L'Expresso du 16 octobre 2018

Le fait du jour

Fourre tout législatif, le projet de loi Blanquer avance des dispositions très différentes et surtout obscures. Sur bien des points les objectifs poursuivis ne sont pas affichés. Or les échanges avec l'entourage du ministre confirment les craintes que l'on a exprimé. Oui les expérimentations ouvrent la porte à l'annualisation des service. Oui l'instruction obligatoire à 3 ans va se traduire par un transfert d'argent vers le privé. Oui l'évaluation des politiques éducatives sera faite par les proches du ministre. Oui les évaluations des écoles et des collèges seront publiées.

 

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Le fait du jour

"Trois voix pour un projet de loi. C'est peu. Ils se sont rendus compte qu'ils y vont fort". Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes Fsu, résume assez bien la réunion du Conseil supérieur de l'Education (CSE) du 15 octobre. Le projet de loi Blanquer a fait consensus. Mais contre lui. A quelques semaines des élections, réunir ainsi les syndicats, il fallait le faire...

 

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Le système

Alors que le ministre prépare un projet de loi qui supprime le Cnesco, des parlementaires, des chercheurs , des syndicats se sont manifestés pour demander le maintien de cet organe indépendant. Ancien directeur du  CREN et professeur à l’université de Nantes, Yves Dutercq a travaillé à plusieurs reprises avec le Cnesco. Il explique pourquoi le travail d'évaluation du Cnesco est irremplaçable.  

 

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La classe

Des fiches pour réviser ? Oui . Mais des questions imaginées par les élèves. A partir de questions créées de façon collaborative par ses lycéens, Geneviève Ponsonnet, enseignante de physique-chimie au lycée Blaise-Pascal à Orsay (91) met en place des séances de mémorisation pendant le cours. Les notions vues en classe ou des applications directes du cours sont intégrées sur des cartes papiers disponibles en séance. « En moins de 10 minutes, chaque élève balaie les 36 questions ». Pour l’enseignante, l’idée « est d’augmenter l’ancrage des notions ». Transposable dans d’autres disciplines, cette pratique est également possible en ligne. Décryptage des flashcards avec Geneviève Ponsonnet.

 

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Le système

Dans Les Echos, les responsables des grandes villes craignent le coût de la loi Blanquer. Elles devront verser aux écoles maternelles privées  la même somme que pour le public, soit environ 800€ par enfant. "L'Etat ne va compenser que pour une minorité de communes", explique B Vételé, maire adjoint de Blois. Seules celles qui n'ont jamais donné d'accord pour une école maternelle privée sous contrat seront prises en charge.

 

Dans Les Echos

 

 

Le système

" Une dizaine de collègues enseignant en CP et/ou CE1, nous a alerté concernant une visite de leur IEN pour faire le point sur leur méthode et outils en français et mathématiques... L’objectif serait d’aider l’enseignant·e à avoir un regard critique et analytique sur sa pratique. Néanmoins, l’IEN-A explique que les IEN pourront être amené·es à faire comprendre aux collègues qu’il y a des méthodes de lecture qui ne sont pas assez efficaces...et qu’in fine un.e enseignant.e qui ne se montrerait pas assez efficace pourrait être amené.e à changer de niveau de classe". Le Snuipp 44 publie un compte rendu d'audience auprès de l'Inspecteur d'académie de Loire Atlantique qui met en évidence le changement "en marche" dans le département. On notera aussi la mention sur les maitres +, un dispositif qui " n’était pas satisfaisant"...

 

Sur le site Snuipp 44

 

 

Le système

"Non, les résultats aux évaluations ne montrent pas que "  23 % des élèves en début de CP ont des difficultés à reconnaître les lettres et le son qu'elles produisent ", nous écrit Roland Goigoux. "Ils montrent seulement que 23 % des élèves échouent à un exercice (n°1, séance 1) très contestable. Cet exercice inventé pour la circonstance ne correspond ni à la tradition scolaire des évaluations, ni aux tests psychologiques standardisés qui se passent tous en tête-à-tête à cet âge-là... Dans ce test, les enfants devaient entourer parmi cinq lettres écrites celle qui correspondait au son qu'ils entendaient au début d'un mot monosyllabique que le maitre leur donnait. Par exemple " feuille " ou " bulle ". Autrement dit, il fallait d'abord qu'ils soient capables de discriminer un phonème (un son élémentaire du langage) en position initiale dans une syllabe de structure CVC (Consonne-voyelle-consonne), ce qui représente une habileté phonologique complexe, généralement hors de portée des enfants à qui on n'a pas encore appris à déchiffrer et qui, par ailleurs, n'est pas au programme de l'école maternelle. Ensuite, les enfants devaient sélectionner l'écriture correspondant au son qu'ils venaient de discriminer. Bref il était normal et prévisible qu'ils échouent. Cela n'est en rien l'indice d'un échec de l'école".


