L'Expresso du 29 mai 2015

Le fait du jour

"Ce n'est pas une bombe à retardement. C'est une bombe pour aujourd'hui". Vice-présidente du Sénat et membre du Cnesco (Conseil national d'évaluation du système scolaire) Françoise Cartron résume le 28 mai l'enjeu du débat national que va lancer le Cnesco (conseil sur la ségrégation sociale et scolaire à l'Ecole), une institution indépendante crée par la loi d'orientation. A l'appui de ces propos, deux rapports percutants produits par le Cnesco sur la ségrégation dans l'Ecole française et sur les politiques anti ségrégatives menées dans le monde. La conférence du Cnesco qui va s'ouvrir le 4 juin devrait fortement interpeller un ministère qui ne s'est toujours pas occupé avec force au problème.

(..)

Sarkozy

Comment la France a échappé à l'évaluation par les résultats...

Que faisait Sarkozy en 2009 ? Il imaginait la première évaluation des profs par les résultats de leurs élèves. C'est la Depp, la direction des études du ministère, qui vend la mèche et qui révèle l'origine et la petite histoire de cette évaluation ratée dans le dernier numéro de la revue (...)

Primaire

 

Maths : Rémi Brissiaud : Retour sur le programme du cycle 2

La consultation sur les futurs programmes de l’école élémentaire est en cours. Il faut insister sur le fait que la rédaction du projet s’est effectuée dans de bonnes conditions n’ayant rien à voir avec celles du projet de programmes 2008 : pour chaque cycle, le CSP a mis en place des commissions, celles-ci ont procédé à des auditions (1), elles ont constitué des sous-commissions de quelques personnes qui se sont particulièrement intéressées à une ou deux disciplines, ces sous-groupes ont fait appel à des personnes extérieures (dont l’auteur de ces lignes) pour aider à la rédaction du projet, etc. Au terme de ce processus, et concernant les mathématiques au cycle 2, des points d’accord fondamentaux ont émergé, notamment le choix (..)
Le système

"Il est incompréhensible que ces programmes ne fassent pas l'objet d'une formation". A quelques semaines de la mise en application des programmes de maternelle, Sébastien Sihr, secrétaire général du Snuipp, dénonce le 28 mai le manque d'initiatives du ministère de l'Education nationale pour la formation des professeurs de maternelle. Un cri d'alerte qu'il élargit à la consultation en cours sur les programmes de l'école élémentaire. "L'enseignement primaire, hier priorité, est sorti des radars de la rue de Grenelle", déplore-t-il. L'Education nationale est-elle incapable d'accompagner le changement ?

(...)
Le système

L'intersyndicale (Snes, Sud, FO, Cgt, Sncl) appelle à une journée nationale de grève et d'actions le 11 juin. Mais pas le Snalc qui ne signe pas ce communiqué et semble en retrait de l'intersyndicale. L'intersyndicale accélère ainsi le cours de son action. La journée d'action du jeudi 4 juin est maintenue. Mais elle n'est plus l' étape nécessaire pour proposer la grève. Pour l'intersyndicale cette accélération découle de "l'enfermement du ministère" et du "refus d'entendre les demandes des personnels". Il n'est pas impossible aussi qu'elle résulte des divergences dans l'intersyndicale par exemple devant les menaces sur le brevet. (article modifié à 8h30)

 

Le communiqué

Le Café avait annoncé la date du 11 juin le 22 mai

 

Le système

Tous les postes présentés au capes externe 2015 ne seront pas pourvus. Après les maths, ce sont les résultats de l'admissibilité aux capes externes de lettres modernes et classiques et d'anglais qui annoncent une nouvelle année difficile pour le recrutement.

 

(..)
Le système

" La croissance est de retour, oui, le retour sur recettes, on ne l'a pas encore, et les fonctionnaires comprennent d'une manière globale qu'avec 44 milliards et quelques de remboursement de la dette, on ne peut pas tout faire tout de suite". Selon Les Echos, la ministre de la fonction publique a confirmé le maintien du gel du point fonction publique en 2015 et en 2016.

 

Les Echos

Le système

Repoussé le 27 mai par défaut de quorum, l'intersyndicale ayant décidé de ne pas siéger pour marquer son action sur la réforme du collège, le Comité technique ministériel s'est tenu le 28 mai. Il a entériné des mesures en faveur des enseignants de l'éducation prioritaire. L'indemnité en Rep sera portée à 1734 euros par an. En rep + elle sera de 2 312 euros annuels. Les personnels nommées en 2014-2015 dans des établissements et écoles sortant de l'éducation prioritaire garderont le bénéfice de l'indemnité zep ou Eclair durant 3 ans s'ils restent dans le même établissement. Le même principe s'applique aux directeurs d'école.

