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Le blog du Forum des Enseignants Innovants et de l'Innovation Educative 2010

 Calendrier

Il n'y a actuellement aucun événement à venir.
Le Forum des enseignants innovants comme si vous y étiez

Quatre reportages vidéo vous permettent de découvrir cet événement. Les enseignants y parlent de leur projet.


L'EPS à l'heure du numérique

L’EPS était encore une fois présente au forum de Dax. L’an dernier, Damien Lebègue nous présentait brillamment sa mobilisation des Tice pour rendre accessibles ses cours à tous. Cette année, Eric Ruiz, enseignant au lycée Bigon de Mortagne au Perche propose un cahier d’entrainement numérique, support pour suivre les progressions individuelles.

Chargé de l’enseignement optionnel d’EPS dans son lycée, Eric a conçu le cahier numérique pour réduire la complexité du suivi sur papier et favoriser l’autonomie des élèves. Un tableur est venu remplacer les volumineux fichiers nécessaires pour valider le travail des élèves fortement individualisé. En option badminton ou canoë Kayak, les optionnaires peuvent fixer leurs objectifs, reporter leurs exercices d’entrainement dans le fichier, évaluer leurs performances et suivre leur progression. Le tutorat et l’évaluation par un autre élève sont encouragés pour réaliser les différentes activités. Par exemple, la sécurité dans l’activité canoë kayak est partagée par un tandem, une façon de responsabiliser les élèves par une observation mutuelle des gestes et des attitudes.

L’outil numérique favorise les échanges avec l’enseignant, par mail bien sûr mais aussi à travers le blog qu’il anime, un blog illustré actualisé fréquemment. Les informations sont constamment accessibles pour l’enseignant, une facilité pour répondre aux questions des parents ou préparer les conseils de classe, et également pour les élèves. Voir sa progression, pouvoir retracer les progrès accomplis est une source de remotivation.

Effet secondaire mais non négligeable, le cahier numérique relie l’EPS aux autres disciplines en permettant la validation de compétences du B2i. L’initiative d’Eric Ruiz illustre les richesses pédagogiques que recèle l’EPS, bien loin des clichés du prof en survêtement, le sifflet vissé à la bouche. D’autres projets présentés au forum associaient l’apport de cette discipline, preuve que le mot éducation a pris toute sa place dans l’enseignement du sport à l’école.

Le bog d’Eric Ruiz

http://cahierentrainementeps.blogspot.com/

Education aux médias

Annie Girard, lauréate du premier forum des enseignants innovants,  Marie Soulié et Patrice Girard sont venus en voisins présenter leur festival des JT scolaires. La première édition s’est déroulée fin mars à Saliès de Béarn et cette première encourageante a donné envie aux organisateurs d’élargir leur invitation à l’ensemble des enseignants innovants.

Orthevielle est au journal télé scolaire ce que la gare de Perpignan est (selon Dali) pour le monde : son centre.  L’expérience développée par Annie Girard dans le village landais est devenu une référence avec 100 numéros réalisés par les élèves. A partir de l’actualité ou en regardant tout autour d’eux, les richesses de la nature, du patrimoine, en écoutant les histoires de vie et de métiers de leurs voisins, parents et même de personnalités reconnues comme les frères Bogdanov ou Joël de Rosnay, les enfants d’Orthevielle ont inventé semaine après semaine leur version du journal télévisé, le journal des bonnes nouvelles.

 

Annie Girard n’a pas créé le JT scolaire, avec d’autres enseignants elle a remis au goût du jour une idée qui semble être née en même temps que la télévision. Les nouvelles technologies, les caméscopes légers, les processeurs rapides, les logiciels de montage, ouvrent des possibilités immenses à cette approche active de l’éducation aux médias où la réalisation est la base des apprentissages. Marie Soulié, enseignante de français, au collège de Sauveterre,  a adopté la démarche et souhaite tout comme Annie, la partager et la promouvoir. Toutes les deux, elles ont imaginé d’organiser une manifestation où élèves chevronnés et débutants accompagnés de leurs profs se côtoieraient pour réaliser des reportages et les projeter devant un jury, comme dans un vrai festival. Faute de place, Orthevielle la landaise n’a pu accueillir le premier festival du JT scolaire alors, sa voisine des Pyrénées Atlantiques, Salies de Béarn a ouvert son collège, son cinéma  et les richesses de son patrimoine pour accueillir les festivaliers.

