L'Expresso du 23 octobre 2018

Le fait du jour

On a eu peur pour cette professeure. Cet incident nous a tous choqué. La violence subie par l'enseignante de Créteil suscite une grande émotion. Parfaitement légitime, elle dépasse maintenant cet incident. Ce qui remonte avec une très grande force à travers la multiplication des témoignages d'enseignants sur les réseaux sociaux et dans la presse c'est le ras le bol des professeurs envers leur institution. Ils ne se sentent ni soutenus ni traités correctement. S'ils s'identifient si fort à l'enseignante de Créteil c'est qu'ils sont brutalisés par l'institution depuis des années. Il est temps d'écouter les profs.

 

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Le fait du jour

Que faire après Créteil ? Alors que le pouvoir politique s'agite, dit vouloir "rétablir l'ordre",  déscolariser les élèves auteurs de violences et interdire le portable dans les lycées, que nous disent les recherches ? Expert reconnu internationalement, Eric Debarbieux, ancien délégué ministériel chargé de la prévention de la lutte contre les violences en milieu scolaire, pointe déjà l'inefficacité de l'interdiction des portables. Il rappelle ce qui a été fait. Il pointe aussi dans cet entretien accordé au Café pédagogique ce qui reste à faire.

 

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Le fait du jour

Après le Japon, la France est le pays de l'OCDE où la composition sociale de l'école explique le plus l'inégalité de résultats scolaires en sciences. C'est une des informations apportées par Pisa 2015 qui sort le 23 octobre un nouveau volume sur l'équité en éducation. La France fait encore figure de mauvais élève en matière d'inégalités sociales à l'école, même si quelques progrès on eut lieu en 10 ans.

 

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La classe

Salle comble pour l’intervention de Rémi Brissiaud à l’université d’automne du SNUipp le 20 octobre. 400 enseignants réunis pour entendre le chercheur associé au laboratoire Paragraphe de l’université Paris 8 et membre du Conseil scientifique de l'AGEEM. L’occasion pour cet ancien maître de conférence en psychologie cognitive  d’expliquer en quoi les choix du ministre de l'éducation concernant le calcul et la résolution de problèmes doivent inquiéter la profession.

 

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La classe

Sylvie Plane, professeure émérite en sciences du langage à Sorbonne Université, a été Vice-Présidente du Conseil Supérieur des Programmes lors de l’élaboration des programmes de 2015, avant d’en être démissionnée en janvier 2018. Lors de la 18e Université d’Automne du SNUipp-FSU, elle explore l’évolution de la place accordée à la compréhension de la langue écrite et orale, dans les programmes 2008 et 2015 et dans les textes officiels qui révisent ceux-ci en 2018. Rappelant le consensus sur l’importance de la compréhension dans les programmes, elle pointe les actuels renoncements de textes ministériels qui s’en remettent à un lien incident entre une maîtrise première du code et une compréhension périphérique induite. Pourtant, l’objectif de la réussite de tous les élèves invite à toujours les combiner et à prendre appui sur des apprentissages explicites de la langue orale et du lexique, à condition de ne pas le réduire à des listes de mots.

 

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Le système

Dans Le Parisien, JM Blanquer promet qu'il va "rétablir l'ordre". Les syndicats et les parents s'expriment également. La Peep, la Fcpe arrivent à des propositions opposées. La Fsu et le Sgen Cfdt réagissent au mouvement #Pasdevagues.

 

"Nous allons rétablir l’ordre et l’autorité dans tous les établissements qui se trouvent en situation dégradée", promet JM Blanquer dans Le Parisien. Il n'aura pas fallu beaucoup de temps au ministre pour se retrouver dans le discours d'un ministre ordinaire. Sans aucun regard pour le mouvement #Pasdevagues, le ministre promet "une batterie de réponses, en termes éducatif et de sanction...
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Le système

Le Journal officiel du 20 octobre annonce la nomination de nouveaux dasen dans le 77 et la Charente maritime (Valérie Debuchy et Anick Baillou). Trois dasen adjoints sont également nommés : Corinne Melon passe du Maine et Loire à la Guyane, Catherine Moalic (une IEN) est nommée dans l'Oise, Nathalie Malabre dans le Nord.

