L'Expresso du 19 octobre 2018

Le 21 octobre 2018 - JM Blanquer a réagi le 21 octobre à l'agression dont a été victime une professeure du lycée Branly de Créteil. Le ministre a surtout évoqué sa politique qu'il situe en rupture avec ce qui s'est fait avant lui. "En même temps" il affirme qu'il n'y a pas de remise en question la politique menée depuis 2010...

 

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Le fait du jour

"Notre approche n'a rien d'idéologique. La question n'est pas d'être pour ou contre la punition, mais d'en montrer les difficultés et les insuffisances en ce qui concerne la question de la violence à l'école et du climat scolaire". Spécialiste de la violence à l'école, délégué ministériel à la lutte contre les violences scolaires sous deux présidents, Eric Debarbieux apporte dans son nouveau livre "L'impasse de la punition, Armand Colin) des données uniques (et surprenantes !) sur la réalité des punitions dans l'école française. A contre courant des dénonciations du laxisme qui sévirait à l'école, il en montre l'importance. Il établit aussi leurs retombées négatives sur la vie quotidienne dans les écoles. Il en tire la conclusion : il y a d'autres façons de gérer les relations dans les écoles dont certaines ont déjà été évaluées et expérimentées à grande échelle. La seconde partie de son ouvrage propose des contributions pour d'autres façons de gérer la vie quotidienne de l'école, de Freinet aux pratiques de justice restaurative.

 

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La loi Blanquer

La loi Blanquer en 20 articles

Baptisé "loi pour une école de la confiance", le projet de loi Blanquer est marqué par la défiance certaine, tant son caractère principal est que le ministre y avance masqué. Pour cette raison, présenté rapidement par le Café pédagogique le 9 octobre,  le projet mérite une analyse précise tant certains points pourront avoir des implications difficiles à déchiffrer. Car le projet permet d'avancer des cartes bien camouflées : l'annualisation des services d'enseignement, le remplacement des enseignants par des surveillants (AED), la création d'un nouveau type d'établissements, la réforme territoriale par ordonnance sans oublier le remplacement du ...
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Le fait du jour

Parmi toutes les épreuves de mathématiques, on s’attachera à analyser celle qui a stupéfié la plupart des professeurs des écoles : elle est décrite comme permettant de tester l’usage d’un nombre comme moyen de repérer une position. Pour la quasi totalité des professeurs, il était inimaginable que l’on puisse proposer une telle tâche à l’entrée au CP. Alors d’où vient cette idée ? Nous verrons qu’elle est issue des travaux de Stanislas Dehaene (SD), un chercheur en psychologie cognitive dont les thèses, dans ce domaine, sont extrêmement controversées. Le ministre vante le caractère scientifique de ces évaluations alors que c’est un point de vue opposé à celui SD qui, aujourd’hui, tend à devenir prépondérant. L’enjeu n’est pas mince : suivre SD sur cette question, ce serait revenir aux pratiques pédagogiques responsables de l’effondrement du calcul en France.


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La classe

Il y a mille et une façon de comprendre ce que l'on fait à l'Ecole. Frédéric More a choisi de faire prendre de la distance à ses lycéens. Invités à concevoir un questionnaire sur un sujet d'histoire pour des collégiens situés loin de leur établissement, ils ont interrogé ce que c'est qu'enseigner. Sous prétexte des kilomètres placés entre eux et les collégiens , élèves et professeurs se sont rencontrés de l'autre coté du bureau. Un vrai voyage initiatique.

 

