise ! Le découragement de nombre d'entre nous n'est pas encore surmonté. Oui nous avons besoin d'un nouvel élan à la mesure des enjeux ! Entre autres, un des points les plus sensibles: 15 % d'enfants non lecteurs.
    Dans ce contexte, une grève "exutoire" de toutes les amertumes accumulées qui demeurent depuis des années peut elle alors servir de point du départ pour le changement de l'école, pour sa "refondation" ?

    Je ne crois pas, au vu d'une stratégie syndicale qui ne vise qu'à obtenir en fin de compte le report du projet sur les rythmes scolaires, c'est à dire d'expérience, son abandon et pour le coup alors le statu quo!
    De plus, on sait déjà que ce report sera effectif l'année prochaine dans beaucoup mairies de droite comme de gauche de notre département. Et pour cause :   Elles ont seules la responsabilité de la plupart des personnels "non enseignant".
    Et quand je vois « réduire » les revendications sur les rythmes scolaires à la question du temps de travail des directeurs ou celles de nos dépenses supplémentaires (frais de déplacement de garde d'enfant), je suis accablé: (Mais alors, si je voulais être cynique, il fallait remercier à l'époque monsieur DARCOS pour ce gain imprévu de notre pouvoir d'achat) !
    Mais là n'est pas le plus grave à mes yeux :L'exigence d'une soudaine « refondation de l'école" cache mal  l'absence de propositions claires du SNUipp pour l'évolution des rythmes scolaires et l'absence de convergences avec les parents d'élèves sur ce thème. Cette question des rythmes scolaires est un serpent de mer depuis des années. Pour l'instant nous sommes confrontés à des avis divergents au sein même de notre profession et des intérêts opposés dans la société. Ce n'est pas seulement une question scolaire mais une question de société.

    Soyons honnêtes ! Nous avons réclamés du temps de travail pour constituer des équipes efficaces, pour aider en priorité les élèves en difficulté. Nous n'avons jamais réclamé la semaine de 4 jours. Sarkozy et Darcos voulait « étouffer » la colère montante dans les écoles. Nous en avons contestés les mesures « collatérales » , en particulier « l'aide individualisé ».
    Soyons honnêtes jusqu'au bout :cette semaine de 4 jours améliore notre rythme de vie personnel. Mais nous sommes nombreux à constater la dégradation de nos conditions d'enseignement et donc d'apprentissage des élèves concrètement chaque jour dans la classe. C'est la course perpétuelle. Il faut « compresser » les contenus d'apprentissage ce qui conduit à des impasses d'autant que nous continuons à vivre avec des programmes inadaptés !C'est usant et insuffisant.
    Aussi nous ne pouvons apparaître aux yeux de tous comme simplement repliés seulement sur nos intérêts sans pour autant accepter n'importe quoi de notre ministre et de notre administration.
    NON, JE NE SERAI DONC PAS LE DINDON D'UNE GREVE DU NON !

    • ColdTrukey, le 11/02/2013 à 07:28

      "Soyons honnêtes jusqu'au bout :cette semaine de 4 jours améliore notre rythme de vie personnel. Mais nous sommes nombreux à constater la dégradation de nos conditions d'enseignement et donc d'apprentissage des élèves concrètement chaque jour dans la classe. C'est la course perpétuelle. Il faut « compresser » les contenus d'apprentissage ce qui conduit à des impasses d'autant que nous continuons à vivre avec des programmes inadaptés !C'est usant et insuffisant."

      Puisque vous le dîtes.
      - cette semaine de 4 jours améliore notre rythme de vie personnel.
      - nous continuons à vivre avec des programmes inadaptés.

      Pourquoi ne pas avoir commencé par le second point au lieu de se focaliser sur le premier?
      L'idéal aurait été de mettre les deux en place en même temps. Pour cela, il aurait fallu un peu plus de temps pour préparer ce projet.
      Maintenant, votre dernière phrase se veut volontairement polémique et ne sert qu'à opposer les uns aux autres. Pourquoi?

