L'Expresso du 24 juin 2022

Le fait du jour

Depuis 5 ans en France, beaucoup plus dans les pays anglo-saxons, l'"evidence based", les politiques basées sur les preuves, dominent les politiques éducatives. Avec arrogance, elles ont pris le pouvoir souvent contre l'expérience des enseignants. Hugues Draelants (Université de Louvain) analyse le phénomène dans un nouvel ouvrage (L'évidence des faits, PUF). Il montre que les "preuves" reposent sur des ignorances volontaires. Il invite à la prise en compte des savoirs tirés de l'expérience. Il montre aussi que ces politiques minent la confiance entre le citoyen et les politiques. L'ouvrage d'Hugues Draelants et Sonia Revaz est important. Sa publication montre que le débat éclot dans la société. En France il arrive à un moment charnière. Le balancier peut-il  repartir dans l'autre sens ? Hugues Draelants explique son point de vue.

 

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Le fait du jour

On s'attendait à une catastrophe. C'est encore pire : Seulement un poste sur trois est pourvu au concours externe de recrutement des professeurs des écoles en Ile-de-France. Ce sont près de 2000 postes qui vont rester vacants à la rentrée. Il sera très difficile de trouver 2000 contractuels supplémentaires cet été. Le ministère a bien plongé l'enseignement public dans une crise inédite.

 

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Politique éducative

Pap Ndiaye, ni dans la rupture, ni dans la continuité...

Le premier conseil supérieur de l'éducation s'est tenu le 20 juin en présence de Pap Ndiaye. Le ministre de l'éducation nationale n'a pas clarifié son positionnement. Alors que l'Ecole sort désorganisée et en miettes des 5 années du ministère Blanquer, Pap Ndiaye reste prudemment à l'écart de la critique et de la totale approbation de son prédécesseur. A la question de la revalorisation salariale des personnels il répond par son souci de leur considération dans la...
 
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Pédagogie

Changements et réformes en éducation : Mode d'emploi ?

Alors que s'annoncent de vrais bouleversements du système éducatif, la revue Administration & éducation (n°174) revient sur la question du changement en éducation. Dans une "déambulation réflexive", elle offre des points de vue variés sur les réformes, privilégiant les observations des acteurs institutionnels. Une musique s'en dégage : privilégier l'autonomie des établissements, accompagner les chefs d'établissement, donner leur place aux collectivités territoriales. Heureusement Claude Lessard pose la question de la légitimité du changement,...
 
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La classe

"Nier totalement la place des appareils numériques individuels ferait courir le risque de laisser de côté une dimension sociale des pratiques individuelles et ainsi de ne pouvoir les moduler, les réguler et surtout permettre aux jeunes de les situer de manière pertinente dans leurs usages quotidiens". Bruno Devauchelle revient sur l'histoire compliquée des équipements distribués et du BYOD dans l'univers scolaire. Si un consensus s'est fait contre le BYOD, n'est il pas illusoire et néfaste de croire qu'on peut enterrer les smartphones des élèves ?

 

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Les disciplines

"J'ai changé mes pratiques pédagogiques depuis la classe archéo". Professeur d'histoire-géo au collège Luis Ortiz de Saint-Dizier (Haute Marne), Lionel Breux fait vivre une classe de 6ème  "archéo" dans un collège Rep. L'archéologie a changé le rapport des élèves au cours d'histoire-géo et à l'école.

 

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L'élève

La Cité de l’économie rend hommage à Simone Veil, à travers une exposition photographique prévue jusqu’au 31 octobre 2022. « Simone Veil, un destin européen » explore la vie de cette femme exceptionnelle et son parcours politique européen, à travers 16 panneaux immersifs alliant archives photographiques et extraits sonores des principaux discours ayant ponctué sa très riche carrière politique. Cette exposition se déploie au cœur du parcours permanent de Citéco. Visites autonomes et visites guidées sont proposées  aux jeunes, sur réservation.

