L'Expresso du 3 Décembre 2007 
 

Par François Jarraud

 

LE FAIT DU JOUR

PISA : Des indicateurs attendus pour lutter contre les inégalités scolaires

ÉDITORIAL

Education prioritaire : Les convoyeurs attendent ? Pas sûr…

LE SYSTEME

PIRLS : Des résultats qui ne surprennent pas le Se-Unsa l Bac pro en 3 ans : Un appel de l'intersyndicale l Salaires – Emploi: Les syndicats rencontrent le gouvernement aujourd'hui l Directions : Publication des textes d'application de l'accord de janvier 2007 l Tentatives d'incendie dans deux collèges du Val-de-Marne l L'éducation progresse dans le monde affirme l'Unesco l C'est la blague du moment…

L’ÉLÈVE

Les organisations lycéennes satisfaites l L'alimentation joue sur l'intelligence l Belgique : Le décret sur les inscriptions scolaires suscite le trouble

LA CLASSE

L'entretien : ouvrez vos oreilles…

CITOYENNETE

Un appel pour l'Ecole et la banlieue l Le projet de loi sur la rétention de sûreté devant l'Assemblée

LES DISCIPLINES

SVT : La Hulotte n°90 l SES : Les associations de spécialistes au secours des SES l Lettres : Réponse à Ripostes…

LES TICE

Internet révolutionne la création musicale

 

 

Le fait du jour

 

PISA : Des indicateurs attendus pour lutter contre les inégalités scolaires

Nathalie Mons, maître de conférences en sciences de l’Education à l’Université de Grenoble II, est membre du consortium de PISA 2009. Elle conduit actuellement, dans le cadre d’une recherche européenne Knowpol, associée au laboratoire OSC de Sciences-Po, une étude sur les usages politiques de PISA. Son récent ouvrage « Les Nouvelles politiques éducatives, la France fait-elle les bons choix ? » évalue les politiques éducatives françaises et permet de mieux comprendre certains facteurs explicatifs des résultats des enquêtes  PISA. Elle répond à nos questions sur PISA dont les résultats sont rendus publics demain par l’OCDE. Une enquête qui doit forcément faire réagir l'école.

Pour lire la suite…

Sur le Café : entretien avec N.Mons

 

 

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Education prioritaire : Les convoyeurs attendent ? Pas sûr…

On peut toujours se dire qu’il en est de l’Education Prioritaire comme du service public en général : s’il n’y en avait pas, ça serait pire. Mais ça ne dispense pas de chercher à comprendre ce qu’on pourrait faire pour que ça aille mieux.

 

Les moyens, quand ils existent, ne sont pas suffisamment employés vers le cœur de la difficulté scolaire : ce qui se passe dans la classe. A forcer sur les doses de projets, de remédiation, de dispositifs, de PPRE ou de soutien, on oublie que l’essentiel se joue dans le rapport ordinaire que l’élève de ZEP entretient avec la situation scolaire la plus banale, dans la classe, dans ce qu’il comprend qu’il fait là…

 

Avec une question qu’on ose rarement énoncer publiquement : quand on parle d’Education Prioritaire, pense-t-on « réussite de tous » ou « pacification sociale » ? Depuis quelques années, il semble malheureusement que la réponse soit de plus en plus claire : dans une société où le politique cherche à faire porter le poids du destin social sur le seul mérite des individus, où le président de la République peut oser dire aux journalistes que la désespérance sociale qui s’exprime dans ces quartiers n’est que la conséquence du laxisme face aux délinquants et au trafiquants qu’il fut renvoyer « chez eux », pas la peine de se demander pourquoi le ministère ne juge pas utile de nommer des pilotes nationaux de l’Education Prioritaire. L’inspection générale peut à loisir publier des rapports pertinents, les universitaires peuvent continuer à colloquer, la priorité affichée à la réussite de tous et au socle commun n’est qu’un slogan marketing pour les plateaux télé.

 

On sait désormais beaucoup sur ce qu’il faudrait faire si on décidait réellement que la Nation se fixe comme objectif prioritaire de travailler à la réussite scolaire des élèves qui ont le plus besoin de l’Ecole. Encore faut-il ne pas se contenter de l’afficher, mais de le décider. Les enseignants de ZEP l’attendent-ils encore ? Pas sûr…

Patrick Picard

 

Cet éditorial ouvre le Dossier mensuel du Café n°88 sur l'éducation prioritaire. Il montre comment s'organise au quotidien  le fonctionnement de l'éducation prioritaire et pose la question des pratiques pédagogiques pertinentes.

Education prioritaire, le nouveau dossier mensuel du Café

 

 

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PIRLS : Des résultats qui ne surprennent pas le Se-Unsa

"Les résultats, guère réjouissants de PIRLS 2006 ne surprennent pas car aucun plan sérieux en matière de maîtrise de la lecture n’a été valablement mis en place, piloté et accompagné depuis 2001, année de la précédente enquête PIRLS". Publiée fin novembre, l'enquête internationale PIRLS sur les capacités en lecture des jeunes Français rapportait des résultats décevants. Malgré un fort taux de scolarisation en maternelle, malgré un effort financier conséquent, la France piétine avec des résultats en lecture tout juste moyens. Nous avons demandé aux syndicats, à la fois acteurs et experts de l'Ecole, leur lecture de ces résultats. Voici la première analyse : celle du Se-Unsa.

