À la Une : Projet : Fête des sciences - Des collégiens expliquent aux primaires 

Par Eric Castanet



Un projet innovant intéressant. Comment redonner aux élèves le goût pour les sciences ? Créez un lien entre le primaire et le collège. Venez découvrir cette initiative !


Séverine Ely-Marius, (SVT) et Svend Walter (physique chimie) enseignant tous deux au collège Trianon du François en Martinique sont à l’origine de ce projet.

 

Comment décririez-vous l’établissement dans lequel vous exercez ?

Séverine Ely-Marius : C’est un établissement de taille modeste où il est nécessaire d’adapter ses pratiques aux besoins des élèves. En effet, le niveau des classes et l’origine socio –professionnelle des élèves est très variable.

Svend Walter : J’ajouterais que les élèves ont des difficultés, mais qu’ils sont pour la grande majorité des élèves qui se comportent bien.


Pouvez-vous nous parler de l’équipe impliquée dans le projet ?

S.E-M : Initialement porté par une classe et l’enseignant qui avait animé l’atelier, il a ensuite fédéré des enseignants de différentes disciplines (Physique Chimie, Histoire Géographie, Anglais) par la création de séquences pédagogiques qui avait pour but de mettre les élèves en situation d’être des animateurs autonomes d’un atelier dans le cadre de la fête des Sciences.


Depuis combien de temps, votre projet existe-t-il ?

S.E-M : Le projet de jeu autour a débuté au cours de l’année scolaire 2009-2010 puis s’est poursuivie sur l’année scolaire suivante.

La mise en place des autres séquences pluridisciplinaires au début de l’année scolaire 2010-2011 suite à l’organisation de la Fête des sciences au sein de l’établissement.


Quelle en a été la genèse ?

S.E-M : Initialement, une classe a travaillé sur un projet de création d’un jeu à thème (biodiversité et risques majeurs). Cette séquence pédagogique avait pour but de mettre en place et de consolider les notions liées à ces deux thèmes mais aussi de mettre en place des séquences de formation et de validation des compétences liées au TIC. (B2i). L’assiduité et l’implication des élèves ayant permis d’aboutir à la construction d’une 1ere maquette et à des parties, le jeu a été proposé comme animation pour la fête de la science 2010. L’acceptation du projet par le carbet des Sciences à inciter à donner davantage d’envergure à la manifestation en proposant plusieurs ateliers où les élèves sont les animateurs (au lieu du professionnel ou de l’enseignant).

S.W. : C’est aussi parce que nous avions eu l’occasion de travailler sur le four solaire que nous avons eu l’idée de faire réaliser des expériences autour de la préservation de la biodiversité. (produits ménagers doux, four solaire, fabrication d’un sorbet, récupération des déchets)


Quels sont les objectifs de votre action ?

S.E-M : Cette action a pour principaux objectifs :

-          La maîtrise et la compréhension du concept de biodiversité et de ses enjeux

-          La valorisation des savoir-faire et des connaissances et des productions des élèves

-          La maîtrise de l’autonomie des élèves

-          Motiver les élèves en les plaçant dans une position différente de la position traditionnelle d’élève qui apprend.

S.W. : C’est aussi clairement donner gout aux sciences. Les élèves de primaire et leurs enseignants ont pu voir qu’il suffisait de peu de choses pour réaliser des manipulations. Faire le maximum de ponts entre école et collège, c’est aussi notre but.


Comment vous êtes-vous organisés en pratique avec les élèves pour la préparation de la fête des Sciences ?

S.E-M : Des ateliers ont été mis en place  sur les plages horaires libres de l’emploi du temps.

La participation des élèves était basée sur le volontariat.

Les enseignants ont rappelé les grandes lignes du concept de biodiversité et ont expliqué quels étaient les objectifs des ateliers à mettre en place.

Sur l’atelier jeu, les équipes ont rédigé ou corrigé les questionnaires pour qu’ils soient accessibles au public reçu, conçu de nouvelles maquettes de plateau, organisé une courte présentation du concept de biodiversité accessible au niveau CM2.

S.W. : Lors des ateliers plusieurs fois par semaine, les élèves volontaires ont imaginé des expériences, cherché des techniques, amélioré certaines. Nous avons fini par choisir trois ateliers : four solaire à base de carton (en insistant sur le faible coût, la nécessité de pasteuriser l’eau dans certains pays qui manquent de combustible comme Haïti), la fabrication de sorbet avec de la glace et du sel, la fabrication d’un produit ménager doux pour l’environnement.


Comment se sont déroulées les  2 journées de la fête de la Science ?

S.E-M : Sur ces deux journées, les élèves se sont organisés en équipes responsables sur différents créneaux des différents ateliers.