 

A Dax, l’initiative a remporté un joli succès. Sans doute retrouverons nous pour la deuxième édition du festival des enseignants innovants présents au Forum.

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2010/03/PremierfestivaldesJTscolaires.aspx

Avoir dix ans à Montélimar

Avoir dix ans à Montélimar et apprendre l’anglais, cela peut paraître banal pour un petit français. Avoir dix ans en Inde voilà qui l’est un peu moins vu de France. Avec la complicité de Catherine Loudet, présidente de Mission Inde, Claudine Peysson met sa classe à l’heure indienne. Avoir dix ans à Montélimar ou en Inde qu’est ce que ça change ? Regarder ailleurs permet aux enfants de se décentrer, de s’ouvrir, de découvrir une autre réalité ni globalement meilleure ni foncièrement moins bonne, différente tout simplement. L’apprentissage de la langue prend tout son sens lorsqu’elle offre la possibilité de rencontrer un nouveau monde.

Claudine utilise la voie de la correspondance, une voie lente et parfois aléatoire mais qui permet d’échanger objets et témoignages. Son projet est aussi un projet culturel et citoyen. Les élèves et leurs parents, fort impliqués, mettent en œuvre des initiatives pour aider l’école de Ganjam à s’équiper. Pour les élèves, c’est l’occasion de se frotter à l’organisation d’évènements. Souvent cela fonctionne, parfois c’est moins réussi comme lorsqu’ils ont fait l’acquisition d’une machine à pop corn incapable de produire la quantité demandée. Pour Claudine, ces petits échecs font partie de l’apprentissage.

Le projet a pris une nouvelle dimension en février dernier lorsque Claudine Peysson et Catherine Loudet sont parties à Ganjam. Claudine a partagé les heures de classe avec la sœur institutrice avec qui elle correspondait. Elle est arrivée avec l’argent collecté par les élèves qui a servi à acheter du matériel scolaire. L’effectif pléthorique, les uniformes et les rituels marqués de l’empreinte anglo-saxonne ont étonné Claudine. Elle a ramené en France les danses et les chants appris dans l’école pour les apprendre à son tour aux élèves de Montélimar. Elle a rapporté aussi un film retraçant son séjour et plein de messages d’amitié composés par les élèves de Ganjam à destination de leurs homologues français.

http://www.forum-dax2010.net/ProjectView.aspx?PrjID=bebc2681-b119-483f-886b-268ac75aaaa4

Entreprendre

Créer une entreprise macarons pour retrouver les chemins de l’apprentissage, la route est gourmande, ambitieuse et originale. Nadine Heckler, enseignante de vente en Segpa au collège Paul Verlaine de Metz l’a empruntée avec ses élèves.

Elle a puisé l’idée dans l’initiative du Medef de Lorraine «entreprendre pour apprendre » en la dépoussiérant des reliefs de compétition. Elle s’est recentrée sur le référentiel et le livret de compétences. Neuf élèves se sont lancé dans l’initiative, la création d’une véritable entreprise coopérative avec, entre autres, une PDG, un responsable commercial, un responsable financier. Les rôles des uns et des autres ont été définis par les élèves eux-mêmes en fonction de leurs goûts et de leurs compétences. Ils ont également recherché le produit qu’ils souhaitaient développer. La complicité d’un boulanger-pâtissier et l’existence d’une cuisine pédagogique ont guidé leur choix : ce sera des macarons en chocolat.

