L'Expresso du 06 mars 2015

Le fait du jour

Papa scientifique, maman littéraire ? Dans une étude publiée le 5 mars, l'OCDE dévoile les écarts de performance entre filles et garçons et tente d'en comprendre les mécanismes. Car les filles peuvent être aussi bonnes en sciences que les garçons. Les garçons apprennent à devenir aussi bons en compréhension de l'écrit que les filles. Pourtant le destin des unes et des autres est tracé par le poids des stéréotypes qui, au final, piègent les filles. L'Ecole peut lutter contre les stéréotypes de genre. Mais l'Ecole ne peut pas tout nous dit aussi l'OCDE.

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Le fait du jour

Sa désignation à la tête de la direction générale de l'enseignement scolaire (Degesco) en mai 2014, n'est pas passée inaperçue : la nomination d'une femme au poste de n°2 du ministère de l'éducation nationale constituait un véritable événement. Mais fallait-il le souligner, s'en féliciter ou feindre que ce soit banal ? Fallait-il évoquer ou non ses quatre enfants, qu'on n'aurait sans doute pas mentionnés pour un homme ? La question a fait polémique et la réponse n'est pas simple. Car si l'on aimerait que cela aille de soi, il n'est encore pas si anodin pour une femme d'accéder à un poste élevé, ni pour une mère de famille nombreuse d'assurer une brillante carrière. A l'occasion de la Journée de la Femme, nous avons rencontré Florence Robine pour évoquer avec elle les étapes de son parcours professionnel.

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Le fait du jour

Parité, égalité, mixité : l'éducation nationale se veut exemplaire dans ce domaine, où elle se propose de créer les conditions précoces d'un rééquilibrage entre filles et garçons. Mais quel exemple l’institution donne-t-elle ? Hautement féminisé, le ministère de l’Éducation n'en continue pas moins de proroger une hiérarchie sexuée de ses personnels : en bas de la pyramide, presque uniquement des femmes, en haut, des hommes. Avec à sa tête une femme ministre venue du Droit des Femmes, une directrice Degesco et de nouvelles femmes-rectrices, peut-on encore vraiment soupçonner le Ministère de l'Education nationale de sexisme ?

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Réforme

Comment changer l'Ecole ?

L'échec de la démarche empruntée par la ministre pour changer l'évaluation siffle-t-elle la fin des réformes ? Certains l'espèrent et s'affolent d'une "offensive" des réformistes. Chez ces derniers c'est la consternation et même le sentiment d'une trahison. Tout d'un coup on s'interroge sur la ligne politique d'un ministère dont on se sentait si proche. Et si cet (...)

Pédagogie

Quand le collège passe au "sans note" : épisode 4 : Après le dégonflage du débat sur l'évaluation

Quel impact a eu le crash de la conférence sur l'évaluation sur l'expérience de classe sans note suivie par Frédéric Jovi ? Depuis la rentrée, nous suivons grâce à Frédéric Jovi, professeur de technologie, les étapes de la mise en place d'une nouvelle évaluation par compétences dans ce collège. Vous retrouverez régulièrement le récit de cette expérience dans Le Café (..)

Les événements dramatiques vécus en France ces dernières semaines et l’intense questionnement qui a suivi ont conduit à mettre en cause les capacités de l’institution scolaire à donner aux jeunes français, partout sur le territoire, un cadre de compréhension des valeurs de la république qui facilite la paix civique, la tolérance, leur inscription et leur confiance dans l’avenir.

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Le système

Reçu par la ministre, le Sgen souligne sa désapprobation des changements qui seront apportés au calendrier scolaire. L'ajout d'un jour de congé pour le pont de l'Ascension "ne va pas favoriser le travail des élèves en classe d'examen", souligne le Sgen qui préférerait une refonte globale du calendrier sur cette foin d'année. Mais sa désapprobation porte surtout sur la suppression des deux demi journées banalisées en début d'année. Ces moments servaient au primaire à fixer en équipe des progressions et des projets. A la place le ministère consacrera ces moments à des consultations. "Les enseignants sont floués dans leur travail", estime Adrien Ettwiller, secrétaire national, interrogé par le Café pédagogique.

 

Le système

Quand saurai-je que ma demande est acceptée ? A quel niveau sont les barres d'admission? Le Snes publie le calendrier prévisionnel des commissions et leurs résultats au jour le jour.

