L'Expresso du 18 décembre 2018

Le fait du jour

Alors que le ministre déclare sur toutes les antennes que la communauté éducative est favorable à ses réformes, la publication du "Baromètre Flash Actu" réalisé par l'Unsa Education met en doute cette affirmation. Si, pour le syndicat,  globalement "il n'y a pas rejet massif des réformes en cours", une analyse par catégorie montre qu'il y a au moins rejet par les enseignants. Favorable à certaines réformes, comme celle du lycée, l'Unsa Education met en avant ce qui fait l'unanimité : les personnels de l'éducation n'en peuvent plus des réformes, sans demander de moratoire.

 

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Le fait du jour

Au regard des résultats du baromètre Unsa, JM BLanquer a-t-il obtenu la confiance des enseignants ? Frédéric Marchand, secrétaire général de l'Unsa Education fait le point.

 

Le baromètre montre que le rythme des réformes est considéré comme trop rapide . Allez vous demander, comme vient de le faire savoir le Sgen Cfdt, un moratoire des réformes ou d'une réforme ?

 

Pour nous il ne faut pas de moratoire, mais pas non plus de nouvelles reformes lancées maintenant. Sur les réformes en cours, elles sont engagées et les personnels mais aussi les ...

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La classe

Le changement climatique est-il le grand absent des nouveaux programmes de lycée ? Pour Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue, cette absence pose problème. « L’enjeu est de permettre aux élèves d’avoir une image d’ensemble de ce qu’est le réchauffement climatique, ses causes, ses conséquences et des options possibles ». Membre du GIEC, elle déplore « un manque flagrant de mise en œuvre des objectifs de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Climat et de l’Accord de Paris » mais aussi un  manque de coordination et d’évaluation des connaissances essentielles dispensées au collège et au lycée. Valérie Masson-Delmotte appelle à faire des établissements scolaires des lieux de vie exemplaires pour les élèves de la « génération anthropocène ». « Un volume de 10 heures de cours par an, sur toute la scolarité de collège et de lycée, au travers des différentes disciplines, serait pertinent ».

 

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La classe

Les nouveaux programmes de maths du lycée sont-ils en train de tuer les maths ? Christophe Frediani, "simple" professeur de maths, s'inquiète du devenir de ses élèves et de l'avenir des maths. " Il ne reste que des mathématiques élitistes, sélectives, uniquement pensées pour faire émerger les rares élèves qui intégreront Polytechnique ou Normale Sup".

 

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Le système

Le Conseil supérieur de l'éducation étudie les 18 et 19 décembre les derniers projets de programmes du lycée dans les principales discipline : français, maths, epx, histoire-géo, langues, ainsi que les disciplines technologiques. Le 19 décembre le ministère réunit aussi un comité technique ministériel sur la répartition des moyens à la rentrée 2019.

 

 

 

Le système

JM Blanquer ne rencontre pas les organisations lycéennes. Mais il souhaite que l'on sache qu'il a rencontré le 17 décembre le Conseil national de la vie lycéenne. Selon le ministre, ses membres "ont exprimé au ministre leurs préoccupations, en particulier être mieux informés sur les réformes en cours au lycée, améliorer la communication avec les élus lycéens et         être davantage entendus dans les instances". Un pur exercice de communication politique.

 

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Le système

"Ce conseil mène une évaluation des politiques scolaires indépendante du temps politique. Nous, acteurs de l’école, voulons témoigner du besoin de cet espace d’échanges, soucieux de nos questionnements de terrain et enrichi par la recherche. Nous appelons à ce que le travail engagé par le Cnesco soit poursuivi et amplifié". La pétition en faveur du maintien du Cnesco et pour une évaluation indépendante de l'Ecole navigue vers les 7000 signatures.

 

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Le système

" Si t’as un problème, viens me rejoindre après les cours derrière ma Zoé (sa voiture), on va régler nos problèmes. Ne t’inquiète pas, on ne sera plus au sein de l’établissement". C'est la plus délicate des remarques adressés par des enseignants du lycée Montaigne à Amiens à des élèves selon Le courrier picard. Le quotidien révèle des violences graves dans ce lycée professionnel à la suite d'une plainte de Sud Education.

 

Article du Courrier picard

 

 

Le système

" Quand le ministre dit aux élèves de seconde "Vous avez la liberté de choisir en suivant vos goûts et vos centres d’intérêts »... il parle peut être des lycéens habitant Paris, mais comment choisir selon ses gouts dans l’académie de Creteil quand il n’y a spécialité théâtre que dans 7 lycées de l’académie, des arts plastiques que dans 24 lycées, la spécialité cinéma audiovisuel que dans 7 lycées, et histoire des arts que dans 12 lycées, et 17 lycées offrant la spécialité littérature et langues et cultures de l’antiquité sur les 112 de toutes l’académie !", écrit le Snes Créteil. Pour le syndicat, "en raison des distances et de l’absence de transports scolaires entre lycées, ce sont bien sûr les élèves de la Seine et Marne qui seront les plus pénalisés… alors que le projet académique rappelait les fragilités économiques, culturelles de certaines zones de l’académie".

