L'Expresso du 26 novembre 2014

Le fait du jour

« Pourquoi le nombre d’élèves par classe varie peu selon le niveau scolaire des élèves alors que le nombre d’options varie sensiblement en fonction de ce niveau ? » A mi-parcours du quinquennat Hollande, le sociologue Pierre Merle fait le bilan de la politique éducative au regard de l’objectif d’égalité sociale. Pour lui l’école reste inégalitaire et par suite « un ferment de l’extrémisme ». P Merle ne fait pas de cadeau. Mais il propose aussi : lier les dotations aux établissements à des objectifs sociaux, imposer  ceux-ci au privé sous contrat. Pour une ministre qui veut répartir les moyens sur de nouvelles bases, voici des pistes…

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Le fait du jour

« Assurer l’égalité à l’école c’est assurer de la réussite à l’école pour tout le monde. C’est assurer une meilleure égalité dans l’accès aux métiers. C’est réduire les violences faites aux femmes ». Le 25 novembre, en présentant son plan de lutte contre les comportements et les violences sexistes, Najat Vallaud Belkacem clarifie remarquablement l’enjeu. Elle y met aussi une conviction réelle que l’on n’entend pas toujours sur d’autres sujets. Mais comment faire passer cette volonté dans le système éducatif de façon efficace ? Le nouveau plan est-il à la hauteur de l’enjeu fixé par la ministre ?

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Est-il encore possible aujourd’hui dans l’école de la République de conduire les plus ‘faibles’ sur les chemins de l’excellence ? Comment convaincre des élèves démotivés de participer collectivement au Concours national de la résistance et de la déportation ?  Par quels biais amener une classe ‘multiconfessionnelle’ à appréhender l’histoire de la Shoah ? Marie-Castille Mention-Schaar, coscénariste, coproductrice et réalisatrice, est tenue de poser ses interrogations fondamentales dans « Les Héritiers », film inspiré de l’expérience vécue par une enseignante au lycée Léon Blum de Créteil. Malgré certains excès de mise en scène et une tonalité frisant parfois le mélodrame, la cinéaste parvient à l’essentiel. Sa chronique, étalée sur l’année scolaire d’une classe de seconde affrontant les difficultés de la mise en œuvre du dit concours, restitue la démarche pédagogique d’une professeure d’histoire, convaincue du pouvoir émancipateur de l’enseignement. « Les Héritiers » met, en effet, en lumière le parcours de vérité d’adolescents, découvrant les vertus du respect mutuel et du partage, à travers une expérience inédite de la transmission, une expérience fondatrice qui a changé leur vie.

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Le système

La nouvelle carte d el’éducation prioritaire est à l’étude dans l’académie d’Aix Marseille. La proposition du recteur ferait sortir, selon le Snes, 10 collèges de l’éducation prioritaire. La CGT relève elle la question des lycées qui sont totalement exclus des nouveaux Rep. Insi lle lycée Saint Exupéry à Marseille était en grève le 25. Cette question est également posée dans les Hauts de Seine. En Ile de France, le collège Eluard de Montreuil était aussi en grève le 25 novembre. Pour lui la question centrale c’est de garder des classes inférieures à 25 élèves. Le groupe scolaire Pouchet à Paris 17ème  refuse aussi la nouvelle carte. Selon le sparents, la moitié des élèves bénéficieraient des tarifs de cantine les plus bas, 10% des enfants vivraient en hotels sociaux en élémentaire, 27% en maternelle.

 

Le système

« Il y a un plan interministériel où l’Education nationale a sa part à jouer, pour former tous les personnels à repérer et identifier ce type de phénomène », a déclaré la ministre le 26 novembre à propos de la lutte contre la radicalisation de certains élèves qui se destinent au djihad. « Des documents de formation sont en cours d’élaboration. Ils seront portés à toutes les équipes enseignantes ».

 

La radicalisation à Poitiers

Le système

« Plutôt que de créer un concours "Spécial 93", qui ressemble d’ailleurs à une nouvelle forme de stigmatisation de ce département, le gouvernement ferait bien de s’atteler à une amélioration des conditions d’exercice des personnels et d’apprentissage des élèves du 93. La seule réponse aux 450 précaires embauchés en urgence pour palier à la demande, doit être la titularisation et une formation adaptée, et le recrutement par concours à la hauteur des besoins. » La CGT pose la question de la titularisation des nombreux contractuels qui interviennent dans le département pour certains depuis de nombreuses années. Une solution très souvent utilisée dans le passé.