 

Au JO

 

Le système

"Une faible considération pour le travail enseignant" et "un message catastrophique pour ceux de maternelle", c'est ce que Roland Goigoux lit dans les évaluations nationales de Cp et Ce1. Dans un document il analyse pas à pas le contenu des évaluations qu'il éclaire de sa grande compétence sur l'apprentissage de la lecture et l'écriture. "On a confié la construction des  évaluations aux cognitivistes du Conseil scientifique de l'Education nationale qui ne connaissent pas l'école", écrit-il. Pour lui un test passé en tête à tête ne peut pas devenir valablement un test passé en classe. Il montre à partir de son étude Lire Ecrire que ce sont les habiletés de haut niveau, la compréhension, qui font la différence entre bons décodeurs et les autres. Or elles sont peu évaluées dans les tests à la différence du déchiffrage. Il explique comment les seuils ont été calculés a postériori "de manière à ne pas avoir trop d'élèves à besoins". Pour lui ces tests apporteront une réponse inadéquate aux enseignants les invitant à faire "plus de phonologie pour compenser des difficultés phonologiques alors qu'il faudrait plus de phonographie, plus de décodage... alors qu'il faudrait plus d'encodage".

 

Sur son site

 

Le système

" Alors que la refondation de l’éducation prioritaire a donné un cadre bien accepté par les acteurs et bien piloté nationalement, le nouveau gouvernement, pour des raisons purement politiques, au lieu de s’appuyer sur les acquis n’a de cesse de les discréditer pour faire advenir des procédures qu’il prétend plus efficaces mais qui sont surtout plus faciles à mettre en œuvre puisqu’elles ne portent que sur des moyens budgétaires et non sur un ensemble systémique cohérent qui donne une place décisive à la question de la qualité de l’enseignement, et donc au travail collectif et à la formation des personnels. En réduisant la question de l’éducation prioritaire à une territorialisation de l’éducation parmi d’autres, il contribue à remettre en question la notion de priorité. On en comprend les raisons politiques, la plupart des habitants de ces quartiers ne votent pas. On ne peut l’accepter au nom de la lutte pour l’égalité", écrit Marc Bablet, ancien responsable de l'éducation prioritaire, sur son blog. " On  peut même craindre que le fait de retirer le label ait un effet d’invisibilité pour l’institution elle-même qui a déjà bien du mal à tenir véritablement une politique prioritaire dans la durée de manière sérieuse et durable."

 

Sur son blog

Pour le Café rapport de la cour des comptes

Où va le gouvernement ?

 

 

Le système

Depuis quand un responsable de l'Etat s'exprime t-il dans un tract politique ? "Il y a un véritable engouement chez les enseignants", affirme Christian Wassenberg, dasen du 93, dans un tract distribué par En Marche dans le département. Le PS 93 interroge le devoir de réserve de ce fonctionnaire d'autorité. "M Wassenberg peut-il continuer à exercer ses fonctions alors qu'il s'affiche clairement comme un militant En Marche", demande le Ps93. "En Marche pense t-il être propriétaire de l'expression des agents de l'Etat ?"  Le Ps demande à JM Blanquer des explications. Les professeurs du 93 savent désormais qu'ils n'ont plus d'obligation de réserve...

 

 

L'élève

1er mars 2017, trois lycéens rentrent de Bruxelles avec leur classe de terminale gestion administration. Ils sont fouillés et controlés par des policiers dans la Gare du nord. Le lendemain, Elise Boscherel Deniz", leur professeure, "tente de porter plainte au commissariat de Saint Denis en vain. Les élèves arrivent eux à porter plainte. Le procès a lieu en ce moment. "Les jeunes non blancs sont le cibles privilégiés des forces de l'ordre", écrit sur Mediapart leur groupe de soutien. "

 

Dans Libération

Sur Mediapart

 

La classe

Que penser des nouveaux programmes de mathématiques ? Avec l’arrivée de la fonction exponentielle en 1ère, des valeurs absolues en 2nde et un pan entier dédié à l’algorithme et la programmation, les nouveaux programmes de maths sont plus exigeants que les précédents.  Régis Kéréneur, enseignant de mathématiques au lycée Eugène Freyssinet à Saint-Brieuc (22) livre son premier regard sur ces nouvelles exigences demandées aux lycéens. Comment les enseignants seront-ils formés au langage Python ? Comment les anciens élèves de 3ème assimileront les raisonnements abstraits exigés ? Quelle part raisonnable accorder à l’histoire des maths ? Les questions soulevées sont nombreuses.

 

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La classe

Des garçons plus interrogés par les enseignantes et les enseignants que les filles, qui s’imposent dans les cours de récréation, mais des filles qui réussissent mieux que les garçons sans parvenir à transformer cet avantage dans le monde du travail. Quelques jalons parmi d’autres posés par Gaël Pasquier (Espe de Créteil) lors de l'Université d'automne du Snuipp le 20 octobre. Bien que des textes y encouragent, l’école travaille peu ces questions. Pour autant, des PE (Profs des écoles) tentent de placer comme objectif la question de l’égalité des sexes et des sexualités. Que produit leur travail quand on sait la complexité des processus de discrimination ? Les discriminations sont le fruit de processus complexes et se mettent en place bien souvent sans que les PE en aient conscience. Que se passe-t-il dans la classe ? Leur action produit-elle mécaniquement de l’égalité ? A partir d’entretiens, le chercheur a tenté de répondre à ces interrogations.