(...)
Le système

Face aux sénateurs, majoritairement à droite, N Vallaud Belkacem a tenu tête pendant une heure à une pluie de remarques et de questions sans perdre son sang froid et sans répondre aussi aux vraies questions posées par l'opposition. L'UMP et l'UDI ont vigoureusement attaqué la ministre sur la réforme du collège. ""Cette réforme est menée avec dogmatisme et brutalité", a dit Jacques Grosperrin (ump). "Vous supprimez les expériences pédagogiques qui ont fait la preuve  de leur efficacité", poursuit-il citant les classes bilangues et le latin. "Vous tirez l'enseignement vers le bas. Le socialisme a un problème avec l'excellence". La sénatrice Pour larriaud-Maylam (Ump) l'extension en 5ème de la LV2 est inutile car seuls les cadres auront besoin d'une lv2 et "un vernis ne sert à rien". "Plus que de ludique le collège a besoin de repères", ajoute-elle.C Troendle (Ump) dénonce les nouveaux programmes d'histoire. C Morin Desailly attaque le décret qui ne serait pas lié à  la loi d'orientation, ce qui le rendrait illégitime.

(...)
La classe

Les statistiques tendent à montrer la forte corrélation entre place sociale et réussite scolaire. Dans la suite de cette analyse, on tend à montrer aussi que la réussite scolaire détermine largement la place sociale. Le terme "d'égalité" inscrit au fronton de l'école et des institutions de notre pays est donc mis à mal par ces faits qui semblent confirmer l'inégalité (cf. Pisa) du système scolaire en regard de l'inégalité présente dans la société. Le numérique pourrait-il y changer quelque chose ? Si l'on en juge par les discours et échanges sur le sujet il y a de l'espérance. De Salman Khan à Sugata Mitra, de Sir Ken Robinson à nos politiques, tous semblent miser sur le numérique. Mais ils misent de deux cotés en même temps : d'une part la société, d'autre par les individus. Notre société ne serait pas concurrentielle si elle ne développait pas le numérique. Les individus qui ne maîtrisent pas le numérique seraient exclus de cette société qui vient. On peut imaginer, de manière un peu démoniaque, que l'encouragement au développement du numérique serait un nouveau levier pour asservir autrement la population, surtout celle qui ne maîtrise pas le numérique (relisons encore une fois Condorcet).

(..)
La classe

Une nouvelle "éducation à" vient s'ajouter à une liste déjà assez longue. A partir de la rentrée 2015, les lycées et CFA devront organiser obligatoirement une demi journée sécurité routière pour les élèves de seconde et de première année de CFA. "Le Gouvernement a décidé d'instaurer, à compter de la rentrée 2015, une demi-journée obligatoire de sensibilisation à la sécurité routière pour l'ensemble des entrants en lycée et centre de formation d'apprentis public", annonce le B.O. du 28 mai. Reste à trouver qui s'y colle...

 

Au BO

La classe

Les mathématiques peuvent-elles  être  vivantes, fascinantes, étonnantes ? C'est le pari du Salon « Culture et Jeux mathématiques » qui se tient à Paris. Cette 16ème grande fête des mathématiques propose des animations, des ateliers, des expositions, des compétitions, des rencontres, des jeux, des spectacles, un rallye  pour présenter les mathématiques  d’une manière ludique, inviter à jouer, à réfléchir, à se laisser gagner par le plaisir de la recherche. Les plus grandes institutions scientifiques sont présentes et réservent des surprises jusqu'au 31 mai dans ce salon d’accès libre et gratuit.

