Par François Jarraud
LE FAIT DU JOUR
Bréal banalise le manuel électronique
ÉDITORIAL
Darcos : Qui paiera ?
LE SYSTÈME
Le bac 2007 l La bac ailleurs en Europe l Décrets Robien où en est-on ? l Carte scolaire ; ça coince uniquement à Paris
L’ÉLÈVE
Les jeunes aussi ont leurs députés l La biométrie en accusation en Angleterre l Expulsion d'une fillette de 9 ans
LA RECHERCHE
Des clés pour réussir au collège et au lycée
LES DISCIPLINES
Langues : le stage du Gfen l Maths : les Olympiades 2007 l Cinéma : Les productions Eclair ont 100 ans
TICE
Familles de France attaque Second Life
Bréal banalise le manuel électronique
Surprise pour les profs d'histoire-géo. Les spécimens des nouveaux manuels d'histoire et de géographie de 1ère générale n'encombrent pas le sac : ils ne pèsent que quelques grammes. Si les manuels élèves restent sur papier, Bréal a décidé de distribuer les spécimens directement sous forme électronique, une première pour l'édition scolaire française.
"Il s'agit d'abord de diminuer les frais d'envoi et d'impression, et de mieux respecter l'environnement en faisant moins appel au papier" a déclaré au Café l'éditeur. Mais il s'agit aussi pour lui de se positionner sur un média innovant.
L'innovation est volontiers mise en avant dans cette maison qui vante son indépendance. "Il faut cesser de penser le monde en opposant les lycéens et les étudiants aux autres lecteurs" déclare l'éditeur. "Au contraire, on peut, en décloisonnant l'édition scolaire, réconcilier autour de thèmes fédérateurs et motivants les programmes scolaires et l'entraînement avec le plaisir de la lecture. L'apprentissage n'en sera que plus stimulant (et donc plus efficace) : pour les élèves évidemment, mais aussi pour un public beaucoup plus large". Et il est vrai que Bréal a su publier des livres qui sont à la fois des manuels et des ouvrages grand public comme "L'Antimanuel de philosophie " de Michel Onfray.
Mais c'est un autre saut que manifeste la sortie au format pdf des spécimens. C'est prendre le risque du piratage et surtout celui d'une évolution du métier d'éditeur scolaire. Sésamath qui a publié des manuels scolaires électroniques a montré l'intérêt d'une rédaction collective des manuels. La numérisation complète devrait faire évoluer les relations entre enseignants et éditeurs et peut-être le métier même d'éditeur.
http://www.editions-breal.fr
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Darcos : Qui paiera la note ?
Après Gilles The Exterminator, aurions-nous Xavier The Pacificator ? A l'issue de la première conférence de presse du nouveau ministre de l'éducation nationale, le 6 juin, on peut se poser la question.
C'est d'abord que l'homme est sympathique. Il est drôle et pratique l'auto-dérision. Ca change de Fillon. Il se méfie de la nostalgie de l'Ecole d'antan. Ca change de Ferry. Il connaît ses dossiers. Ca change de Robien.
Et X. Darcos est rassurant. A propos du bac il rappelle sa valeur. "Je ne participe pas à ce discours sur le bac dévalué…Le bac est un véritable examen qui n'est pas bradé" a-t-il déclaré. Certes les lycéens font davantage de fautes dans leur dictée. Mais finalement ils savent des choses que les générations précédentes ignoraient. Ainsi se définit l'équilibre entre la tradition et la modernité…
Même apaisement à propos de la carte scolaire. X. Darcos la justifie par le respect des droits. "De quel droit refuserais-je à une jeune fille de demander tel établissement où elle pourra travailler mieux". En même temps il promet que l'assouplissement ne sera pas un raz de marée. "Les choses se passent bien. Il n'y a pas d'embouteillages dans les rectorats. Les parents sont généralement contents de leur école. Nous réaliserons ce projet et nous n'aurons pas mis la pagaille dans l'Ecole". Le ministre promet de maintenir les moyens des collèges ambition réussite même s'ils perdent des élèves.
Et pourtant on n'y croit pas. Si l'appel au respect des droits des élèves ne peut laisser les enseignants indifférents, l'équité voudrait que le ministre se pose la question de ceux qui ne demandent rien. Ceux-là on les connaît. L'exemple anglais montre que les familles défavorisées, pour des raisons diverses, ne demandent pas à changer d'école. Elles se satisfont de l"école du quartier. Sans le souci de ces familles, la démarche d'assouplissement de la carte scolaire risque de virer au "sauve-qui-peut" des plus instruits et des français "de souche" et à l'écrémage des établissements zep.
Un autre motif d'inquiétude concerne le budget ministériel. Peut-on à la fois promettre d'accueillir de nouveaux élèves dans les établissements de centre-ville, jurer qu'on maintiendra les moyens dans les collèges de banlieue et faire partie d'un gouvernement qui a promis la rigueur budgétaire ? Certainement pas. On croirait presque le rassurant X. Darcos si l'on n'avait au fond de soi, déjà, la prémonition de savoir qui paiera.
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Le bac 2007
"Je ne participe pas à ce discours sur le bac dévalué". Xavier Darcos a présenté le 6 juin les caractéristiques du bac 2007. Près de 128 000 examinateurs accueilleront 621 000 élèves de terminale et 485 000 candidats aux épreuves anticipées. Une rencontre fertile : on attend 4 millions de copies. Au total 64% d'une tranche d'âge obtient le bac.
Le ministre de l'éducation nationale a insisté sur la valeur de l'examen. "C'est un véritable examen qui n'est pas bradé… Il est important que la France continue à faire monter le niveau de qualification de sa population".
