L'Expresso du 12 novembre 2018

Le fait du jour

Bien que tous les syndicats enseignants appellent à faire grève et à manifester le 12 novembre, le mouvement sera-t-il important ? Ce n'est pas sur au regard des premières indications données par les syndicats. Ainsi dans le premier degré, où les enseignants doivent se déclarer grévistes à l'avance depuis 2008, le Snuipp annonce 25% de grévistes, soit guère plus que le mouvement du10 octobre 2017. Cette journée de mobilisation est pourtant lancée alors que le gouvernement sanctionne les fonctionnaires et annonce des réformes décisives et que le ministre multiplie les réformes et exerce des pressions pédagogiques de plus en plus fortes au moins dans le premier degré. Un échec de cette journée ouvrirait un boulevard au gouvernement. A l'inverse, un fort taux de mobilisation pourrait marquer u temps d'arrêt pour un président et un gouvernement dont les cotes de popularité s'effondrent.

 

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Le fait du jour

La seconde journée de la conférence de comparaisons internationales réunie par le Cnesco et le Ciep, le 9 novembre, a mis en évidence de nouveaux exemples étrangers : Allemagne, Royaue-Uni, Suise et Danemark. JM de Ketele et Y Dutercq ont tiré quelques conclusions d'une conférence de grande qualité. Il reviendra au jury réuni par le Cnesco d'avancer des préconisations construites en décembre.  Alors que l'orientation scolaire doit passer aux régions au 1er janvier, nul doute qu'elles soient très écoutées par les conseils régionaux, comme témoigne dans cet article un représentant des régions.

 

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Le système

A quoi sert le bilan d'un quinquennat ? Au moins à éclairer l'action des successeurs. L'éducation devait être le moteur du quinquennat Hollande, commencé au pied d'une statue de Jules Ferry. Un an après le départ de F Hollande, la Fondation Jean Jaurès ose un bilan qui vise à expliquer pourquoi les projets ambitieux n'ont pas marché.  Si la Fondation apporte un éclairage intéressant, elle omet aussi d'autres facteurs. C'est que l'équipe actuelle a beaucoup à apprendre de l'expérience Hollande

 

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La classe

De l’Encyclopédie des Lumières à l’encyclopédie Wikipédia : comment aider des lycéens de 2018 à mieux naviguer dans ces océans de savoirs ? C’est l’objet d’un travail mené en seconde par Nicolas Bannier à Bischheim en Alsace. Ses élèves ont exploré l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert via le projet ENCCRE qui propose une édition numérique de ses 17 volumes d’articles et 11 volumes de planches, permet d'y effectuer des recherches variées, invite à consulter les éclairages de nombreux spécialistes. Les lycéens ont comparé le travail des Encyclopédistes avec celui des internautes dans l’encyclopédie contributive Wikipédia, celle qu’ils fréquentent le plus sans forcément bien la connaitre. Ce travail en humanités numériques conduit à une pratique réflexive de la construction et de la diffusion des savoirs, développe des compétences en littératie et amène à réfléchir sur le « lien étroit entre savoir et tolérance ». Cette belle réconciliation de la culture du livre et de celle des écrans tracerait-elle des pistes pour un réel renouvellement des programmes de français au lycée ?

 

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Le système

Le directeur des ressources humaines du ministère de l'Education nationale a précisé les détails du dispositif de pré-recrutement des enseignants dans un nouveau document présenté le 8 novembre aux syndicats que le Café pédagogique s'est procuré. Selon ce document les assistants d'éducation (AED) sous contrat  pourraient intervenir en classe dès l'année de L2 à raison de 8 heures par semaine.

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Le système

Surprise. De nouvelles évaluations arrivent en CP annoncent le Snuipp Fsu et Roland Goigoux. Ces "évaluations d'automne" diffusées par la Dgesco s'ajoutent aux évaluations nationales de début d'année et de mi année. Trois protocoles d’évaluations s'ajoutent ainsi aux deux sessions d’évaluations nationales. Selon R Goigoux, " ces évaluations supplémentaires sont calquées sur les progressions de l’association « Agir pour l’école » imposées par la hiérarchie de l'Education Nationale dans une partie des écoles concernées. Elles ont pour objectif - non explicité aux enseignants ! - de démontrer que les élèves qui ne suivent pas les protocoles de cette association sont moins bons que ceux qui en « bénéficient ». Une telle manipulation des enseignants ne peut pas correspondre à la conception de "l''Education fondée sur la preuve" défendue par le Conseil scientifique de l'Education nationale. Il serait bon que le conseil le fasse savoir publiquement". Pour le Snuipp, " le « dispositif 100% de réussite », présenté comme justifiant ces évaluations ne doit pas s’imposer comme un cadre « dérogatoire » où les enseignantes et les enseignants se verraient dépossédés de leur expertise et de leur liberté pédagogique, pourtant inscrite au Code de l’éducation. Ces évaluations périodiques visent de fait à imposer méthodes et progressions aux enseignants, ce qui n’est pas acceptable." Le Snuipp " soutient les équipes qui useraient de leur pleine liberté pédagogique en refusant de les faire passer".