 

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La classe

André Antibi et le Mouvement contre la constante macabre organisent un nouveau colloque à Paris le 20 novembre. Il sera l'occasion d'ateliers de pratiques, d'une conférence de JM Blanquer...

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Lisez l'article...

 

La classe

L'animal inconnu, l'animal familier, l'animal humanisé : ces trois axes sont proposés aux professeurs des écoles dans le cadre d'une nouvelle édition du concours organisé par le Snuipp Fsu, la BNF, la ligue de l'enseignement, le Café pédagogique et de nombreux éditeurs de littérature de jeunesse. Les classes peuvent dorénavant s'inscrire. Le plus beau projet pédagogique gagnera un séjour en classe de découverte , transport compris. Les autres des tablettes, des livres...

 

Lisez l'article...

 

L'élève

Les économistes savent-ils de quoi ils parlent quand ils traitent de pédagogie ? Probablement pas. Leurs arguments sont-ils recevables quand ils reposent sur des données fausses ? Non. C'est pourtant ce que font Yann Algan, Elise Huillery et Corinne Prost dans une Note du Conseil d'analyse économique sur "la confiance... pour une école du XXIème siècle".

 

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Les disciplines

C'est un fait unique qui va se produire à Tours les 15 et 16 novembre. Depuis 6 ans, Stéphane genêt, professeur d'histoire-géographie, dirige avec sa collègue documentaliste, Sylvie Mercadal, un événement culturel qui engage tout son lycée (Choiseul) et rayonne sur Tours et son département.  Les 15 et 16 novembre, les Salons Choiseul s'offrent une 6ème édition. Plus de 50 conférenciers sont attendus pour traiter de l'animal. Parmi eux, des enseignants du lycée se glissent entre des célébrités : Eric Baratay, Georges Chapoutier, Wiliam Blanc, Charles Diaz, Jean Trinquier, Serge Berthier, Florent Quellier, Michel Philippe etc. On mélange les disciplines dans des interventions à deux voix où se croisent les regards scientifiques et littéraires. Près de 10 000 personnes sont attendues au lycée Choiseul. Un événement à ne pas manquer !

 

Les Salons Choiseul

En 2017 dans le Café

 

 

Les disciplines

Les dinosaures ont disparu. Les trous noirs sont invisibles. La science est plutôt une affaire d’hommes. La Terre est ronde. Un jour, on pourra vivre sur Mars. Humains et animaux ont les mêmes maladies. Les ordinateurs nous supplanteront un jour. L’homme descend du singe... 25 "vraies fausses idées", parfois des idées "chaudes", sont analysées dans ce livre publié à l'occasion de la Fête de la science et que les établissements scolaires peuvent recevoir gratuitement nous promet Eduscol.

 

Sur Eduscol

 

  

La vidéo


 L'Edito

On pensait avoir vécu des réformes à un train d'enfer durant la première année du quinquennat. Pourtant il apparait qu'une nouvelle accélération s'impose sous nos yeux. Elle résulte d'un nouveau cap pris par le gouvernement depuis le mois de juin. La seconde année du quinquennat sera vraiment celle des réformes ou au moins des tentatives de grand changement. C'est vrai dans de nombreux domaines, dont l'éducation qui nous intéresse plus particulièrement.

 

Imposer le changement sans s'en donner l'air. Il semble que cela ait été le fil suivi par JM Blanquer tout au long de sa première année rue de Grenelle. Modèle du genre, la réforme des rythmes. Le ministre semble laisser le terrain  décider et obtient la suppression de la semaine de 4 jours et demi. Une contre réforme sans doute néfaste pour les élèves mais qui est bien accueillie chez les adultes, aussi bien enseignants que collectivités territoriales. Et qui permet de récupérer quasi immédiatement près de 500 millions.

 

Même opération pour le collège. En "assouplissant" les règles le ministre obtient le retour au statu quo ante. Et là aussi ce n'est pas pour déplaire aux enseignants. Car JM Blanquer sait ménager ses troupes. Quitte à se détourner les annonces présidentielles. Alors que le président veut un bac avec 4 épreuves, finalement son ministre impose un bac avec encore plus d'épreuves qu'avant. Cela permet de maintenir un ersatz de diplôme national, ce qui est (...)

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