  • dindon farceur 35, le 10/02/2013 à 17:52
    Bonjour,
    Je suis un dindon et choquée, déçue par les propos employés par M Peillon. Voilà en quelques lignes mon ressenti. (je copie et corrige un peu un message posté sur un forum hier donc il est un peu brut!)

    Sous la droite on savait que l'école ne représentait pas grand chose et les enseignants encore moins .... on a baissé la tête car on savait que ce serait peine perdue.... là on attendait vraiment beaucoup du gouvernement actuel .... je me rappelle même avoir versée des larmes lors des premiers discours entendus car je comprenais ce qu'on me disait et je sentais considérée....

    Depuis je déchante.... on apprend tout par la presse, la pseudo grande refondation avec ses grandes concertations n'est que supercherie... tout était décidé avant les élections (relisez l'article du café péda de décembre 2011 sur Peillon , les concertations avaient déjà eues lieu!), même des gens bien mieux placés que moi (comme Meirieu, Frackowiak ..) disent que les concertations n'ont été que foutaise.... le journaliste eu au tél l'autre jour me demandait si j'avais été aux assemblées  .... je lui ai dit non , il m'a répondu normal elles étaient sur invitations!

    On parle du bien être des élèves, de progrès en ce sens , on promet des choses aux parents, aux citoyens (pas d'enfants hors de l'école avant 16h30) et après parce que les communes râlent sur l'aspect financier on revient en arrière .... je trouve ça scandaleux!
    Il y avait moyen de faire des trucs très bien en prenant le temps, en concertant, en innovant, en créant .... alors oui M Peillon ne peut pas rendre le périscolaire obligatoire mais il aurait pu inventer autre chose....
    Pourquoi ne pas "réduire" le temps de classe à 5h par jour et proposer 1h par jour d'activités éducatives culturelles etc... obligatoires.... ces activités pourraient être encadrées par des profs de sports, des profs de musique, des PE compétents en telles ou telle matière.... on pourrait de ce fait "réduire" les programmes d'EPS, de musique ou autre et les mettre dans ces activités qui pourraient se faire en demi-classe..... ça pourrait être des sciences avec des expérimentations, du sports avec des profs , de la pratique d'instruments (activité qui coute chère et que beaucoup de familles ne peuvent payer ), du théatre....
    comme ça ne serait pas du périscolaire ce ne serait pas aux mairies de gérer et ces activités seraient  cadrées donc obligatoires et gratuites.... nous PE on aurait une partie à prendre en charge (1h par jour en demi-classe par exemple)

    ça ça aurait une nouveauté et une vraie chance pour tous ....

    Un collègue forumeur disait que quand nos amis font des conneries on doit leur dire .... c'est un peu mon idée aussi .... M Peillon je pense est quelqu'un d'honnête, il aime l'école et il a envie de faire au mieux mais il n'a jamais enseigné en primaire et c'est la première fois qu'il se retrouve ministre à gérer des choses aussi lourdes.... alors oui il a un beau discours (j'aime bien l'entendre parler de pédagogie, de bien être, de plaisir d'apprendre... ça change de tout ce qu'on a pu entendre avant ) mais il ne connait pas la réalité de notre quotidien et en plus il doit gérer les intérêts de chacun (les lobbys, les communes ...)
    J'aurais aimé qu'il fasse un pas vers nous, collectif pour en savoir un peu plus, pour essayer de comprendre nos vraies raisons .... nous aimons notre travail, notre école et moi je ne veux pas d'un petit mieux par ci par là ... je veux un grand changement, un grand bouleversement dans l'intérêt de tous les enfants ....

    Aujourd'hui, je me sens trahie.... notre collectif c'était un peu un appel au secours de tout ce qu'on a vécu et de ce qui se prépare et qu'on ne veut pas .... il préfère le prendre comme une attaque contre lui, et rentrer en guerre contre nous .... c'est dommage !
    Je ne pense pas avoir fait quelque chose de mal en voulant défendre mes convictions, mon école, mon travail..... et pourtant aujourd'hui j'entends parler de répression....je trouve ça dur, injuste et anti démocratique.

