Le PS adopte son programme Education  

Par François Jarraud


   

Plusieurs milliards pour l'éducation, revalorisation mais réduction des vacances d'été et réforme de fond du collège, Bruno Julliard, secrétaire à l'éducation du Parti Socialiste, définit un programme audacieux pour le candidat P.S. de 2012 dans le supplément éducation du Monde.


Des moyens. "Nous sommes aidés par l'ampleur de l'échec des politiques éducatives de la droite", estime B Julliard dans Le Monde. Est-ce pour cela que le projet qu'il présente prend des risques ? B Julliard plaide pour des moyens supplémentaires : "il est suicidaire de supprimer des moyens dans les écoles alors que nous dépensons 15% de moins que la moyenne de l'OCDE", une remarque qui fait allusion au seul enseignement primaire. "Nous évaluons nos engagements à plusieurs milliards" précise-t-il quand même.


En échange d'une réforme de fond. Mais ces moyens servent une rupture avec l'école traditionnelle. Le P.S. veut "une rupture culturelle" pour le collège, "en finir avec l'idée que c'est l'antichambre du lycée... Il faut que les élèves aient un nombre plus réduit de matières", ce qui semble plaider pour les enseignements intégrés.  Partout il faut "éviter le redoublement", casser "le carcan du groupe classe". Le P.S. envisage aussi une réforme osée du calendrier scolaire :allonger l'année scolaire de deux semaines l'été. Enfin il s'empare d'éléments de gestion inattendus. "En plus du rétablissement d'une sectorisation géographique, nous sommes favorables à une réforme des moyens qui intègre les caractéristiques sociales et scolaires des élèves... Nous proposons de rendre publique les dotations en euros de chaque établissement. Ce sera un électrochoc qui montrera clairement que nous sommes dans un système profondément inégalitaire".


Quels soutiens dans l'Ecole ? Cette prise de position rompt avec les programmes antérieurs du P.S. mais aussi avec bien des exigences syndicales. Confiant dans le fait que le futur candidat P.S. endossera ce programme, le PS devra aussi convaincre les acteurs de l'Ecole du bien fondé d'une politique qui fixe un nouveau contrat liant investissement et changement.



Les socialistes déposent une proposition de loi sur le décrochage scolaire


Pas besoin d'aller au Canada. Les députés socialistes ont déposé le 9 mars une proposition de loi sur la lutte contre le décrochage scolaire qui prend à rebours la politique gouvernementale.


L'article 7 abroge la loi du 28 septembre 2010 qui a imaginé la suppression des allocations familiales pour lutter contre le décrochage. " Les mesures proposées dans la loi ne sont que des sanctions automatiques, aucune solution individuelle avec les élèves absents ou en voie de décrochage scolaire ne sont envisagées".


C'est une autre politique que demande la gauche, basée sur l'expérience menée en Seine Saint-Denis. Elle prend en charge les élèves exclus dans une structure parallèle à l'établissement. " Elle comporte à la fois du travail scolaire permettant à l’élève de ne pas « perdre son temps » et d’être ainsi réintégré à la classe après la période, mais aussi d’échanger, en lien avec la famille, sur le sens de la sanction et la vie en commun dans l’établissement". Un tuteur est désigné par l'établissement, une cellule de veille éducative constituée en son sein. Enfin il est fait appel aux Rased pour intervenir dans le secondaire.


Le même jour, la député socialiste Monique Boulestin demandait à Luc CHatel : " êtes-vous prêt à maintenir les 250 millions d'euros nécessaires – une goutte d'eau par rapport aux 4 milliards d'euros que coûterait la suppression de l'impôt sur la fortune –, pour conserver ces 16 000 postes afin de les affecter aux écoles en zone d'éducation prioritaire, pour y organiser une aide véritablement personnalisée ?"

La proposition de loi

http://www.assemblee-nationale.fr/13/propositions/pion3218.asp

La question au gouvernement

http://mailing.gsan.org/files/ml_GSAN/QA_BoulestinSRC_090311.pdf



Sur le site du Café

Par fjarraud , le dimanche 20 mars 2011.

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