 

Sur son site

 

 

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Le système

"Ce sont des gens que l'on voit tous les jours mais qui ne font pas d'histoire. Ils sont intégrés leurs enfants aussi", raconte France Bleu Limoges. Des parents d'élèves de l'école Edouard Herriot se mobilisent contre l'expulsion d'une famille originaire du Bangla Desh qui vient de recevoir une notification de quitter le territoire.

 

Sur France Bleu

 

La classe

" Opter pour une classe flexible, c’est repenser l’aménagement d’une classe en prenant prioritairement en compte les besoins évolutifs des élèves. C’est autoriser chacun à choisir la posture qui va lui convenir pour gagner en efficacité. Ainsi, les élèves, sur certains temps de classe, peuvent délaisser leur chaise pour s’installer plus confortablement : sur des coussins, sur des ballons de stabilité ; ou encore s’allonger si cette position leur convient." La revue académique nantaise Echanger  rend compte d'une expérience à l’école Marcel Pagnol de Laval. Selon la revue , " cet aménagement favorise notamment l’autonomie, l’autodétermination et l’entraide. (Les enseignantes) constatent également une diminution du stress et de sensibles améliorations du climat de classe : les élèves vivent dans un cadre davantage tourné vers les apprentissages".

 

Dans la revue

Gabrielle et sa classe flexible

Comment construire sa classe flexible

 

La classe

A l'inititiave de France Télévisions, 15 journalistes télé et 15 youtubeurs vont apprendre aux lycéens les bases de l'éducation aux médias. On est dans la pure communication pour tenter de toucher les lycéens. Ca marche ?

 

Le collab de l'info

 

 

Les disciplines

« Les nouveaux programmes du lycée pour les cinq prochaines années ne laissent pas assez de place pour la transmission des bases scientifiques essentielles à la compréhension des problèmes majeurs que sont le dérèglement climatique et l’effondrement de la biodiversité, leurs causes, et les solutions permettant d’agir pour les enrayer », déplore l’appel lancé par une centaine de scientifique. L’appel lancé au ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer rappelle que « seule une petite fraction d’élèves choisissant l’enseignement de spécialité SVT en terminale auraient le droit à une formation plus complète et consistante sur ces enjeux majeurs. »

 

La pétition

 

 

Les disciplines

Les cacahuètes peuvent-elles produire de l'énergie ? C'ets une des expériences proposées par Science in school, la revue européenne (et gratuite) des sciences à l'école. Ce numéro 45 recueille encore des expériences réalisées dans des écoles et établissements européens. Ainsi la fabrication d'énergie à partir de cacahuètes et d'autres graines s'adresse aux lycéens. Pour les collégiens, la revue propose de réaliser un haut parleur poru découvrir l'électro magnétisme. Un autre article propose de monter un concours de "science slam" dans son collège.

 

Science in school

 

 

Les disciplines

Au lycée J Valin de La Rochelle, W Grossin et Jules Guittard réalisent un spectrophotomètre open source. Son capteur permet de réaliser des mesures d'absorbance à six longuers d'onde. Il est démontable, réparable et réalisé à partir de composants standards.

 

Le minispectro

 

 

La vidéo


 L'Edito

Quel lien entre le ministre de l'Education nationale, les mouvements lycéens et celui des gilets jaunes ? En apparence aucun. En réalité, la conjonction existe déjà sur le terrain. Surtout, le ministre de l'Education nationale doit faire face à la même opposition que le gouvernement tout entier : celle qui résulte d'une politique qui augmente les inégalités sociales et territoriales.

 

Un mouvement lycéen qui puise dans le même terreau que les gilets jaunes

 

 En politique avisé, Jean-Michel Blanquer n'a pas manqué de communiquer sur le mouvement des gilets jaunes. Sur Twitter , il dit le 1er décembre : "Nous sommes à l'écoute d'un mouvement qui manifeste des détresses ancrées depuis des années dans notre pays. Nous agirons pour la justice sociale. Mais nous n'accepterons jamais la violence. Celle d'aujourd'hui est ignoble... Nous la combattrons".

 

Une déclaration apparemment équilibrée. Et JM Blanquer a des arguments à faire valoir , notamment sur le plan social. Depuis 2017, son ministère est l'alibi social du gouvernement grâce aux dédoublements des classes de CP et CE1 en Rep et Rep+, une mesure sans aucun doute social. Même si son financement se fait au détriment du second degré, des autres classes et des écoles de milieu rural.



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