    Mais demain je serais dans ma classe, devant les 28 élèves en RRS avec toutes leurs difficultés que je n'arrive à panser seule.... Mardi je serais dans la rue à manifester avec mes copains dindons parce que je ne peux accepter cette réforme .... on attendait mieux, plus d'ambition ... et c'est encore possible!
    M Peillon acceptez d'écouter et d'entendre ceux qui sont dans la rue, ils ne sont pas contre vous au contraire ils veulent changer leur école mais pas aussi précipité et pas comme cela...

    Dindon farceur 35 (qui n'a plus beaucoup envie de rire ces derniers jours!)
    http://paroleauxdindons.canalblog.com/
    • Koikilensoi, le 10/02/2013 à 17:55
      Lu sur un autre forum, sic:
      Comment privatiser une école publique nationale en quelques années sans provoquer de réaction des peuples.
      ( document non officiel mais fortement plausible )
       
       
      I    Dégrader la qualité de l’enseignement 
       
      I . 1  
      Supprimer massivement des postes par le non remplacement des enseignants partant à la retraite. 
      Conséquences : fermetures de classes, accroissement des effectifs dans les classes.
       
      I . 2  
      Supprimer massivement des postes de titulaires remplaçants.

       
      I . 3  
      Alourdir les programmes scolaires en intégrant d’autres domaines que les matières fondamentales 
      ( sécurité routière, développement durable, éducation à la santé, …) .
      Conséquences : diminution du temps scolaire consacré au français et aux mathématiques

      I . 4 Supprimer la formation des nouveaux enseignants 
      Conséquences : évidentes
       
      I . 5
      Favoriser l’intégration massive des élèves handicapés
       
      ( troubles du comportement, autisme, … ) dans les classes sans fournir les personnels formés nécessaires. 
      Conséquences : accroissement de la difficulté d’enseigner , parfois même création de situations ingérables.
       
      I . 6
      Supprimer des heures d’enseignement à la globalité de la classe ( samedi matin )
       
      et remplacer ces heures par l’aide personnalisée pour quelques élèves seulement.
       
      I . 7
      Supprimer les Réseaux d’Aide aux Enfants en Difficulté (RASED
      sous prétexte de la mise en place de l’aide personnelle individualisée réalisée le midi par les enseignants. 
      Conséquences : alourdissement de la journée des enseignants et des élèves concernés. Inefficacité de l’aide car les enseignants des classes n’ont pas les même compétences que ceux des RASED s’agissant des élèves en difficulté ; horaires inadaptés )
       
       
       
      II   Dégrader l’image et l’autorité des enseignants 
       
      II . 1
      Donner plus de pouvoir aux parents d’élèves :  

      favoriser le développement des associations de parents d’élèves,
      instaurer les Conseils d’Ecoles durant lesquels les enseignants doivent rendre des comptes sur différents sujets aux représentants des parents d’élèves, 
      demander le consentement des parents pour les redoublements …
      Conséquence : diminuer l’autorité des enseignants dans leurs classes et ainsi, accroître la difficulté de faire cours 
       
      II . 2
      Organiser des évaluations nationales trop difficiles et à des périodes où les élèves n’auront pas encore travaillé sur toutes les compétences demandées. 
      Diffuser largement les mauvais résultats obtenus par voie de presse et autres.
       
      II . 3 
      Organiser le dénigrement systématique des enseignants
       
      par voie de presse sur les thèmes de l’immobilisme, des avantages sociaux, de la fainéantise et de la contestation permanente  
      ( utiliser des expressions comme « dégraisser le Mammouth » , « corporatistes », … ) afin qu’ils ne puissent pas avoir le soutien de la population en cas de réaction à ces manœuvres.
       
