Par François Jarraud
LE FAIT DU JOUR
Accompagnement scolaire : Darcos inaugure le dispositif
ÉDITORIAL
L'Ecole a-t-elle besoin de managers ?
LE SYSTEME
Mutations : Le B.O. spécial est paru ! l Primaire : Le Snuipp, le Sgen et le ministère discutent des heures libérées l Le pilote et l'inspecteur, une parabole de P. Frackowiak l L'éducation nationale en chiffres l Le service d'orientation menacé ? l Capes de physique-chimie : modification du programme l Madagascar : 100 élèves par classe
L’ÉLÈVE
Envie d'Amphi pour découvrir les universités l Un lycée en grève pour soutenir un sans papier l Le prix de l'éducation 2008 l Le concours général l Internet est en train de changer l'apprentissage
LA CLASSE
Apprendre à lire les images l Le cyberdéfi jurassien l Mémoire de l'esclavage l Collège numérique en Morbihan
LA RECHERCHE
Les compétences sociales déterminent la réussite scolaire
CITOYENNETE
50 idées reçues sur l'état du monde
LES DISCIPLINES
Documentation : Le congrès de la Fadben l Primaire : Comment l'art vient aux enfants ? l Science in school l Géographie : Geo Worlbank et World Mapper l EDD : Le Grenelle sur TV5 l Langues : LV1 oral en STG
LES TICE
La Nouvelle Orléans mise sur les portables l Un nouveau virus sur MSN
Accompagnement scolaire : Darcos inaugure le dispositif
Au collège ZEP Jules Ferry de Maisons-Alfort (94), ce sont plus du tiers des enseignants et la moitié des élèves qui se sont engagés dans l’accompagnement éducatif. Etudes surveillées, ateliers en tous genres s’appuyant sur un projet d’établissement bien implanté et de nombreux partenariats, la palette avait de quoi séduire Xavier Darcos, ministre de l’éducation nationale, qui se rendait hier dans le collège à l’invitation de Jean-Michel Blanquer, recteur de l’académie de Créteil pour inaugurer le nouveau dispositif. Le Café était présent et rend compte des réussites et des limites du dispositif.
Le reportage de F. Solliec
Accompagnement scolaire : Le dossier du Café
Sur le Café : fausse réforme, vraie annonce
Sur le Café : l'efficacité à quel prix
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L'Ecole a-t-elle besoin de managers ?
Alors que le ministre prépare une double réforme du primaire et du secondaire qui pourrait changer l'organisation des écoles , des collèges et des lycées, de nombreux regards se tournent vers le rôle du chef d'établissement. L'Ecole a-t-elle besoin de chefs d'établissements managers ? Ce modèle est-il le plus efficace ?
Il est vrai que l'Ecole souffre réellement de corps intermédiaires. Elle en manque probablement pour améliorer sa gestion. Surtout, les enseignants sont seuls. Nulle part ailleurs, on ne laisserait ainsi des salariés aussi isolés dans leur tâche, sans aucun soutien. Les enseignants doivent trouver seuls les réponses à toutes leurs difficultés. Et on sait que cette situation a un coût humain important.
Depuis plusieurs années, les rapports se sont accumulés qui appellent à faire des directeurs et chefs d'établissements de véritables managers. Ainsi, le rapport du HCE analyse la crise de l'école élémentaire comme celle des directions. " Le titulaire de la fonction n’a pas l’autorité nécessaire pour assurer pleinement la direction de son école... le débat sur la fonction de directeur d’école primaire, dotée de compétences explicites, ne devrait plus être éludé".
Il y a deux ans, le rapport des inspecteurs généraux J.F. Cuisinier et T. Berthé, allait dans le même sens. "Demain plus encore qu'aujourd'hui, un responsable d'EPLE devra être capable d'impulser les choix pédagogiques de l'établissement, d'assurer une gestion financière affinée, pour se dégager des marges de manoeuvre dans le cadre de la LOLF, de négocier des conventions locales équilibrées, voire avantageuses avec la collectivité territoriale de rattachement, d'animer des équipes dépendant de plusieurs employeurs". Pour eux les inégalités de résultats entre établissements relèveraient d'abord de pilotages de qualité différente. Et la tentation du manager ne peut aller que croissant dans un système qui souhaite se doter de nouveaux documents d'évaluation.
Pourtant l'efficacité du chef d'établissement manager reste à démontrer. Les recherches de F. Dubet, O. Cousin ou encore A. Grisay et A. Sacré, dans les années 1980, n'ont pas réussi à mettre en évidence un effet chef d'établissement. Aujourd'hui on sent bien dans les propos du HCE, ou ceux de l'Inspection, que le modèle sous-jacent est celui du chef d'établissement privé. Le succès de ces établissements est souvent associé au fait qu'ils disposent de chefs d'établissement qui ont des pouvoirs bien plus larges que leurs homologues publics. Or ce que montre la thèse récente de M. Hassani, c'est qu'ils se distinguent de leurs collègues par un niveau d'intervention dans la vie de l'établissement beaucoup plus bas. Pour M. Hassani, bien loin d'être les patrons omniprésents que l'on imagine parfois, ils appartiennent majoritairement au modèle "individuel laissez-faire" c'est à dire qu'ils interviennent pédagogiquement très peu dans leur établissement.