Pour lire l'article

Sur le Café, Pirls 2006, des résultats décevants

 

Bac pro en 3 ans : Un appel de l'intersyndicale

"Face à l'émoi suscité dans les académies par cette mesure, à l'inquiétude légitime qu'elle fait naître chez les personnels, les élèves et leurs familles, l'intersyndicale exige l'ouverture d'une concertation sur le devenir de l'enseignement professionnel public et son développement comme véritable voie de réussite pour les jeunes". Les syndicats Se-Unsa, Sgen Cfdt, Snalc, Fo, Snuep et Cgt  demandent au ministre un entretien sur la généralisation des bacs pros. On sait que X. Darcos a demandé aux recteurs de faire passer de 4 à 3 ans une proportion notable des bacs pros dès la rentrée 2008 (la moitié des bacs pros tertiaires par exemple).

Sur le Café : Le ministère publie des taux

 

Salaires – Emploi : Les syndicats rencontrent le gouvernement aujourd'hui

Les fédérations Cgt, Cfdt, Fo, Fsu, Unsa, Cftc, Solidaires sont invitées par le gouvernement à l'ouverture de discussions sur les rémunérations et le pouvoir d'achat lundi 3 décembre. C'est le premier effet de la manifestation du 20 novembre.

Communiqué

 

Directions : Publication des textes d'application de l'accord de janvier 2007

A l'issue d'une manifestation très suivie, le Snpden, syndicat des chefs d'établissement, a  négocié avec le ministère, fin janvier 2007, un accord qui apporte des améliorations de carrière sensibles. Le Journal officiel du 30 novembre publie plusieurs textes d'application (un décret, deux arrêtés). L'accord accorde aux personnels de direction une majoration de 1000 euros en collège Ambition réussite, divers avantages aux adjoints. Le Snpden se félicite de cette publication.

Sur le Café : un accord historique

L'accord

Le Snpden

 

Tentatives d'incendie dans deux collèges du Val-de-Marne

Selon l'AFP le collège du Fort à Sucy-en-Brie a été victime d'un début d'incendie. A Champigny-sur-Marne, une tentative d'incendie a touché une école sans grands dégâts également.

 

L'éducation progresse dans le monde affirme l'Unesco

Alors que les pays de l'ONU se sont engagés à assurer "l'éducation pour tous" (EPT) en 2015, où en est-on ? L'Unesco, qui publie son rapport mondial de suivi d'EPT, hésite entre la satisfaction et l'inquiétude devant le chemin qui reste à parcourir. L'EPT c'est cet engagement collectif d'atteindre la scolarisation primaire universelle, la parité entre les sexes, l'alphabétisation des adultes et une éducation de qualité.

 

Commençons par les bonnes nouvelles. "Alors que nous arrivons à mi-parcours de cette grande initiative, notre évaluation penche plutôt du coté positif" déclare le directeur général de l'Unesco, Koïchiro Matsuura. Ainsi le taux de scolarisation au primaire a remarquablement progressé depuis 1999,  de 36% en Afrique subsaharienne et de 22% en Asie du Sud. Le nombre d'enfants scolarisés est passé de 647 à 688 millions, celui des non scolarisés de 96 à 72 millions. Les budgets éducatifs ont suivi. 17 pays supplémentaires ont réussi la parité, comme par exemple le Sénégal, la Mauritanie,le Ghana, poussant la parité à hauteur de 63% des pays.

 

Pour autant, le chemin vers l'EPT reste long. Sur 129 pays, 25 sont trop loin pour réaliser l'EPT en 2015. IL s'agit surtout de pays africains, mais c'est aussi le cas de l'Inde, du Bangladesh, du Maroc, du Pakistan. 53 pays sont dans une situation intermédiaire : la qualité de l'éducation ou les efforts d'alphabétisation sont insuffisants.

 

C'est que, pour K. Matsuura, il s'agit d'atteindre les populations les plus vulnérables et les plus défavorisées". En clair, le plan EPT a du mal à toucher les populations rurales et les filles. La parité a énormément progressé enAsie du sud et substantiellement en Afrique subsaharienne,malgré les handicaps que représentent des environnements scolaire spas toujours sûrs et favorables et des matériaux d'apprentissage souvent sexistes. Mais elle a très peu progressé dans le monde arabe et reculé en Amérique latine ! Le Soleil, un quotidien sénégalais, souligne les difficultés de l'EPT en zone rurale. " L’insuffisance d’enseignants en nombre et qualifiés, la pauvreté et les maladies comme le Sida et le paludisme constituent de grands obstacles aux efforts divers, parfois innovants, associant les ministères de l’éducation, de l’alphabétisation, de l’agriculture, etc. « L’une des difficultés est le maintien des enseignants expérimentés en zone rurale ».

Le rapport EPT 2008

Article du Soleil