L'Expresso du 21 novembre 2014

Le fait du jour

Présenté par le premier ministre et les ministères de l'éducation nationale et de l'emploi le 21 novembre, le nouveau plan anti-décrochage articule une bonne idée, de bons sentiments, avec fort peu de mesures concrètes. Est-ce parce qu'il fait presque l'impasse des relations avec les collectivités territoriales ? Car encore une fois ce sont elles qui auront à faire face.

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Le fait du jour

Accompagné de N Vallaud-Belkacem, Manuel Valls présente à Lens le 21 novembre le plan gouvernemental de lutte contre le décrochage. Le chef de l'Etat et le gouvernement ont multiplié les déclarations depuis la rentrée dessinant les contours du nouveau plan d'action.  Car, depuis 2013, la coordination des politiques de lutte contre le décrochage revient aux régions. Une nouvelle fois la question de leur accord va se poser...

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Le fait du jour

L'Ecole peut-elle quelque chose contre le décrochage ? Trois études récentes apportent des éclairages nouveaux sur les mécanismes du décrochage. Elles montrent clairement du doigt les responsabilités de l'Ecole. Ainsi le travail de PY Bernard et C Michaut explique que les décrocheurs sont aussi des jeunes qui en ont "marre de l'école". E. Maurin, D. Goux et M. Gurgand  montrent à contrario que l'école peut, à moyens constants agir efficacement contre le décrochage en travaillant sa relation aux parents. Une dernière étude réalisée par L Hernandez, N Oubrayrie-Roussel et Y Prêteur montre aussi l'impact des pairs dans le processus de décrochage.

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Le fait du jour

Avec l'intensification de la lutte contre le décrochage, les microlycées sont sous les feux de la rampe. En Ile-de-France, le conseil régional souhaite voir leur nombre doubler. Partout ils apparaissent comme une réponse pour remettre sur les rails une partie des décrocheurs, principalement les "déçus de l'école", ceux que l'Ecole a blessé ou à qui elle refuse toute chance de retour à la normalité après un accident de vie. L'ouvrage d'Eric de Saint-Denis et Nathalie Broux fait découvrir la pédagogie et l'organisation qui font l'originalité de ces structures. Or toutes deux sont aisément transmissibles aux lycées ordinaires. Les microlycées sont-ils en passe de changer le lycée ?

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La Cité des sciences et de l’industrie invite les enseignants, le 3 décembre, à découvrir l’exposition, « Risque, osez l’expo ». Cette nouvelle exposition d’Universcience  propose un parcours dynamique d’éducation à la culture du risque, en trois séquences thématiques : « Le risque c’est quoi ? », « L’audace au singulier », «  Risques en commun ».  Vingt-cinq manipulations interactives et étonnantes  amènent le visiteur à découvrir comment le risque se calcule, à réfléchir à son comportement pour savoir s’il est audacieux, et à comprendre comment la société s’organise pour faire face aux dangers. Une occasion unique d’appréhender l’audace qui, si elle est raisonnée, participe au développement de chacun et permet à la société d’innover. Le jeune public, à partir de 11 ans, est très attendu à cet événement en famille ou avec ses enseignants.

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La classe

L'approche du rassemblement annuel français consacré au TICE (Educatice 26 - 28 novembre 2014) est une occasion rêvée d'évoquer un élément sensible à débattre : quelle est notre rapport au progrès, à l'acte de consommation de ce progrès et quelle est l'éducation que nous souhaitons proposer dans ce contexte ? Tout d'abord, ne nous voilons pas la face : nous sommes nombreux à être "fascinés" par le progrès technique. Bien que chacun de nous tente de s'en défendre, nos comportements d'achat trahissent, au moins en partie, tout propos de rejet ou de défiance. Mais ce sont surtout les usages, une fois les achats passés, qui montrent bien notre attirance pour ces machines et ce qu'elles embarquent. Dès lors survient inévitablement la question des choix éducatifs à effectuer dans un tel contexte.

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Le système

"Pour faire venir des profs en Seine Saint-Denis il faut des ambitions et du pognon !" Au lendemain du plan spécial de recrutement d'enseignants annoncé par la ministre de l'éducation nationale en faveur de la Seine Saint-Denis, 600 à 700 enseignants du département ont défilé dans Paris le 20 novembre pour demander des moyens pour un département particulièrement en crise. La moitié des écoles étaient en grève dans le département à l'appel de la Fsu, de la Cgt et de Sud. Le mouvement a touché aussi nombre d'établissements secondaires sans qu'on puise avancer un chiffre.