 

Communiqué

Ce qu’en dit un contractuel

Le système

Alors que les régions développent toutes des politiques en faveur de la jeunesse, celles –ci se noient dans le maquis des nombreux dispositifs, explique Philippe Meirieu , président de la Commission Jeunesse de l’Association des régions de France. « La juxtaposition de guichets et d’interlocuteurs, la multiplication d’actions peu lisibles et mal articulées entre elles, le fait que de nombreuses structures (dont celles de l’Éducation nationale) ne semblent nullement concernées par le redécoupage territorial et la définition des nouvelles compétences régionales, l’absence d’une instance régionale de concertation et de structuration permettant d’offrir à chaque jeune, de manière lisible et accessible, l’ensemble des informations et propositions nécessaires à son accès à l’autonomie et à la citoyenneté… tout cela nous apparaît compromettre gravement les espoirs que nous avions collectivement portés ». Or « la situation de la jeunesse ne cesse de s’aggraver au regard de la nature même de la crise économique ».

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Le système

Un décret fixe les règles de rémunération des intervenants effectuant ponctuellement et à titre accessoire, pour le compte de l'administration centrale du ministère chargé de l'éducation nationale, des travaux d'expertise, d'animation ou d'accompagnement, de nature pédagogique. Le taux horaire est fixé à 40 euros.

 

Au JO

Arrêté

Le système

Ecolier et déjà à la rue. C’est le sort de plusieurs écoliers lyonnais. Le pays compterait 31 000 enfanst SDF selon l’Insee. A Lyon, le collectif « Jamais sans toit » a occupé 5 écoles le 25 novembre pour obtenir un toit pour 194 enfants scolarisés et 100 non scolarisés vivant en bidonvilles.

 

Le système

« Pendant trois mois jusqu’à fin février 2015, AGEFA PME multipliera les événements et tables rondes dans toute la France, pour que se rencontrent l’école et l’entreprise. Objectif ? Engager toutes les parties prenantes dans une réflexion collective et trouver des solutions face aux paradoxes de l’enseignement professionnel de l’apprentissage. Cette opération aboutira à des propositions concrètes portées par le nouveau Président de la CGPME auprès du Gouvernement ». A l’Agefa Pme Jean-Jacques Dijoux, directeur général, se défend de toute volonté des PME de peser sur l’enseignement professionnel. « On lance ce débat dans un cadre positif », nous a-t-il déclaré. « Lancer ce débat c’est apporter une pierre à la lutte contre le chômage et promouvoir l’enseignement professionnel ». Le débat passera par Bordeaux, Nantes, Montpellier, Metz et Lille. Mais l’Agefa Pme attend « des propositions concrètes ». Les questions de la définition des diplômes et des rapports entre enseignement professionnel et entreprises devrait probablement sortir de ces débats.

 

Communiqué

La classe

Faut-il scolariser les tablettes pour les faire entrer à l’école ? Comment assurer l’intégration des tablettes dans l’enseignement ? Alors qu’un plan général d’équipement en tablettes s’annonce la question de leur  intégration dans l’univers scolaire se pose avec urgence.  Pour aborder cette question, le Café pédagogique réunit le 26 novembre à 10h45 Bruno Devauchelle, Yves Cohen, Gaelle Chrcosset (enseignants), François Villemonteix (auteur d’un rapport sur les tablettes à l’école) et Jennifer El Baz représentant une entreprise éditrice de ressources éducatives sur tablettes).

 

Et le BYOD ? « Les outils numérique des élèves sont-ils leur place à l’école ? »  Le 27 novembre à 10h45, la seconde conférence du Café pédagogique  accueillera Jérome Staub, un enseignant utilisant les smartphones de ses élèves, Alain Van Santé, DAN de l’académie de Rennes , F. Cadeau, de la société Logosapience et Bruno Devauchelle. Il sera question du byod et de l’intégration des outils mobiles des élèves dans les établissements.

 

Retirez votre badge gratuit

La classe

Dans l’académie de Nantes, le Groupe recherche action formation sur l’évaluation rend un bilan de deux années d’expérimentation. Le GRAF a travaillé sur la différenciation et les classes sans notes. Il a expérimenté un logiciel permettant une évaluation par compétences : scolatix.org . De ces expérimentations de terrain, les enseignants ramènent des questions et quelques certitudes. « Changer de mode d’évaluation ne se décide pas sans avoir au préalable pensé autrement la mise en oeuvre des apprentissages proposés en classe. La plus-value pédagogique ne peut apparaître que s’il y a adéquation entre la façon dont les apprentissages sont construits et le mode d’évaluation. Il serait vain de croire qu’une nouvelle forme d’évaluation doit donner de meilleurs acquis. En particulier, évaluer des compétences est un attendu fort de notre système éducatif, mais il n’est possible de les évaluer que si elles ont été construites préalablement. Cette apparente évidence renvoie à notre expérience et montre que souvent les équipes investissent beaucoup dans une nouvelle forme d’évaluation sans modifier les pratiques de classe… La prise en compte de ces compétences dans l’évaluation pourrait amener à parler des élèves d’une autre façon lors, par exemple, des conseils de classe. Pour ce que nous avons pu observer, cette étape n’est pas encore franchie et tout reste à construire ».

