La nouvelle circulaire sur les calculettes autorisées aux examens favorise-t-elle un constructeur ? 

Les industriels peuvent remercier le ministère de l'Education nationale. Une note de service publiée au BO du 2 avril redéfinit les calculatrices autorisées au bac à partir de la session 2018. La nécessité de renouveler la vieille circulaire de 1999 pose de nouveaux problèmes. Elle impose déjà aux familles de se rééquiper et semble favoriser une marque.

 

Afin de lutter contre les risque de fraude, le ministère de l'éducation nationale n'autorise plus en apparence que deux types de calculatrice et en réalité un seul type, en application d'une note de service publiée au BO du 2 avril. Celle-ci explique que ne sont plus autorisé aux épreuves du bac que " les calculatrices non programmables sans mémoire alphanumérique ; les calculatrices avec mémoire alphanumérique et/ou avec écran graphique qui disposent d'une fonctionnalité « mode examen » répondant aux spécificités suivantes :  (...)  la présence d'un signal lumineux clignotant sur la tranche haute de la calculatrice, attestant du passage au « mode examen »".

 

Cette note est l'aboutissement d'une consultation entamée par la Dgesco en 2012. Elle interroge sur le plan étique. Car, comme le premier modèle est un peu léger pour les calculs effectués toute l'année, le ou les vendeurs de calculatrice équipées d'un signal lumineux clignotant se voient attribuer de facto un marché de 700 000 exemplaires par la grâce administrative. Or on devrait plutôt dire le constructeur. Car la note précise que la sortie du mode examen doit nécessiter "une connexion physique par câble avec un ordinateur" ce qui aujourd'hui semble désigner une machine de Texas Instrument.

 

Les contributeurs des forums spécialisés jugent que cette note est contradictoire avec la volonté ministérielle d'encourager l'apprentissage du code. Ils soulignent aussi le fait que le téléchargement de programmes permettait aux familles d'acheter des modèles de base et de les doter ensuite gratuitement des fonctions nécessaires à l'examen ce qui ne sera plus possible. Ils remarquent aussi que des programmes permettent dès maintenant de contourner le mode examen. "Il aurait été plus judicieux de réfléchir à un format d'examen qui prenne en compte ces outils au lieu de les brider", remarque un professeur de sciences dans un courrier adressé au Café pédagogique.

 

François Jarraud

 

La note de service

Le débat sur le forum TIPlanet

 

 

Par fjarraud , le vendredi 03 avril 2015.

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