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La classe

Avec la multiplication des objets connectés (montres, enceintes, lampes, voitures, jouets, etc.…) et avec la mise en place d'algorithmes sophistiqués basés sur les travaux dits d'intelligence artificielle, on voit apparaître dans notre environnement quotidien des objets matériels et logiciels avec lesquels nous sommes mis en relation et qui nous semblent réagir comme de véritables humains. Alan Turing n'a qu'à bien se tenir.... quoique. Ce qui impressionne, depuis bientôt quarante années que les ordinateurs et l'informatique sont entrés dans nos quotidiens, c'est que nous sommes face à des dispositifs techniques avec lesquels nous interagissons mais dont, la plupart du temps, nous ignorons le fonctionnement de base. Or ces interactions tendent souvent à donner un sentiment d'humanité aux objets concernés. Il existe aussi d'autres objets connectés qui eux n'interagissent pas directement avec les humains, mais avec d'autres objets qui eux vont parfois se charger d'exploiter les données échangées dans ces connexions et parfois les rendre accessibles à l'humain. Dès leur plus jeune âge, les enfants sont confrontés à ces objets techniques, parfois sous la forme de jouets, mais aussi sous la forme d'objets utilisés par les adultes et avec lesquels ils vont devoir "composer". Un objet connecté est un objet qui échange des informations avec d'autres, objets ou humains. Il fait partie des "actants" pour reprendre l'expression de la sociologie de la traduction, ou encore sociologie de l'acteur réseau. Pour cette théorie (Latour, Callon, Akrich), cet objet n'est pas neutre, mais participe du contexte, de son évolution et qui influe aussi sur les utilisateurs.

 

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Le système

On s’étonnera toujours de cette grande leçon d’histoire dans la « révélation » des projets de programmes. Contrairement à ce que l’on enseigne, l’histoire des programmes d’histoire-géographie semble une nouvelle fois « bégayer » et se répéter. La scène de bataille est digne de César : chronologique contre thématique, histoire de la nation contre histoire décloisonnée, ira-t-on jusqu’à légion en marche contre Gaulois réfractaires ? Le terrain, à croire que tout cela est un ballet gracieux que nous aimons rejouer, avait été préparé par les propos volontiers « offensifs » de la présidente du CSP sur le retour d’une histoire nationale. On notera que la géographie est encore relativement épargnée par ces discussions, avec l’aller-retour constant entre la France et le monde. Ce qui n’est pas pourtant sans créer des problèmes pédagogiques, du moins cela nécessite des précautions pour éviter des confusions dans l’esprit des élèves. Mais le problème est-il vraiment là ?

 

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Le fait du jour

Avez vous déjà vécu la réécriture des programmes de l'école élémentaire, du collège et du lycée en 2 mois ? De la rentrée à octobre 2018 c'est une transformation exceptionnelle de l'Ecole qui est impulsée par un ministre qui ne doute de rien. Le Café mensuel vous invite à la regarder de l'intérieur de la classe et des disciplines comme de l'intérieur du ministère. Du budget aux nouveaux programmes, de la maternelle aux science économiques et sociales, les réformes bouleversent l'Ecole.

 

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Le système

"En 2016, un enseignant du ministère de l’Éducation nationale perçoit en moyenne 2 380 euros nets par mois. Néanmoins, des différences de salaire existent selon le statut et le corps, allant du simple au double. Ainsi, les professeurs agrégés et de chaire supérieure gagnent 0,6 fois plus que les professeurs des écoles et 1,2 fois plus que les professeurs contractuels... En 2016, dans un contexte de dégel du point d’indice (+ 0,6 % au 1er juillet) et d’une légère reprise de l’inflation (+ 0,2 %), les enseignants qui étaient rémunérés par le ministère de l’Éducation nationale l’année précédente ont connu, en moyenne, une évolution individuelle de leur salaire net d’environ 3,1 %."  Dans uen nouvelle Note d'information, le ministère rend cet hommage involontaire au gouvernement précédent et à une ministre qui savait défendre son budget. Alors ajoutons ce que la Note ne dit pas.

 

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Le système

" Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, lance jeudi 18 octobre une consultation des professeurs des écoles et des professeurs de collège sur les repères annuels de progression". Le ministre avait annoncé la fin des cycles le 14 octobre. "Il ne faut pas que le cycle produise l’effet pervers de reporter  l’acquisition des compétences à l’année d’après...Certaines  compétences doivent donc être acquises année après année et être  évaluées ensuite", confiait-il à 20 Minutes alors que la loi impose les cycles. JM Blanquer contourne l'obstacle que pourrait être un débat parlementaire et  revient à l'Ecole d'antan sans avoir l'air d'y toucher. La "consultation" lancée est cadrée par 4 questions seulement. Un ersatz de consultation. A noter qu'elle est menée par la Dgesco et non le Conseil supérieur des programmes, déjà sur la touche.