      II . 4 
      Instaurer un service minimum d’accueil dans les écoles en cas de grève des enseignants afin d’en annuler les effets ( du fait que cela ne dérangera plus la population )
       
      II . 5
      Faire baisser le niveau de vie des enseignants en ne revalorisant plus leur salaire par rapport à l'inflation.

      Conséquences : déclassement et donc dégradation de l'image des enseignants dans nos sociétés mercantiles 
       
      II . 6 
      Dégrader au maximum les conditions de travail des professeurs des écoles et supprimer progressivement les quelques compensations qu'ils ont encore :
      rogner sur les vacances, supprimer la coupure du mercredi,augmenter le nombre d'heures de présence dans les écoles -( avec la pause méridienne de trois heures), ......  afin de décourager les vocations et d'en pousser le plus possible vers la sortie. 
      ( cf France Télécom et La Poste)


      III    Transférer aux communes la charge de la gestion et du salaire des enseignants
       
      III .1
      Quelques années après le passage à la semaine de quatre jours, décréter que cette organisation est mauvaise parce qu’elle concentrerait trop les apprentissages hebdomadaires ( sans toucher à la lourdeur de programmes )
      Présenter comme une nécessité d’instaurer des heures de classe le mercredi matin ( parce que revenir au samedi serait impossible pour cause de week-end des parents, du tourisme … )
      Conséquences : accroissement de la fatigue des élèves et des enseignant par la suppression de la journée de récupération du mercredi ; nouvelle dégradation des résultats des élèves.
       
      III . 2 
      Instaurer les Projets Educatifs Territoriaux 
      afin de donner aux communes de plus en plus de pouvoirs sur l’organisation de ces nouvelles semaines, de créer des différences locales et ainsi, de briser l’unité nationale des obligations de services des enseignants.
       
      III . 3
      Transférer aux communes la gestion ( recrutement et rémunération ) des enseignants du primaire dans le cadre de la décentralisation, en s’appuyant sur l’argument d’une meilleure gestion des personnels.
      Subventionner ce transfert de charge au début puis diminuer d’année en année le montant de la subvention.
       
       
       
      IV   Encourager la création d’établissements privés afin de palier l’incapacité des communes à assurer le service d’éducation
       
      IV . 1
      Faire publiquement le constat que les conditions d’enseignements se dégradent excessivement  
      ( effectifs des classes, moyens matériels, … ) du fait des difficultés financières des collectivités locales ( malgré les hausses d’impôts au niveau local ) . 
       
      IV . 2 
      Encourager la création d’établissements scolaires privés grâce à des subventions publiques. 
      Favoriser le transfert vers ces établissements payants des élèves dont les parents ont des revenus suffisants.
      Conserver un service scolaire municipal minimum pour les enfants des personnes à très faibles revenus.


      V    Très important : à chaque étape du processus, jurer la main sur le coeur que le seul but est l'amélioration du système et surtout le "bien des enfants".


  • Pierre Babay, le 09/02/2013 à 11:54
    Je partage pleinement les commentaires déjà postés. On nous sert une une réforme des rythmes scolaires qui se traduira par une véritable dégradation des conditions d'accueil des enfants et de travail des enseignants. Je ne reprendrai pas les arguments déjà développés ici et il y en a bien d'autres.
    A mon avis, c'est déjà le postulat de départ dont on nous bassine depuis le début qui est faux : non, ce ne sont pas les heures d'enseignement qui sont essentiellement responsables de la fatigue des enfants.
    Je ne suis pas non plus un dindon mais je suis scandalisé par les propos du ministre (On devrait pourtant s'y être habitué depuis tant d'années...).
    Dans la circonscription où j'exerce, la grève de ce mardi va être un véritable raz de marée. Je sais que cette grève va être suivie pour de plus ou moins bonnes raisons mais elle traduit un ras-le-bol général.