Faire une étude de marché, mettre au point la recette, élaborer une politique commerciale et gérer le budget, le projet possède de multiples volets pour des élèves dont les difficultés scolaires rendent difficile un travail de longue haleine. Quatre ont abandonné mais pour les cinq élèves restant, l’expérience a été révélatrice de capacités jusque là mises en veille. Les choix d’orientation ont été modifiés par la confiance en soi générée par la réussite de ce projet ambitieux. La PDG qui se destinait à la coiffure souhaite finalement se diriger vers la cuisine et la restauration, le responsable commercial entre à la rentrée prochaine en CAP de vente.

Pour maintenir la motivation des troupes et réussir le projet, Nadine Heckler a fortement structuré le travail avec un séquençage par objectifs.  A maintes reprises, elle s’est retrouvée elle aussi en situation d’apprentissage, et a initié une autre relation pédagogique avec les membres de la SCOP. Elle a reçu un soutien de partenaires extérieurs, une banque, des moyennes surfaces et des magasins qui ont accueilli le stand de vente de macarons. D’autres enseignants ont contribué à ce projet par essence pluridisciplinaire. Elle a de temps à autres rencontré l’incompréhension face à son initiative soupçonnée de faire entrer l’entreprise dans l’école. C’est pourtant par ce biais que les élèves participant ont retrouvé le goût d’apprendre. Gérer en vrai une petite entreprise leur a fait prendre conscience qu’eux aussi pouvaient réussir, la forme choisie, la SCOP, induisait un esprit de coopération plutôt que de compétition.

« Les délices de Magny » ont été pour Nadine Heckler source d’apprentissages. La complexité du projet, ses multiples facettes, lui ont donné envie de franchir la barrière et de devenir personnel de direction. Ce projet est donc le dernier qu’elle a mené en tant qu’enseignante. A Dax, Nadine avait emmené des macarons pour régaler les visiteurs. Pour les avoir goûté, je peux témoigner que l’entreprise est réussie.

http://www.forum-dax2010.net/ProjectView.aspx?PrjID=9504f1d5-ec7f-4a15-833b-32a901bf496d

Théâtre d'ombres

Des silhouettes noires sur fond jaune se détachent du décor du salon. Anne Delaby présente les travaux de ses élèves du collège Gaston Couté de Voves en Eure et Loir. En option arts plastiques et multimédia, ils ont réalisé un film d’animation inspiré du théâtre d’ombres du XIXe siècle et du « Prince Ahmed ». « L’esquisse mystérieuse » est une adaptation d’une nouvelle d’Erckman-Chatrian. Un peintre a la désagréable surprise de voir les crimes imaginés sur sa toile devenir réalité.

Les élèves ont écrit le scénario, réalisé le découpage technique, le story board, créé les silhouettes en papier noir et les décors en papier vitrail. Ils ont animé les silhouettes sur un banc titre construit par l’ouvrier d’entretien du collège, manipulé caméra et logiciel d’image, élaboré une bande sonore, enregistré les voix. Ils ont travaillé avec le compositeur Pierre Badaroux et le cinéaste Lorenzo RECIO.

Les apprentissages sont multiples et les disciplines associées nombreuses : arts plastiques, éducation musicale, français, documentation, EPS. Son collège se situe en milieu rural, le projet a donc nécessité donc le soutien des collectivités territoriales et de l’inspection pour financer les déplacements nécessaires. Ce dernier soutien a été obtenu après une inspection croisée arts plastiques et éducation musicale durant laquelle les qualités pédagogiques du projet ont été reconnues.

Anne Delaby est enseignante d’éducation musicale, elle se réjouit de coordonner ce projet dans le cadre d’une option « arts et mulitmédia » qui permet de visiter toutes les disciplines artistiques de la 5e et la 3e : la danse, l’architecture, l’animation ou encore la musique. Depuis quatre ans les initiatives se développent pour relier les arts entre eux et avec les autres disciplines ; prochaine étape : la réalisation d’une installation plastique et sonore.

http://www.forum-dax2010.net/ProjectView.aspx?PrjID=0e07da76-15bf-480a-b330-e78b1b2ca3cf

Simplicité

Gadget, tribut payé à l’époque, refuge pour enseignants à la peine, accusé de tout cela, et d'autres choses encore, l’usage des Tice s’est développé à l’ombre du scepticisme. On aimerait entraîner ses détracteurs dans les allées du forum de Dax pour glaner des arguments irréfutables au gré des posters affichés.