(...)
L'élève
Marseillaise, slogans pour la liberté d'expression, près de 500 lycéens ont manifesté devant le lycée Berthelot à Saint-Maur des Fossés (94) le 28 mai. La manifestation fait suite aux menaces reçues par un élève de l'établissement après la publication d'un numéro du journal du lycée en soutien à Charlie Hebdo. "On est là pour Louis et pour la liberté d'expression", nous ont dit Cécile, Charlotte et Lucie, trois élèves de seconde du lycée, rencontrées dans la manifestation. "On veut des mesures", demande Thomas Martin, élu SGL au Conseil national de la vie lycéenne. "On veut faire bouger les instances compétentes et défendre la liberté d'expression et Louis". Peu d'adultes dans le cortège. Nassira Lafforgue, représentante Fcpe du lycée Berthelot, manifeste avec les jeunes en soutien de l'élève menacé. "On demande que la sécurité de Louis soit garantie et qu'il dispose d'u soutien psychologique et pédagogique pour qu'il puisse passer son bac". Elle évoque aussi la difficulté de faire bouger le rectorat de Créteil. Pour elle, le mouvement des enseignants a été déterminant pour que le rectorat agisse. Le 28 mai les équipes sécurit du rectorat étaient très visibles devant le lycée. Marika Bert , DRH de Charlie Hebdo marquait la solidarité du journal. "C'est un message pour les journaux lycéens : vous faites le même travail que nous", nous a-t-elle dit. Charlie Hebdo a rencontré l'équipe de La mouette, le journal du lycée Berthelot.
L'élève

Un arrêté publié au JO du 28 mai fixe à 1800 euros le taux annuel d'aide au mérite attribuée aux étudiants boursiers ayant une mention très bien au bac bénéficiaires en 2014-2015. Pour l'année 2015, le taux annuel est ramené à 900 euros.

 

Au J.O.

La recherche

L'Afef, Weblettres et la Fadben organisent le 6 juin une journée de formation "Ecritures et numérique" à Paris. " Au-delà des compétences techniques, qu'apporte le numérique dans le quotidien de la classe, que change-t-il ?", interroge l'AFEF. "Les situations authentiques qu'il permet, et notamment la socialisation de l'écrit par la publication, l'ont profondément inscrit dans la pédagogie de projet. Mais s'est-il imposé parce que les élèves s'y sont habitués (digital natives ?), parce que les usages sociaux se sont répandus, ou parce qu'il est porteur d'apprentissages spécifiques ? Être convaincu que l'on ne peut plus se passer des outils du numérique et de ses usages scolaires ne nous dit rien sur ce que les élèves apprennent, ni sur comment ils apprennent : plus, mieux, différemment, autrement ?" Au programme, Luc d'Armellina, Denis Alamarguot, Anne Marie Petitjean, Alain Sedbon et bien sur des ateliers.

 

Le programme

Les disciplines

Comment représenter les productions agricoles en FRance ? C'est un de sujets abordés par le numéro 114 de la revue Mappemonde. A lire aussi un intéressant article sur la géographie électorale parisienne qui montre le poids de l'abstention dans les quartiers les plus populaires et les plus bourgeois.

 

Mappemonde

Les disciplines

Le convertisseur franc -euro de l'Insee permet maintenant de convertir n'importe quelle somme depuis 1900. Ainsi une rente de 1000 F en 1914 représente près de 334 890 euros acteuls. Un salaire d e3 francs en 1900 représenterait un pouvoir d'achat de plus de 1000 euros. C'est pas beaucoup ?

 

Convertisseur

Les disciplines

L’épreuve orale ponctuelle terminale d’Histoire Géographie Education civique dans la certification du CAP, Quels enjeux ? L'académie de Nantes publie des documents sur cette question.

 

Les documents

La vidéo


 L'Edito

«Dans mon lycée, j’ai des classes que de Noirs. Et on ne fait rien, on accepte… ». L’intervention d’Eric Dogo, proviseur adjoint du lycée professionnel Charles Baudelaire d’Evry (Essonne), n’était pas passée inaperçue le 21 mars lors de la journée du Café pédagogique sur la Fraternité à l’école. Il était venu dénoncer une situation d’apartheid. Oui, d'apartheid. Il s’en explique ici. 

 

 «En bac pro Accueil, j’ai quasiment 100% de filles noires, j’emploie ici le terme Noirs exprès, plutôt que Black qui me parait hypocrite, explique Eric Dogo interrogé au téléphone.  Or cette non mixité est extrêmement grave. Cela induit un comportement et nourrit des stéréotypes chez ces élèves que l’on regroupe, convaincus qu’ils ne sont pas dans la norme».

 

Obligé d'interdire le "tchip"...

 

Le proviseur adjoint ne mâche pas ses mots : il s’agit bien d’«apartheid», pour reprendre l’expression du premier ministre Manuel Valls. «Comment permettre à ces jeunes d’acquérir d’autres codes, notamment ceux du monde du travail, si on les laisse ainsi entre eux ?», lance-t-il. «Comment leur faire croire qu’ils sont des Français lambdas et qu’ils doivent se comporter comme tels ?».

(...)

 La semaine

 Vos ressources


Le système éducatif
La classe

Partenaires

Nos annonces