L'Expresso du 06 juillet 2020

Le fait du jour

Le ministre de l’éducation nationale du gouvernement Castex devrait être nommé le 6 juillet. S’il est difficile de faire un pronostic dans un régime qui devient, avec ce gouvernement, encore plus présidentiel, Jean Michel Blanquer pourrait être reconduit dans cette fonction. Il y a pourtant bien des raisons de ne pas le garder en poste. Mais Emmanuel Macron a aussi des raisons de préférer son maintien rue de Grenelle. Faites vous votre idée…

 

(...)

  
La classe

Peut-on faire de l’écriture un horizon pédagogique : la possibilité offerte de voyager à travers le temps et l’espace ? Ce déplacement du regard, c’est le beau défi relevé par un récent travail d’actualisation des « Caractères » de La Bruyère : un ensemble de portraits écrits et enregistrés par les 3èmes de Grégory Devin à Bricquebec en Normandie et de Lionel Vighier à Montesson dans les Yvelines. Le voyage créatif permet de mieux mettre à distance satirique les travers de notre époque : le culte de l’apparence et de la jeunesse, la vanité, le conformisme … L’écriture s’y fait en réseau : elle s’articule avec la lecture d’œuvres diverses, elle propose des collaborations et des interactions entre les élèves, y compris du collège partenaire. Avec au final, le plaisir « d’inscrire son portrait dans une œuvre collective, dont les autres auteurs vivent à la fois à plusieurs centaines de kilomètres… ou de siècles. »

 

(...)

  

Attention ! Cette offre s’arrête le 10 juillet ! Le Café pédagogique s'est inscrit dans le paysage éducatif grâce au soutien de ses lecteurs. Média associatif, imaginé et développé par des enseignants, il est devenu une des principales sources d'information indépendante sur l'éducation. Malgré une audience qui ne se dément pas, aujourd'hui son avenir est menacé à court terme. Si vous appréciez ses contenus il est urgent de le soutenir.

 

(...)

  
Le système

 «La crise a aggravé fortement le déficit de nos régimes de retraite. Je souhaite reprendre le dialogue avec les partenaires sociaux, c’est indispensable. Arriverons-nous à régler ces dossiers à court terme ? C’est mon souhait », a déclaré J Castex le 4 juillet. « A minima, nous devrons nous fixer un nouvel agenda social ». Le premier ministre relance ainsi la réforme qui a le plus mobilisé l’opinion contre le gouvernement. Pour les enseignants, le retour de cette réforme est une très mauvaise nouvelle. Ils ont le plus à y perdre. « Il n’aura donc même pas fallu attendre la fin de l’épidémie pour voir relancée cette réforme injuste pourtant rejetée par un mouvement social inédit par sa durée et ses formes d’organisation », écrit la Fsu. Le syndicat « n’accepte pas » cette réforme. « Le projet rend incertain le montant des pensions, qui ne dépend plus que de la variation de la valeur d’un point. À rebours de ces orientations, le besoin de sécurisations collectives n’a jamais été aussi grand qu’après la crise sanitaire. La FSU demande l’abandon définitif de cette réforme, l’ouverture de discussions pour améliorer le système solidaire par répartition actuel, l’augmentation immédiate des minima de pensions au niveau du Smic ».

 

Déclaration de J Castex

Fsu

 

Le système

« Ces évaluations nationales standardisées font craindre la multiplication des dispositifs de remédiation trop individualisés, une vision normée des apprentissages et des formes pédagogiques basées sur les entraînements mécaniques, la répétition et l’automatisation qui ne permettent pas d’accéder à la compréhension. Après des mois d’isolement, de déstabilisation, les élèves ont d’abord besoin que soient recréées des dynamiques pédagogiques collectives et de retrouver confiance. Les enseignants ont d’abord besoin qu’on fasse confiance à leur professionnalité ». Les principaux syndicats enseignants (Se Unsa, Sgen Cfdt, Snes Fsu, Snuipp Fsu, Snuep Fsu et Cgt) demandent que les outils des évaluations nationales ne soient pas imposés et que « les besoins statistiques de connaissance du système éducatif soient réalisés sur échantillons ». Ils demandent aussi que « le ministère donne d’autres signes de préparation de cette rentrée 2020 qui ne ressemble à aucune autre et y assortisse les moyens nécessaires pour lutter contre les inégalités mises en lumière pendant le confinement ».

 

Communiqué

 

Le système

La loi de transformation de la fonction publique a retiré le contrôle paritaire des opérations de mutation. Les syndicats dénoncent la multiplication des erreurs. Mais le Snes Paris signale un cas beaucoup plus grave de népotisme. Selon le syndicat des postes particulièrement avantageux ont été retirés du mouvement normal pour devenir des postes à profil. « Une partie de ces postes sont implantés dans des établissements très attractifs de la rive gauche à Paris, et sont logés, ce qui n’est pas le cas de tous les postes de CPE… Alors que les commissaires paritaires ne siègent plus pour les mutations à cause de la loi de transformation de la fonction publique, le poste spécifique créé dans l’un de ces établissements prestigieux de la capitale a été attribué à l’enfant de l’un des hauts responsables de l’académie, qui vient juste de commencer sa carrière. Cette affectation rompt avec les valeurs du statut de la Fonction publique, intrinsèque à la notion même de Service public : la primauté de l’intérêt général, l’affirmation du principe d’égalité, l’éthique et le traitement équitable des fonctionnaires », écrit le Snes Fsu Paris.  