Claire Nevot, enseignante d’anglais au collège Jean Vilar de La Courneuve, témoigne avec son projet « the other side of the coins » de l’ouverture qu’apporte Internet. Son idée est fort simple : partir de l’euro, monnaie partagée par tous les européens pour explorer la citoyenneté européenne, et visiter du côté de la face B les cultures différentes qui peuplent l’Europe.  Elle a choisi de le faire dans le cadre du programme e-twinning en compagnie d’un collègue de Malte, Xavier Merri.

Unité et diversité, Malte et La Courneuve pourraient faire figure d’antipodes et pourtant, la monnaie est la même. D’un côté des jeunes, en majorité des garçons, qui vivent dans une banlieue réputée difficile, de l’autre, des jeunes filles en uniforme dans une école catholique. Pour les uns et les autres, l’utilisation d’Internet, de la visio et de la messagerie permet d’échanger, de découvrir la vie d’autres ados européens, différents mais partageant le même projet. A côté des travaux liés au projet, la vie quotidienne, extra scolaire est aussi sujet de découvertes mutuelles. Noël a été par exemple l’occasion d’explorer les différences. Les jeunes maltaises ont été surprises que les collégiens de La Courneuve, à majorité de confession musulmane se sentent peu concernés. Les français de leur côté s’étonnent du port de l’uniforme, de toutes les traces anglo-saxonnes qui subsistent dans l’école maltaise.

 

Pour travailler le thème de la monnaie, visiter la phase B de la pièce, plusieurs matières viennent à la rescousse de l’anglais comme les arts plastiques, le français et l’histoire. Les ateliers se déroulent hors temps scolaire et au vu de la fréquentation, la motivation des collégiens est forte. Pour les élèves de la Courneuve, l’expérience est une opportunité unique de communiquer avec des homologues à l’étranger le coût des voyages scolaires étant trop élevés pour des familles en difficultés financières. L’intérêt porté à leurs travaux, l’assiduité des jeunes malaaises, agissent comme une reconnaissance de leurs capacités. Ouverture et simplicité, « the other side of the coins »le projet de Claire Nevot et de son collègue maltais Xavier Merri s est une parfaite illustration de ce que peuvent amener les Tice lorsque les moyens émoussent les projets.

http://www.forum-dax2010.net/ProjectView.aspx?PrjID=3827b073-593e-4d49-b9fe-0d33e9e21375

En français, place à l'innovation

Les enseignants de français aussi sont innovants ; ils innovent même beaucoup, avec ou sans nouvelles technologies, si nous pouvons en juger par le foisonnement de projets qui a été présenté au 3ème Forum des enseignants innovants à Dax les 4 et 5 juin.

 

Les enseignants de français aussi sont innovants ; ils innovent même beaucoup, avec ou sans nouvelles technologies, si nous pouvons en juger par le foisonnement de projets qui a été présenté au 3ème Forum des enseignants innovants à Dax les 4 et 5 juin. Dans une ambiance chaleureuse propice aux échanges croisés, nous avons pu être temporairement rassurés sur les capacités de résistance des collègues aux attaques régressives qui se multiplient. Certains ont été primés, d’autres non, mais comme se plait à le répéter François Jarraud à chaque ouverture et fermeture du Forum des enseignants innovants, le plus important dans cette manifestation n’est pas de monter sur le podium à la fin, mais d’être là, de pouvoir sortir de la solitude dans laquelle sont confinés un certain nombre d’innovateurs dans leur établissement, de pouvoir écouter, questionner, observer, glaner des idées. Et de rentrer avec le sourire dans les yeux, la tête dans les nuages et de nouveaux projets dans les poches, ou presque.