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Le système

Le recteur de Paris devrait rendre le 21 novembre en fin de matinée sa décision sur les sorties de Zep. Pour les écoles les enjeux sont très importants en terme de moyens. Sortir de zep c'est perdre une prime pour les enseignants mais aussi augmenter le nombre d'élèves dans chaque classe , mettre un terme à des projets pédagogiques. Tout cela additionné fait craindre aux directeurs de départs d'enseignants et le retour à un trun over dont ils ont mis des années à sortir..

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Le système

Combien il y-a-t-il d'inscrits aux concours externes du Capes ? Ce nombre est-il en hausse ou en baisse ? Le Snes et le ministère s'opposent chiffres en main sur cette question. PLus original, le  ministère semble s'opposer aussi... au ministère ! Le 19 novembre, le ministère de l'éducation nationale soulignait la hausse des inscriptions aux concours de l'enseignement ,  particulièrement sur les disciplines où on manque d'enseignants comme les maths, l'anglais et les lettres. Le Snes annonçait lui une baisse de 4% des inscrits 2015 au capes. Il y aurait eu 35 694 inscrits en 2014 et seulement 34 279 en 2015. Le 20 novembre le ministère annonce 30 273 inscrits en 2014 et 34 279 en 2015 soit 13% de plus. Mais le site ministériel affiche lui 34 620 inscrits en 2014...

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Le système

"L'école, c'est pour apprendre à lire, à écrire, à compter, pas pour faire de la poterie... La mission première, ce n'est pas pour qu'ils aillent en périscolaire mais qu'ils aillent à l'école". Intervenant à Mulhouse, le candidat à la présidence de l'UMP a promis de supprimer les nouveaux rythmes scolaires s'il arrivait au pouvoir.

 

Dans Le Figaro

La classe

Il y a à la fois la nostalgie des manuels d'antan et la volonté de meilleurs manuels. Selon la BBC, le ministre de l'éducation britannique, Nick Gibb, a appelé à la "renaissance" des manuels scolaires dans le pays. Il a dénoncé la baisse de qualité des manuels, l'usage de polycopiés et "l'hostilité idéologique" des enseignants anglais à utilisé des manuels. Il demande le retour à des manuels comparables à ceux des années 1960 et rappelé que la Finlande ou Singapour utilisent massivement des manuels en classe.

 

Article BBC

L'élève

L'exercice est rude pour l'Ecole. Mais la Fcpe, première association de parents d'élèves, n'a pas laissé passer l'occasion. Alors qu'on commémore le 20 novembre la déclaration des droits de l'enfant, le FCP les compare aux usages scolaires. "L’article 12 de cette convention dispose que « Les États parties garantissent à l'enfant qui est capable de discernement le droit d'exprimer librement son opinion sur toute question l'intéressant ». Malheureusement, nombreuses sont les décisions qui se prennent sans l’enfant ou ses représentants légaux. A l’Ecole, l’orientation scolaire en est un exemple vivant", affirme la Fcpe.

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L'élève

Que faire face à la pornographie ? Comment ça se passe la puberté ? C'est quoi la masturbation ? Voilà quelques uns des thèmes abordés avec humour et sérieux à la fois par le site Si ça m'arrivait. Le site fait appel à de mini BD qui dédramatisent et permettent de prendre de la  distance face aux questions sur le sexe. C'est parfois subtil comme cette planche sur  la masturbation qui souligne en finesse la différence entre fantasme et réalité. Le site appartient à une entreprise de pharmacie.

 

Si ça m'arrivait

Les disciplines

"L'atlas global veut interpeller en chacun le citoyen du monde", annoncent Christian Grataloup et Gilles Fumey, ses auteurs. Avec Patrick Boucheron, ils proposent un livre événement qui fait date par le renouvellement de la vision du monde qu'il apporte. En 60 cartes, les auteurs invitent à lire dans le monde d'aujourd'hui ce qui constitue sa vie. Car nos vies appartiennent bien à un univers global. Ainsi ils dessinent la carte du bonheur , celle de la beauté, d'Internet, des virus, du risque écologique ou des pays poubelles. Christian Grataloup présente ce nouvel outil pour penser le monde.