 

Communiqué

Sur le site Faceboook de R Goigoux

Des pressions en faveur d'Agir pour l'école

 

 

Le système

Comment ont évolué les dépenses du cabinet avec JM Blanquer ? Un "jaune" de la loi de finances, repris par Capital, permet de suivre ces dépenses sur une dizaine d'années. Les conseillers de JM BLanquer seraient ainsi les 6èmes mieux payés après ceux du 1er ministre, de la Justice, de l'Intérieur , de l'Economie et des affaires étrangères. Selon ce document, le cabinet de JM Blanquer compte 10 conseillers assistés de 28 assistants, un nombre anormalement bas en ce qui concerne les conseillers mais imposé par E Macron. Toutes les dépenses de cabinet représenteraient près de 4 millions dont 1 183 437 euros de rémunération brute des conseillers. Le salaire brut moyen est donc de  118 344 € par an soit 9862 mensuels, en légère hausse par rapport à 2017.

 

Le jaune

Article de capital

 

 

Le système

Présentées à Nîmes le 5 novembre, par Julien Denormandie et Jean-Michel Blanquer, les cités éducatives sont un nouveau dispositif interministériel, copiloté par le Commissariat général à l'égalité des territoires (CGET).  Un document du CGT en fixe les grandes lignes. "Basé sur des projets locaux, ce label d’excellence se mettra en place, à la rentrée 2019, en associant tous les acteurs éducatifs (enseignants, éducateurs, personnels des PMI, bibliothécaires, travailleurs sociaux…), en lien avec les parents", précis ele CGET avec comme objectifs "prévenir le décrochage scolaire et favoriser la réussite éducative".

 

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Politique ministérielle

Formation des enseignants : Un projet de réforme avec inconnues

Lancées par le projet de loi Blanquer, les discussions sur la réforme de la formation des enseignants ont commencé durant les vacances avec un projet d'arrêté que le Café pédagogique s'est procuré. Le texte décrit une formation étalée en amont du master et poursuivi trois années après lui avec une part plus importante donnée aux stages de pratiques. Mais le ministère a détaché de cet arrêté tout ce qui concerne le concours et le statut des étudiants formés en master enseignement (MEEF). Derrière la rhétorique sur le retour sur le terrain, les "bonnes pratiques" et le recours à l'innovation, les syndicats craignent la...

 

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Le système

Pédagogie

Pauvreté et ségrégation scolaire, ça suffit !

Nous, Mouvement ATD Quart Monde, syndicats d'enseignants, fédérations de parents d'élèves, Mouvements pédagogiques, constatons que beaucoup d'enfants de familles en situation de grande pauvreté suivent une scolarité qui ne leur permet pas de devenir des citoyens à égalité de droits avec les autres. Cette injustice peut être combattue et l'école a la possibilité d'y jouer un rôle important. Nous lançons un appel pour que des écoles et des...

 

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La classe

" Une évaluation – dès lors qu’elle est élaborée dans un climat de confiance, sans « piège » – doit permettre, grâce à une meilleure connaissance d’une situation (systèmes, établissements, programmes, …) de progresser. Ceci est vrai dans la relation « professeur-élèves », bien-sûr : il y a une meilleure prise de conscience pour l’élève des notions mal assimilées, pour le professeur de leur degré d’acquisition à un stade donné, ce qui peut lui suggérer des voies pour les faire progresser. Il doit en être de même pour tout type d’évaluation. Par exemple, le premier objectif de l’évaluation d’un établissement est de permettre d’améliorer sa situation, et non pas de sanctionner telle ou telle structure ou telle ou telle personne". Le MCLCM organise le 20 novembre à Paris un colloque sur le thème "évaluer pour faire progresser". JM Blanquer, un soutien fidèle du MCLCM, ouvrira le colloque avec cette année encore une conférence sur "l'évaluation pour progresser et avoir confiance en soi". Florence Robine, autre soutien du MCLCM, parlera du numérique et de l'évaluation "augmentée". Elle est rectrice du Grand Est, une région qui mise sur le numérique en lycées.  La crainte des évaluations sera l'objet d'une table ronde réunissant el secrétaire général de l'enseignement catholique, Philippe Joutard, Bruno Jeauffroy, Anne Marie Romulu et Jean Fabre. Une seconde table ronde évoquera des "aspects de l'évaluation" avec Jacques Moisan, Jacques Navez et Marc Romainville. Des ateliers sur la constante macabre, évaluer pour progresser et évaluer en confiance, terminent la journée.

 

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La classe

Le colloque traitera de l’attractivité des études et des métiers techniques, en particulier pour les jeunes femmes. Des exemples illustreront la réussite de femmes dans diverses professions liées aux technologies, dont l’informatique et le numérique. Le colloque abordera les études postbaccalauréat pour les futur·e·s technicien·ne·s et ingénieur·e·s et les actions menées par le Cnam en faveur de l’égalité femme-homme. On s’intéressera au numérique, qui attire trop peu les femmes, et on donnera des exemples de métiers techniques dans le secteur public et les entreprises. Des comparaisons avec l’Allemagne et les États-Unis seront proposées. Enfin, on réfléchira à la levée des freins à l’orientation des jeunes, filles et garçons, vers les métiers technologiques. Des bilans seront présentés pour l'entrée en BTS et IUT.