 

L'annonce de la fin des cycles

La consultation

 

Le système

Impossible de rayer le Cnesco d'un trait de plume. Pris dans une polémique, le ministre tente uen sortie. Le 18 octobre sur France Inter il annonce que le Cnesco existera sous une autre forme : "nous allons créer une chaire académique indépendante pour aller encore plus loin". Sans doute veut-il dire pour éloigner le Cnesco d'une vraie évaluation de l'Ecole. Car cette transformation d'une instance ayant une mission légale et les moyens de l'exercer de façon indépendante en un vague centre d'étude universitaire retire au Cnesco sa mission officielle et ses moyens d'agir notamment pour avoir accès aux enquêtes ministérielles. Si l'Ecole a besoin d'une évaluation indépendante et non ministérielle, alors le Cnesco doit rester une institution. Cette transformation avait été annoncée par le Café le 16 octobre.

 

Sur France inter

Pourquoi il faut prolonger l'action du Cnesco

Dans le Café

Comment Blanquer enterre l'évaluation indépendante de l'Ecole

 

Le système

Le ministre Claude Marcourt annonce une refonte d'ensemble de la formation des enseignants en Belgique francophone. Elle entrera en application en 2020. Deux principes la guident. Le premier c'est l'élévation du niveau de formation : master pour tous les enseignants qui seront formés en 3 ou 4 ans. Par suite, les métiers sont décloisonnés. Les étudiants sont formés ensemble dans 3 formules : professeurs de maternelle et élémentaire, professeurs du primaire au collège, du collège au lycée. D'un cas à l'autre il y une spécialisation disciplinaire croissante. Les enseignants issus de cette nouvelle formation seront revalorisés.

 

Dans la presse

Dans la presse

 

 

La classe

Beau démontage, mené en règle par Marc Bablet sur une formule habituelle du ministre. " On sait par exemple, qu’un enfant de 4 ans issu d’une famille défavorisée a entendu 30 millions de mots en moins qu’un enfant issu d’une famille aisée. C’est à l’école d’apporter à cet enfant ce que sa famille n’a pas pu lui donner. On ne doit laisser aucun élève de côté". Or Marc Bablet piste cette formule et en retrouve l'origine : Terra Nova, l'Institut Montaigne et une étude américaine vieille de plus de 20 ans et portant sur 42 familles seulement (combien de défavorisées ?). Surtout, " le ministre déclare ici que c’est à l’école de remédier au manque de lexique des enfants de milieu défavorisé mais il ne fait rien pour soutenir les perspectives de prévention proposées par la refondation avec l’accueil des moins de trois ans à l’école maternelle". E toile de fond les programmes porté spar le ministère : Parler bambin, Agir pour l'Ecole et remplacement de la maternelle par des crèches payantes.

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La classe

"Après plusieurs mois d’insultes (ex : « je vais te casser ta sale petite gueule de pute » « je vais te tuer » …..) et de coups, (entre autre une épaule fracturée en mars 2017, un tympan abîmé en décembre 2017+ multiples morsures et hématomes), le silence assourdissant, malgré mes appels, du médecin EN...j’ai demandé la protection juridique. Le recteur a refusé". "J’ai été agressé verbalement avec menace de mort au mois de février. Suite à cette agression, j’ai eu deux arrêt maladie et le médecin avait bien stipulé sur les feuilles d’arrêt qu’ils étaient dus à l’agression. Quelle ne fut pas ma surprise de me voir retirer sur la paie du mois de juillet deux jours de carence. Est-ce normal ?" "Après l’intrusion d’une mère d’élève dans ma classe, et que le climat devient de plus en hostile, il m’est devenu impossible de travailler sereinement (manque de respect des élèves , des parents qui écrivent des mots intimidants dans le carnet de liaison et critiquent ma façon d’enseigner) Je me sens menacée, suis-je en droit de demander l’engagement de la protection du fonctionnaire ?"  Vous avez été nombreux à porter vos questions devant l'Autonome de solidarité lors du tchat du 18 octobre. Découvrez les réponses de l'ASL.