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Les disciplines

Le concours Les Géophiles se déroulera le 26 mars 2015. Voici la présentation par l’organisateur (l'équipe des Concours Archimède) : "C'est un concours dont les épreuves sont des QCM format papier avec bulletin réponse, lu par un scanner optique. Il s'adresse à tous les collégiens des établissements publics et privés de France ainsi qu'aux DOM TOM. L'épreuve se compose de 24 questions s'appuyant sur les programmes des années antérieures à celle dans laquelle se trouve l'élève. Ces questionnaires sont étudiés et réalisés pour aiguiser plus la réflexion que le contrôle de connaissances, et de ce fait renforce le caractère ludique de notre démarche".

 

En savoir plus

Les disciplines

« Pensez-vous que la situation économique des enfants nés aujourd'hui sera meilleure, moins bonne ou identique à celle de votre génération? » Pour 73% des personnes interrogées dans le cadre de ce sondage réalisé par la Banque de France, la situation économique sera moins bonne pour les générations futures, seules 11% considèrent qu'elle sera meilleure. C'est par la présentation devenue traditionnelle des résultats d'un sondage sur les français et leur rapport à l'économie que les 7ème Journées de l'économie (JECO) se sont ouvertes le jeudi 13 novembre 2014. Cette enquête met en avant le pessimisme des français. On note ainsi que 56% des français pensent que la situation économique va se dégrader dans les douze prochains mois, soit une augmentation de 9 points de % entre octobre 2013 et octobre 2014.

Face à ce pessimisme ambiant, la problématique de ces journées de l'économie 2014 autour de l'avenir du progrès social est particulièrement pertinente.

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La vidéo


 L'Edito

Par Philippe Meirieu

 

La consultation sur «  le socle commun de connaissances, de compétences et de culture » est maintenant terminée et nous en attendons les résultats. Nul ne doute qu’ils seront eux-mêmes l’objet de débats et que les textes vont évoluer dans les prochaines semaines et les prochains mois. Il sera particulièrement intéressant d’observer ces évolutions et, également, la manière dont les programmes vont s’articuler avec le socle censé en être la matrice. Au-delà de la question, un peu formelle à vrai dire, du curriculum, c’est la cohérence pédagogique, institutionnelle et politique de notre projet éducatif qui est en jeu. Parviendrons-nous à proposer à nos élèves, une scolarité obligatoire qui permette à toutes et tous d’accéder à « ce qu’il n’est pas permis d’ignorer », selon la formule d’Octave Gréard, et d’accéder ainsi aux « fondamentaux de la citoyenneté » ? L’enjeu est considérable. Mais, pour en comprendre toute l’importance, il faut, sans doute, revenir un peu en arrière afin de bien identifier les raisons de l’émergence de l’idée de « socle » et de savoir ce que nous pouvons attendre, aujourd’hui, de sa définition… Car, assez bizarrement, les débats – essentiels - sur les formulations et le contenu du socle ont un peu éclipsé la réflexion – absolument nécessaire à mes yeux - sur son usage.

 

Démocratisation de l’accès à l’école et démocratisation de la réussite scolaire : un écart qui se creuse !

 

Je dois aux analyses d’Antoine Prost d’avoir perçu, dès les années 1980, que le problème majeur de l’institution scolaire française était l’écart considérable entre « la démocratisation de l’accès » et la « démocratisation de la réussite ». La première, mise en place dès Jules Ferry pour l’école primaire, a été conduite à marche forcée à partir du Front populaire : 1936, c’est la scolarité obligatoire à 14 ans… 1959, la scolarité obligatoire à 16 ans… 1963, la réforme Fouchet-Capelle et « l’explosion scolaire », selon la célèbre formule de Louis Cros : on inaugure alors, en France, un collège par jour ouvrable ! Ainsi, avant d’être l’année des fameux « événements » que l’on sait, 1968 est la première année où la quasi totalité des élèves de 14-15 ans est scolarisée en troisième. Puis, 1975, c’est la fameuse « Réforme Haby » et la mise en place du collège unique. Dès 1977, il n’y a plus, officiellement, de filière dans les collèges et tous les élèves du premier cycle du secondaire suivent la même scolarité. À bien des égards, on peut dire que la « démocratisation de l’accès » est faite !

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