  • Koikilensoi, le 09/02/2013 à 08:24
    Depuis le départ, sans doute, quand même, de bonnes intentions affichées.
    Aujourd'hui encore, sans doute.
    Mais qui ne change en rien, pour à ce jour trois fois rien de changement, dans la balance, avec toutes les complications incommensurables pour tous les acteurs de l'école.
    Quelques mots requinquant les IEN, DASEN,... ne changeront pas ces "détails" qui vont pourrir notre quotidien.
    Parmi ces choses qui changent, je vois avec la plus grande crainte la fatigue pour tous (enseignants, enfants) qui va aller croissante. Les chrono-biologistes ont bon dos et dans plusieurs réunions, selon les arguments que l'on voulait nous avancer, j'ai entendu l'inverse et son contraire. Vaste sujet qui ne connaît pas de vérité dans le contexte dans lequel on veut l'utiliser.
    Expliquez moi comment il est bon pour un enfant d'avoir du péri-scolaire en classe de 13h30 à 14h15, puis sans transition classe sans pause (à ce jour, pas question de leur envisager une récréation. Et puis, pas le temps, on doit les engrosser du programme...) jusqu'à 16h30. Soit: trois heures sans pause, de la maternelle à l'élémentaire. Ah oui, c'est préconisé par les chronobiologistes? Vraiment???!??
    Pavage de bonnes intentions, ... mais...
    Les gens du terrain savent que la collectivité, ici rallongée pour une majorité d'enfant, est très fatigante.
    Le partage des locaux? Les enfants les plus en difficulté ne savent pas ce qu'ils font à l'école, ils seront dans une même classe en centre de loisirs et en classe. Ce n'est pas un petit problème quand on connaît le terrain...

    Plus: ils vont où, ces gentils enseignants pendant ce temps, alors qu'obligés de rester sur le lieu de travail parce qu'habitant trop loin pour rentrer? Mis hors de la classe pour que le péri scolaire oeuvre dans leur lieu!

    Partage du matériel de la classe?

    Cars scolaire des après-midi pour des sorties culturelles avec les enseignants? Emploi du temps des atsems? Veulent-elles vraiment, comme l'idée est apparue, complèter le rôle des animateur en perdant la fonction ménage?
    Destruction du péri scolaire du mercredi (quelle ambition sur un après-midi, quand une journée complète permettait de vraies sorties?). Recrutement en masse d'animateurs d'excellence, comme de profs d'excellence (des chiffres pour l'actuel concours?????).
    Coût réel pour les collectivités? Report sur les impôts?

    Pour quel changement: 3/4 d'heure en moins qui mettent bien plus le souk qu'ils n'allègent les journées des enfants! Le temps périscolaire reste un temps passé par les enfants à l'école!!!
  • ColdTrukey, le 08/02/2013 à 22:42
    Bien que n'étant pas un "dindon", je partage comme semble-t-il un nombre important de professeurs des écoles, les revendications que ce collectif défend.
    Je rappelle tout de même les revendications pour ceux et celles qui n'auraient pas visité leur site :

    - la baisse des effectifs dans toutes les classes avec la création de seuils limites
    Tous les élèves ont droit à un temps avec leur enseignant.

    - la révision des programmes
    Tous les élèves ont droit à des programmes cohérents, ambitieux et réalisables.

    - la remise en service des RASED et d’une politique réaliste d’accueil des enfants en situation de handicap.
    Tous les enfants ont droit à un enseignement adapté en fonction de leurs besoins et capacités.

    - Une formation initiale fondée sur l'alternance théorie-pratique et une vraie formation continue des PE sur temps scolaire
    Tous les élèves ont droit à des enseignants bien formés.

    Nous voulons la réécriture du décret sur les rythmes, en assurant :

    - De véritables concertations des différents acteurs engagés (écoles, collectivités territoriales, parents d’élèves, associations locales, centres de loisirs)

    - Un allégement réel de la journée des enfants et une organisation de la journée allant dans l’intérêt des enfants

    - Une réflexion approfondie sur la répartition des horaires sur la semaine et sur l’année, permettant éventuellement le développement de dispositifs innovants et pérennes

    - Une équité nationale pour l’organisation des activités péri-éducatives

    - Des rythmes en cohérence avec les programmes.