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Le système

En raison des précipitations et des inondations dans le département de l'Aude, les écoles et les établissements scolaires du département de l'Aude restent fermés le 16 octobre annonce l'académie de Montpellier. Les transports scolaires sont suspendus.

 

Sur le site académique

 

 

Le système

Très courageusement le maire FN de Beaucaire, Julien Sanchez, s'en prend aux enfants de sa commune. Selon Libération, la mairie sert un repas unique à base de porc dans les cantines de la ville tous les lundis. 

 

Dans Libération

 

 

Le système

"La remontée de la pauvreté à partir des années 2000 constitue une rupture dans l’histoire sociale de notre pays", écrit l'Observatoire des inégalités qui publie une étude (gratuite) sur la pauvreté en France. "La France est l’un des pays qui amortissent le moins mal le choc pendant les crises économiques comme celle amorcée en 2008, même si une grande pauvreté persiste. Deuxièmement, la pauvreté offre des visages très différents, des mères seules aux immigrés, en passant par des jeunes sans qualification ou des personnes âgées. Les politiques publiques doivent en tenir compte. Troisièmement, nous nous intéressons aux trajectoires : il n’existe ni trappe à pauvreté dans laquelle les individus tomberaient à tout jamais, ni reproduction mécanique entre parents et enfants. Pour autant, la progression des inégalités de revenu et d’éducation tend de plus en plus à figer les situations".

 

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Le système

Le J.O. du 14 octobre a publié la grille des indemnités spécifiques aux enseignants des établissements français à l'étranger. Elle prend effet au 1er octobre.

 

Au JO

 

 

La classe

"Les expérimentations grandeur nature posent de réelles questions théoriques et pratiques concernant le transfert et la généralisation des résultats obtenus avec de petits groupes sur quelques dizaines d'enfants à des grands groupes sur des centaines d'enfants", écrit Edouard Gentaz dans La Recherche. Racontant l'échec d'un programme d'apprentissage de la lecture en classe de CP, il en tire des conclusions qu'ont peut-être oublié  les concepteurs des évaluations Blanquer. "Cette recherche illustre parfaitement le débat ancien sur l'utilisation des résultats de la recherche : comme le soulignait le psychologue William James il y a plus d'un siècle, les descriptions psychologiques ne peuvent se transposer directement en prescriptions éducatives spécifiques. Car on ne peut déduire de résultats de recherche, spécifiques à une situation, des procédures détaillées, applicables à toutes les situations et pour tous les publics, même s'il existe une perméabilité entre pédagogie et science, souvent plus importante qu'on ne le pense. C'est ce que signale cette étude, qui montre que, si les résultats sur l'apprentissage de la lecture issus des sciences cognitives sont solides et si les principes pédagogiques qui en découlent sont désormais bien connus, leur mise en application dans les classes demande encore un effort considérable de recherches interventionnelles".

 

Dans La Recherche

Sur les évaluations CP dans le Café

 

 

La classe

L'animal inconnu, l'animal familier, l'animal humanisé : ces trois axes sont proposés aux professeurs des écoles dans le cadre d'une nouvelle édition du concours organisé par le Snuipp Fsu, la BNF, la ligue de l'enseignement, le Café pédagogique et de nombreux éditeurs de littérature de jeunesse. Les classes peuvent dorénavant s'inscrire. Le plus beau projet pédagogique gagnera un séjour en classe de découverte , transport compris. Les autres des tablettes, des livres...

 

Lisez l'article...

 

 

L'élève

"La part des étudiants sortant non diplômés de l’enseignement supérieur après une inscription en  STS est aussi importante que celle des étudiants inscrits à l’université. Sept ans après avoir obtenu leur bac, 27 % des bacheliers 2008 qui s’étaient inscrits en STS ont quitté l’enseignement supérieur sans aucun diplôme, une part identique à celle des inscrits en licence", écrit le Cereq qui publie un "Bref" sur ce profil d'étudiants mal connu. " Les études des déterminants individuels de l’abandon ont montré que les hommes, les bacheliers technologiques et plus encore les bacheliers professionnels, les jeunes issus de milieu populaire, ainsi que ceux qui ont subi une orientation contrainte, ont davantage de risque de « décrocher »... Les jeunes quittant les STS sans diplôme reprennent moins souvent des études par la suite que leurs homologues sortant de l’université".