 

Pourquoi sont-ils là ? Pourquoi ont-ils si vite répondu présents, même s’ils ont dû s’inscrire et se rendre disponibles en un temps record ? Le souci des élèves revient constamment dans leurs propos : comment ne laisser personne sur la route ? Comment faire avancer même ceux pour qui lire et écrire est une nécessité qu’ils préfèrent regarder de loin, comme une obligation scolaire ?

 

Et quelle satisfaction pourtant quand, à Angers, ces élèves de CAP issues de SEGPA, en participant au prix Chronos qui les met en relation avec des personnes âgées, sont fières d’avoir lu pour la première fois un roman, et de l’avoir aimé !

Autre prix littéraire, celui créé par six classes de CAP de la région lyonnaise ; quatre ouvrages sont retenus, deux romans, deux bandes dessinées. Après avoir le plus souvent les deux romans (les bandes dessinées leur ayant été paradoxalement plus difficiles d’accès) les élèves des six classes se retrouvent autour des auteurs ; presque tous, là encore, ont lu au moins un livre.


« Transmettre le souvenir », enjeu de taille pour ces classes de 3ème du collège Matisse d'Ostricourt, dans le Nord.  Autour d’un projet interdisciplinaire dont l’idée est née d’une représentation théâtrale « Transmission », les élèves ont su s’ouvrir au passé, créer du lien avec leur famille, leur histoire ; ils prennent l’habitude de travailler ensemble, tout en reliant le personnel à l’historique ; à partir de leur généalogie c’est bien le fil de l’Histoire qu’ils déroulent. Livrets autobiographiques, vidéos, productions diverses créent du lien entre ces élèves de 3ème et les personnes âgées de la maison de retraite voisine dans une perspective transgénérationnelle qui traverse toutes les disciplines.




A Beausoleil, près de Menton, ce sont toutes les classes de primaire de la ville qui, dans le cadre d’un rallye lecture, lisent au moins huit livres avant de remplir les livrets numérisés mis à leur disposition sur le site académique.   



Autre défi lecture, à partir d’une correspondance entre une classe de 6ème de Limoges et un CM2 de Pont du Château ; mais là, les objectifs différent un peu, s’ils visent bien sûr des progrès en lecture, l’écriture va être aussi moyen d’entrer en relation, échanger, connaitre l’autre, ce dont témoigne le blog qui rend compte de leurs activités. Si la conteuse qui accompagne le projet aide à établir le calme et la concentration, la démarche d’écriture de contes permet réflexivité et amélioration de l’écrit, notamment par un apprentissage en situation de la phrase complexe et de la ponctuation.

Des contes toujours, dans une 6ème SEGPA à Vallauris les élèves travaillent avec  un conteur qui les initie aux bienfaits de la concentration, de la mémoire et de l’écoute, et, en les extrayant de leur quotidien, les fait accéder à la dimension interculturelle du conte. En passant par des jeux, il les amène à percevoir la cohérence sémantique et structurelle du conte. Un dessinateur de bande dessinée prend le relais ; après avoir écrit un scénario, chaque élève dessine et écrit sa page de l’album « Contes en bande » dont ils sont si fiers de présenter la version finale reliée et de très bonne qualité. Après la bande dessinée, ils passeront à l’écriture d’un conte, nouveau va-et-vient entre l’oral et l’écrit.

 

Projet audacieux qui donne toute sa place à la poésie : « Printemps bleu ». Saisissant l’opportunité du concours de poésie organisé par l’Académie de Strasbourg sur le thème du bleu, une classe de 1ère S crée son blog. Après le travail en classe sur des genres poétiques, les élèves peuvent poster un poème, écrit sur leur temps libre. Peu à peu, ils sont de plus en plus nombreux ; beaucoup aussi en présentent un enregistrement sonore grâce à Audacity ; les cinq élèves qui se sont proposés comme webmestres, les plus effacés ou en difficulté en début d’année, ont revu à la hausse leur orientation, en fin d’année. Leur blog, de plus en plus consulté, relayé par la médiathèque de Guebwiller, a été validé comme projet académique dans le cadre des travaux académiques mutualisés.