 

Le tchat

 

 

L'élève

Mercredi 7 novembre, le Palais de la découverte invite, sur réservation,  les professeurs à découvrir ses deux nouvelles expositions, « Poison » et « Illusions », accessibles à partir du CM1. « Poison » dévoile au public une trentaine d’espèces vivantes, venimeuses ou vénéneuses, et lui propose de découvrir la dualité du poison : substance nocive et guérisseuse. L’exposition interactive « Illusions » lève le voile sur le monde étonnant des phénomènes qui jouent des tours au cerveau, à travers une quarantaine d’expériences ludiques. Les jeunes y sont particulièrement attendus, et invités à participer. La visite de chaque exposition peut se poursuivre avec des médiations scientifiques adaptées aux niveaux des élèves.

 

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L'élève

Que faire après le bac ? L'Onisep ouvre le site "Terminales 2018-19" et propose une assistance concrète et documentée pour l'orientation post bac. Conseils pour bien s'orienter, description des filières post bac, info métiers, calendrier des journées portes ouvertes, lieux d'information près de chez vous, interlocuteurs accessibles : le site très complet est un appui pour les lycéens et les professeurs principaux.

 

Terminales 2018-19

 

 

Les disciplines

Développée par le Laboratoire d'innovation pédagogique sur l'Europe (Université de Nantes), la plate forme LIPE propose des ressources pédagogiques innovantes  sur l'Europe : dossiers documentaires, Moocs, cartes animées, capsules vidéos, serious games. Un accès par niveau d'enseignement (de l'école au lycée) est proposé en lien avec les programmes. Le site propse aussi une entrée thématique.

 

Le LIPE

 

Les disciplines

La brochure de la Fondation de la Shoah pour le Concours national de la résistance et de la déportation est attendue chaque année. Vous pouvez télécharger la nouvelle brochure dédiée aux "répressions et déportations". La brochure propose des mises au point historiques accessibles aux élèves et illustrées.

 

La brochure

 

 

Les disciplines

"Alors que la notion de développement durable a longtemps insisté sur deux échelles, globale et locale, l'étude du changement global peut permettre aux géographes de valoriser à la fois leur réflexion systémique et leur familiarité avec les échelles intermédiaires. L'ajout d'une dimension temporelle permet également une approche dépassionnée de la notion de dégradation environnementale, sans nier les conséquences écologiques des activités humaines." Le site Géoconfluences confie à Etienne Cossart un passionnant dossier sur le changement global en géographie.

 

Le site

 

La vidéo


 L'Edito

On pensait avoir vécu des réformes à un train d'enfer durant la première année du quinquennat. Pourtant il apparait qu'une nouvelle accélération s'impose sous nos yeux. Elle résulte d'un nouveau cap pris par le gouvernement depuis le mois de juin. La seconde année du quinquennat sera vraiment celle des réformes ou au moins des tentatives de grand changement. C'est vrai dans de nombreux domaines, dont l'éducation qui nous intéresse plus particulièrement.

 

Imposer le changement sans s'en donner l'air. Il semble que cela ait été le fil suivi par JM Blanquer tout au long de sa première année rue de Grenelle. Modèle du genre, la réforme des rythmes. Le ministre semble laisser le terrain  décider et obtient la suppression de la semaine de 4 jours et demi. Une contre réforme sans doute néfaste pour les élèves mais qui est bien accueillie chez les adultes, aussi bien enseignants que collectivités territoriales. Et qui permet de récupérer quasi immédiatement près de 500 millions.

 

Même opération pour le collège. En "assouplissant" les règles le ministre obtient le retour au statu quo ante. Et là aussi ce n'est pas pour déplaire aux enseignants. Car JM Blanquer sait ménager ses troupes. Quitte à se détourner les annonces présidentielles. Alors que le président veut un bac avec 4 épreuves, finalement son ministre impose un bac avec encore plus d'épreuves qu'avant. Cela permet de maintenir un ersatz de diplôme national, ce qui est (...)

 La semaine

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