Ils ont accueilli les élèves de CM2 et les élèves intéressés du collège, puis ont animé les différents ateliers.

S.W. : Nous avons accueilli tous les élèves de CM2 du bassin de recrutement, soit 6 classes de CM2 en deux jours.


Existe-il des liens entre le programme et le projet ?

S.E-M : En ce qui concerne, le projet de jeu sur la biodiversité, la première étape de conception s’est fait avec des élèves de 4e sur le thème des risques majeurs, sujet traité dans le programme de SVT (en particulier le risque sismique et le risque volcanique), qui doit être abordé dans les thèmes transversaux  mais qui fait également partie des connaissances à maîtriser dans le cadre des connaissances du socle commun.

Lors de la poursuite l’année suivante, en choisissant de se focaliser sur le thème de la biodiversité, on met l’accent sur un autre thème de convergence mais également sur de nombreuses notions du programme de SVT.

C’est une façon  originale d’utiliser en situation ses connaissances.

S.W. : Ne serait-ce que parce que les élèves réfléchissent aux manipulations et que ce sont eux qui les présentent. C’est au programme de toutes les classes de la 6ème à la terminale J. Sinon, de manière plus terre à terre, la lumière, l’énergie, les procédés d’extraction, de filtration, les changements d’état sont au programme du collège.


Quel a été l’impact sur vos classes ?

S.E-M : Ce projet a permis de remotiver certains élèves en les plaçant dans une position qu’ils jugent valorisante car ce sont eux qui encadrent leurs pairs et qui montrent ce qu’ils savent faire. Plusieurs élèves de 6e ont montré un regain d’intérêt pour une discipline qu’ils ne pratiquent pas encore : la Physique Chimie.

S.W. : Oui clairement, nous avons réussi à mobiliser des élèves qui abandonnent parfois rapidement en cours. Dans cet autre contexte, ça n’a plus rien à voir.


Y a-t-il eu des retours de la part des parents ?

S.E-M :  Les parents ont été surpris par la démarche suivie dans le projet et par l’implication de leurs enfants.

Ils ont fait savoir qu’ils étaient très contents de voir qu’un atelier donnait lieu à un bilan présentant une manifestation et une réalisation matérielle utilisée par les élèves.

S.W. : J’ajouterais que nous avons eu beaucoup de retours des profs des écoles qui étaient ravis de voir présenter des idées simples. Ils sont aussi repartis, élèves comme professeurs, avec un journal qui détaillait toutes les manipulations vues ce jour-là, les résultats attendus. Ils ont ainsi pu prolonger, comme ils l’entendaient, la visite dans leur cours.


Quelle a été l’attitude de vos hiérarchies administratives et pédagogiques ?

S.E-M : La hiérarchie administrative a soutenu la mise en œuvre de ce projet en intégrant les heures d’atelier dans l’accompagnement éducatif. L'IA-I PR SVT m'a encouragé à continuer dans cette voie.

S.W. : Le chef d’établissement voyant notre implication nous a laissé carte blanche. Il nous a demandé de lui faire des points d’étapes et nous donnait son avis. Ce fut toujours très constructif. L’IEN de la circonscription du François nous a aussi apporté son aide pour réussir à mieux coordonner les écoles, et à maintenir un niveau accessible aux élèves. L’IPR de Sciences Physiques était évidemment content que l’on puisse travailler en pluridisciplinaire, faire manipuler les élèves et qu’il y ait de la physique chimie ! Il est venu nous rendre visite et ravi que ce soit les élèves de collège qui montrent les expériences. Heureusement que je n’étais pas seul ? Ma collègue E. Honoré m’a aussi beaucoup aidé.


Quel bilan faites-vous de votre projet ?

S.E-M : Mon bilan est positif car je considère ce projet comme une première phase d’expérimentation. Elle a permis d’arriver à une production finale que je juge honorable (Maquette de jeu performante bien que perfectible, la mise en place d’une manifestation qui s’est bien déroulée, l’implication des élèves, la mise en place d’une véritable dynamique entre les élèves et leurs professeurs).

J’aimerais pouvoir reconduire cette expérience afin d’affiner les propositions de travaux réalisé dans les ateliers pour mettre en place des situations qui renforcent les acquis vus en classe.

S.W. : C’est vrai que l’on peut toujours faire mieux. Mais accueillir 6 classes de 25 élèves en deux jours et en les faisant tourner sur 5 ou 6 ateliers, je pensais vraiment que cela allait être un cauchemar ! Ça s’est finalement très bien passé, l’essentiel pour moi étant de redonner goût aux sciences, pour les enfants, comme pour les adultes.


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http://www.cafepedagogique.net/communautes/Forum2011/default.aspx



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Par ecastanet , le vendredi 24 juin 2011.

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