 

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Les disciplines

Les vidéastes Youtube pour former les profs ? C'est ce que propose avec le soutien du ministère, La main à la pâte qui lance "Billes de sciences", une chaîne Youtube. "A l’occasion de la Fête de la science, la Fondation La main à la pâte a lancé la chaîne YouTube « Billes de Sciences », dédiée aux professeurs de l’école primaire et de collège. Cette nouvelle chaîne est animée par des vidéastes scientifiques qui présentent, dans un format court et accessible, des expériences originales et stimulantes à faire en classe, suivies d’un éclairage scientifique", écrit La Map. "Une grande diversité de thèmes sera traitée, de la physique à la biologie en passant par la chimie ou les mathématiques, en lien direct avec le programme de science de l’école primaire et du collège", annonce La Main à la pâte. Ce programme est soutenu par le ministère.

 

Sur Youtube

 

 

Les disciplines

Dans le cadre des Rencontres du Ciel et de l'Espace et du partenariat établi avec Universcience, le CNES animera, les 2, 3 et 4 novembre 2018, à la Cité des sciences et de l’industrie, à Paris, le dispositif Un ingénieur, un projet  sur le thème des ballons stratosphériques : une activité qui offre une approche unique d’études, en recherche fondamentale et appliquée. Une exposition de ballons en taille réelle et des stands présenteront, au public, l’étendue de cette thématique. Le public pourra rencontrer des ingénieurs du CNES et des chercheurs du CNRS et mieux comprendre la complémentarité entre recherche et ingénierie. Des présentations seront également proposées par des chercheurs en météorologie, étude atmosphérique, astrophysique et astronomie. Des ateliers « gonflage  de ballons » et une immersion en réalité virtuelle à bord d’un ballon stratosphérique sensibiliseront les plus jeunes.

 

Présentation

 

 

Les disciplines

Faire découvrir la démarche scientifique au plus grand nombre, c'est ce que souhaite l'équipe d'Audimath qui lance un nouveau concours VideoDiMath. Le concours s'adresse à des classes de niveau collège ou lycée. Plusieurs projets peuvent être soumis par une classe. " Les vidéos d’une durée maximum de 3 minutes (pas de durée minimale) permettront aux élèves de se poser une question de mathématiques et l’exposer avec dynamisme pour montrer que les mathématiques sont autour de nous, actuelles et plaisantes", expliquent les organisateurs "Ce concours peut aborder des problèmes mathématiques (géométrie, calcul, infini, probabilités...) mais également tous les domaines en interaction avec les mathématiques (mathématiques et histoire, mathématiques et santé, mathématiques et biologie, mathématiques et physique, mathématiques et technologie, mathématiques et sport, mathématiques et société, mathématiques et musique, mathématiques et arts)".

 

Découvrir le concours

 

 

La vidéo


 L'Edito

On pensait avoir vécu des réformes à un train d'enfer durant la première année du quinquennat. Pourtant il apparait qu'une nouvelle accélération s'impose sous nos yeux. Elle résulte d'un nouveau cap pris par le gouvernement depuis le mois de juin. La seconde année du quinquennat sera vraiment celle des réformes ou au moins des tentatives de grand changement. C'est vrai dans de nombreux domaines, dont l'éducation qui nous intéresse plus particulièrement.

 

Imposer le changement sans s'en donner l'air. Il semble que cela ait été le fil suivi par JM Blanquer tout au long de sa première année rue de Grenelle. Modèle du genre, la réforme des rythmes. Le ministre semble laisser le terrain  décider et obtient la suppression de la semaine de 4 jours et demi. Une contre réforme sans doute néfaste pour les élèves mais qui est bien accueillie chez les adultes, aussi bien enseignants que collectivités territoriales. Et qui permet de récupérer quasi immédiatement près de 500 millions.

 

Même opération pour le collège. En "assouplissant" les règles le ministre obtient le retour au statu quo ante. Et là aussi ce n'est pas pour déplaire aux enseignants. Car JM Blanquer sait ménager ses troupes. Quitte à se détourner les annonces présidentielles. Alors que le président veut un bac avec 4 épreuves, finalement son ministre impose un bac avec encore plus d'épreuves qu'avant. Cela permet de maintenir un ersatz de diplôme national, ce qui est (...)

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