    J'ai quelques difficultés à comprendre ce qui est inacceptable dans ces demandes.
    J'ai peur de comprendre que ce qui est inacceptable, c'est que des enseignants aient osé se lever et dire NON.

    • gfrezier, le 13/02/2013 à 07:58
      Avons nous déjà vu les enseignants se lever et dire OUI à une réforme de fond de l'école....? Même quand M S. nous a "gentillement" offert un coup pouce à notre pouvoir d'achat en limitant à 4 jours notre présence à l'école ( et oui... puisque l'on perd du pouvoir d'achat en y retournant à nouveau une 5ème fois...) je ne me souviens pas d'une standing ovation..
      L'un des problèmes de notre Education Nationale est que le mot national ne recouvre pas les réalités matérielles du terrains.. Comment faire bien pour tout le monde, pour une ville de Paris où les enseignants n'assurent qu'une partie de leurs missions, complétées par des animateurs qualifiés payés par la Ville, pour une école d'une bourgade en regroupement d'agglo où chaque maire à sa vision de l'éducation, pour une classe unique de montagne, où 20 élèves se répartissent de la GS au CM2....?
      La chose n'est pas aisée et si la réponse était simple, cela se saurait..
      Mais le statut quo "unanimement" décrié n'est plus tenable et il faut mettre les mains dans le cambouis et commencer .. Alors commençons, et régulons, et discutons et améliorons et pesons de notre poids pédagogique et humaine dans les instances de "décisions".. A attendre de vouloir être parfait pour tous, nous ne ferons rien....
  • LAURENT LAMAGNE, le 08/02/2013 à 18:42
    Je n'ai pas l'impression que le ministre s'y prenne d'une façon plus respectueuse que son prédécesseur avec les enseignants, qui apprennent toujours ce qui les concerne par les médias et ne sont pas réellement concertés.
  • ColdTrukey, le 08/02/2013 à 18:17
    "Cela ne l'a pas empêché de s'en prendre aux "dindons", un collectif d'enseignants hostile à la réforme, jugeant "inacceptable" l'image qu'ils donnent du métier. "

    Faut-il comprendre cette phrase dans le sens : j'aime les enseignants s'ils sont en accord avec ma politique ?

    Maintenant, si on se réfère aux demandes faites par les dindons sur leur site, elles sont identiques à celles du SNUipp. Deux poids, deux mesures ?
  • ColdTrukey, le 08/02/2013 à 17:52
    Lu dans cet article :
    D'après la circulaire, ce sont les Dasen qui décideront des rythmes au vue des rapports des IEN.

    Lu dans le guide pratique envoyé aux maires :
    Le maire ou le président de l’EPCI devra ensuite, au plus tard le 31 mars 2013, faire part au DASEN de son souhait de reporter l’application de la réforme à la rentrée 2014 pour l’ensemble des écoles publiques de la commune ou des communes membres de l’EPCI.
    Cette demande recevra, par principe, l’accord du DASEN.

    Donc les maires peuvent choisir.

    Où est la vérité?
    • fjarraud, le 08/02/2013 à 19:01
      Bonsoir
      Ce qui est ecrit dans l'article est exact. J'ai sous le syeux le guide envoye aux maires page 15 puis page 17
      page 15 : "le dasen est competent pour decider d el'orgnaisation du temps scolaire dans les ecoles."
      page 17 : "que se passe t il si l eprojet d'organisation du temps scolaire propose par le maire differe de celui propose par le conseil d'ecole ? dans ce cas l'IEN met en place une concertation qui doit permettre de rapprocher les deux projets. En dernier ressort c'est le Dasen qui arrête l'organisation du temps scolaire des ecoles concernees".

      Le seul domaine ou la demande du maire est automatiquement recue c'est la demande de derogation pour repousser à 2014 la reforme. Ca devrait vous faire plaisir...

      Dans les autres cas c'est bien le dasen qui decide.