 

Communiqué

 

Le système

Le Snetaa Fo, premier syndicat de la voie professionnelle, ne perd pas de temps. Le 5 juillet il écrit au nouveau premier ministre pour demander une relance de la voie professionnelle. « 700 000 jeunes arrivent sur le marché de l’emploi après chaque été. Cette jeunesse va se retrouver devant des impossibilités d’insertion du fait des faillites, non seulement des grandes entreprises, mais des TPE, souvent unipersonnelles, souvent « invisibles» en macro-économie mais qui sont pourtant le premier employeur de France », écrit le Snetaa Fo. « Ce que nous attendons de votre nouveau gouvernement, c’est de profiter de ce moment pour inciter tous les enfants à s’engager dans une poursuite d’études au plus loin de leurs possibilités : s’engager en bac pro pour les jeunes titulaires du CAP, entamer des études supérieures ou de qualifications complémentaires (MC, FCIL, classes passerelles) pour les bacheliers professionnels ou se former en licence professionnelle pour les titulaires de BTS. Cette période économique annonce des jours sombres pour l’emploi et les entreprises. Engageons-nous pour augmenter les qualifications des jeunes et faire de la France de demain un pays de salariés formés, qualifiés, armés pour mener la ré-industrialisation de la France dans un monde globalisé ». Pour cela le syndicat demande « l’ouverture de milliers de places supplémentaires en lycée professionnel ». Le Snetaa saisit l’opportunité pour cibler l’apprentissage : « L’apprentissage réussit quand il est « une formation intégrée de l’enseignement supérieur » (apprentissage du supérieur au niveau licence, master 1-2, diplômes d’ingénieurs). Il s’agit de comprendre désormais, et avant qu’il ne soit trop tard, que les tout jeunes qui nous arrivent sont des enfants qui ont besoin d’être mieux armés, consolidés par l’École. Bref, il faut donner plus à ceux qui n’ont pas les mêmes chances à la naissance ».

 

Communiqué

 

Politique ministérielle

Baromètre Unsa : Un appel au changement

A quelques jours du remaniement, les résultats du Baromètre Unsa lancent un véritable appel au changement. On observe une très faible acceptation de la politique menée : 6% des enseignants  et 21% des non enseignants seulement, ce qui signe une défiance sans précédent envers le ministre. 68% des enseignants signalent de la souffrance au travail er 57% des non…

 

(…)

 

Lisez l’article…

 

Pédagogie

Profs de collège : Quelles pratiques pédagogiques ?

Les enseignants des collèges se soucient-ils vraiment de la réussite de leurs élèves ? Quelles sont leurs pratiques pédagogiques ? Quels profils d’enseignants peut-on distinguer ? Une nouvelle étude de la Depp apporte des réponses intéressantes à ces questions. Alors que certains opposent les « pédagogistes » aux autres, l’étude montre que les professeurs partagent beaucoup de points communs dans leurs pratiques pédagogiques. Les différences tiennent…

 

(…)

 

Lisez l’article…

 

Soyez le premier informé de votre établissement et recevez chaque matin le flash d'information du Café pédagogique, L'Expresso, dans votre boite à lettres gratuitement. Pour cela il suffit d'un clic. Vous pouvez aussi bénéficier des éditions disciplinaires ou pédagogiques du Café mensuel.

 

Pour s'abonner

 

La classe

« Fiction et réel : ces mots sont de ceux qui sonnent comme les termes d’un débat, celui de la possibilité de leurs limites, qu’il n’est pas rare aujourd’hui de poser comme poreuses. Si tant est que ce n’ait pas toujours été le cas, à voir les multiples réalisations ou descriptions possibles de leurs transgressions, dans des discours littéraires, scientifiques, médiatiques, sociaux… Et nous savons bien aussi que ce débat millénaire se rejoue quotidiennement dans les classes : Ça s’est vraiment passé ? Ou Tout ça, c’est des histoires ! Ou bien C’est vrai, puisqu’on le voit sur l’image ! Ou encore On a le droit d’inventer ? En matière d’apprentissage, ces questions sont plutôt de bons signaux… : elles signalent encore une posture d’élève qui a saisi que le je scolaire n’est pas forcément le je personnel – phénomène qui relève précisément de ce que certains didacticiens appellent fictionnalisation. Mais ces questions font-elles l’objet d’un enseignement ? » La revue Recherches consacre son dernier nuémro à cette problématique avec des articles sur l’enseignement de la fiction, le journal de personnage, le rapport réel fiction dans plusieurs fores littératures et aussi une analyse de la fiction de la « continuité pédagogique ».