 

Le calendrier

Le système
Secrétaire d'Etat à l'enseignement supérieur, Geneviève Fioraso a donné sa démission le 5 mars. Elle avait déjà demandé à quitter ses fonctions au début de l'année. En poste depuis 2012, elle a porté a loi d'orientation pour la recherche et l'enseignement supérieur. Elle a poussé les universités à se regrouper en 25 nouveaux ensembles plus à même d'être présents à l'international. Son bilan reste très contesté dans l'enseignement supérieur. G Fioraso a aussi impulsé un élan pour la démocratisation de cet enseignement : accès des bacheliers technologiques et professionnels en IUT et BTS, logement étudiant, bourses. Un bilan diminué par un dernier projet d'orienter les bacheliers professionnels vers une filière supérieure spécifique.
La classe

" Certains disent qu'il faut apprendre l'informatique, le code". Bruno Devauchelle analyse le débat actuel sur le numérique à l'école, débat dont bien des éléments datent des années 1980. " Opposer les approches les unes aux autres est une erreur"; dit-il. "Vouloir forcer tel ou tel aspect de manière formelle dès le plus jeune âge serait une autre erreur. Ne rien faire serait encore pire, bien sûr... Au lieu de penser globalement chacun tente de défendre son territoire de compétences alors que la question est bien plus systémique qu'on ne le pense".

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La classe

Cette année le 10 mai tombant un dimanche, le ministère appelle les écoles et établissements à commémorer la traite et l'esclavage le lundi 11 mai. " Dès l'école élémentaire et le collège, les enseignements, en particulier d'histoire-géographie, permettent à tous les élèves d'acquérir des connaissances sur la question des traites, des esclavages et de leurs abolitions. Ces connaissances doivent leur permettre de comprendre la singularité d'une histoire longue et complexe et de ses héritages. Elles peuvent aussi les aider à développer une réflexion civique toujours actuelle sur le respect de la dignité et de l'intégrité de l'être humain".

 

Au BO

La classe

Le BO du 5 mars publie les situations d'évaluation retenues pour l'épreuve de compétences expérimentales au bac S 2015.

 

Au BO

L'élève

Le Centre Pompidou présente la première rétrospective en Europe de l’œuvre de l’artiste américain Jeff Koons. Quelque cent sculptures et peintures des années 1980 à aujourd’hui, venues du monde entier et réunies pour la première fois, invitent à poser un nouveau regard sur l’œuvre de l’un des artistes les plus célèbres et controversés de notre temps, le « Dernier des Pop ». Les familles sont attendues avec leurs enfants, dès …2 ans, des ateliers ludiques et créatifs leur sont proposés. Les enseignants peuvent organiser des visites autonomes ou opter pour des visites commentées.

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L'élève

Du 6 au 8 mars, à Paris, le Salon de l'Etudiant s'adresse aux lycéens et étudiants qui veulent conforter leur choix d'orientation. "Qu'il s'agisse de réussir son bac, ne pas rater ses démarches sur le portail APB, de choisir des études après un bac pro, d'envisager l'international, de poursuivre après un bac+2/+3, ou même de se réorienter, le Salon de l'Etudiant permet à tous de trouver les informations nécessaires pour faire les bons choix pour l'avenir", disent les organisateurs. Le salon accueille 600 exposants avec cette année un espace spécial dédié à la poursuite d'études après le bac pro.

 

Le salon

Les disciplines

Les traites négrières et l'esclavage sont une des questions socialement vives soulevées en cours d'histoire-géographie. Pierre Carlon, doctorant Université Lille 3, rend compte, dans la revue Recherches en éducation, d'une étude portant sur la façon dont les enseignants s'emparent de cette question en classe sous la forte pression du politique. Pour lui, les enseignants sont beaucoup plus influencés pour cette question par les manuels que par les travaux scientifiques. Et cela joue beaucoup sur leur enseignement. " L'étude de ces entretiens exploratoires semble confirmer que les enseignants peuvent être influencés de manière significative par les ressources mobilisées. Elles peuvent, dans le cas des traites négrières, orienter les enseignants qui les utilisent vers un « refroidissement » de cette Question Socialement Vive (QSV). En effet, l'analyse des manuels montre une « mise en intrigue »  ne présentant pas les traites négrières comme une QSV. Or si les enseignants interrogés peuvent réorienter cette présentation par leurs propres connaissances, leurs choix de documents pour les élèves et une démarche particulière, leur utilisation du manuel comme première et parfois unique source documentaire ne leur donne pas explicitement la possibilité de construire des contenus à enseigner permettant d’aborder les traites négrières en tant que QSV".