Est-ce spécifiquement du français quand, à Colmar, cet enseignant de maternelle en RASED crée « Le petit dictionnaire des pareils » ? Remarquable travail sur l’apprentissage de l’abstraction, il allie bouts de ficelle et tableau numérique, sac à objets et Didapages. D’après son évaluation l’acquisition d’expertise de pensée et de langage est supérieure à celle du travail traditionnel sur albums, autant par la rigueur de la démarche que par l’attitude de questionnement qu’elle met en place.


Et enfin, par une synthèse remarquable des activités et des outils, Alexis Lucas, au lycée professionnel Jean Moulin de Roubaix entraine ses élèves dans une découverte de l’Algérie, entre celle de Yasmina KHADRA dont la lecture est conduite en classe, et celle d’un « Voyage en Orient »  du XIXème siècle, écriture longue menée en accompagnement personnalisé. A partir d’un montage sur Didapages présentant une iconographie variée (gravures, photos, cartes), les élèves sont invités à écrire progressivement leur propre voyage en suivant un itinéraire qu’ils décident et dessinent. S'appuyant sur la possibilité de mettre des commentaires au sein du site webmoulin, et sur la diffusion en ligne du livre didapages, l'écriture a pu être mutualisée entre les élèves qui de séance en séance ont pu, individuellement, rédiger et construire, à la fin, un livre personnalisé. Ce travail a été mené dans le cadre de l'accompagnement des nouveaux programmes de baccalauréat professionnel, en collaboration avec Mme Calonne, IEN. Beaucoup de stéréotypes sur l’Algérie passée et actuelle sont interrogés grâce à ce travail exigeant de lecture et d’écriture et nombre d’élèves sont amenés ainsi à revisiter une  Histoire, qui pour certains, bien que personnelle, reste très mal connue.

Ce petit aperçu n’est qu’un léger reflet des projets présentés à Dax. Il aurait fallu, bien sûr, parler de beaucoup d’autres, qui pour être moins originaux ou moins liés au « français »,  n’en ont pas moins le mérite de produire des effets très positifs chez les élèves.

 

Que faut-il pour innover ? De l’imagination, de l’enthousiasme, des outils, de la persévérance, de l’énergie. Aucun des enseignants innovants présents à Dax n’en manque, même si certains sont bien plus seuls que d’autres ! 

 

                                               Viviane Youx, AFEF

Blog de l'Afef

Sur un air d'opéra

 

L’innovation, une affaire de femmes ? Après Annie Girard et son école nomade, après Monique Argoualc’h et Intergenr@ations, le grand prix du forum a été attribué cette année à Florence Rebeschini Aulanier.

 

Son projet a été fort remarqué dans les allées du forum pour son ambition et son côté doux dingue. Enseignante en SES, Florence convoque l’art lyrique pour combattre les clichés. Ses élèves de terminale se font librettistes pour traiter de la discrimination. Le compositeur Benjamin Hamon met l’opéra en musique qui devient ensuite un court opéra filmé. Auparavant un travail sur l’art vocal aura été réalisé avec des chanteuses lyriques afin que les élèves puissent se faire interprètes de leur propre création. De son côté, Florence fournit chiffres et données. Elle veille au fil des portées à ce que les composantes du programme de terminale ne soient pas oubliées.

 

Cette idée originale est née d’un hasard. Florence Rebeschini Aulanier a découvert le travail de Benjamin Hamon lors d’une représentation au théâtre du Rond-Point des lauréats du prix Beaumarchais. L’œuvre présentée parlait des SDF sur un ton évitant à la fois le misérabilisme et le folklore. Florence prend contact avec le producteur pour rencontrer le compositeur. De cette rencontre naîtra une première collaboration sous la forme d’une visite dans la classe puis d’un spectacle que les élèves apprécieront beaucoup. Dans le bus du retour, ils reprennent les airs. Florence tenait son idée.