 

Le sommaire

 

 

La classe

Un arrêté définit les épreuves et sous épreuves ponctuelles au bac professionnel à compter de la session 2022. Les candidats de la voie scolaire ne passeront pas d’épreuve ponctuelle en maths, physique chimie, langue vivante,  arts appliqués et EPS.

 

Au JO

 

 

L'élève

A quoi ça sert d’apprendre ? Comment protéger la planète ? Qu’est ce qu’un ami ? Pourquoi tant d’injustices ? Sophie Coucharrière et Anne-Olivia Messana proposent d’examiner ces questions dans des termes accessibles aux écoliers. Pour elles, ce livre doit être le point de départ de discussions en famille.

 

Sophie Coucharrière et Anne-Olivia Messana, Les grandes questions des 7-10 ans. Super guide pour en parler avec mon enfant. Flammarion. Isbn 978-2081-5-0076-1

 

 

Les disciplines

Professeure de lettres en collège, Amélie Charton invite ses élèves de 4ème à voyager virtuellement à Vérone sur les traces de Roméo et Juliette. Point de départ : la tombe de Juliette Capulet a été profanée ! L’escape game invite à une enquête dans différents lieux, afin de récolter des indices, d’interroger les différents suspects et de découvrir ce qui est arrivé à l’héroïne de la pièce de Shakespeare. Appréciation d’Elodie Lahaye sur le site « S’Cape » : « Il ne fait aucun doute que les élèves de 4ème apprécieront l’enquête qu’ils viennent de mener. Même si la fin était déjà écrite, car on ne peut lutter contre le destin, les élèves n’ont pu qu’apprécier ce jeu de piste au cœur de Vérone, qui leur a permis de tester leurs connaissances sur l’œuvre de Shakespeare étudiée en distanciel. C’est une bien belle manière d’aborder la complexité de l’œuvre de Shakespeare. »

 

L’escape game

Présentation

 

Les disciplines

Peut-on par l’écriture poétique raccrocher à l’Ecole les élèves de lycée professionnel ? Enseignante de lettres-histoire au lycée des métiers La Tournelle à la Garenne Colombes, Audrey Garcia a invité ses élèves à écrire des poèmes surréalistes. Les 1ères Systèmes Numériques Option Réseaux informatiques et systèmes communicants s’y expriment sur leur expérience du confinement. Des réécritures d’Eluard, Desnos, Aragon, Tzara … sont au sommaire du recueil en ligne « en souvenir de ce temps si particulier du confinement, du télécours, et du lien virtuel, de mars à juin 2020. » Par exemple, ce poème d’Antonin : « Crachons veux-tu bien / Sur le confinement / Crachons sur cet enfermement / Sur cet isolement / Sur cet arrêt de la vie / Sur ce sentiment d’emprisonnement / Fut-il une quarantaine / Crachons veux-tu bien.

 

Le recueil en ligne

 

Les disciplines

La pandémie du printemps 2020 aurait-elle amené à mieux éprouver l’instabilité et la vanité de toute chose ? Au lycée Vauban à Brest, Rachel Pouliquen a conduit ses 2ndes Arts appliqués à créer un cabinet de curiosités pour faire vivre de façon créative et participative leur perception du baroque. Le travail a pris la forme d’une exposition réalisée à distance via l’espace de partage Pearltrees, dont « l’arborescence en emboitement de perles a quelque chose d'une mise en abyme ». L’ « installation » pédagogique invite à découvrir des vanités, des objets symboles du confinement, une « boîte à mots », des jeux d’échos, des captations sonores ou vidéo … pour entrer en résonance avec l’esthétique et les thèmes de la poésie baroque. Eclairages de l’enseignante qui a été accompagnée dans le projet par la Coopérative Pédagogique Numérique du Finistère …

 

(...)

La vidéo


 L'Edito

Qui n'a pas encore tapé sur les professeurs ? Alors que de nombreux parents sont impatients de remettre leurs enfants à l'école, ils constatent que celle-ci ne les prend pas ou seulement une partie de la semaine. Cela alimente un "prof bashing" qui atteint de nouveaux sommets en ce sommet. Il est alimenté par certains médias. Mais pourquoi font-ils cela ?

 

"Le retour de la vie économique butte sur l'impossibilité pour les enfants d'aller à l'école... Un ministre en première ligne dit en privé "si les salariés de la grande distribution avaient été aussi courageux que l'éducation nationale les français n'auraient rien eu à manger". L'éditorial de Dominique Seux sur France Inter le 8 juin  a fait bondir de nombreux enseignants par sa triple perfidie.

 

Il a été suivi dans la foulée de propos du même style sur BFM et Cnews. Ainsi, BFM parle de "professeurs décrocheurs" et de leur "appréhension à revenir en classe". L'Opinion évoque "un ancien membre de cabinet ministériel" ....

 La semaine

 Vos ressources


Le système éducatif
La classe

Partenaires

Nos annonces