 

Recherches en éducation

Les disciplines

Forbes publie sa liste annuelle des milliardaires. Cette année elle s'enrichit de 290 nouveaux noms qui éclairent l'évolution économique mondiale tant dans sa géographie que dans les secteurs porteurs. Sur les 290 nouveaux milliardaires on trouve 71 Chinois et 11 habitants de Hong Kong, 57 américains, 28 Indiens, 23 Allemands, 7 Brésiliens, Italiens, et Taiwanais. La France fournit 5 nouveaux milliardaires. Découvrez qui ils sont..

 

Forbes

Les disciplines

Trop complexe, inadapté à certains élèves, le programmes d'éducation morale et civique sont vertement critiqués par les enseignants si l'on en croit la Dgsco qui publie les résultats de la consultation qui s'est tenue du 1er au 30 janvier. " Les personnels d’enseignement et d’éducation soulignent leur large adhésion à l’existence et au fondement de ce nouvel enseignement, qui réaffirme les valeurs républicaines et humanistes, et conforte une mission essentielle de l’École à cet égard", explique la synthèse des résultats de la consultation. Mais, " l’évaluation apparaît comme la grande absente des programmes, ce qui constitue un obstacle à l’appropriation et à la mise en oeuvre du projet.. A l’école comme au collège, les enseignants estiment que l’ambition du projet est excessive compte tenu du niveau de maturité des élèves et des capacités d’abstraction que les objets d’enseignement supposent.  Au lycée, le projet de programme ne tient pas suffisamment compte de la spécificité de l’enseignement professionnel. Les projets de programmes mobilisent des démarches pédagogiques et didactiques complexes qui interrogent les gestes professionnels des enseignants".

 

La consultation

La vidéo


 L'Edito

Pas un jour, depuis les attentats de janvier, sans que des voix s’élèvent, chez les politiques, les intellectuels ou dans la presse, pour dire l’importance de l’apprentissage du « vivre ensemble » à l’École… Certains ajoutent, fort justement, que l’École ne pourra, en aucun cas, reconstituer, à elle seule, le lien social si, dans le même temps, un travail de fond n’est pas engagé par l’ensemble de la société en matière de politique de la ville, de priorité d’accès à la formation continue pour ceux et celles qui sont les plus éloignés de l’emploi, de lutte contre toutes les formes de ségrégation aussi bien sur le plan territorial, social que culturel… D’autres – trop peu nombreux à mon goût – soulignent aussi que la responsabilité de l’institution scolaire elle-même est engagée et que l’injonction moralisatrice au « vivre ensemble » doit s’articuler à une politique volontariste de mixité sociale, intégrant les établissements privés et publics, limitant, par des mesures fortes en matière de dotation aux établissements et de carte scolaire, toutes les formes de regroupements claniques, subis ou voulus, qu’ils soient fondés sur la complicité culturelle ou le niveau de revenus. Et c’est évidemment là une responsabilité essentielle pour une institution qui se veut, à la fois, publique et laïque dans un État qui n’interdit pas les communautés affinitaires mais n’a pas à les financer. La tâche est donc immense et nécessite bien, pour le coup, une « refondation » authentique de la politique scolaire… qui, malheureusement, tarde à venir ! Pour autant, cela ne doit pas nous empêcher – tout au contraire – de travailler inlassablement, au sein de l’École, à l’élaboration d’outils pédagogiques qui permettent, avec des élèves dont l’hétérogénéité devra être assumée comme une richesse, de construire de véritables « collectifs », capables non seulement de « vivre ensemble », mais de « faire ensemble société ». (1)

 

Du « vivre ensemble » au « faire ensemble »

 

Disons le clairement : on peut parfaitement « vivre ensemble » indifférents les uns aux autres, résignés à une juxtaposition subie, en n’ayant en commun que l’individualisme nécessaire pour tolérer l’autre tant qu’il ne conteste pas le principe du « chacun pour soi ». On peut très bien « vivre ensemble » sous l’emprise d’un gourou qui contient par la force d’une identification fusionnelle toute velléité d’individuation et, a fortiori, d’émancipation. On peut tout à fait « vivre ensemble » sous l’autorité d’un despote dont le pouvoir des menaces anesthésie toute tentative de résistance. On peut aussi « vivre ensemble » lobotomisés par la machinerie publicitaire, enrôlés dans la « société du contrôle » dont parlait Gilles Deleuze, les yeux rivés à des écrans qui ne nous renvoient que notre propre image, figés dans la sidération narcissique, sans jamais prendre le temps de rencontrer réellement les autres ni de se coltiner avec eux à l’élaboration d’un projet commun.

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 La semaine

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