Budget 2022 : Près de 500 postes d'enseignants supprimés dans le second degré 

"Le projet de loi de finances 2022 consacre l'engagement du gouvernement en faveur de l'éducation", affirme le Conseil des ministres. Avec 55 milliards pour l'enseignement scolaire , le budget de la rue de Grenelle augmente de 1.6 milliard soit 3%. Sur cette somme seulement 400 millions sont à mettre au titre de la revalorisation des personnels, et non 700 millions comme le dit le ministère. Malgré la crise sanitaire et ses effets, seulement 50 emplois sont créés dans l'enseignement. Mais 470 emplois d'enseignants sont supprimés dans un second degré déjà bien sous tension.

 

55 milliards pour l'enseignement scolaire

 

Le gouvernement prévoit la continuation de la reprise en 2022 avec une hausse du PIB de 4% permettant un recul du déficit public (autour de 5% du PIB) et u taux d'endettement de 114% du PIB. En 2022 l'Etat entend diminuer ses dépenses de 3.5% et ainsi maintenir la baisse des impots : taxe d'habitation, impôt sur les sociétés vont diminuer.

 

Globalement les dépenses pour les missions de l'Etat devraient augmenter de 11 milliards soit 3.7%. Le gouvernement met l'effort sur la défense (+1.7 md, +510 emplois), l'Intérieur (+0.3 Md, +866 emplois) et la Justice (+0.7Md, +720 emplois). L'Economie perd 1485 emplois, le Travail 1750, la transition écologique 270. Globalement l'Etat perd 509 emplois.

 

L'enseignement scolaire voit son budget monter à 55 milliards (hors pensions) soit 1.6 milliard de plus (+3%). Si cela reste le premier budget de l'Etat, ce n'est pas celui qui progresse le plus ni en euros ni en emplois.

 

Comme chaque année le ministère brouille un peu les chiffres sur les emplois et cette année sur la revalorisation.

 

Le vrai coût de la revalorisation

 

Commençons par la revalorisation. Le ministère annonce 700 millions consacrés à la revalorisation en 2022. Pour cela il additionne 100 millions de montée en charge de mesures de 2021, 200 millions pour la protection sociale complémentaire des agents du ministère et 400 millions pour de nouveaux engagements. Pour nous il est clair que seuls ces 400 millions concernent la revalorisation 2022. La montée en charge de mesures de 2021 concerne des décisions de 2021. Quant au soutien à la protection sociale c'est une mesure qui concerne tous les agents publics, y compris les territoriaux par exemple; et qui ne relève pas d'une décision du ministère de l'éducation nationale.

 

Sur les 400 millions de revalorisation seulement 260 millions concernent les 830 000 enseignants : c'est la fameuse prime d'attractivité qui va toucher la moitié d'entre eux. Le reste concerne d'autres corps. Ainsi 21 millions vont aux 15 000 personnels de direction. 7.5 millions aux 3700 inspecteurs. Les administratifs de l'éducation nationale se partagent 22 millions. 37 vont à la revalorisation des AESH. 5 millions iront aux aides sociales du ministère qui devraient faire l'objet d'une promotion dans un nouveau dispositif, "Préau", bientôt présenté comme le "comité d'entreprise" du ministère. Au total 400 millions dans un budget de 53 milliards en 2021 c'était peu. En 2022 pour un budget de 55 milliards, c'est un peu moins que peu...

 

Moins d'enseignants en 2022

 

Du coté des emplois le ministère annonce la grande stabilité pour l'emploi dans le 1er et le 2d degrés et globalement une hausse de 50 emplois pour la mission enseignement.

 

Dans le premier degré, le ministère devra avec des emplois stables assurer la généralisation du plafond à 24 élèves maximum en GS, Cp et CE1 et la fin des dédoublements dans les grandes sections (GS) de maternelle de l'éducation prioritaire. Le ministère estime que cela coutera 2500 emplois. Comme il attend 89 000 élèves en moins dans le premier degré il se veut rassurant. Mais il devra aussi assurer des postes pour les décharges des directeurs et augmenter le nombre de remplaçants qui est très insuffisant comme cela s'est vu avec la pandémie. Pour tous ces usages, 2022 sera encore une année sans marge de manoeuvre.

 

Dans le 2d degré le ministère annonce un nombre d'emplois stables mais en même temps des créations de postes hors enseignants. Ainsi 300 postes de CPE seront ouverts, 50 d'assistants de service sociale et d'infirmières et 120 postes d'inspecteurs (pour assurer les controles liés à la loi séparatisme). Ces 470 postes seront pris sur les emplois d'enseignants qui vont diminuer d'autant. Alors que la situation est déjà tendue dans les collèges et les lycées ce n'est pas une bonne nouvelle. Ce n'est pas la seule : 475 emplois en BTS seront couverts par des heures supplémentaires et le ministère veut aussi ajouter l'équivalent de 1800 postes d'enseignants en heures supplémentaires. Là aussi ce ne sera pas possible : il y a déjà des académies où le seuil légal maximum est atteint.

 

Du coté des élèves

 

Dernier point : le ministère annonce une hausse des aides sociales pour les élèves avec 32 millions pour augmenter les bourses. 47 millions seront consacrés à la part collective du Pass culture. Cet excellent dispositif co financé avec le ministère de la Culture sera accessible en 2022 de la 4ème à la terminale. Il peut permettre de financer des sorties scolaires. Il y a quand même trois réserves. La disposition de cet argent virtuel ne peut servir que pour des sorties inscrites dans des registres précis. Cet argent virtuel est géré par le chef d'établissement. Le Pass Culture c'est en principe 25€ par élève pour la part collective. Le budget dispose de 47 millions mais il y a 5.7 millions d'élèves concernés. L ePass Culture est une bonne mesure. Mais elle est déjà sous financée.

 

François Jarraud

 

Budget 2022

Le budget du MEN

 

 

 

Par fjarraud , le jeudi 23 septembre 2021.

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