D'autres critères ont été mis en évidence pour améliorer l'efficacité des établissements. Déjà Dubet et Cousin insistaient sur l'importance de la mobilisation des enseignants. Bien plus que le chef d'établissement, c'est l'existence ou pas d'une équipe pédagogique soudée et communicante qui peut créer un "effet établissement" c'est-à-dire améliorer les résultats des élèves. Or on peut difficilement concilier les deux images de la communauté travaillant en équipe et celle du manager. Rien ne justifie donc l'intérêt pour la mise en place de véritables managers. Rien ne devrait aller contre un renforcement de tout ce qui peut, sur le plan organisationnel, favoriser le travail et la gestion en équipe des établissements. Rien si ce n'est l'esprit du moment et les représentations sociales traditionnelles du pouvoir actuel. Peut-on construire durablement l'Ecole là-dessus ?
Rapport Cuisinier Berthé
Etude de M. Hassani
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Mutations : Le B.O. spécial est paru !
Le B.O. spécial n°6 précise le calendrier et les modalités de changement de département pour les enseignants du premier degré et du mouvement national pour ceux du second degré.
Le B.O. du 8 novembre précise les modalités d'affectation à Saint-Pierre-et-Miquelon,Mayotte et en Polynésie.
Au B.O. spécial
Le B.O. du 8 : SPM Mayotte
Le B.O. du 8
Primaire : Le Snuipp, le Sgen-Cfdt et le ministère discutent des heures libérées
" Le SNUIPP, le Sgen-CFDT et le ministre de l’Education nationale décident d’engager des discussions… portant sur le réinvestissement des heures libérées par la suppression des heures de cours du samedi matin. Avec la 27ème heure déjà consacrée à la concertation et à la formation, ce sont 108 heures qui sont rendues disponibles dans l’année". Après avoir annoncé de façon unilatérale et pressante la suppression des cours le samedi matin, X. Darcos a su introduire les syndicats dans la définition du dispositif.
Les syndicats ont d'ailleurs obtenu des garanties : "les moyens doivent être renforcés là où le besoin d’école est le plus fort; dans les écoles où la difficulté scolaire est la plus récurrente, le principe « plus de maîtres que de classes »pourra être retenu" précise le "protocole de discussion signé avec le ministre". Le Snuipp "appelle les personnels à débattre et peser dans les discussions". Le Sgen, qui attend de cette expérience le renforcement du travail d'équipe, " considère que cette démarche participe positivement à la défense et à l'amélioration du service public". Un premier relevé de discussions sera publié en décembre, en janvier devraient être élaborés les textes réglementaires.
Communiqué Sgen
Dossier ministériel
Le pilote et l'inspecteur, une parabole de P. Frackowiak
"J'ai vu des tonnes de power point sur les performances des élèves, avec des graphes magnifiques et de jolies couleurs, et même avec des araignées qui descendent des plafonds, à en avoir la nausée. Je n'en ai jamais vu sur les pratiques pédagogiques des enseignants. Mais puisqu'il faut piloter, pilotons". Dans un beau texte, Pierre Frackowiak interpelle la nouvelle politique de pilotage par les résultats du haut de son expérience d'inspecteur.
"Piloter par les résultats des élèves sans savoir piloter les pratiques des enseignants… cela relève du gag… Le vrai problème, derrière l'écran de fumée commode et snob du pilotage, n'est-il pas d'accompagner les enseignants à voir clair dans leurs représentations et leurs pratiques professionnelles et à mettre leurs actes en accord avec leurs valeurs ?"
Tribune de P. Frackowiak (en pdf)
L'éducation nationale en chiffres
12 millions d'élèves, 67 000 écoles et établissements scolaires, 900 000 enseignants : ces chiffres montrent l'importance du système éducatif français. Ils sont extraits de "L'éducation nationale en chiffres", une courte brochure éditée par le ministère. Parmi les données : 19 écoliers par prof en France, 11 en Italie, 15 aux Etats-Unis, 14 en Espagne…
La brochure (enpdf)
Une brochure plus complète :le RRS
Le service d'orientation menacé ?
Selon le Snes, le rapport du député UMP F. Reiss sur le service d'orientation de l'éducation nationale demanderait la suppression des conseillers d'orientation. A noter que le rapport Lunel, réalisé pour G. de Robien, demandait une redéfinition de la mission des conseillers d'un travail psychologique à une orientation professionnelle en lien avec le tis