La grande nouveauté de l'année est le bac STG (sciences et technologies de la gestion). Il remplace le bac STT et concerne environ 100 000 candidats. Le bac STG amène de nouvelles exigences dont une épreuve écrite et orale dans les deux langues vivantes.
Une innovation concerne tous les candidats : pour la première fois chacun pourra accéder gratuitement à ses résultats sur le site du ministère le 2 juillet.
http://www.education.gouv.fr/cid5165/le-baccalaureat-2007.html
Sur le Café : le bac un diplôme bradé ?
Réviser avec le Guide bac brevet du Café
Le bac ailleurs en Europe
Quelle épreuve attend les élèves à a fin de l’enseignement secondaire général en Europe ? Dans tous les pays de l’Union européenne un certificat est délivré aux étudiants qui terminent l’enseignement secondaire supérieur général et qui ont satisfait aux exigences requises.
Dans de nombreux pays, l’obtention du certificat est liée à la fois aux résultats de l’épreuve finale et au travail de la (des) dernière(s) année(s).En Espagne et en Suède, le certificat est délivré uniquement sur la base de l’évaluation continue de la (ou des) dernière(s) année(s) du secondaire. Dans la majorité des pays, l’épreuve finale est composée de deux parties, l’une écrite, l’autre orale. Mais en Grèce, à Chypre, en Lituanie, au Portugal, en Finlande, en Bulgarie, elle est exclusivement écrite. A ce niveau d’enseignement, l’épreuve écrite est très fréquemment mise au point par un organe externe à l’établissement.
En Belgique, en Islande, en République tchèque et en Slovaquie, cependant, l’épreuve finale écrite est réalisée par un enseignant ou une équipe d’enseignants de l’établissement. En Autriche, le président de la commission d’examen choisit les questions à poser parmi celles rédigées par les enseignants de l’établissement. En Grèce et au Portugal, les étudiants sont soumis à deux épreuves écrites, l’une interne et l’autre externe.
Selon le pays, la note finale est attribuée soit par un jury ou par des personnes extérieures à l’établissement, soit par les enseignants de l’établissement qui décident de la note attribuée et de la délivrance du certificat. En Finlande, pour l’obtention du certificat basé sur l’épreuve externe écrite (matriculation examination), l’évaluation est d’abord menée par les enseignants puis par un organe externe, le Matriculation Examination Board. Au Luxembourg et dans la majorité des nouveaux Etats membres, les examinateurs externes attribuent la note finale en tenant compte des résultats obtenus à l’épreuve externe et du travail de l’année. Enfin, au Danemark, en Allemagne et en Norvège, le certificat mentionne à la fois les notes obtenues à l’épreuve finale (pour les matières présentées) et les résultats du travail de l’année ou des dernières années (pour les autres matières ou pour toutes les matières). Aux Pays-Bas, la note finale est la moyenne des résultats obtenus aux deux épreuves, interne et externe. En Estonie, les épreuves externes sont corrigées par les examinateurs externes. En Lettonie et en Lituanie, des examinateurs externes établissent la note pour les matières évaluées lors des examens centralisés et, pour les autres matières, les enseignants corrigent les épreuves sur la base de critères établis par un organe externe
Dans tous les pays européens, les filles sont plus nombreuses que les garçons à se voir délivrer un diplôme de l’enseignement secondaire général : le rapport moyen est de 139 diplômées pour 100 diplômés.
Plus de 76 % des jeunes européens de 20 à 24 ans ont achevé avec succès l’enseignement secondaire. Le pourcentage est encore plus élevé dans les nouveaux États membres: il représente 87 % de cette classe d’âge. La situation au sein de l’Europe est assez homogène. En effet, seuls trois pays enregistrent un taux inférieur à 60 % (Malte, Portugal et Islande) et trois pays ont un taux supérieur ou égal à 90 % (République tchèque, Slovénie et Slovaquie). Mais 35% des jeunes n'a pas un diplôme suffisant pour accéder à l'enseignement supérieur. L’Estonie, Chypre, l’Autriche, la Finlande, la Suède et la Norvège enregistrent la proportion la plus faible. A contrario, au Luxembourg, à Malte, au Portugal et en Islande, la proportion des 20-24 ans n’ayant pas le niveau de qualification requis pour intégrer directement l’enseignement supérieur dépasse 55 %.
Décrets Robien où en est-on ?
Interrogé par le Café sur les mouvements de grève qui touchent plusieurs centres d'examen de BTS, Xavier Darcos ne craint pas l'extension du mouvement; "Je sais que les professeurs n'ont jamais pris les élèves en otage" a-t-il déclaré. N. Sarkozy va "faire les annonces qui conviennent" le 11 juin ce qui devrait ramener la sérénité.
Justement le Se-Unsa demande au président de la République de tenir son engagement et de rétablir les horaires supprimés. Le syndicat donne le détail : "alourdissement de la charge de travail et pertes financières avec la suppression de l’heure de première chaire pour 50 000 collègues en premières, terminales, et STS et incertitude pour l’attribution des heures de laboratoire (LV, SVT, Physique, Techno) et de cabinet (Histoire-Géo) et de chorale; dégradation des conditions de travail avec une possibilité d’affectation sur trois communes non limitrophes ; perte de qualité d’enseignement dès lors que, sans volontariat ni formation adéquate, un professeur pourrait devoir enseigner hors de sa discipline de recrutement. Ces dégradations contenues dans le décret de Robien prennent une résonance particulière pour les TZR, les PLP, et les enseignants d’EPS". Pour le syndicat, la suspension de ce décret permettrait d'avoir de "véritables négociations sur le service des enseignants".