 

Le programme

 

 

Les disciplines

Tandis qu’au sommet de l’Etat on annonçait l’entrée au Panthéon du romancier du terroir Maurice Genevoix, des centaines d’élèves ont orchestré une commémoration créative du poète de la modernité Guillaume Apollinaire. Le 9 novembre 1918, deux jours avant l’armistice, disparaissait l’auteur d’Alcools. Le 9 novembre 2018, hommage lui était rendu par des créations individuelles ou collectives que des classes de tout niveau et toute académie ont partagées via le réseau Twitter : lectures enregistrées, nouveaux calligrammes, célébrations poétiques, performances vidéo, affichages urbains … A Paris, des 2ndes du lycée Diderot ont enrichi le Pont Mirabeau de QR codes pour donner accès à des productions en ligne.  « L’on peut prévoir le jour où le phonographe et le cinéma étant devenus les seules formes d’impression en usage, les poètes auront une liberté inconnue jusqu’à présent » : qu’aurait aussi dit Apollinaire de la capacité du numérique à favoriser, pour tous, de nouvelles formes d’écriture, des événements de lecture, des dynamiques de projet en réseau par-delà les murs ?

 

Une sélection des réalisations par Laure Mayer

Témoignage de Claude Richerme-Manchet

 

 

Les disciplines

Réaliser un magazine de presse numérique sur un roman : c’est le travail qu’ont mené les lycéen.nes du projet i-voix au lycée de l’Iroise à Brest autour du célèbre roman historique de Jean-Claude Carrière « La Controverse de Valladolid ». Les articles sont variés : chronique judiciaire, fact-checking sur les propos des protagonistes, reportage sportif, mises en relation avec les actus d’aujourd’hui, recherches historiques ou ethnographiques, guides de voyage, dessins de presse, tests, jeux … L’appropriation de l’œuvre et le travail des compétences en littératie se font sur le mode du plaisir : de lire, chercher, créer, coopérer, jouer avec les codes, les genres, les écritures. Le travail éclaire et interroge le carnet personnel de lecture et de formation culturelle que le projet de programme de français appelle à mettre en œuvre au lycée : quelle articulation trouver entre le support papier et l’écriture numérique ? le carnet personnel peut-il devenir collectif pour s’enrichir de créativités multiples et de regards croisés ?

 

Le sommaire du Mag de Valladolid

Des exemples variés

Le projet de programmes de français au lycée

 

 

 

Les disciplines

 « Vous venez de plonger dans l’univers parallèle des romans jeunesse. Vous êtes maintenant prisonniers des livres. Seuls quelques héros ont accepté de vous prêter main forte pour vous aider à regagner le monde réel. » : tel est le point de départ du défi lancée aux 6èmes et 5èmes du collège Voltaire de Sannois (95) par Mélanie Lavignasse, professeure-documentaliste. L’escape game dure 45 minutes, comprend 8 énigmes, utilise un diaporama Genially, des objets variés, le portail de recherche e-sidoc, les livres du CDI. Objectifs : « faire réviser les acquis en information-documentation en alliant plaisir et jeu », « (re)découvrir des titres de littérature jeunesse pour ensuite venir les emprunter au CDI ».

 

Présentation

Le diaporama support

La trame

Escape game littéraire dans Le Café

 

La vidéo


 L'Edito

On pensait avoir vécu des réformes à un train d'enfer durant la première année du quinquennat. Pourtant il apparait qu'une nouvelle accélération s'impose sous nos yeux. Elle résulte d'un nouveau cap pris par le gouvernement depuis le mois de juin. La seconde année du quinquennat sera vraiment celle des réformes ou au moins des tentatives de grand changement. C'est vrai dans de nombreux domaines, dont l'éducation qui nous intéresse plus particulièrement.

 

Imposer le changement sans s'en donner l'air. Il semble que cela ait été le fil suivi par JM Blanquer tout au long de sa première année rue de Grenelle. Modèle du genre, la réforme des rythmes. Le ministre semble laisser le terrain  décider et obtient la suppression de la semaine de 4 jours et demi. Une contre réforme sans doute néfaste pour les élèves mais qui est bien accueillie chez les adultes, aussi bien enseignants que collectivités territoriales. Et qui permet de récupérer quasi immédiatement près de 500 millions.

 

Même opération pour le collège. En "assouplissant" les règles le ministre obtient le retour au statu quo ante. Et là aussi ce n'est pas pour déplaire aux enseignants. Car JM Blanquer sait ménager ses troupes. Quitte à se détourner les annonces présidentielles. Alors que le président veut un bac avec 4 épreuves, finalement son ministre impose un bac avec encore plus d'épreuves qu'avant. Cela permet de maintenir un ersatz de diplôme national, ce qui est (...)

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