 

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Le système

Dans un rapport et un référé publiés le 23 juin, la Cour des Comptes pointe les insuffisances et les échecs de la réforme de l'apprentissage menée pendant le 1er quinquennat. Elle remarque que s'il y a une très forte hausse du nombre d'apprentis (+98% entre 2019 et 2021) cela n'a pas concerné les jeunes d'âge scolaire. La part de ces jeunes est passé de 63% à 49% seulement des apprentis alors que celle des jeunes suivant des études supérieures a fortemen augmenté. "L'apprentissage est désormais perçu comme une voie d'accès à des niveaux élevés de qualification", écrit la Cour. " Cette recomposition ne correspond pas aux objectifs historiquement associés à la politique de l’apprentissage, qui jusqu’à présent visait à améliorer l’insertion professionnelle des jeunes présentant  les plus bas niveaux de qualification (CAP, baccalauréat professionnel), ceux qui rencontrent le plus de difficulté à s’insérer sur le marché du travail. À partir du niveau de la licence, la plus value sur l’insertion professionnelle est faible, l’apprentissage améliorant plutôt la qualité de l’emploi obtenu (type de contrat, rémunération, etc.)". La Cour souligne que l'accès des jeunes peu qualifiés à l'apprentissage reste difficile. L'adéquation de l'offre de formation aux besoins des entreprises et des territoires a diminué , souligne encore la Cour car la réforme, qui a fait passer le financement dans les mains des branches, fragilise les formations peu attractives, qui étaient soutenue auparavant par les régions. La qualité des formations pose aussi problème tellement leur nombre a augmenté avec de nouveaux acteurs. Enfin la Cour observe un grave déséquilibre financier. L'Etat ayant très largement soutenu l'apprentissage, le montant des dépenses d'apprentissage sont passées de 5 milliards en 2021 à 11 en 2022. En 2021 ona observé un déficit de 3 milliards pour France Compétences qui gère l'apprentissage. En 2022 le déficit devrait être encore plus important. La Cour invite l'Etat à définir des objectifs prioritaires et à redéfinir les niveaux de prise en charge. Enfin la Cour souhaite impliquer davantage les établissements scolaires dans l''orientation vers l'apprentissage. Une demande qui va rencontrer probablement des résistances.

 

Le rapport

 

 

Le système

Ils sont tous là : CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FAFP, FO, FSU, Solidaires, Unsa demandent ensemble une revalorisation des agents publics. "Depuis des mois, le haut niveau d’inflation se conjugue au gel de la valeur du point d’indice et fait chuter le pouvoir d’achat des agents publics. Les organisations syndicales représentatives affirment avec force que les agents publics ne doivent pas faire les frais de cette situation", écrivent les 9 fédérations. "Nous appelons à la convocation sans délai d’un rendez-vous salarial ouvrant des négociations pour que les mesures d’urgence relatives au pouvoir d’achat des agents publics soient discutées et mises en œuvre le plus rapidement possible, au plus tard le 1er  juillet. Ces mesures d’urgence devront porter sur une revalorisation conséquente et visible de la valeur du point d’indice ; des mesures d’urgence sur les grilles de rémunérations, notamment pour accélérer l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes".

                                                                

L'appel des fédérations

 

 

Le système

" Depuis cinq ans, le ministère reste sourd aux alertes de l’ensemble de la communauté et de la société civile. Il semble se désintéresser de nos propositions constructives alors que les choix actuellement retenus conduisent la France à une situation de pénurie déjà visible des compétences scientifiques nécessaires pour répondre aux défis technologiques, numériques, climatiques, énergétiques, de la biodiversité des années à venir", écrivent les associations de mathématiques (Apmep, Cfem, Femmes & maths etc.) après leur rencontre avec le cabinet de P. Ndiaye le 16 juin. " La proposition actuelle d’alléger les programmes sans toucher à l’architecture du lycée, non seulement ne répond pas aux besoins, mais conduit à de nouveaux impacts inquiétants pour les poursuites d’études. L’option de 3h de maths complémentaires de terminale devenant accessible après l’option de 1h30, alors que son accès est pour l’instant réservé aux seuls élèves ayant suivi la spécialité maths4, ce parcours sera donc nettement insuffisant, en contenu et en horaire, pour accéder à de nombreuses formations de l’enseignement supérieur... L’allègement prévu des programmes de la spécialité maths et de la seconde remet en question l’ambition ministérielle d’un programme plus exigeant que dans l’ancienne série S".

 

 

Le système

" D’habitude, nous sommes convoqués dans notre bassin ou au maximum à 50 minutes sur Alençon, Sées ou Argentan mais là cela dépasse l’entendement", confient des enseignants au journal Le Perche. Dans l'Orne des correcteurs du brevet ont été convoqués à 2 heures de chez eux. Cette situation, pas extraordinaire en Ile-de-France, est très mal vécue dans l'Orne. Au point que le rectorat de Caen a modifié les convocations. Comme quoi c'est possible...

 

Dans Le Perche

 

Le système

Aline Vo Quang est nommée Dasen de l'Aube en remplacement de F Bablon. Philippe Destable devient Dasen de la Haute Saône en remplacement de L Menissier.