 

Depuis quatre ans, elle prend corps de multiples façons, entraînant dans son sillage une école primaire, un collège, une maison de retraite, franchissant les frontières des générations. Elle a séduit des partenaires précieux : DRAC, Conseil Régional de Picardie, mairies et même des mécènes privés. « Combattre ce qu’il y a de plus laid chez l’homme par ce qu’il y a de plus beau », le propos de Florence Aulanier sont percutants dans une Région où le Front National a atteint par endroit 25% des suffrages. L’idée de prendre à pleine voix les variantes de la discrimination essaime et grandit. Les opéras se donnent sur scène ou s’exposent en films, accompagnés de multiples initiatives qui invitent toutes les générations à réfléchir en musique. La représentation musicale se vit alors comme une lutte douce contre les représentations.

 

En donnant accès l’opéra à des adolescents et à leurs parents dont la culture ne les portaient pas spontanément vers ce type de musique, l’initiative ouvre les horizons en dépoussiérant les clichés d’un opéra nid de castafiores. En organisant des spectacles dans les maisons de retraite, elle donne l’occasion à des personnes de générations différentes de se débarrasser de leurs à priori respectifs. En exposant par la voie artistique les données brutes des différences sources d’inégalités, les courts opéras favorisent une prise de conscience là où les campagnes de sensibilisation s’émoussent dans leur portée.

« L’art lyrique pour combattre les clichés » a remporté dans les allées du Forum la palme du projet fou, un belle et douce folie qui ouvre les cœurs et s’affranchit des frontières de nos représentations.

 

Un exemple de court opéra :

http://www.dailymotion.com/video/xcyx5q_au-bon-accueil_school#from=embed

D’autres courts opéras sont en ligne. Pour les retrouver, tapez « Court Opéra » sur dailymotion.

Monique Royer

 

Enseignement et évaluation par compétences

 

Depuis plusieurs années, le projet initié par Pascal Cherbuin, professeur de sciences physiques au lycée Robert Doisneau, Corbeil Essonnes, poursuit sa progression et concerne désormais la quasi totalité des classes de 2nde.

L’organisation porte sur des groupes de 3 classes, dont les 15 heures prof permettent d’offrir 3 heures hebdomadaires à 5 groupes de 18 élèves. Ces 3 heures sont se répartissent en 2 séances, l’une de 2h (activités de TP, recherche documentaire ou TP plus légers), l’autre d’1h, consacrée à des temps de formalisation. Les cours traditionnels de 50 minutes ont totalement disparu, les séances d’exercices ne subsistent qu’au 3ème trimestre.

Les activités sont guidées par une démarche d’investigation, dont l’objet change chaque semaine. Ils travaillent seuls ou en groupes.

 

Du bilan très lourd réalisé l’an dernier, les enseignants retiennent que les élèves s’impliquent davantage dans leurs apprentissages, s’approprient mieux les connaissances et sont capables de les mobiliser dans d’autres situations. « Ils prennent du plaisir à travailler ainsi, et nous aussi » affirme Pascal Cherbuin.

 

L’expérimentation commence à être bien connue et l’équipe des enseignants de sciences physiques est souvent sollicitée pour des activités de formation. Un site internet a été développé et un article va être rédigé pour le hors série des Cahiers pédagogiques portant sur le travail par compétences en sciences physiques.

Au niveau de l’établissement, le projet est soutenu par la direction, qui lui a conservé ses heures, mais peu de collègues se sont montrés intéressés à adopter une démarche similaire, hormis les enseignants de SVT, qui devraient mener un travail commun dès l’an prochain. Et l’équipe a beau « servir  de vitrine aux inspecteurs », la question de l’enseignement par compétences n’est quand même pas très présente sur le site académique.

 

http://www.phylyco.fr/

 

Françoise Solliec

 

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