Quand les parents s'en mêlent 

 

 

Par Françoise Solliec

 

Comment les parents peuvent-ils faciliter à leurs enfants le choix de leurs études supérieures ? Entre le manque d’ambition de certaines familles, les projections ou les représentations des autres, quel peut être un accompagnement familial bien conçu ?

 

 

Aller à la pêche aux informations

Le problème du choix d’une filière d’entrée dans le supérieur, Valérie Czarny, secrétaire générale adjointe de la FCPE, le connaît bien. : elle l’a vécu avec chacun des ses 4 enfants. « C’est manifestement un gros problème en région parisienne », déclare-t-elle, « d’autant plus que les CIO sont souvent débordés, avec des horaires d’ouverture peu adaptés aux parents ».

 

Dans le lycée où ses deux derniers enfants suivent actuellement une terminale S et une terminale ES, elle estime peu d’informations arrivent jusqu’aux parents et que les professeurs principaux n’ont pas assez de temps à consacrer à leur mission d’orientation. « Il faut qu’on se débrouille tout seuls. Et, parfois, les COP mettent un peu rapidement les enfants dans des cases et ont tendance à les orienter par rapport à leur seul profil scolaire ».

 

Beaucoup de parents, selon Valérie Czarny, vivent la même expérience et se sentent obligés d’aller à la pêche aux informations. Dans cette quête, les brochures de l’Onisep et les visites de salons sont les premières ressources.

« J’ai passé beaucoup de temps au salon de l’éducation » poursuit-elle. « J’ai constaté que les écoles privées y étaient très présentes, mais le secteur public beaucoup plus discret ». Quant aux plates-formes d’informations en ligne, elles ne semblent pas encore assez connues du grand public.

 

 

Savoir accompagner son enfant

« Les enseignants parlent de l’orientation au moment des échéances, mais il y a peu de temps pour se poser avec les jeunes qui se retournent alors vers les parents, dont l’influence reste forte » dit Valérie Czarny, qui estime aussi qu’il est assez compliqué pour un jeune de trouver sa place en Ile-de-France, « surtout lorsqu’on veut sortir des sentiers battus ». Dans certains départements, comme la Seine-et-Marne, la proximité est encore un facteur de choix et le taux de bacheliers entrants à l’université plus fible qu’ailleurs.

 

Que faire lorsque son enfant n’a pas d’idées sur son avenir ? Valérie Czarny a passé pas ma de temps avec son fils sur l’ordinateur pour repérer quelques formations, dont ils ont ensuite regardé les sites plus en détail. « Cela peut aussi être rentable, quand on ne sait pas trop quoi faire, d’aller au CIO explorer différentes voies. C’est dommage qu’un support ne nous vienne pas de l’école pour lister les différentes ressources » regrette-t-elle. « L’information ne nous arrive pas ou alors trop partiellement ».

 

Dans son dossier d’octobre 2008, Que faire après le bac ? Grand Angle, la revue de l’Onisep Picardie, citait le témoioignage de Sandrine, mère elle aussi de 4 enfants et parent délégué, qui regrette le manque d’ambition de nombre de familles picardes et explique combien le dialogue lui semble important.

«J’incite les parents à dialoguer avec leur enfant, à être vigilants sur les guides qui lui sont remis en classe, et à faire le point avec les enseignants et le conseiller d’orientation psychologue» explique Sandrine. Ultime recommandation, et c’est une pro qui parle, «Ne harcelez pas votre gamin pour qu’il vous fournisse un projet d’orientation bien ficelé. On a le devoir de s’informer, mais le droit de ne pas savoir».

Grand Angle octobre 2008

http://www.onisep.fr/onisep-backoffice/_onisep/upload/80_apreslebac.pdf

 

 

Les points de vue des associations

Pour la FCPE, au niveau de l’orientation, « Les parents ont un rôle à jouer. II est important qu'ils soient clairement informés des pratiques d'évaluation, des enjeux de telle ou telle filière … que des rencontres régulières aient lieu avec tous les autres partenaires (professeur principal, tuteur, chef d'établissement, conseiller d'orientation...).

C'est par des rencontres fréquentes avec les acteurs économiques, organisées dans le cadre scolaire, que les jeunes pourront se faire une idée plus juste et plus objective des métiers et des débouchés, sans pour autant être enfermés dans la réalité économique du moment, ni subir les choix économiques et politiques ».

http://www.fcpe.asso.fr/ewb_pages/s/secondaire-college-lycee-orientation-college.php

 

Dans une étude qualitative consacrée à l’orientation scolaire, vécue par les jeunes et les parents, François Fondard, président de l’Unaf, déclare :

« L’orientation se révèle être un véritable parcours, durant lequel les jeunes ont besoin d’être accompagnés. Ils ont besoin d’aide pour mieux se connaître, pour apprendre à faire des choix, pour appréhender les formations, les métiers et le monde professionnel.

Ce parcours d’orientation ne s’arrête pas au choix d’un métier et d’une formation, il continue : l’inscription dans les écoles, la recherche de stages, les transports, logement éventuel… Là encore les jeunes ont besoin d’être accompagnés dans la durée. Vous trouverez en conclusion les préconisations concrètes de l’UNAF pour améliorer le dispositif existant et l’adapter aux besoins des jeunes et des familles. Si les parents sont directement concernés par l’orientation de leurs enfants, ils se révèlent être des acteursclefs d’une orientation réussie que les politiques publiques doivent prendre en compte ».

Avec des extraits des 45 entretiens menés avec différents types d’élèves et leurs parents, l’étude dresse un panorama iintéressant des parcours des élèves et de l’accompagnement des familles.

http://www.unaf.fr/IMG/pdf/UNAF_Etude_Qualitative_n2.pdf

 

Sur le site du Café
Par fsolliec , le mercredi 09 décembre 2009.

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