 

Au JO

 

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La classe

" Plus de 1,5 million d’élèves scolarisés en classe de sixième, de seconde ou de première année de CAP ont été interrogés par la DEPP à la rentrée 2021 sur leurs conditions de travail, leur confiance en eux et leurs orientations futures", annonce la Depp dans une nouvelle Note. "Les résultats font apparaître des différences entre filles et garçons. Pour ce qui est du temps de travail déclaré, les filles se distinguent par un plus fort investissement en classe de seconde comme en première année de CAP. Quel que soit leur niveau de maîtrise, notamment en mathématiques, elles se déclarent moins confiantes que les garçons dans leurs performances aux évaluations, aussi bien en sixième qu’en seconde ou en première année de CAP. De même, à tous les niveaux interrogés, elles se projettent dans l’année scolaire de façon moins sereine que les garçons. Enfin, les orientations et les poursuites d’études envisagées varient aussi selon le sexe".

 

La Note

 

La classe

"Sculptrice de nuages, éviteur de peine, chasseuse de chagrin, enleveur de bâillon" : voilà ce que les enfants de l'école Rampal à Paris souhaitent devenir. Ils le chantent, ils le dansent dans une nouvelle vidéo réalisée par Yves le Coz avec la participation d'Amélie de la Fontaine. Cette année encore la vidéo d'Y Le Coz nous renvoie avec force la beauté du métier d'enseignant. Les enfants sont beaux. Ils sont dignes. La démarche pédagogique transcende l'orientation en une aventure profondément humaine. Le tout dans un style différent des vidéos précédentes. Ce n'est pas la première fois qu'Yves Le Coz nous touche directement au coeur. Mais comment fait il pour se renouveler chaque année ? Avant de quitter cette année scolaire, faites vous plaisir : regardez la vidéo.

 

La vidéo

Amélie de la Fontaine

Yves le Coz

 

 

Les disciplines

Proposé par une équipe d'enseignants de collège de l'académie d'Amiens, ce padlet regroupe des ressources pédagogiques sur le jeu en histoire-géo. On y trouve des réflexions sur le jeu et ses usages. Mais aussi de nombreux jeux classés par discipline et niveau.

 

Le padlet

 

 

Les disciplines

Val-de-Fontenay (94) tel que les élèves la vivent.  Sur le blog Visions Carto, Alice Pascal présente des cartes réalisées par des élèves de 1ère du lycée Picasso en HGGSP. Grâce au soutien de l’équipe du lycée, du festival Africolor et de la ville de Fontenay-sous-Bois (94), nous avons pu tisser, tout au long de l’année, un travail original et éclectique sur le thème des « frontières »", explique A Pascal. Les travaux des élèves montrent les frontières du quotidien (espaces que l'on aime ou pas, carte du bruit, communications etc.). Un travail très intéressant qui transforme les élèves en géographes de terrain. Curieusement dans les cartes présentées, la frontière sociale, qui est très marquée à Val de Fontenay, n'apparait pas.

 

Les cartes

 

 

Les disciplines

La dette publique va-t-elle nous écraser? C'était le thème du dernier café sciences sociales de l'APSES Orléans-Tours. Avec la participation de Christophe Blot et Jean-Paul Pollin.

 

La vidéo

 

 

La vidéo


 L'Edito

"2021-2022 est une année où il faut savoir traverser le tunnel", écrivions nous à l'occasion de la rentrée. Drôle de tunnel. Les trains de réformes s'y succèdent et à chaque passage arrachent quelques mémorables pans de murailles laissant tomber les pierres. De puissants ouvriers ont entrepris d'en boucher les extrémités et d'éteindre la lumière. A ce rythme là le tunnel risque de se transformer  en voie sans issue.

 

Parfois on se trompe. On suit l'air du temps. Et on a tort. Au moment de la rentrée, il nous a semblé que l'image du tunnel reflétait l'état d'esprit des enseignants. Il s'agissait d'attendre, à l'aide des petites joies qu'apporte encore le travail, mai 2022 pour tourner la page. D'ici là l'Ecole semblait à l'abri du combat politicien. Macron semblait peu intéressé par la question scolaire. Quant à M. Le Pen...

 

On s'est bien trompé. Dès le 2 septembre (le lendemain de la publication du "tunnel" !), Emmanuel Macron annonçait un projet ultra libéral pour l'Ecole. Rien de moins que doter les écoles de super managers ayant le pouvoir de choisir les enseignants et de leur imposer un...
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