 

Le rapport

Scolatix

L'élève

« Face à face entre confiance et méfiance ». C’est le titre de l’étude de G Fotinos sur l’évolution des relations entre les parents et l’Ecole. Il participe le 28 novembre à 10h à une table ronde au Salon de l’éducation sur son rapport. A écouter aussi dans cette table ronde :  la députée Valérie Corre, rapporteure du rapport de la mission sur les relations école parents, Philippe Tournier du Snpden, Guillaume Dupont de la Fcpe.

 

Sur cette étude

Les disciplines

Quand l’inattendu surgit dans la cour de récréation et qu’il transforme le quotidien… Cette année encore, nous suivons l'équipe de La classe plaisir. Vous retrouverez tous les mercredis, jour de L'Hebdo primaire, ses petits moments sur l'école qui donnent sens au métier...

 

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Les disciplines

L’équipe du MoocDocTice rempile pour un nouveau projet cette année. Il propose une deuxième session tournée vers l’éducation aux médias et à l’information (EMI). Pour l’équipe bisontine, il s’agit de « diversifier nos pratiques pédagogiques pour conduire vers une pédagogie collaborative et transdisciplinaire, proposer aux enseignants de construire leurs ressources pédagogiques et numériques contribuant à la formation initiale et continue, entrer dans une démarche où l’apprenant est acteur de son parcours pédagogique dans une logique de co-formation et co-construction de connaissances, développer des compétences et pas seulement des connaissances, formaliser des scenarii pédagogiques innovants intégrant le numérique, construire des ressources collaborativement ».

 

Le projet

Les disciplines

Les documentalistes de l’académie de Besançon ne veulent plus faire la traditionnelle présentation du CDI. Elles proposent une autre démarche utilisant les possibilités numériques. « Notre choix s’est porté sur une séquence faisant intervenir des cours en ligne pour présenter le système d’information mis en place par les enseignants documentalistes du lycée à l’intention des élèves. Ils prennent ainsi connaissance du CDI matériel et immatériel. Ils se familiarisent avec l’esprit des cours en ligne. Ils tweetent pour communiquer leur travail et le valoriser. Ils repèrent l’espace « cours en ligne du CDI » sur Esidoc pour y retourner si besoin ». A découvrir…

 

Sur le site académique

La vidéo


 L'Edito

En cette fin de trimestre l’Ecole semble bégayer. Le temps des manifestations est revenu. Les écoles du 93, les établissements prioritaires, qui devraient être les enfants chéris de la République sont dans la rue pour demander des conditions de travail simplement normales. Le métier est en crise comme le montre celle du recrutement. Bien sur il y a les chantiers, les possibilités de renouveau. Les programmes, l’évaluation, le redoublement, le numérique… Si les chantiers sont si longs c’est peut-être parce qu’on veut changer, partout tout le monde et au même pas. Qui peut croire que ce soit possible ?

 

Le nouveau numéro de LCM (Le Café Mensuel) raconte cela. Mais il offre surtout un voyage dans l'Ecole réelle. Non pas que les enseignants se désintéressent de ces débats. Ils sont même carrément inquiets. Mais pendant ce temps là ils inventent, ils bricolent, ils s'ingénient à créer et faire avancer les élèves. Alors dans ce numéro vous verrez comment on fait des maths sur smartphone, et puis des SVT. Vous croiserez un MOOC pour les profs d’histoire-géo. Des tablettes un peu partout. De la bonne réflexion pédagogique en EPS ou en lettres. Et j’en oublie ! Imaginez maintenant que la refondation de l’Ecole ait la folle idée de faciliter le travail des enseignants. Que le ministère, qui vient de (re)découvrir son importance, se soucie du nombre d'élèves par classe. Que les chefs soutiennent au lieu de mettre des bâtons dans les roues. Que les collectifs qui existent sur le terrain, certains depuis plus de 10 ans, soient soutenus et non combattus. Le Café mensuel serait obligé de devenir hebdo. Sale coup pour notre équipe... Heureusement...

 

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