      Il ne faut pas lire que la page 20 pour en tirer une generalisation..... Si vos autres arguments sont du même tonneau...

      f jarraud

      • ColdTrukey, le 10/02/2013 à 08:46
        Pour conclure sur le sujet, ce n'était pas un argument mais un questionnement.
        Au niveau arguments, d'autres, bien mieux que moi, ont indiqué les carences du projet en pointant le mauvais choix fait.
        Vous avez parfaitement relaté la position de Claire Leconte (les rythmes ne peuvent se concevoir en ne prenant en compte que le temps scolaire) ou celle d'Yves Bourseguin, maire-ajoint (PS) à l'éducation à Blois (N'importe quel élu local aurait pu dire au ministre que l'application de ce texte pose des problèmes colossaux pour les ressources humaines et les locaux.)
        L'arrivée de ce gouvernement et les première prises de parole du ministre avaient apporté un vent d'optimisme dans la profession. Après des années de maltraitance (et le mot n'est pas exagéré), les enseignants espéraient, comme énoncé dans l'appel de Bobigny, une grande réforme concertée, un travail de fond construit avec tous les acteurs : les enseignants espéraient enfin être écoutés pour redonner à leurs écoles, à leurs élèves, une nouvelle et grande Ecole dont ils seraient fiers.
        Aujourd'hui, les professeurs des écoles réagissent car la déception est immense. Ils ont le sentiment d'avoir été exclus de cette refondation qui leur tenait à coeur et il voit arriver un décret qui met de côté l'immense majorité de leurs attentes au profit d'une modification des rythmes scolaires qui, en l'état ne profite à personne et surtout pas aux élèves.
        Beaucoup se sentent agressés, blessés, voire menacés, car beaucoup, même s'ils ne font pas partie intégrante du collectif des dindons se sentent dindons, sont dindons : les professeurs des écoles sont ces dindons oubliés pendant des années par leur ministère, écrasés par une hiérarchie et une administration de plus en plus lourde, épuisés par des programmes impossibles à mettre en oeuvre et qui sont sources d'échec scolaire, déconsidérés aux yeux de la population par un abandon de leur ministère et une communication hostile. Les professeurs des écoles, dindons ou non, attendaient une réforme mais sont hostiles à ce qui se met en place, car ce n'est pas ce qu'ils attendaient. Le décret actuel est nuisible aux enfants.
        Je laisserai le mot de la fin à Mr Pierre Frackowiak, ancien IEN :
        "Malheureusement, il y a eu tant d’erreurs commises, tant de lieux qui ont vu la continuité des politiques précédentes se renforcer, tant d’occasions ratées de redonner de la confiance et un peu d’enthousiasme, que l’espoir de voir une véritable refondation disparaît. Alors, on commence à chercher des boucs émissaires pour dissimuler les carences des politiques. Les enseignants ne penseraient plus aux enfants et seraient scandaleusement corporatistes. Au regard du travail fourni et de la conscience professionnelle qui demeurent malgré la dégradation des conditions de travail, les attaques sont profondément injustes. La responsabilité de l’échec ou d’une réforme de plus sans refondation est à rechercher au sommet de la pyramide. "

      • ColdTrukey, le 08/02/2013 à 22:31
        Bonsoir Mr Jarraud,

        Pourquoi cela devrait-il me faire plaisir?
        Je vous remercie de m'indiquer de lire les autres pages, mais je l'avais déjà fait, comme vous pouviez vous en douter. Mais vous reconnaitrez aisément que la page 20 laisse la possibilité aux maires d'attendre 2014 dans le document adressé aux maires, alors que la circulaire indique que les DASEN décident au bout du compte.
        Aucune généralisation de ma part et seulement une question : qui décide?
        Une rencontre avec un DASEN était plus claire puisque celui-ci indiquait qu'il était le décideur final, que son avis tiendrait en priorité compte des directives ministérielles, puis de la position du Conseil Général (pour les transports), puis des maires.
        Je vous remercie cependant pour votre réponse.
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